Pourquoi Maintenant la Gauche ?
C'est un rassemblement ouvert de militants socialistes pour ancrer le PS à gauche, renouveller ses pratiques et sa direction.
Son mandataire fédéral est Frédéric Faravel.
Signez la motion "Maintenant la Gauche" dont le premier signataire est Emmanuel
Maurel.
Nous avons redonné la parole aux militants qui s'en sont saisi.
Lors du congrès de Toulouse, nous avons défendu une réorientation de la construction européenne pour relancer la l’économie durable et permettre qu’enfin les priorités sociale et écologique retrouventleur rang après 10 ans de reculs. Avec nous, les militants ont mis les débats sur la table... pas sous le tapis.
Nous voulons une Gauche libre dans le débat et dans l’action.
L'Humanité - 15 juin 2013 - Entretien réalisé par Lionel Venturini
La sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann, membre du club Gauche Avenir, attend des assies du 16 juin une concrétisation des débats à gauche.
N’est-ce pas paradoxal
que ce soit
au moment
où la gauche est au pouvoir
qu’elle se
pose le plus de questions
sur ce qu’elle doit être
ou faire ?
Marie-Noëlle Lienemann. Je le regrette, car j’estimais qu’il fallait, quand nous étions dans l’opposition, travailler aux convergences politiques et programmatiques de manière à ce que la gauche arrive au pouvoir rassemblée et avec une haute ambition transformatrice, avec la capacité de mobiliser les couches populaires, en particulier autour d’une nouvelle conception de l’avenir, et de sortir ainsi de la crise avec un nouveau modèle de développement. Confronté à l’exercice du pouvoir, dire non ne suffit pas, il est urgent pour la gauche de voir loin et d’agir vite.
La gauche au pouvoir déçoit-elle ?
Marie-Noëlle Lienemann. Ce n’est pas l’enthousiasme. Elle fait face à une crise très dure et un bilan laissé par dix ans de gouvernement de droite pesant, et qu’il faut surmonter. La crainte de la spirale rigueur-récession est forte dans l’opinion, tout comme celle de voir des reculs sociaux s’installer. Nous avons des désaccords, à la gauche du PS, en commun souvent avec le Front de gauche et les écologistes, sur le traité budgétaire européen, le crédit d’impôt pour la compétitivité ou la flexibilisation du travail. Tous ceux qui sont dans le club Gauche Avenir estiment cependant qu’il ne faut pas entretenir une rancœur sur ce qui n’a pas été réussi mais qu’il vaut mieux se projeter dans l’avenir, pour savoir comment réussir un nouveau cap, qui se prendra de toute façon avec François Hollande comme président de la République.
Sur quoi insisterez-vous, dimanche à Montreuil, lors du débat en séance plénière auquel vous êtes conviée ?
Marie-Noëlle Lienemann. Sur la nécessité qu’après la phase de débat, utile entre nous, il va falloir concrétiser. Deuxièmement, sur l’importance de ne pas jouer la carte de la tension entre deux gauches, il n’y a qu’une gauche, avec des gradients, des nuances, mais si un nouveau Front populaire ne se met pas en œuvre, l’extrême droite apparaîtra comme l’alternative à la crise européenne que nous vivons. Les convergences entre nous sont là, je songe par exemple à la réforme fiscale indispensable qui conditionne la qualité des services publics et la relance par l’investissement, la réindustrialisation dans le cadre d’une transition écologique et d’une économie sobre en matières premières.
Chers Camarades,
Je tenais d’abord à remercier tous les camarades de Maintenant la gauche qui se sont mobilisés, à l’occasion de la convention Europe, pour faire vivre le débat dans les sections et les fédérations. La tenue de cette convention était une de nos exigences lors du congrès de Toulouse. Nous avons contribué à réveiller le parti dans un contexte peu favorable à la mobilisation.
La force de conviction des camarades qui ont défendu nos amendements (ceux que nous proposions seuls et ceux en commun avec les camarades d’Un monde d avance) a permis un vote majoritaire en faveur des thèses que nous avions déjà défendues dans notre motion déposée au dernier congrès : suspension du pacte de stabilité qui condamne l’Europe à l’austérité, refus du traité transatlantique et du libre échange généralisé qui menace notre industrie, plaidoyer pour une autre politique monétaire au service de la croissance et l’emploi, rédaction d’un traité social.
Nous sommes fiers d’avoir contribué à faire évoluer la ligne du parti sur les questions européennes. Et nous sommes satisfaits du compromis politique issu de la commission des résolutions, qui permet une sortie par le haut à l’issue d’une semaine agitée.
Oui, une sortie par le haut, parce que c’est ce que nous avons toujours souhaité.
Nous avons, dès vendredi matin, contesté un mode de calcul farfelu visant à éliminer nos amendements, contredisant les règles élémentaires de notre démocratie interne. Mais nous nous sommes également mobilisés pour que ce débat indispensable sur la procédure n’occulte pas le débat sur le fond.
Le texte issu de la commission des résolutions valide l’aspiration majoritaire des militants à une réorientation profonde de la construction européenne, et c’est là l’essentiel. Il s’agit évidemment d’un compromis : les revendications que nous portons seuls (notamment dans les amendements 4 et 13, qui ont réalisé un excellent score) n’y sont pas reprises totalement. Mais nous considérons que le mandat contenant les « 14 priorités des socialistes français », rédigé à notre demande, permettra de défendre, au sein du PSE, le point de vue des militants de notre parti. Il constitue une base solide qui rend possible une campagne offensive face la droite et l’extrême droite lors des prochaines élections européennes.
Chers Camarades, il est normal que chacun donne son interprétation de cette convention, de son déroulement et
de ses résultats. Je vous demande de ne pas réagir aux provocations d’où qu’elles viennent. Nous sommes « à l’aise dans nos baskets ». Notre ligne de conduite a été fidèle à celle qui est la
nôtre depuis le congrès. Fermeté dans les convictions, clarté dans le discours, constance dans nos analyses, sens du parti, souci du rassemblement des socialistes et de la gauche.
Emmanuel MAUREL
20 organisations valdoisiennes de gauche (Partis, syndicats, associations) appellaient à un rassemblement le mercredi 12 juin à 18h30 à Argenteuil devant la stèle de Gabriel Péri pour rendre hommage à Clément, en soutien à sa famille et pour exiger la dissolution immédiate de tous les groupuscules d’extrême-droite.
Il n’y aura pas d’interventions lors de ce rassemblement, seulement 1 minute de silence suivi du Chant des partisans et de la Marseillaise.
Signataires : ADECR, CGT, FASE, FCPE, FSU, GA, GU, LDH, MJCF, MJS, NPA, PCF, PCOF, PG, PS, RS, SUD, UDESR, UNEF, UNL.
Maintenant la Gauche Val-d'Oise s'associait pleinement sur le fond à cette mobilisation et salue cette occasion trop rare d'un rassemblement commun à toutes les organisations valdoisiennes de la gauche politique et sociale. Etaient notamment présents pour le PS Rachid Temal, premier secrétaire fédéral, pour le PCF Jean-Michel Ruiz, secrétaire départemental, et Dominique Lesparre, Maire et conseiller général de Bezons, pour le MJS, Léo Moreau, animateur fédéral.
Mélenchon-PS : pourquoi tant de haine ?
Gaël Brustier - Chercheur en science politique - Rue89 - Publié le 09/06/2013 à 12h58
Un tweet de Jean-Luc Mélenchon a révélé que, malgré la mort d’un jeune homme, la guerre des appareils partisans reprenait ses droits très vite :
«Aux rassemblements, tenez-vous à distance du PS qui a trop assimilé le PG à l’extrême droite. Pas d’amnésie sur l’amnistie.»
Le Parti de Gauche (PG) est né d’une scission nocturne du Parti Socialiste en novembre 2008. «Ça suffit comme ça !» avait lancé son leader, las, après trente années de participation à la vie du PS, de guerres d’appareils qui l’avaient marginalisé autant qu’elles avaient mis de côté tout aggiornamento idéologique.
Pari risqué s’il en était et dont on doit reconnaitre qu’il s’est plutôt bien acquitté jusqu’à l’élection présidentielle, fédérant la "gauche de la gauche" et marginalisant les groupes anti-capitalistes.
Les scissions du PS ont échoué
Historiquement, de toutes les scissions du Parti Socialiste, aucune n’a réussi (si l’on fait abstraction du Congrès de Tours de décembre 1920 qui donna naissance au Parti Communiste) :
Il est très difficile de créer un parti socialiste idéal à coté du Parti Socialiste réel. Ces trois scissions historiques nous le rappellent.
« Ânonner des slogans extrémistes »
La tentative du PG avait jusqu’ici une originalité : elle pouvait être resituée dans un mouvement d’ampleur européenne, dans la reconfiguration de la gauche radicale en Europe.
C’est cette dimension qui est intéressante et qui peut déterminer l’avenir de la gauche radicale comme de la social-démocratie en France comme en Europe.
Jean-Luc Mélenchon déclarait (dans Le Monde du 28 mai 2010) : «Il s’agit de prendre la majorité à gauche, et cela est radicalement impossible si l’on se contente d’ânonner des slogans extrémistes anti-tout et anti-tout le monde en se montrant incapable de s’entendre avec qui que ce soit dans quelques conditions que ce soit.»
On pouvait penser que l’option stratégique choisie par Jean-Luc Mélenchon serait de favoriser une modification du rapport de forces entre gauche radicale et social-démocratie et non l’entrée en guerre contre cette dernière.
Amérique latine
La Gauche radicale en Europe évolue. Elle a de jeunes animateurs talentueux dans nombre de pays : Alexis Tsipras en Grèce, Alberto Garzon Espinosa en Espagne... Certains sont venus à la politique :
Beaucoup ont voyagé en Amérique latine, parfois y ont-ils séjourné et croisé d’autres jeunes responsables dont, par exemple, Rafael Correa, actuel Président de l’Equateur.
Dans bien des pays, les scores de la gauche radicale progressent.
Le "marqueur communiste"
Reste à savoir ce qu’est la gauche radicale et où elle peut aller. Comme le souligne fort justement Gerassimos Moschonas de l’Université Panteion d’Athènes, le «marqueur communiste» représente la «centralité perdue» de cette gauche radicale.
Avec l’effondrement du communisme, place est laissée à une myriade de mouvements qui naissent des échecs conjugués du communisme, du néolibéralisme et… de la social-démocratie.
Moschonas constate d’ailleurs que le communisme a perdu sa capacité de polarisation, d’un point de vue idéologique ou partidaire. Ce qui ne signifie pas que ces partis fortement enracinés, dotés d’une solide culture politique et de réseaux de militants et d’élus encore souvent denses, soient impuissants. Les partis communistes sont une composante de ces reconfigurations que représentent les gauches radicales mais n’en ont pas le leadership exclusif.
La question de l’intégration européenne
C’est la question de l’intégration européenne qui a amené les gauches radicales à évoluer, leur fournit un puissant moteur et, dans le même temps, quelques ferments de division. Le "Non de gauche" du 29 mai 2005 a servi à unifier différentes tendances de gauche, dans une ébauche de recomposition politique autant qu’il a mis en évidence des divergences politiques profondes.
Dans son analyse des recompositions de la gauche radicale, Moschonas relève : «Paradoxalement, la gauche radicale s’est faite plus “amicale” envers l’Europe dans une période où l’Europe devenait, par son poids accru et sa logique libérale, plus “inamicale” envers la gauche.»
En Grèce, Synaspismos, concurrent du très orthodoxe KKE, a eu longtemps la réputation d’être un mouvement de gauche radicale "pro-européen" alors que le KKE multipliait les prises de position hostiles à l’intégration européenne. Au sein même de Syriza, les débats sur l’euro sont encore vifs.
Deux attitudes au sein de la gauche radicale
Ces fractures internes aux gauches radicales européennes ne doivent pas éclipser qu’elles parviennent néanmoins à profiter électoralement des difficultés de la social-démocratie, embourbée dans les contraintes de l’Union européenne et confrontées à un amoindrissement évident du pouvoir d’Etat. Souvent contrainte au verbalisme, la social-démocratie européenne s’essouffle.
On constate aujourd’hui deux attitudes au sein de la gauche radicale :
Du côté de la social-démocratie, certains cherchent une rupture définitive avec la gauche radicale, alors que les faiblesses des partis sociaux-démocrates apparaissent au grand jour à mesure que les effets de la crise se déploient.
Le pari sur la fracture
Si la social-démocratie n’est pas un «logiciel figé» comme le dit avec justesse Fabien Escalona, elle doit néanmoins régler «deux impensés problématiques : celui du compromis et celui du productivisme».
L’évolution du capitalisme et la question environnementale lui imposent de penser ces nouveaux enjeux, autrement qu’en assénant un discours impuissant sur le "vivre-ensemble" ou en "green-washant" ses différentes prises de positions.
L’avenir dira si la Gauche radicale surmontera les difficultés liées à son rapport à l’Union européenne et si, de son côté, la social-démocratie réglera ses impensés.
Pour l’heure, ce qui explique la haine réciproque de Jean-Luc Mélenchon et de l’aile droite du PS, c’est le pari sur la fracture. Pari partagé. Le pari sur la fracture, c’est pourtant toute la gauche qui en paiera la facture. Engager une fracture irrémédiable avec la social-démocratie c’est rendre impossible tout combat culturel véritable contre les droites, c’est se condamner pour les deux camps à ne pas régler leurs contradictions, à camper sur des postures et à laisser la voie libre aux droites.
Jean-Luc Mélenchon n’est pas andalou
D’un point de vue purement électoraliste, une gauche désunie n’intéresse pas l’électeur. Face à une gauche fratricide, l’électeur préférera rester chez lui et laissera les appareils se mener des guerres picrocholines qu’il se refusera à départager dans l’isoloir.
Le différentiel d’abstention entre ouvriers aux « valeurs » de gauche et ouvriers aux « valeurs » de droite est là pour démontrer qu’une partie de son électorat potentiel s’est déjà structurellement détourné des urnes.
La trajectoire des gauches radicales n’est pas encore écrite. Il n’y a pas de stratégie unique.
En Andalousie, Izquierda Unida a permis au PSOE, minoritaire dans cette région historiquement de gauche de conserver la majorité. Le rapport de forces entre gauche radicale et social-démocratie commence à changer en Espagne. Izquierda Unida semble, pour sa part, faire l’économie des insultes.
Mais Jean-Luc Mélenchon n’est pas andalou et il fait, quant à lui, le pari de la submersion. C’est un choix politique, délibéré. Les mots qu’il adresse au Parti Socialiste sont choisis, pensés et l’on sait l’homme suffisamment cultivé pour ne pas, à l’aune de l’Histoire, mesurer très exactement les implications possibles du pari qui est le sien.
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