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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 12:36
Paul Klee, Roses héroïques, 1938

Paul Klee, Roses héroïques, 1938

Faudra-t-il que chaque socialiste se fasse collapsologue ? On le sait, la science de l’effondrement a le vent en poupe. Les civilisations et les sociétés sont mortelles, c’est encore plus vrai des partis. Au terme d’un quinquennat éprouvant, le paysage politique français est dévasté : seuls les indécrottables optimistes sont assurés que le Parti Socialiste y jouera un rôle demain.

Il y a en effet peu d’exemples, lointains ou récents, d’un mouvement qui se redresse rapidement après avoir subi de telles défaites. Au-delà de “l’accident industriel” de la présidentielle (6,36%), le résultat des législatives (moins de 30 sièges et à peine 2 millions de voix, soit  8 de moins qu’en 2012 et plus de deux fois moins qu’en 1993 !) témoigne de l’ampleur du désaveu.

Et chacun de pronostiquer une “SFIO-isation” du PS (un délitement lent mais irréversible), voire même une peu glorieuse “PASOK-isation” (une dégringolade rapide). Rares sont ceux qui nous assignent un rôle autre que celui de simple supplétif : destin indigne de ce que fut notre parti, indigne de ce qu’il représenta dans l’histoire de la Vème République.

Sans être des fétichistes de l’organisation, tous les adhérents et les sympathisants du PS, et ce quelles que soient leurs convictions et leurs options dans la période récente, souffrent de cette image dégradée, de cette impression d’effondrement politique.

La foi dans la survie et le redressement du PS tient donc bien du pari, au sens quasi existentiel du terme. Un pari qu’il faut relever, mais en faisant preuve d’une humilité et d’une lucidité dont nous ne sommes pas coutumiers.

Humilité donc. Il est hardi d’affirmer péremptoirement ce qu’il convient de faire. Il est peut-être un peu plus simple d’énumérer ce qui, selon nous, il faut absolument éviter.

Le déni et la stratégie de la « volvation »

Premier écueil : ne pas verser dans le relativisme, voire le simple déni. Je sais qu’il est tentant, par temps de crise, de s’adonner à ce que, dans le règne animal, les zoologistes appellent la volvation : l’action de se rouler en boule, de se recroqueviller sur soi-même pour se protéger d’un monde hostile, d’une menace.

Relativiser, c’est ce que font les camarades qui pensent que la politique, à l’instar de l’économie, est régie par des cycles plus ou moins réguliers. En vertu d’une loi quasi naturelle, ce qui a été défait hier triomphera à nouveau demain. En bref, le PS, du fait des erreurs des uns et de l’impéritie des autres, serait mécaniquement appelé à retrouver la faveur des électeurs. On sait que ce cas de figure advint : Le redressement socialiste le plus spectaculaire intervint au milieu des années 90 : quatre ans à peine séparent la Berezina de 1993 de la victoire de 97. Dès lors, il suffirait d’un bon vieux ripolinage, agrémenté de couplets solennels sur la nécessaire “refondation” pour reprendre tranquillement la route : "business as usual". Mais la nouvelle configuration du paysage électoral et l’ampleur du désenchantement démocratique rendent ce scénario peu probable.

Peu probable aussi, la survie du PS sans un débat sérieux et approfondi sur notre bilan. Je comprends que certains, pas forcément mal intentionnés, jugent opportun d’enjamber la discussion sur le quinquennat passé, qui, inévitablement, ferait apparaître entre nous de vraies divergences à un moment où nous n’en avons pas besoin. Le risque est grand en effet que la discussion se résume à une confrontation entre un paresseux “c’est la faute de François Hollande” et un contestable “c’est la responsabilité des frondeurs”. Je fais le pari que nous formons un collectif suffisamment intelligent pour ne pas en rester là.  D’autant que rien ne nous empêche  de nous livrer à une lecture critique élargie à la dernière décennie. Mais il faut le faire, et vite. Si nous mettons le débat sous le tapis, les Français ne verront pas de raison d’interrompre ce qu’ils ont commencé, c’est à dire un grand coup de balai.

Ne pas verser dans le déni, ne pas occulter la nécessité d’un retour critique sur nos années de pouvoir, dresser lucidement la liste de nos faiblesses et de nos forces, de nos handicaps et de nos atouts.

Parmi ceux-là, il y a incontestablement la puissance de notre réseau d’élus. Pour autant, je ne crois pas que le salut viendra des seuls “territoires”.  Je suis loin de partager l’analyse de Jean-Christophe Cambadelis, qui, dans un récent entretien, nous assignait comme ambition de former “une confédération d’élus locaux qui conduisent une décentralisation écologique et participative”. C’est se rassurer à bon compte que de considérer que la persistance d’un socialisme local nous prémunit de graves déconvenues. La SFIO croupissante elle-même s’enorgueillissait de cette tradition d’implantation municipale qui la rendait supposément invincible. Ce maillage territorial peut retarder la disparition du parti, mais pas enrayer un processus. Le dévouement de nos édiles, les innovations dont nous sommes légitimement fiers, tous les brevets de bonne gestion imaginables, constituent des points d’appui intéressants. Mais ils ne pourront pas se substituer à un projet global et à une organisation nationale.

De la clarté avant toute chose

Sortis essorés d’un quinquennat qui nous aura vu tourner le dos à bon nombre d’engagements, malmener certains de nos principes les plus élémentaires et, par-là, décontenancer parmi nos électeurs les plus fidèles, il nous revient, pour rebondir, de sortir d’une ambiguïté mortifère.

La campagne de la présidentielle, mais surtout celle des législatives, laissera des traces durables. Au film navrant du divorce en direct entre un candidat légitimé par des primaires et des dirigeants tourneboulés a succédé le spectacle tragi-comique d’une panique générale, d’un concours parfois peu ragoûtant de « sauve qui peut »

Le nouveau pouvoir, dans sa grande mansuétude et avec une pointe de sadisme, a certes décidé d’épargner une poignée de députés sous prétexte qu’ils faisaient montre de bonne volonté (pendant que d’autres affrontaient le suffrage universel avec les seuls poing et rose). Mais la confusion ainsi entretenue ne pouvait que décourager jusqu’à nos électeurs les plus indulgents. Confusion qui devait se prolonger lors du vote de confiance au nouveau gouvernement, au cours duquel le groupe socialiste à l’Assemblée Nationale, pourtant réduit à portion congrue, se divisa en trois.

On me rétorquera que c’est l’honneur des socialistes que de savoir privilégier la nuance, la pensée complexe, et de fuir le manichéisme comme la peste. Mais si le clair-obscur a fait la fortune de certains grands peintres, il ne réussit guère aux politiques dans les périodes troublées. Pour être audible, nul besoin de grosse caisse : mais il faut que le coup d’archet soit net et précis pour être perçu distinctement dans le brouhaha.

D’où l’importance du débat sur notre positionnement par rapport au nouveau pouvoir. Nous sommes pleinement dans l’opposition. Cela ne signifie pas que nous versions dans la mauvaise foi. Mais que nous soyons capable, sans barguigner, de caractériser le “macronisme”. Les premiers mois du gouvernement Philippe nous y aident, et devraient, enfin, déciller les yeux de ceux qui “attendaient pour voir” ou qui rêvaient tout haut d’un “deuxième temps social-démocrate” du quinquennat. Car derrière le récit parfois habile et l’affichage volontariste, il n’y a rien d’autre qu’une grande entreprise, celle de la normalisation libérale au service d’une minorité de possédants.

Pour une refondation idéologique

Il est banalement évident qu’un parti de gouvernement comme le nôtre ne peut en rester à la seule dénonciation du pouvoir en place, même si celle-ci est un préalable. L’élaboration de contre-propositions est indispensable, quoique compliquée pour un parti qui vient de quitter le pouvoir : les gens nous ont vus à l’œuvre !

Certes, au delà du jugement sévère qu’ils portent sur le quinquennat (et singulièrement sur les deux dernières années qui nous virent sombrer avec la déchéance de nationalité et la loi travail), ils savent que nous ne manquons ni de bons techniciens, ni de bons gestionnaires. Mais cela fait longtemps que ce qui fut notre “base sociale” ne comprend plus quelle est notre visée ultime. Or un projet se nourrit d’une vision du monde, d’une grille de lecture de la société (j’ajouterai aussi d’un vocabulaire, tant celui ci, appauvri et technocratisé à l’extrême, semble souvent déconnecté de la réalité du monde réel). Aujourd’hui, à l’instar de bien des partis frères, nous ne nous contentons souvent que d’une vague allusion au “progressisme”, mot qui ne rassure guère tant il a été galvaudé.

Peut être serait-il donc utile d’en revenir aux fondamentaux : il n’y a pas de socialisme sans contestation radicale du système économique et de l’idéologie dominante qui le sert. Situation ô combien paradoxale ! Jamais la nature morbide du capitalisme n’est apparue aussi crûment dans la lumière. Violent, destructeur, irrationnel, générateur d’inégalités. Invivable donc, pour la majorité des habitants de la planète, et pour la planète elle même. Bref “une force qui va”, certes, mais surtout un système d’accumulation sans morale, sans autre but que sa perpétuation et sa “croissance” illimitée, alimentée par une consommation délirante. Or son emprise culturelle est telle que ceux qui sont censés lui opposer une alternative, à tout le moins organiser la résistance à sa course folle (les mouvements de gauche, et donc le nôtre) paraissent de plus en plus tétanisés, comme effarés par une dynamique qu’ils ont fini par croire irrépressible.

On invoque doctement la “complexité du monde” pour légitimer nos reculs et nos renoncements, là où, justement, les grandes mutations que nous connaissons (numérique, robotisation, urgence écologique, transhumanisme, etc.) rendent plus nécessaires encore la promotion d’une doctrine fondée sur l’émancipation, l’égalité, le primat du politique, le refus de l’argent roi, la souveraineté populaire.

La social-démocratie meurt de ne rien oser. Sa pusillanimité légendaire (quand elle ne se borne pas, au nom de l’audace réformatrice, à singer purement et simplement la droite) peut passer pour de la prudence bienvenue dans ce monde violent et incertain. Faute d’affronter le “mur de l’argent” et de construire un rapport de forces social susceptible d’imposer un compromis favorable au monde du travail, le camp progressiste en est réduit, trop souvent, à promouvoir comme seul et piteux message “avec nous, c’est mieux que si c’était pire”, certes enrubanné dans une communication parfois réussie. Ce social-défaitisme, qui n’est rien d’autre que la théorisation de notre résignation, explique que nous ayons été, progressivement, abandonné par les classes populaires que nous étions censés prioritairement défendre, sans convaincre les classes moyennes qu’on confond, à tort, avec les seuls habitants des métropoles intégrées.

Condamnée à lancer de vains anathèmes contre les “populismes” qui ne se nourrissent que de ses défaillances, à dénoncer le conservatisme “sociétal” de la droite pour mieux s’en approcher sur les questions économiques, la social-démocratie s’éteindra à bas bruit si elle ne reprend pas confiance dans l’actualité de son message et la pertinence de son combat. Cela implique de remettre l’égalité au cœur de son programme. Et d’en tirer toutes les conclusions que cela implique en matière de politiques publiques.

Je n’ai évidemment pas la place ici de développer ce que pourraient être les grandes lignes d’un programme de transformation sociale dans lequel le partage des richesses, des pouvoirs et des savoirs, aurait toute sa place. Je me contenterais d’affirmer qu’en France, le socialisme sera anti-libéral et républicain ou ne sera pas. Car la visée émancipatrice ne concerne pas seulement la sphère économique : la “société de marché” s’accommode en effet fort bien des communautarismes et des différentialismes. A nous de pas renoncer à promouvoir l’idée d’un individu autonome de toutes les tutelles et de tous les clergés (d’où l’importance, par exemple, de la laïcité), dans une société régulée par le garant de l’intérêt général, l’Etat.

En finir avec la théorie des gauches irréconciliables

La plupart d’entre nous en sommes convaincus : Le redressement passera forcément, à terme, par une forme de dépassement. Il serait vain de se référer à des modèles historiques aussi prestigieux qu’anachroniques (le congrès d’Epinay en est un), mais rien n’interdit d’en méditer les logiques qui furent à l’œuvre.

S’affirmer puis se rassembler. Cela devrait être, en quelque sorte, notre viatique. Je ne crois pas utile de raisonner en terme “d’espace politique”. Nous ne sommes pas une part de marché. La question n’est donc pas tant celle de la “place” laissée entre LREM et FI que celle de notre utilité historique. Nous croyons que le socialisme est une idée neuve, c’est aussi simple que ça.

Faut il pour autant en rester à la théorie de l’équidistance, ou, dit autrement, à celle du “ni-ni” (ni Macron, ni Mélenchon) ? Je ne le crois pas. Et notre électorat non plus. Unitaire, il l’est davantage que nous, lui qui se reporte quasiment à 100% sur les candidats de la France Insoumise au deuxième tour des législatives quand ceux-là sont opposés aux candidats d’En Marche ou de LR. Car, aussi choquant que cela puisse paraître à certains, nos différences avec la France Insoumise sont de degré quand celles avec En marche sont de nature.

Rien de ce qui est à gauche ne nous est étranger, et rien de grand ne se fait dans ce pays, pour le monde du travail, sans rassemblement de la gauche.

Ben sûr, celle-ci, dont les contours sont mouvants et l’histoire équivoque, a toujours été plurielle, diverse, traversée par de sérieuses contradictions. Mais notre rôle de militant est précisément de tout faire pour rapprocher les points de vue, unifier les mots d’ordre, en vue de l’action transformatrice commune.

Contre vents et marées, contre les tentations centrifuges, les réflexes boutiquiers, les provocations verbales, nous devons toujours, inlassablement, plaider pour le rassemblement le plus large possible. C’est pourquoi, à la mortifère théorie des “gauches irréconciliables”, nous opposerons toujours la convergence des luttes. Celle-ci viendra. Le plus tôt sera le mieux.

 

A paraître prochainement dans le numéro d'octobre 2017 de la revue de l’office universitaire de recherche socialiste

Emmanuel Maurel, lors du congrès de Poitiers en juin 2015

Emmanuel Maurel, lors du congrès de Poitiers en juin 2015

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 20:40

Le Monde - mardi 26 août 2014

530369 10201999381898155 2000397133 nÀ l’évidence, la majorité présidentielle traverse une crise sérieuse. Mais on aurait tort de réduire celle-ci à une querelle d’égos, à un problème de « gouvernance » ou une question « d’autorité ». En réalité, cette crise vient de loin. Elle remonte à l’acceptation par le président Hollande du Traité budgétaire européen que le candidat Hollande n’avait eu de cesse de dénoncer pendant la campagne présidentielle. En ratifiant le TSCG, alors qu’il avait l’onction des Francais pour tenter d’imposer un rapport de forces favorable à une réorientation de la politique économique de l’Union face à Madame Merkel, l’exécutif se privait de marges de manœuvre précieuses. Il acceptait de se plier à un ensemble de contraintes qui rendaient extrêmement difficiles la mise en œuvre d’une politique qui avait été promise aux Français.

Bien sûr, nul n’ignorait les difficultés auxquelles nous étions confrontés, le bilan calamiteux que nous avait laissé la droite, la gravité de la crise. Nous le savions, et fort de ce diagnostic, nous avions proposé un autre chemin aux Français : celui du redressement (qui ne saurait se limiter à la seule question des comptes publics !) dans la justice sociale, qui implique des mesures fortes en matière de redistribution de richesses. Nous n’avons pas emprunté ce chemin.

Car rappelons-le : pas plus que le « pacte de compétitivité » et son CICE, le « pacte de responsabilité », c’est à dire la baisse massive des cotisations sociales financée par la baisse des dépenses publiques, ne figurait parmi les engagements de campagne de François Hollande. Cette ligne politique, fondée sur une option idéologique largement contestable et longtemps contestée par les membres de l’exécutif eux-mêmes, ne pouvait que désorienter l’électorat de gauche et semer le doute dans la majorité présidentielle. D’autant que les résultats de cette « politique de l’offre » ne sont pas au rendez vous. Et risquent de se faire encore attendre si l’investissement et le pouvoir d’achat restent insuffisamment pris en compte, comme c’est hélas le cas aujourd’hui. De même, la réduction à marché forcée des déficits publics, dans un contexte de croissance quasi nulle, menace de comprimer un peu plus l’activité économique du pays.

La contestation de ces choix opérés par le chef de l’Etat ne date pas d’hier. Nous sommes quelques uns au PS à avoir alerté, des le début du quinquennat, sur les risques d’une telle politique, et sur la nécessité d un changement de cap. Le Front de gauche ne se reconnaît pas dans la majorité gouvernementale, EELV l’a quittée après les municipales.

1186102_10202041470621023_1473371853_nUNE LECTURE PRÉSIDENTIALISTE DES INSTITUTIONS

Plus récemment, des parlementaires socialistes ont fait des propositions pour amender des projets de loi économiques et sociaux. Ils n’ont pas été entendus. Au sein même du parti du président, un grand nombre de militants, déboussolés après deux défaites sévères, aspirent à une politique nouvelle. Face à ce rétrécissement de leur majorité, et en dépit des doutes sérieux qui s expriment dans leur propre formation politique, les deux têtes de l’exécutif ont fait le choix du statu quo.

Cette fuite en avant doit beaucoup à une lecture très présidentialiste de nos institutions. À juste titre, les socialistes ont toujours dénoncé, dans la Vème, le risque de la personnalisation du pouvoir, la marginalisation progressive du Parlement, l’insuffisante démocratie participative. Contrairement à la droite, la gauche ne croit pas au culte du chef et privilégie la délibération collective. Force est de constater pourtant que dans ce domaine, nous ne sommes pas exempts, depuis deux ans, de tout reproche ! Parce que la majorité législative procède de l’élection présidentielle, il serait normal que le parti majoritaire et les parlementaires acceptent sans broncher des décisions à l’élaboration desquelles ils ne participent pas, ou peu, quand bien même elles seraient très éloignées des engagements pris lors de la campagne. Nous sommes de plus en plus nombreux à contester cette vision de l’exercice du pouvoir.

La démission du gouvernement obéit à une certaine logique politique et institutionnelle : elle est la conséquence d’un sérieux désaccord au sein de la majorité, qu’Arnaud Montebourg a finalement reconnu. Pour autant, il ne faut pas se résoudre à cette situation. Plutôt qu’un acte d’autorité qui aboutirait, demain, à la constitution d’un gouvernement à l’assise politique plus fragile encore, l’exécutif devrait prendre l’initiative d’un acte de rassemblement. L’heure est venue d’élaborer un nouveau pacte majoritaire avec les forces de gauche qui ont permis la victoire de François Hollande le 6 mai 2012.

Une politique nouvelle, fondée sur la réorientation de la construction européenne, la relance du pouvoir d’achat et de l’investissement : voilà ce qu’il faut pour redonner a notre pays son dynamisme économique et son rayonnement. Voilà ce qui permettrait à nouveau de fédérer une majorité politique et sociale qui souhaite le changement.

Emmanuel Maurel (Député (PS) européen)

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 09:36
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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 20:12

Publié le 20-08-2014 à 18h32 -par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Il n'y a pas d'autre politique économique possible : tel est le message lancé mercredi par François Hollande à une majorité socialiste rétive qu'il appelle à s'unir pour "convaincre" des Français frappés par la sinistrose et "l'emporter à la fin".

8005292-francois-hollande-appelle-a-l-unite-un-ps-severe-a-.jpgDans une longue interview publiée dans Le Monde, le président s'adresse à ses troupes à une semaine des universités d'été du PS de La Rochelle, où les voix discordantes réclameront encore une inflexion de la politique de l'offre appliquée depuis deux ans, que l'Elysée entend accélérer malgré l'absence de résultats tangibles pour l'instant.

"Il n'y a pas d'échappatoire", réplique le président à ceux qui critiquent ses choix depuis des mois, sans avoir toutefois empêché le vote d'aucun texte au Parlement. "Le jugement en 2017 sera à la fois porté sur le président, le gouvernement et la majorité. C'est ensemble que nous réussirons."

Le message à sa famille politique tient en quatre mots : "Qu'ils restent unis" face à une situation économique difficile et aux 80% de Français qui ne croient pas à la politique économique du gouvernement pour y remédier.

"C'est la condition première pour convaincre. Qu'ils mesurent ce que nos victoires de 2012 nous obligent à faire pour être à la hauteur de notre tâche. Qu'ils surmontent les défaites pour être capables de l'emporter à la fin", dit-il.

Moins cinglant que le Premier ministre Manuel Valls, qui avait fustigé ce week-end "l'irresponsabilité" des propos tenus par "certains, à gauche", le président n'en reste pas moins ferme sur le cap à suivre, en premier lieu le pacte de responsabilité destiné à doper la compétitivité des entreprises.

"LA CONSTANCE, C'EST LA CONFIANCE"

Une question de "crédibilité", même si la croissance économique a été nulle pendant les deux premiers trimestres.

"Les choix ne peuvent être rediscutés à chaque fois qu'un indice trimestriel est connu. La constance, c'est la confiance", argumente-il, tout en expliquant que le soutien à la demande en France dépend surtout des choix faits par les institutions européennes, dont la Banque centrale et la Commission.

Reste à savoir comment le message sera reçu à La Rochelle, où Manuel Valls s'exprimera en clôture, trois jours après avoir assisté à l'université d'été du Medef, que l'aile gauche du PS juge trop choyé par un gouvernement qui lui offre 41 milliards d'euros de baisse des charges sur trois ans, jusqu'en 2017.

Dans un communiqué au ton mesuré, le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, estime que l'entretien présidentiel de rentrée "fixe le bon tempo".

"Réaffirmant le cap tout en modulant le rythme, le président propose aux Français de persévérer et de se rassembler", écrit celui qui a pris en avril les rênes du parti majoritaire.

Le député européen Emmanuel Maurel déplore que l'exécutif ne prenne "pas en compte un certain nombre de messages de la majorité et de son électorat".

"Alors que les résultats ne sont pas bons, que beaucoup s'interrogent, on ne peut pas répondre uniquement par 'circulez y a rien à voir' et 'rassemblez-vous sinon on va perdre en 2017'", a-t-il dit à Reuters.

La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann tacle elle aussi un président qui "croit que la Ve République lui donne le droit de gouverner sans une majorité et en décrochage massif avec les Français".

Les deux élus plaident notamment pour la mise en place d'une Contribution sociale généralisée (CSG) progressive et un contrôle de l'argent versé au titre du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), au moment où la hausse des dividendes reversés aux actionnaires explose.

PRIMAIRES POUR 2017

De l'avis du "frondeur" Pouria Amirshahi, "la question qui reste sans réponse est : quelles initiatives prend l'exécutif ?"

"En France, François Hollande garde le cap et en Europe, il attend. Espérer que le Medef en France et M. (le président de la Commission européenne) Jean-Claude Juncker en Europe sont de bonne volonté est totalement naïf", juge le député.

Dans Le Monde, François Hollande adresse un message d'apaisement au Parti radical de gauche (PRG), seul allié du PS après le départ des Verts du gouvernement, qui est inquiet de la réforme territoriale et menace de faire bande à part.

S'il refuse de renoncer à une réforme "attendue depuis trop longtemps", le président indique que la disparition des conseils généraux prendra cinq ans, le temps d'"imaginer des solutions adaptées aux départements ruraux", revendication du PRG.

Alors qu'à droite, Alain Juppé vient de poser sa candidature pour les primaires de l'UMP en vue de l'élection présidentielle de 2017 avec pour ambition de rallier le centre, François Hollande laisse le soin au Parti socialiste d'organiser un scrutin interne, le moment venu.

La question lui est, dit-il, "totalement indifférente".

"Ma préoccupation n'est pas de savoir comment je vais arriver en 2017 à présenter une éventuelle candidature, mais comment redresser le pays d'ici là", dit celui qui l'avait l'emporté au deuxième tour de la primaire présidentielle du PS face à Martine Aubry en 2011.

(Edité par Yves Clarisse)

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 19:50

Frédéric Durand - Jeudi, 21 Août, 2014

Les déclarations de François Hollande ne sont pas de nature à ressouder une gauche déjà très critique à l’égard de l’exécutif. Beaucoup pointent l’urgence de trouver des issues progressistes à la crise.

gauche.jpgAvec ces nouvelles déclarations, François Hollande vient-il de sectionner les derniers fils ténus qui le reliaient encore à cette majorité de gauche qui l’a fait élire en 2012 ? Est-il désormais devenu «le président de personne», comme le qualifie amèrement son ancienne ministre écologiste au Logement, Cécile Duflot, dans un livre au titre dépourvu d’ambiguïté Voyage au pays de la désillusion.

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste : «Il ne me convainc pas.»

S’ils sont légion, les mécontentements ne sont pas circonscrits aux partenaires traditionnels du Parti socialiste. Intra-muros, l’agitation gagne du terrain. La fronde déclenchée par les parlementaires socialistes à l’automne ne faiblit pas. S’agissant des mises en garde de François Hollande, Laurent Baumel s’insurge: «Je suis stupéfait par le fait qu’il invite les socialistes à comprendre et dépasser la défaite municipale alors qu’il en est le principal responsable et n’en a tiré lui aucune leçon.» L’animateur de la Gauche populaire, avec une centaine d’autres députés socialistes, avait adressé une lettre à Manuel Valls peu après son intronisation pour lui demander de changer de ligne économique. «Il ne me convainc pas», a immédiatement réagi de son côté Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste et infatigable militante du rassemblement à gauche. Elle ne se contentera pas des états-généraux promis par le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, mais exige «un congrès pour redéfinir les orientations politiques du gouvernement». Si elle voit d’un bon œil les mesures sur la relance de l’apprentissage et sur la transition énergétique, «nous sommes toujours dans les mêmes désaccords», s’empresse de préciser l’élue qui défend une politique de la relance par l’augmentation du pouvoir d’achat, des investissements publics, des aides ciblées pour les entreprises du secteur industriel ou encore une remise en cause des politiques d’austérité européennes. «J’espérais que le président de la République ferait des propositions de rencontres aux leaders des différents partis qui ont contribué à son élection…», regrette-t-elle. Las, la décision de maintenir un cap qui enfonce le pays dans la crise semble n’appartenir qu’à une poignée de personnes, voire à François Hollande uniquement. «Alors que les résultats ne sont pas bons, que beaucoup s’interrogent, on ne peut pas répondre uniquement par “circulez, y a rien à voir” et “rassemblez-vous, sinon on va perdre en 2017”», tacle le député européen Emmanuel Maurel qui déplore que l’exécutif ne prenne «pas en compte un certain nombre de messages de la majorité et de son électorat». Même son de cloche du côté du député «frondeur» de Paris, Pascal Cherki : «Est-ce qu’il arrivera à rassembler toute la gauche au-delà du PS en prenant des mesures que même Nicolas Sarkozy n’a pas prises ?», feint-il de questionner. Il n’y a guère que Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, pour se réjouir des annonces faites par le président de la République : «Le ton de l’interview présidentielle tout autant que le fond nous semble le bon. Réaffirmant le cap tout en modulant le rythme, le président propose aux Français de persévérer et de se rassembler. La nouvelle phase commence : relance européenne face au risque de 
déflation, et investissement en France : logement, éducation, impôts, collectivités, entreprises. Ainsi que modernisation 
des institutions et des professions 
réglementées», affirme-t-il dans un communiqué. Pour le Nouveau Parti anticapitaliste «la politique de Hollande-Valls ne donne aucun des résultats qu’ils avaient annoncés... mais il est hors de question pour eux de changer de cap. (...) Aux cadeaux au patronat et aux miettes pour les plus pauvres, il y ajoute le mépris pour tous ceux qui critiquent sa politique.» «Tous les moteurs de la croissance sont à l’arrêt, la politique du gouvernement est en échec sur toute la ligne. Et, au moment même où le président annonce un plan en faveur des entreprises – 40 milliards d’euros jusqu’à 2017 –, ce que même la droite n’avait pas osé faire, le patronat répond par un bras d’honneur ! La France bat tous les records de distribution des dividendes à ses actionnaires», déplore le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles. Selon lui, l’urgence est à trouver des solutions de sortie de crise : «Celles et ceux qui font ce constat doivent passer de la simple prise de position à l’action», tranche-t-il. «Nous sommes très nombreux, mais nous ne devons pas rester dans nos cases respectives, il faut le plus rapidement possible créer les conditions du rassemblement, organiser la discussion et passer à l’action.» Le responsable communiste souhaite dépasser les éventuels désaccords internes à la gauche qui pourraient s’avérer paralysant : «Inutile d’être d’accord sur tout pour actionner trois ou quatre leviers essentiels qui redonnent de l’espoir et redressent le pays !»

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 14:00
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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 08:19

bandeauGADans le but de parvenir à un nouveau pacte majoritaire à gauche, Gauche Avenir cherche à dégager les convergences au sein de la gauche politique, syndicale et intellectuelle par l’audition d’un certain nombre de personnalités.

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 Notre prochain invité est :

Bernard THIBAULT

ancien Secrétaire Général de la CGT

mardi 4 mars à 17 h 30

Salle Vaugirard, au Sénat

26 rue Vaugirard 75006 Paris

 

 

 

Entrée sur présentation d’une pièce d’identité,

inscription préalable (gratuite) obligatoire à contact@gaucheavenir.org

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 09:55

bandeauGADans le but de parvenir à un nouveau pacte majoritaire à gauche, Gauche Avenir cherche à dégager les convergences au sein de la gauche politique, syndicale et intellectuelle par l’audition d’un certain nombre de personnalités.

Notre prochain invité est :

remi lefebvre Rémi LEFEBVRE, professeur de sciences politiques à l’université Lille 2,chercheur au    CERAPS (Lille 2),

président de la section de science politique de Lille 2,

responsable de la spécialité du master action publique locale Communication et concertation,

membre du conseil d’administration de l’Institut d’Etudes politiques de Lille.

Ses domaines de spécialisation sont les partis politiques, et plus précisément le parti socialiste, ainsi que le métier politique et l’action publique, les campagnes électorales, la démocratie participative, la démocratie de proximité.

Ses derniers ouvrages sont :

▪ Lefebvre (R.), dir., Les transformations du militantisme socialiste, Recherche socialiste, 46‐47, OURS, 2009.
▪ Lefebvre (R.), Leçons d’introduction à la science politique, Paris, Ellipses, 2010.
▪ Lefebvre (R.), Les primaires socialistes, la fin du parti militant, Paris, Raisons d’agir, 2011.
▪ Lefebvre (R.), Leçons d’introduction à la science politique, 2ème édition revue et augmentée, Paris, Ellipses, 2013.

Son site : http://ceraps.univ-lille2.fr/fr/chercheurs/remi-lefebvre.html

mercredi 19 février 2014 de 17h à 19h

Salle Vaugirard, au Sénat

26 rue de Vaugirard, 75006 Paris

inscription préalable (gratuite) obligatoire à contact@gaucheavenir.org

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 14:04

Alors que le PS a lancé, au cours d'un séminaire tenu hier à Paris, le débat interne sur le pacte de responsabilité, Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste et présidente de Gauche Avenir, espère peser sur les choix du gouvernement. Entretien.

marie-noelle_lienemann_1.jpgVous considérez ce séminaire plus comme un show que 
comme un lieu de débats. 
Vous ferez-vous entendre ?

Marie-Noëlle Lienemann. Oui, malgré la volonté de la direction du PS d’étouffer le débat. Nous avons publié un texte, signé par différents courants socialistes représentant 30% de la direction nationale, pour montrer qu’il n’y a pas qu’une seule politique possible.

Le donnant-donnant, 30 milliards pour les 
patrons contre des emplois, ne risque-t-il pas d’être un marché de dupes ?

Nous mettons l’accent sur plusieurs aspects. Nous sommes contre la baisse de 50 milliards d’euros des dépenses publiques qui aura un effet désastreux sur les services publics et l’État social, et va plomber la croissance. Nous ne croyons pas, sauf à nous prouver le contraire, à de vraies contreparties en termes d’emplois. Il faut des aides ciblées et des objectifs clairs avec des contraintes mais aussi des sanctions pour les faire respecter.

La baisse du coût du travail n’est donc pas pour vous le nec plus ultra des politiques économiques…

Exactement. Si dans certains secteurs, comme l’industrie, il faut revoir les prélèvements pour retrouver des marges de compétitivité, ils ne peuvent se faire sur le dos des politiques familiales et sur les salaires.

Vous souhaitez un compromis favorable 
au monde du travail. Est-ce possible 
avec la politique actuelle ?

Nous prenons au mot François Hollande quand il dit vouloir un compromis équitable. Nous disons chiche. Mais cela induit un changement de politique. Soit, la croissance d’abord et les déficits ensuite, la mobilisation de l’argent public pour relancer l’économie, une réforme fiscale favorisant l’emploi dans les entreprises et donnant du pouvoir d’achat aux couches populaires comme, par exemple, une CSG progressive.

Irez-vous jusqu’à vous abstenir lors du vote 
de confiance si rien n’est changé du projet 
de pacte de responsabilité du gouvernement ?

Là n’est pas la question. Nous entendons peser sur les choix du gouvernement. Nous, mais aussi les organisations syndicales. François Hollande ne va pas pouvoir durablement dire qu’il ne veut rien entendre alors que le soutien de son électorat se dérobe sous lui.

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 10:55

Regards.fr - Par Nathanaël Uhl - 10 février 2014

Lundi, le bureau national du PS s’est réuni pour harmoniser l’expression sur le "Pacte de responsabilité" et la "politique de l’offre". Ce même jour, les gauches du PS, unies, sont sorties du silence pour dire « Il n’y a pas qu’une seule politique possible ». Et qu’il y en a aussi une à gauche.

Maurel Saint-Quentin 17-10-2012 rueFaut-il que la situation soit grave pour que les gauches du Parti socialiste aient décidé de sortir de leur réserve ? La période des élections municipales est, d’ordinaire, l’occasion d’observer un silence prudent. Les militants socialistes, quelle que soit leur sensibilité, se détournent du national pour camper sur le local. L’officialisation de la "politique de l’offre" comme nouveau credo de la politique économique du gouvernement a fait sauter les digues. Comme si le "Pacte de responsabilité" cher à François Hollande rappelait les gauches du Parti socialiste à leurs propres responsabilités. Et c’est unis que Maintenant la gauche (Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann), Un monde d’avance (les proches de Benoît Hamon) et des membres de la motion 4 (majoritairement d’anciens proches de Ségolène Royal, animés par Stéphane Hessel) ont publié l’appel « Il n’y a pas qu’une seule politique possible ». Ils ont choisi ce lundi 10 février et le séminaire organisé par le bureau national du PS pour le rendre public.

Revenir au discours du Bourget

Le débat a eu lieu, à huis clos. «Dans la forme, il s’est bien passé», résume Pouria Amirshahi, député de la 9e circonscription des Français de l’étranger et signataire de l’appel. Sur le fond, Jean-Marc Ayrault a délivré l’explication de texte officielle. Et les ténors des gauches du PS ont riposté, argument contre argument. «Personne ne s’est convaincu, glisse Pouria Amirshahi. Mais nous avons formalisés nos désaccords. Rien que pour cela, c’était utile.» Du côté de Maintenant la gauche, on avait pourtant tâché de mettre sous le boisseau les désaccords. La solidarité de parti en période électorale n’est pas un vain mot au PS. Seul Gérard Filoche n’a pas mis ses positions en sourdine au cours du dernier trimestre 2013. Ainsi, alors que les députés de la gauche du PS se singularisaient par des votes divergents sur la réforme des retraites, Gérard Filoche titrait sur son blog « Pour la première fois c’est la gauche qui casse nos retraites ».

L’appel à une autre politique, qui reprend en fait les axes essentiels du discours de François Hollande au Bourget, rompt avec le silence prudent des quatre derniers mois de 2013. Un premier tir à blanc a eu lieu à l’occasion des vœux présidentiels, par la voix du Pascal Cherki, membre de Maintenant la gauche [en fait membre d'Un Monde d'Avance : note de l'administration du blog]. Assurant «comprendre les interrogations qu’on peut avoir» sur la politique du gouvernement, le député PS de Paris avait admis reconnaître «les intentions du président de la République», mais «doute(r) que les moyens employés permettent d’y arriver».

Emmanuel-Maurel-Jerome-Guedj-et-Marie-Noelle-Lienemann-lors«Il y a le feu»

Le texte publié ce lundi va plus loin encore, qui explicite : «Si le président a été très clair sur les avantages accordés aux entreprises, les contreparties demandées restent floues. Il faudra plus qu’un "observatoire" pour imposer amélioration des conditions de travail, discussion sur les salaires, partage du travail ou multiplication des embauches. D’autant que le MEDEF, par la voix de son président, refuse de rentrer dans une logique de "donnant-donnant" qui serait pourtant la moindre des choses. En lien avec les déclarations présidentielles, nous insistons sur la double nécessité de ne pas alimenter la rente pour servir l’investissement productif et de faire bénéficier les salariés, par le biais de la rémunération notamment, d’une part de cette aide.» Pouria Amirshahi résume l’enjeu : «François Hollande a ouvert un seul espace, celui des contreparties. Maintenant, il faut remplir la corbeille».

Le virage de François Hollande en faveur de la très reaganienne "politique de l’offre" a donc fait sortir les socialistes contestataires de leur réserve. «C’est qu’il y a le feu», estime Sophie Zana, présidente de Maintenant la gauche Seine-Saint-Denis. La militante, élue aux Lilas, explique : «Depuis décembre, les coups de fil des militants se multiplient. On sent bien que parier sur la déconnection entre le local et le national, c’est illusoire.» Il semblerait même que la grogne gagne des ministres qui se verraient contraints de garder le silence par "solidarité gouvernementale" ou parce qu’ils seraient surveillés de près, selon des sources proches.

L’appel pour un PS autonome

L’enchaînement entre vœux présidentiels, annonce du "Pacte de responsabilité" et les propos de Stéphane Le Foll, proche historique de François Hollande, estimant que «la politique de l’offre n’est ni de droite ni de gauche», a fini de mettre le feu aux poudres socialistes. Même si «la rapidité du revirement vis-à-vis d’engagements structurants de la campagne présidentielle, formalisés dans le discours du Bourget (…) nous a tous sidérés», estime Pouria Armishahi. Pour ce dernier : «Il nous a fallu le temps de nous relever, d’assumer pleinement, et dans un débat public, nos désaccords».

Chacun se retrouve à dénoncer un changement rapide et dont François Hollande seul porte la responsabilité. «Il n’y a eu aucun débat, avant aujourd’hui», tranche Pouria Armishahi. Sophie Zana, de son côté, a la dent dure contre le gouvernement, l’accusant à mots couverts de manipulation : «Le timing est parfait. Maurel Laurent 1En effectuant ce virage en pleines municipales, il musèle l’UMP, en lui prenant ses arguments de campagne, et il musèle la gauche du PS qui est liée par la solidarité de parti». Sauf que les gauches du PS ont décidé de s’unir et de jeter à bas la muselière. Elles en appellent à «un PS autonome» qui soit le «relais des aspirations mais aussi des mécontentements».

Les signataires – députés, secrétaires nationaux et membres du Bureau national – appellent également à un «rassemblement de la gauche», avec le Parti communiste (PCF) [Pierre Laurent, son secrétaire général, en photo ci-contre] et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, un rassemblement qualifié d’«ardente obligation». Pouria Amirshahi conclut, assumant «un appel sans aucune réserve» au Front de gauche : «Ces enjeux dépassent de loin les querelles de chapelle, que ce soit dedans ou dehors le Parti socialiste».

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