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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 10:55

Regards.fr - Par Nathanaël Uhl - 10 février 2014

Lundi, le bureau national du PS s’est réuni pour harmoniser l’expression sur le "Pacte de responsabilité" et la "politique de l’offre". Ce même jour, les gauches du PS, unies, sont sorties du silence pour dire « Il n’y a pas qu’une seule politique possible ». Et qu’il y en a aussi une à gauche.

Maurel Saint-Quentin 17-10-2012 rueFaut-il que la situation soit grave pour que les gauches du Parti socialiste aient décidé de sortir de leur réserve ? La période des élections municipales est, d’ordinaire, l’occasion d’observer un silence prudent. Les militants socialistes, quelle que soit leur sensibilité, se détournent du national pour camper sur le local. L’officialisation de la "politique de l’offre" comme nouveau credo de la politique économique du gouvernement a fait sauter les digues. Comme si le "Pacte de responsabilité" cher à François Hollande rappelait les gauches du Parti socialiste à leurs propres responsabilités. Et c’est unis que Maintenant la gauche (Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann), Un monde d’avance (les proches de Benoît Hamon) et des membres de la motion 4 (majoritairement d’anciens proches de Ségolène Royal, animés par Stéphane Hessel) ont publié l’appel « Il n’y a pas qu’une seule politique possible ». Ils ont choisi ce lundi 10 février et le séminaire organisé par le bureau national du PS pour le rendre public.

Revenir au discours du Bourget

Le débat a eu lieu, à huis clos. «Dans la forme, il s’est bien passé», résume Pouria Amirshahi, député de la 9e circonscription des Français de l’étranger et signataire de l’appel. Sur le fond, Jean-Marc Ayrault a délivré l’explication de texte officielle. Et les ténors des gauches du PS ont riposté, argument contre argument. «Personne ne s’est convaincu, glisse Pouria Amirshahi. Mais nous avons formalisés nos désaccords. Rien que pour cela, c’était utile.» Du côté de Maintenant la gauche, on avait pourtant tâché de mettre sous le boisseau les désaccords. La solidarité de parti en période électorale n’est pas un vain mot au PS. Seul Gérard Filoche n’a pas mis ses positions en sourdine au cours du dernier trimestre 2013. Ainsi, alors que les députés de la gauche du PS se singularisaient par des votes divergents sur la réforme des retraites, Gérard Filoche titrait sur son blog « Pour la première fois c’est la gauche qui casse nos retraites ».

L’appel à une autre politique, qui reprend en fait les axes essentiels du discours de François Hollande au Bourget, rompt avec le silence prudent des quatre derniers mois de 2013. Un premier tir à blanc a eu lieu à l’occasion des vœux présidentiels, par la voix du Pascal Cherki, membre de Maintenant la gauche [en fait membre d'Un Monde d'Avance : note de l'administration du blog]. Assurant «comprendre les interrogations qu’on peut avoir» sur la politique du gouvernement, le député PS de Paris avait admis reconnaître «les intentions du président de la République», mais «doute(r) que les moyens employés permettent d’y arriver».

Emmanuel-Maurel-Jerome-Guedj-et-Marie-Noelle-Lienemann-lors«Il y a le feu»

Le texte publié ce lundi va plus loin encore, qui explicite : «Si le président a été très clair sur les avantages accordés aux entreprises, les contreparties demandées restent floues. Il faudra plus qu’un "observatoire" pour imposer amélioration des conditions de travail, discussion sur les salaires, partage du travail ou multiplication des embauches. D’autant que le MEDEF, par la voix de son président, refuse de rentrer dans une logique de "donnant-donnant" qui serait pourtant la moindre des choses. En lien avec les déclarations présidentielles, nous insistons sur la double nécessité de ne pas alimenter la rente pour servir l’investissement productif et de faire bénéficier les salariés, par le biais de la rémunération notamment, d’une part de cette aide.» Pouria Amirshahi résume l’enjeu : «François Hollande a ouvert un seul espace, celui des contreparties. Maintenant, il faut remplir la corbeille».

Le virage de François Hollande en faveur de la très reaganienne "politique de l’offre" a donc fait sortir les socialistes contestataires de leur réserve. «C’est qu’il y a le feu», estime Sophie Zana, présidente de Maintenant la gauche Seine-Saint-Denis. La militante, élue aux Lilas, explique : «Depuis décembre, les coups de fil des militants se multiplient. On sent bien que parier sur la déconnection entre le local et le national, c’est illusoire.» Il semblerait même que la grogne gagne des ministres qui se verraient contraints de garder le silence par "solidarité gouvernementale" ou parce qu’ils seraient surveillés de près, selon des sources proches.

L’appel pour un PS autonome

L’enchaînement entre vœux présidentiels, annonce du "Pacte de responsabilité" et les propos de Stéphane Le Foll, proche historique de François Hollande, estimant que «la politique de l’offre n’est ni de droite ni de gauche», a fini de mettre le feu aux poudres socialistes. Même si «la rapidité du revirement vis-à-vis d’engagements structurants de la campagne présidentielle, formalisés dans le discours du Bourget (…) nous a tous sidérés», estime Pouria Armishahi. Pour ce dernier : «Il nous a fallu le temps de nous relever, d’assumer pleinement, et dans un débat public, nos désaccords».

Chacun se retrouve à dénoncer un changement rapide et dont François Hollande seul porte la responsabilité. «Il n’y a eu aucun débat, avant aujourd’hui», tranche Pouria Armishahi. Sophie Zana, de son côté, a la dent dure contre le gouvernement, l’accusant à mots couverts de manipulation : «Le timing est parfait. Maurel Laurent 1En effectuant ce virage en pleines municipales, il musèle l’UMP, en lui prenant ses arguments de campagne, et il musèle la gauche du PS qui est liée par la solidarité de parti». Sauf que les gauches du PS ont décidé de s’unir et de jeter à bas la muselière. Elles en appellent à «un PS autonome» qui soit le «relais des aspirations mais aussi des mécontentements».

Les signataires – députés, secrétaires nationaux et membres du Bureau national – appellent également à un «rassemblement de la gauche», avec le Parti communiste (PCF) [Pierre Laurent, son secrétaire général, en photo ci-contre] et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, un rassemblement qualifié d’«ardente obligation». Pouria Amirshahi conclut, assumant «un appel sans aucune réserve» au Front de gauche : «Ces enjeux dépassent de loin les querelles de chapelle, que ce soit dedans ou dehors le Parti socialiste».

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 17:03

Un séminaire sur le pacte de responsabilité est organisé lundi 10 février par la direction du Parti socialiste, en présence de Jean-Marc Ayrault et de parlementaires.

 

Dans un texte intitulé « Il n’y a pas qu’une seule politique possible », l’aile gauche du parti interpelle François Hollande et la majorité sur l’ordre des priorités économiques et sociales.

Le-pacte-de-responsabilite-ne-cree-pas-l-unanimite-au-PS_ar.jpgLe Parti socialiste organise lundi 10 février un séminaire intitulé «réussir le pacte de responsabilité pour la France». Le huis clos a été prévu pour cette réunion du bureau national ouverte aux parlementaires, à laquelle devaient aussi prendre part le premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre du travail Michel Sapin.

Les désaccords sur ce sujet sensible devaient rester confidentiels. Mais l’aile gauche du parti en a décidé autrement, rendant publics ses positions, avant même le début des travaux. Dans un texte intitulé « Il n’y a pas qu’une seule politique possible », une trentaine de ses membres réclament une autre orientation économique. 

«Les contreparties restent floues»

Ils sont une trentaine de signataires, tous issus de la remuante gauche du PS. Des anciens ministres comme Marie-Noëlle Lienemann, Henri Emmanuelli et Paul Quilès. Des membres des courants Maintenant la gauche d’Emmanuel Maurel et Un monde d’avance rassemblant des proches du ministre Benoît Hamon. Des représentants de la motion «Oser. Plus loin, plus vite» que l’ancien résistant Stéphane Hessel défendit au congrès de Toulouse à l’automne 2012.

À leurs yeux, la politique social-démocrate de François Hollande s’est éloignée de son discours du Bourget du 22 janvier 2012, où le candidat à la présidentielle déclarait que son «ennemi» était la «finance». Le pacte de responsabilité qu’il a initié en janvier dernier est selon eux un cadeau offert au patronat. 

Les responsables de la gauche du PS estiment en particulier que «les préconisations contenues dans le pacte de responsabilité sont déséquilibrées» et que «les contreparties demandées restent floues».

«Nous ne nous reconnaissons pas dans le discours qui tend à faire de la baisse des ‘charges’et du ‘coût du travail’ la condition d’un retour de la croissance», écrivent les signataires qui poursuivent : «Nous sommes inquiets quand nous découvrons que la baisse des cotisations promise aux entreprises s’accompagne d’une réduction de 50 milliards d’euros des dépenses publiques en trois ans, sans même savoir quels sont ceux qui en supporteront les conséquences », au risque de « rogner sur le modèle social français».

Bruno Le Roux propose une «conditionnalité» 

Dimanche 9 février, les ministres avaient tenté de désamorcer les désaccords. Le ministre du travail Michel Sapin avait affirmé, dans Le Parisien, que «ce n’est pas aux patrons que l’on fait un cadeau mais aux entreprises à qui l’on donne les moyens de créer des emplois»

«Ni trique, ni fouet, ni conditionnalité bureaucratiquement vérifiée. En revanche, pas non plus de cadeau unilatéral», avait renchéri le ministre de l’économie Pierre Moscovici sur France Inter.

Quant au président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Bruno Le Roux, il a esquissé la proposition d’une exonération totale de cotisations sociales pour les entreprises pendant trois ans pour tout emploi créé. «Il faudrait aboutir, notamment pour les PME, à ce qu’à partir du moment où nous nous mettons d’accord sur leurs masses salariales, constatées par nos directions de l’emploi, l’emploi supplémentaire, sur une période de trois ans, peut être exonéré totalement de cotisations sociales», a-t-il expliqué.

Une entreprise n’en bénéficierait «que si (elle) recrute, donc il y a une conditionnalité, même plus, une contrepartie», a insisté Bruno Le Roux. Cette idée «ne se substitue pas au pacte de responsabilité, mais elle apporterait au débat politique un élément très clair», a-t-il conclu.

Corinne Laurent

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 16:13

- Le nouvel Observateur - Publié le 10-02-2014 à 15h11

L'aile gauche du PS n'est pas favorable au pacte de responsabilité, qui prévoit une baisse des cotisations patronales. Explications d'Emmanuel Maurel, du bureau national du PS.

1390661 10201999010448869 1924398699 nLe Pacte de responsabilité va-t-il signer le retour des divisions dans les rangs socialistes ? Ce lundi 10 février après-midi, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre du Travail Michel Sapin discutent de l'engagement de François Hollande de réduire le coût du travail pour les entreprises, en échange de la création d'emplois, lors d'un séminaire réunissant élus de la majorité et économistes. Mais dès ce matin, des membres de l'aile gauche du PS, d'Henri Emmanuelli à Marie-Noël Lienemann en passant par Paul Quilès et Jérôme Guedj, ont fait connaître leur opposition aux principes même de ce pacte, dans un texte intitulé "Il n'y a pas qu'une seule politique possible", publié sur Mediapart. Interview d'Emmanuel Maurel, membre du bureau national du Parti socialiste.

Vous publiez un texte contre le Pacte de responsabilité. Pourquoi ?

Il y a des présupposés qui méritent d'être questionnés. Nous pensons que le coût du travail n'est pas le problème principal de la compétitivité. Il n'est pas non plus pertinent de réduire les dépenses publiques de 50 milliards d'euros en période de croissance atone. Et nous avons déjà eu un pacte, le pacte de compétitivité, dont nous n'avons pas encore mesuré les effets.

Vous opposez-vous au choix désormais clair de l'exécutif d'une politique de l'offre, de soutien aux entreprises ?

Traditionnellement, les socialistes ont une position équilibrée. Nous n'opposons pas relance de la demande et soutien de l'offre, ni d'ailleurs dépenses publiques et croissance. Mais nous donnons ici l'impression d'être tourné uniquement vers l'offre, alors que la question de la demande est centrale. Ce n'est pas un hasard si les Allemands et les Américains vont mettre en œuvre un salaire minimum. Ils ont compris qu'il fallait soutenir la demande.

Estimez-vous néanmoins que le coût du travail est l'un des éléments problématiques de la compétitivité française ?

Non. Le problème de compétitivité vient surtout du coût du capital. Entre 1999 et 2008, les entreprises allemandes ont réduit leur taux de dividendes de 10%. Pendant ce temps, les entreprises françaises l'augmentaient de 50%. S'il y a des contreparties à demander aux entreprises dans le cadre du Pacte de responsabilité, c'est surtout qu'elles réorientent leurs profits vers l'investissement. Mettons tout sur la table : salaires, embauches, droits des salariés, politique de dividendes. Ce sont plus que des contreparties, ce sont des conditions économiques.

Dessinez-vous également des lignes jaunes pour la remise à plat de la fiscalité ?

Ce n'est que le début des discussions. Il y a un débat sur la progressivité de la Contribution sociale généralisée (CSG). La fiscalité des entreprises aussi posent problème, parce que les grosses paient moins d'impôts que les petites. Or l'une des clés de la croissance, c'est le retour de l'activité pour les entreprises petites, moyennes ou intermédiaires.

Vous défendez la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu. Êtes-vous d'accord avec le gouvernement sur le fait qu'elle est difficilement réalisable durant le quinquennat ?

C'est une réponse de technocrate de Bercy. Le Parti socialiste défend cette réforme depuis dix ans. François Hollande l'a reprise dans son programme présidentiel. Ce sont les personnes de l'administration qui nous ont aidés à faire notre programme qui nous expliquent aujourd'hui que ce n'est pas faisable

Le ton était monté entre l'exécutif et sa majorité lors des discussions budgétaires à l'automne dernier. Marchez-vous sur des oeufs ?

Nous sommes inquiets à l'approche des municipales. On veut faire réussir la gauche en gagnant la bataille de l'emploi. Pour cela il faut une mobilisation générale. Il faut donc que tout le monde se retrouve dans la politique que nous menons. D'où l'importance de la redistribution, et donc de la réforme fiscale lancée par Jean-Marc Ayrault.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 14:45
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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 11:57

Appel “Il n’y a pas qu’une seule politique possible” à l’initiative de Maintenant la Gauche et d’autres sensibilités du Parti Socialiste dans le cadre du séminaire PS-gouvernement sur le pacte de responsabilité

SIGNATAIRES

Guillaume Balas, Frédéric Lutaud, Emmanuel Maurel

Membres du Bureau National du Parti socialiste

Henri Emmanuelli, député, ancien Ministre, ancien Premier Secrétaire du Parti socialiste

Marie-Noëlle Lienemann, ancienne Ministre, sénatrice

Paul Quilès, ancien Ministre

Et les membres du Bureau National et du Secrétariat National suivants :

Pouria Amirshahi, Tania Assouline, Marie Bidaud, Sandrine Charnoz, Pascal Cherki, Laurianne Deniaud, Stéphane Delpeyrat, Antoine Détourné, Julien Dray, Anne Ferreira, Gérard Filoche, Olivier Girardin, Jérôme Guedj, Liêm Hoang-Ngoc, Frédéric Hocquard, Régis Juanico, Marianne Louis, Delphine Mayrargue, Jonathan Munoz, Nadia Pellefigue, Roberto Romero, Jean-François Thomas, Isabelle Thomas

 

***

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La période est instable. De l’extrême droite qui se rassemble derrière des slogans racistes et antisémites à la droite radicalisée qui remet en cause la légitimité du Président de la République à gouverner, un front des conservatismes se constitue. Cette situation appelle une réaction forte. Une réaction essentielle pour reprendre la main, faire reculer le chômage et engager pleinement la transition écologique. Et ne pas donner l’impression que, malgré l’arrivée de la gauche au pouvoir, les droites et leurs « valeurs » sont en dynamique.

De toutes nos forces nous voulons que la gauche réussisse. Dix ans de politique de droite ont profondément abimé notre pays. La crise a dévasté nombre de territoires, plongé des millions de familles dans l’angoisse de la précarité ou du chômage.

A l’occasion de la campagne présidentielle, François Hollande a, à juste titre, pointé la responsabilité historique du monde de la finance dans les difficultés que traversent notre pays et notre continent. Il avait porté haut et fort l’exigence d’une réorientation de la construction européenne, en dénonçant le caractère néfaste des politiques d’austérité. Pour sortir le pays du chômage de masse, il avait proposé une feuille de route qui n’oppose pas la production à la redistribution, l’offre à la demande, l’efficacité économique à la justice sociale.

Cette feuille de route, c’est toujours la nôtre.

Cinq ans après la chute de Lehman Brothers, l’Union européenne subit toujours la crise et ses conséquences. Trois pays se trouvent encore sous assistance financière, le chômage atteint 12% dans la zone euro et la croissance est en berne.

C’est pourquoi nous continuons de penser qu’il est nécessaire de faire vivre la promesse de réorientation de la politique Européenne. Plus que jamais, la France doit créer les conditions d’un rapport de force favorable aux politiques de sortie de crise. La situation impose de nous dégager de la logique trop restrictive liée aux normes budgétaires et monétaires européennes.

La réduction des déficits préconisée par la Commission européenne a provoqué des coupes sombres dans des dépenses publiques et sociales essentielles. Surtout, ces « efforts » imposés aux populations n’ont pas permis de réduction de la dette publique. Elle est passée pour l’Union européenne à 27 de 62% du PIB en 2008 à 85% quatre ans plus tard. Loin de réduire la dette, l’austérité contribue à l’augmenter davantage.

Aujourd’hui, les critiques convergent pour remettre en cause des politiques socialement dangereuses et économiquement inefficaces. Les citoyens, mais aussi de grandes institutions comme le FMI, l’OCDE,  le BIT, pointent l’urgence d’une relance coordonnée en Europe.

Dans ce contexte, les élections européennes revêtent une importance particulière. Refonte de la politique commerciale, instauration d’une taxe sur les transactions financières, lutte contre les paradis fiscaux, politique monétaire au service de l’économie réelle, harmonisation sociale et fiscale, relance de l’investissement par la transition énergétique notamment, meilleure répartition du travail, smic européen : les socialistes porteront ces exigences en mai prochain.

Mais nous serons d’autant plus crédibles pour le faire si nous avons administré la preuve, en France, qu’il n’y a pas qu’une seule politique possible.

Or en dépit de la salutaire rupture avec l’ère Sarkozy, l’orientation en matière de politique économique suscite des désaccords et des inquiétudes dans nos rangs.

Nous ne nous reconnaissons pas dans le discours qui tend à faire de la baisse des « charges » et du « coût du travail » la condition d’un retour de la croissance. Il n’y a pas de « charges » mais des cotisations sociales qui sont en réalité du salaire différé.

Et nous sommes inquiets quand nous découvrons que la baisse des cotisations promise aux entreprises s’accompagne d’une réduction de 50 milliards d’euros des dépenses publiques en trois ans, sans même savoir quels sont ceux qui en supporteront les conséquences. Ce qui risque de rogner sur le modèle social français dont les grands principes ont été établis à la Libération.

La focalisation exclusive sur la baisse du « coût du travail » ne constitue pas une réponse adaptée

Comme l’ensemble de l’Union européenne, la France souffre de la crise. Les libéraux, dont le patronat se fait le porte-parole, associent cette crise à un problème global de compétitivité engendré par une explosion du « coût du travail ». Cette lecture nous semble contestable.

Depuis le début des années 90, des centaines de milliards d’aides, d’exonérations, de subventions ont été distribuées sans aucun effet sur l’emploi et la compétitivité de nos entreprises. Pire, elles ont alimenté la rente au détriment des salaires et de l’investissement. Entre 1999 et 2008, alors que les firmes allemandes ont réduit leur taux de dividendes versées de 10%, leurs homologues françaises l’ont augmenté de près de 50%. Le « coût du capital » n’a jamais été aussi élevé.

L’industrie française se délite et les politiques libérales de ces 20 dernières années n’ont fait qu’en précipiter la chute, croyant pouvoir créer une « France sans usine », renonçant à toute politique industrielle ambitieuse. Le renouveau industriel nécessite un renforcement de notre « compétitivité hors-coût » qui ne sera rendue possible que par des aides ciblées et d’une réorientation des bénéfices de la rente vers l’investissement productif.

Or, on ne peut que constater la victoire de la finance sur la production. C’est la conséquence de la concentration de la richesse entre les mains d’un nombre de plus en plus petit. Aujourd’hui, alors que 10 % de la population concentre 60 % du patrimoine, les banques imposent aux entreprises des règles qui donnent la priorité à l’accroissement systématique des marges. Dès lors, il ne faut pas s’étonner du mouvement de concentration du capital (les quatre premières banques françaises ont un bilan équivalent à 400 % du PIB) et de financiarisation de l’économie.

Enfin, ne nous voilons pas la face. La finitude des ressources naturelles, la hausse inéluctable du prix des énergies fossiles dont notre modèle de production et de consommation est dépendant, la stagnation de nos taux de croissance déconnectés du bien-être humain, nous obligent à imaginer un nouveau modèle de développement. De même, l’évolution des gains de productivité rend indispensable de réfléchir à une nouvelle répartition du travail. Mais ce nouveau modèle de développement est par définition antagoniste des logiques libérales, court-termistes, à l’œuvre de nos jours.

Pour nous, la priorité doit donc être la suivante: favoriser l’emploi et l’investissement productif aux dépens de la rente.

Les préconisations avancées jusqu’à présent sont déséquilibrées.

Les socialistes se sont toujours refusés à opposer offre et demande, production et redistribution, bonne gestion des comptes publics et relance de l’économie. Les propositions contenues dans le « pacte de responsabilité » semblent s’écarter de cette position d’équilibre.

1) L’objectif de baisse accélérée des dépenses publiques comporte des risques majeurs.

Le Président de la République s’est engagé à ne pas toucher au modèle social français. Néanmoins, la priorité accordée aux 50 milliards d’euros d’économies en trois ans, nous fait craindre une réduction du périmètre d’intervention de l’Etat, nuisible aux politiques sociales existantes et au fonctionnement des services publics.

Par ailleurs, elle réduit considérablement nos marges de manœuvres pour mener à bien des politiques ambitieuses dans le domaine de l’éducation, du logement ou de la culture. Comment continuer à soutenir l’effort de réinvestissement de l’Etat dans le domaine éducatif mené depuis le 6 mai, si les baisses de crédits y sont massives ? Comment soutenir l’exception culturelle si, pour la troisième année consécutive nous baissons le budget du ministère de la culture. Enfin, comment les collectivités territoriales pourront-elles continuer à être le premier investisseur public de notre pays, si elles doivent réaliser des coupes budgétaires massives ?

2) le redressement n’est pas possible sans la justice

A trop se focaliser sur « l’offre » et la « baisse des charges », le « pacte de responsabilité » risque de comprimer l’activité économique.

Notre pays doit partir de ses atouts : qualité de la main d’œuvre, de ses services et infrastructures publics. Agir  pour notre compétitivité, c’est penser dès maintenant le monde de demain et notre modèle de développement

C’est donc d’abord agir sur nos capacités productives (montée en gamme, sobriété énergétique de notre appareil productif, investissement dans les énergies renouvelables, utilité sociale) et sur nos infrastructures. Ainsi en 2011, les importations énergétiques pesaient 88% du déficit de notre balance commerciale, entamant d’autant la création d’emplois et les capacités d’investissement de nos entreprises.

L’investissement dans l’éducation, la formation, la recherche, la transition énergétique, sont autant de leviers pour une stratégie de développement durable à moyen et long terme. L’enchainement des crises ces vingt dernières années témoigne d’un système court-termiste à bout de souffle, qui ne répond plus au double impératif d’efficacité économique et de justice sociale. Cette option volontariste d’investissement que nous proposons est un moyen d’en sortir.

Mais cet effort serait vain si, faute de consommation, bon nombre d’entreprises n’avaient pas de carnets de commande remplis, si faute de «  planification » les industriels n’avaient aucune vision de l’avenir, et si faute d’anticipation ils n’étaient pas au rendez-vous d’une reprise française et internationale.

Dès lors, nous pensons que, dans la mobilisation générale pour l’emploi décrétée par l’exécutif, la consommation populaire doit prendre toute sa place. Elle passe notamment par une réforme fiscale de grande ampleur, comme l’a d’ailleurs proposé le Premier ministre. Loin de s’opposer, redressement et justice vont de pair.

Obtenir un compromis social favorable au monde du travail

La social-démocratie suppose que le parti majoritaire à gauche soutienne les syndicats de salariés pour arracher un compromis au patronat.

Si le Président a été très clair sur les avantages accordés aux entreprises, les contreparties demandées restent floues. Il faudra plus qu’un « observatoire » pour imposer amélioration des conditions de travail, discussion sur les salaires, partage du travail ou multiplication des embauches. D’autant que le MEDEF, par la voix de son président, refuse de rentrer dans une logique de « donnant-donnant » qui serait pourtant la moindre des choses. En lien avec les déclarations présidentielles, nous insistons sur la double nécessité de ne pas alimenter la rente pour servir l’investissement productif et de faire bénéficier les salariés, par le biais de la rémunération notamment, d’une part de cette aide.

Il n’y aura pas de « compromis social » favorable aux salariés sans mobilisation du parti, des parlementaires, du mouvement social. Salaires, embauches, réduction et partage du temps de travail, droits des salariés, contrôle des licenciements abusifs, modalités de remboursement des aides en cas de non-respect des engagements, politique de redistribution des dividendes : dans tous ces domaines nous devons porter des exigences fortes.

Oui, nous devons les porter, et en toute liberté. Sachons nous désintoxiquer des institutions de la Vème République. Tout ne peut procéder d’un seul homme. Les débats  politiques ne se règlent pas en brandissant la menace de  mesures disciplinaires ou en mettant les parlementaires au pied du mur.

Le PS doit jouer pleinement son rôle. Pour la réussite de la gauche au pouvoir, il faut un Parti autonome, force de propositions, relais des aspirations mais aussi des mécontentements. C’est une des conditions de la réussite commune.

Cette réussite passe aussi par l’implication de la gauche dans toute sa diversité. Il n’y a aujourd’hui de salut pour la gauche française que dans la construction de convergences entre les forces politiques et sociales qui la composent. Au moment où une partie de la droite radicalisée fait jonction avec une extrême droite plus menaçante que jamais, le rassemblement de la gauche est une ardente obligation.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 10:33

LE MONDE | 10.02.2014 à 09h21• Mis à jour le 10.02.2014 à 10h12| Par Bastien Bonnefous

4363194_6_9e76_francois-hollande-presente-le-troisieme_70c9.jpgC'est un véritable réquisitoire contre la politique économique de François Hollande engagée depuis janvier. Mais la nouveauté, c'est qu'il vient cette fois du propre camp du chef de l'Etat. Lundi 10 février, quelques heures avant le séminaire organisé par le PS sur «la réussite du pacte de responsabilité», plusieurs responsables socialistes devaient interpeller la majorité dans un document appelant à une remise en cause du tournant social-démocrate initié par le président de la République début janvier.

Ce texte, intitulé «Il n'y a pas qu'une seule politique possible» et que Le Monde s'est procuré, est signé par les membres du courant d'Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann «Maintenant la gauche», autrement dit l'aile gauche du PS, à laquelle s'ajoutent les amis du ministre de la consommation Benoît Hamon, réunis dans le courant «Un monde d'avance», ainsi que quelques représentants de la «motion 4» au dernier congrès socialiste de Toulouse en 2012, constitué à l'époque par Stéphane Hessel. Soit au total environ un tiers des élus aux instances nationales du PS.

Dans sa tribune, cette coalition alternative fustige la politique solitaire de M. Hollande, estimant que «tout ne peut pas procéder d'un seul homme», et appelle la majorité à «une réaction». «L'orientation en matière de politique économique suscite des désaccords et des inquiétudes dans nos rang», écrivent ces socialistes qui considèrent que la gauche doit continuer à «faire vivre la promesse» du discours du Bourget de janvier 2012, moment phare de la campagne présidentielle de M. Hollande dans lequel il avait désigné la finance comme son «adversaire».

«PROPOSITIONS DÉSÉQUILIBRÉES»

Principale cause de leur mécontentement : le contenu du «pacte de responsabilité». «Nous ne nous reconnaissons pas dans le discours qui tend à faire de la baisse des charges et du coût du travail la condition d'un retour de la croissance», expliquent les signataires qui avaient déjà eu du mal à accepter le CICE mis en place à l'automne 2012.

Pas question donc cette fois de laisser passer le tournant de la politique de l'offre sans réagir. Au contraire, ces adeptes de la relance par des aides ciblées aux secteurs industriels et «une réorientation des bénéfices de la rente vers l'investissement productif» comptent se faire entendre alors que s'engage le débat sur les «contreparties» aux 30 milliards d'euros d'exonération de cotisations familiales pour les entreprises.

«Les propositions contenues dans le pacte de responsabilité sont déséquilibrées», jugent-ils. A commencer par les contreparties qui «restent floues». Ces socialistes critiques estiment même qu'«il faudra plus qu'un “observatoire” pour imposer amélioration des conditions de travail, discussion sur les salaires, partage du travail ou multiplication des embauches», soit leurs conditions au compromis social passé par l'exécutif avec le Medef.

Autre champ de leur «inquiétude» : les économies de 50 milliards d'euros des dépenses publiques sur trois ans pour financer la politique familiale. Une telle politique présente selon eux des «risques majeurs», dont celui de «rogner sur le modèle social français».

PEU DE PLACE AU DÉBAT INTERNE

A quelques semaines des élections municipales, cette fronde interne au PS est une première depuis le début du quinquennat, du moins dans cette ampleur. «On entre dans une période nouvelle, explique au Monde le député Pouria Amirshahi, signataire du texte. François Hollande a mis fin à la synthèse avec son tournant social-libéral imposé sans discussion. Nous décidons donc de nous regrouper au-delà des chapelles et des courants du PS pour tracer une alternative à la politique et à la stratégie de l'exécutif.»

Outre un PS «autonome» et «relais des aspirations mais aussi des mécontentements», ce bloc contestataire appelle également à un «rassemblement de la gauche», avec le Parti communiste (PCF) et le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, qualifié d'«ardente obligation». Ce coup de force ne devrait pas rester sans conséquences au sein de la majorité. Mais ces non-conformistes ne vont pas avoir la tâche facile. Francois Hollande souhaite en effet accélérer la mise en oeuvre du pacte, quitte à laisser peu de place au débat interne dans les troupes socialistes.

Et quitte surtout à revenir sur son dessein d'un quinquennat en deux temps : d'abord les efforts du redressement, ensuite le réconfort de la redistribution. «Cette idée n'est plus vraie, explique en privé un ministre proche du chef de l'Etat. Si le premier temps de l'effort national par l'impôt est terminé, s'ouvre le second temps, celui de l'effort par la baisse des dépenses publiques, qui n'est pas négociable.» Pas sûr que l'argument parvienne à convaincre les nouveaux procureurs socialistes de la politique présidentielle.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 10:18

Arthur Nazaret - Le Journal du Dimanche - samedi 08 février 2014

Avant le séminaire de lundi sur le pacte de responsabilité, le JDD et Le Monde se sont procurés la lettre que Marie-Noëlle Lienemann et Julien Dray ont envoyé à Harlem Désir, Premier secrétaire du Parti socialiste.

Dray_Lienemann.jpgMonsieur le Premier Secrétaire,

Nous avions demandé que soit organisé par la direction du Parti un séminaire de travail réunissant le Bureau National du Parti Socialiste et le gouvernement.

A notre grand déplaisir, nous constatons que ce qui devait être logiquement une réunion de travail pour construire ensemble des solutions politiques se transforme en fin de compte en un véritable show. Nous avions déjà souligné ces risques lors d’un précédent Bureau National, mais les propositions d’ordre du jour que nous venons de recevoir sont plus encore inacceptables.

Nous n’avons rien contre l’association des parlementaires à la politique du gouvernement et à la vie du parti, mais le séminaire qui devait réunir les membres du BN et l’exécutif se transforme en réunion publique, grande messe qui ne permettra pas l’échange approfondi, franc et lucide que la situation actuelle impose entre nous.

Nous doutons que cette opération de communication soit de nature à régler les lourds problèmes politiques que nous avons à résoudre.

Les dirigeants du PS ne sauraient être réduits au rôle de commentateurs a posteriori des décisions et les militants considérés comme une masse de manœuvre. Nos instances ont droit à plus de respect et le débat politique ne saurait être en permanence éludé.

Etant placés devant le fait accompli, nous en tirerons toutes les conséquences dans les heures qui viennent.

Bien amicalement

Julien Dray - Marie-Noëlle Lienemann

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 10:45

LE MONDE | 08.02.2014 à 09h38• Mis à jour le 08.02.2014 à 13h01| Par Bastien Bonnefous

Emmanuel-Maurel-Jerome-Guedj-et-Marie-Noelle-Lienemann-lorsPas sûr que la grande réunion de famille se termine par un banquet fraternel. Le Parti socialiste organise lundi 10 février un séminaire «ouvert aux parlementaires» pour discuter du pacte de responsabilité annoncé par François Hollande en janvier. Intitulée «Réussir le pacte de responsabilité pour la France», cette réunion, prévue à la Maison de la chimie à Paris, sera «un lieu de débat et de travail entre socialistes», explique le premier secrétaire, Harlem Désir. Pourtant, le programme peut laisser penser que la place accordée audit débat sur ce tournant économique majeur du quinquennat sera maigre.

Sous l’autorité du premier ministre, Jean-Marc Ayrault, les différentes interventions du séminaire donnent en effet la parole à des ministres (Michel Sapin) et des personnalités du PS (Bruno Le Roux, Claude Bartolone, Harlem Désir, entre autres) toutes favorables au pacte passé par l’exécutif avec les syndicats et le Medef. Une répartition des expressions qui a mis en rage l’aile gauche du parti, plus critique sur ce contrat social.

Dans un courrier adressé jeudi à M. Désir, que Le Monde s’est procuré, Marie-Noëlle Lienemann et Julien Dray, deux figures de l’aile gauche du PS, reprochent au premier secrétaire d’«éluder» le débat en organisant une «opération de communication» en soutien de la politique gouvernementale. «A notre grand déplaisir, nous constatons que ce qui devait être logiquement une réunion de travail du bureau national du Parti socialiste pour construire ensemble des solutions politiques se transforme en fin de compte en un véritable show», écrivent-ils.

«VÉRITABLE MASCARADE»

Mme Lienemann et M. Dray dénoncent une «grand-messe qui ne permettra pas l’échange approfondi, franc et lucide que la situation impose entre nous» et se désolent que les dirigeants du PS soient «réduits au rôle de commentateurs a posteriori des décisions» gouvernementales. «Ce séminaire est une véritable mascarade, explique Mme Lienemann au Monde. Ils ont peur d’entendre nos arguments parce qu’ils savent qu’ils sont en décalage avec notre base. Plus le temps passe et plus notre électorat et nos militants doutent du pacte, ils voient bien que ce n’est pas du donnant-donnant et que le Medef est en train d’imposer ses vues.»

4356793_6_ed50_de-gauche-a-droite-bernard-cazeneuve-pierre_.jpgM. Désir rétorque que «toutes les sensibilités du PS sont associées au séminaire». Mais le patron de la Rue de Solférino, qui a reçu l’ensemble des partenaires sociaux, précise que «l’objectif en est la réussite du pacte, pas sa remise en cause». «Le parti est très mobilisé, car le pays a besoin d’une politique de soutien à l’offre», explique M. Désir.

Parmi les points qui fâchent, figurent les contreparties en termes d’emplois aux 30 milliards d’euros d’exonération de cotisations familiales pour les entreprises. François Hollande a déclaré en janvier qu’il voulait des contreparties «claires, précises, mesurables et vérifiables», mais sans donner d’objectifs chiffrés. L’Elysée souhaite désormais que la mise en œuvre du pacte de responsabilité s’accélère. Dans ce sens, le premier ministre a demandé aux partenaires sociaux de faire des propositions avant la fin du mois.

Dans cette perspective, pas question de s’embarquer dans un débat interne à la majorité sur les engagements patronaux, à l’image de celui qui avait eu lieu sur la réforme des retraites au printemps 2013. «Il ne faut pas que le soufflé retombe. Il y aura toujours des mécontents qui continueront de parler comme Mélenchon, mais l’aile gauche du parti, on s’en fout, elle n’a pas de rôle à jouer là-dedans», renvoie en privé un ministre proche du chef de l’Etat.

Loin d’en critiquer telle ou telle modalité, le flanc gauche du PS, qui plaide pour une relance par la demande, conteste le bien-fondé même du pacte. «On en rejette les deux présupposés fondamentaux, explique Emmanuel Maurel, leader de l’aile gauche. On ne croit pas que l’exonération de cotisations familiales puisse relancer la compétitivité et on refuse la baisse des dépenses publiques pour financer celle du coût du travail.»

Selon nos informations, l’aile gauche socialiste réfléchit à une lettre de mise en garde au gouvernement qu’elle rendrait publique lundi avant le séminaire. Elle souhaiterait y associer les élus proches du ministre Benoît Hamon, membres du courant Un monde d’avance. Plusieurs d’entre eux ne masquent pas leurs critiques contre le tournant de l’Elysée, comme le député Pouria Amirshahi, qui, dans Le Journal du dimanche du 1er février, a invité le PS à «prendre un autre chemin», estimant que le pacte de responsabilité «risque d’entraîner une baisse du niveau de vie de la majorité des citoyens».

CONTREPARTIES «MASSIVES»

Si la fronde interne devait prendre de l’ampleur, elle pourrait aussi rallier les proches de Martine Aubry, réunis dans le club parlementaire de la Gauche durable, qui pour l’instant ne remettent pas en cause le pacte, mais réclament, à l’instar du député de la Nièvre Christian Paul, des contreparties «massives, évaluables, chiffrables, mesurables en temps réel».

A l’été 2013, ces différentes sensibilités socialistes, avec l’autre club de la Gauche populaire, avaient fait bouger les lignes en lançant un appel commun pour «la mise en œuvre d’une grande réforme fiscale». Un tel front peut-il se reformer sur la base sociale du pacte de responsabilité ? «Le PS n’est pas unanime sur ce pacte, il faut que toutes les voix critiques se fassent entendre», répond M. Maurel.

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 16:10

La stratégie libérale de la baisse du « coût » du travail et des dépenses publiques est économiquement  inefficace et socialement dangereuse.

2013-04-22lienemann1- Ce n’est pas faute d’avoir tiré la sonnette d’alarme sur l’impossibilité de réduire le chômage en suivant la marche forcée vers une prétendue réduction  des déficits publics et les méthodes de «réformes» structurelles édictées par l’Union Européenne.

Ce qui n’a marché nulle part, et dont les conséquences sont terribles tant pour chacun des peuples que pour l’ensemble de l’Europe, ne doit en aucune façon être poursuivi.

C’est d’ailleurs ce que le PS n’a cessé de dire pendant des années et singulièrement lors des campagnes présidentielles et législatives de 2012 : nous ne sortirons pas de la crise sans une réorientation majeure et profonde de la construction européenne.

- Le vote du TSCG non renégocié, l’acceptation – fusse avec un délai de grâce de la logique du pacte de stabilité, la réduction des déficits publics au moins affichés – plutôt  qu’une stratégie de croissance effective en France et en Europe rendait plus qu’hypothétique la possibilité d’atteindre l’objectif que le président de la République avait fixé quant à l’inversion de la courbe du chômage.

- La création du CICE qui donnait raison à l’une des thématiques favorites de la droite à savoir l’indispensable baisse du «coût du travail», sans ciblage ni contreparties, la transposition législative de l’ANI et du «donnant-donnant» en guise de faux-semblant n’allaient en rien assurer le redressement industriel et économique du pays, mais bel et bien fragiliser les salariés et les chômeurs.

- La création des emplois d’avenir pour intéressants et utiles qu’ils soient ne pouvaient en aucune façon contrecarrer la dynamique de freinage de la croissance induit par les politiques macro-économiques poursuivies.

Hélas, les paroles, les promesses et la méthode Coué atteignent vite leurs limites pour se faire rattraper par le réel.  Ces politiques sont un échec. Il faut en changer, maintenant.

2- L’échec était prévisible. C’est pourquoi dès février 2013, le courant «Maintenant la gauche» appelait à un tournant de la relance et quelques jours plus tard, publiait un plan de relance sociale et écologique pour la France et pour l’Europe.

« Aussi nous proposons un tournant de la relance fondé sur 3 piliers :

- La relance de la consommation populaire: des mesures immédiates pour une reprise à court terme,

- La relance par des investissements publics et des grands projets mobilisateurs soutenant la réindustrialisation, pour un redressement à moyen terme

- Une réforme fiscale fondatrice, garante d’une croissance à long terme ;

Choisir cette voie constituerait évidemment un acte politique majeur en Europe.

Prendre le tournant de la relance, c’est lancer un mouvement qui permettra à l’Europe de ne plus être l’ « homme malade », regardé avec commisération par les autres continents, de la croissance mondiale.

Dans cette perspective, nous nous proposons d’examiner ici un plan de relance de 43 Mds d’euros, dont seulement 28 Mds d’euros financés sur fonds publics, qui constituerait le pendant du pacte pour la compétitivité adopté fin 2012.

3- Errare humanum est, perseverare diabolicum : plutôt que d’engager l’indispensable changement de cap que nous défendions avec de plus en plus de force et d’audience à gauche depuis l’université de Maintenant la Gauche à la rentrée 2013 et jusqu’à quelques jours avant les vœux, le président de la République a fait un choix totalement contraire.

Il a fait siennes les thèses libérales les plus classiques sur les politiques de l’offre, lancé le pacte de «responsabilité» inspiré par le Medef et l’a présenté comme un nouveau compromis social sans l’accord des syndicats.

De surcroit, le financement des 35 Milliards d’allègement de cotisations – et qu’il vaut mieux ne pas qualifier comme la droite de charges – n’est en rien assuré et l’annonce des 50 milliards de  réduction de la dépense publique en 3 ans va constituer une véritable hémorragie qui inéluctablement dégradera la qualité de nos services publics, notre modèle social et pénalisera les collectivités locales. Cela va avoir un effet récessif grave sur la croissance et l’emploi en particulier dans les entreprises et pour les artisans très liés à la consommation intérieure et à l’investissement local.

Il est donc à craindre que la situation du chômage ne s’améliore pas en 2014 et que les fuites en avant verbales sur la volonté de s’attaquer au chômage ne convaincront pas. La seule stratégie développée réside manifestement dans l’attente d’une hypothétique croissance mondiale ou européenne et la bienveillante compréhension  des marchés et agences de notation quant à la dette française au regard des «efforts faits» pour imposer aux français les fameuses «réformes structurelles» qu’ils refusent.

Et pour cause, ils ont bien raison de les refuser car, même le fameux  sommet de Davos se met à verser des larmes de crocodiles sur l’explosion des inégalités dans tous les pays, au point qu’aux USA, 95% de la croissance retrouvée depuis 2009 a été captée par l’extrême minorité des 1% les plus riches quand les 90% des américains les moins riches se sont appauvris.

Laisser entre les mains d’une conjoncture mondiale incertaine le sort de notre pays est extrêmement dangereux et anxiogène. Nos concitoyens le ressentent à raison comme tel. C’est de surcroit voué à l’échec.

Car la seule chose qui vaille dans la période est de consolider l’économie réelle du pays, donc l’emploi, en prenant d’abord appui sur ce que nous maitrisons ou sur ce que l’on peut influer (la consommation intérieure, l’intervention publique, la mise en place de filière industrielle d’avenir, la défense et la mutation de notre industrie et des secteurs exportateurs). C’est ce qui sera de nature à redonner en premier lieu confiance aux français.

La seule chose qui vaille est de sortir notre peuple de la dépression du le fatalisme  dans laquelle les libéraux de tous poils l’enfonce en promouvant des politiques non seulement contraires à l’intérêt du plus grand nombre mais aussi attaquant de front les valeurs auxquelles tiennent nos concitoyens (le modèle républicain, le modèle social issu du CNR, les grandes avancées portées par la gauche) et qui font la singularité et le rayonnement de la France dans le monde.

La seule chose qui vaille c’est de reprendre la voie de la réorientation de l’UE en tirant les leçons de l’échec absolu de la stratégie des petits pas, des compromis où auraient été négociées des contreparties dont personne ne voit in fine la couleur. Aussi faut-il assumer un rapport de force majeur sur les questions décisives :

- pour passer de la concurrence entre les peuples de l’UE à des convergences sociales ;

- pour une relance globale sur notre continent par une amélioration des salaires et une redistribution des revenus ;

- pour de grands programmes d’investissements publics portant un nouveau mode de développement ;

- pour une lutte concertée contre la fraude et la concurrence fiscale, l’échange automatique des informations entre les Etats.

La seule chose qui vaille est, à défaut ou en attendant une réorientation de l’UE, d’oser s’affranchir de contraintes européennes paralysantes (suspension pacte de stabilité, refus du carcan actuel sur les aides publiques à l’industrie, restaurer agreement préalable des entreprises pour stopper le dumping social avec les travailleurs détachés).

4- Nous ne saurions jouer la politique du tout ou rien. Ni soumission à la Vème République, ni protestation ravageuse.

Le tout, c’est l’attitude suiviste qu’insuffle la logique de la Vème République dans le fonctionnement politique du pays. Le président a parlé, le gouvernement doit s’exécuter, le parlement s’aligner et le parti majoritaire commenter.

Même si les institutions poussent à ces dérives et si le président de la République croit pouvoir sans risques se couler dans ce moule (vote bloqué, 49-3, ordonnances), aucun pouvoir ne peut durablement tenir sans le soutien d’une large partie de l’opinion et tout au moins celui de la majorité sociale qu’il représente et qu’il a fait élire.

Ne soyons pas les complices silencieux d’une dilution de la gauche dans les pièges de la Vème République : portons sans relâche le combat pour une république parlementaire.

Le rien, c’est estimer symétriquement  qu’une fois le président de la République élu, le débat politique à gauche n’est plus possible et que les partis comme les citoyens ne peuvent plus influer sur les choix et la politique suivie. Il ne reste plus qu’à dénoncer la trahison de ceux qui gouvernent, de reporter à la fin du mandat présidentiel l’éventualité de porter une alternative tout en poussant à  l’excès la division entre deux gauches qui deviendraient irréconciliables avec une conséquence bien connue : la défaite et la victoire de la droite quand ce n’est pas celle l’extrême droite.  Le rien, c’est en fait la politique du pire.

Nous ne nous résignons pas à cet effet miroir qui nous entraîne dans des impasses.

Nous n’avons pas la certitude de réussir quant au changement de cap pour lequel nous militons et donc à répondre aux attentes des français relatives aux changements pour lesquels nous avons été élus.

Mais si nous ne menons pas ce combat pour le rassemblement de la gauche et pour une réorientation politique, avec à chaque étape des propositions concrètes capables de l’incarner, nous ne sommes que des spectateurs impuissants devant le scénario désespérant qui se déroule sous nos yeux. Cette posture n’est pas pour nous imaginable.

5- Le pacte de responsabilité est un mauvais choix.

- La focalisation du la baisse du coût du travail est une erreur

- Le compromis social annoncé n’est pas possible dans le cadre des annonces actuelles avec le calendrier tel qu’il est proposé : suppression de cotisations certaines et datées d’un côté, contreparties non identifiées et hypothétiques de l’autre. Pour nous ce n’est pas le Medef d’abord mais les syndicats d’abord.

- Les contreparties ne sauraient être vagues et fumeuses ; il faut du sonnant et trébuchant et clairement des sanctions (remboursement des avantages, possibles pénalités) en cas de non-respect. Le Medef est prompt à faire des annonces mirobolantes –un million d’emplois- avant d’obtenir des aides des pouvoirs publics pour mieux se défausser quand il s’agit de les concrétiser.

Le principe de la suppression des cotisations sociales de la branche famille ne peut répondre à cette double exigence de conditionnalité et de remboursement.

- La réduction brutale des dépenses publiques et sociales vont plomber la croissance et l’emploi. Le financement de la mesure (Plus de 30 Mds d’euros) par la dépense publique et la réduction de 50 Mds sur 3 ans dans les budgets publics et la protection sociale sont plus qu’aléatoires Mais surtout ils sont économiquement (cela va fortement réduire la croissance déjà très faible) et socialement dangereuses (menace sur la protection sociale, sur la qualité des services publics, etc.)  avec un effet très négatif sur l‘emploi.

- Lancé sans cohérence avec la réforme fiscale, il bloque une vision globale permettant  de redistribuer les richesses entre riches et pauvres, entre capital et travail, entre rente et l’investissement, entre petites et grandes entreprises et de repenser des systèmes de recettes pérennes et suffisantes pour la sécu, les retraites et la politique familiale. Or c’est  la seule façon de sortir de la logique libérale de la baisse généralisée des impôts et prélèvements, qui in fine profitent aux plus riches (cf. toutes les études actuelles sur le redoutable creusement des inégalités même dans les pays les plus développés) ou depuis quelques temps de la hausse de la fiscalité pour tous avec un accroissement de l’injustice fiscale (c.f hausse TVA et taxes indirectes).

6- Nos propositions pour l’emploi: Une autre politique est possible.

A- La croissance en priorité et non la réduction des déficits et de la dette publique qui viendra ensuite.

La croissance doit être sociale et écologique et porter un nouveau mode de développement, favoriser la relocalisation des productions répondant aux besoins des citoyens.

Il faut conjuguer une politique de la demande pour répondre à l’urgence sociale, valoriser les travailleurs et soutenir rapidement l’activité avec une politique de l’offre renforçant nos capacités exportatrices  sur d’autres bases que la réduction du coût du travail et dont chacun sait que l’effet sera à moyen ou long terme.

Nous avons établi en Mars 2013 un plan chiffré de relance pour une croissance écologique et sociale qui est d’une totale actualité mobilisant 28 Mds (http://www.mnlienemann.fr/2013/04/retrouvez-le-plan-de-relance-ecologique-et-social/). C’est moins que les 35 Mds du pacte de responsabilité.

B- La politique industrielle doit être plus soutenue par une stratégie offensive (nouveaux secteurs, iconométrie, transition écologique, etc.) et une stratégie défensive (sauver les entreprises pour assurer leurs mutations et ne pas perdre des champs entiers de production).

Le pays et la puissance publique doivent y mettre des moyens considérables. Il faut réinventer une économie mixte qui allie autour de filières, de grands travaux, la puissance publique (Etat, collectivités locales), les grandes et petites entreprises, les centres de recherches etc. Il faut créer un MITI à la française sur la transition écologique, réinventer la planification qui n’est pas la prospective car il s’agit d’insuffler une volonté collective et de veiller au succès des objectifs décidés.

C- Les nationalisations, le capital public doivent être mobilisés pour ce redressement productif.

Plutôt que laisser croire qu’on pourrait céder aux exigences souvent antisociales (cf. demande d’abaisser les seuils pour représentation des travailleurs par exemple) des investisseurs étrangers, il vaudrait mieux rapidement orienter l’abondante épargne des français vers l’investissement industriel ou en faveur de la transition énergétique.  La BPI est sous-dotée et un grand fond souverain pour du capital public est indispensable. Ne laissons pas des occasions manquées comme Florange ou Pétroplus se reproduire.

D- Une réforme fiscale et des prélèvements ambitieuse  est plus que jamais urgente.

Il faut redistribuer et produire d’un seul et même mouvement et arrêter cette fable de la redistribution à posteriori. Restaurer une fiscalité progressive doit donner du pouvoir d’achat aux catégories populaires (ex: progressivité de la CSG et fusions avec IR par exemple) et une nouvelle base de calculs de la protection sociale (en partie sur la valeur ajoutée produite dans l’entreprise) comme la lutte contre «l’optimisation fiscale» doit assurer une meilleur répartition des contributions entre grandes entreprises et PME.

Celle le projet de réforme fiscale que nous avons établi (http://www.mnlienemann.fr/2013/12/presentation-de-nos-propositions-pour-une-reforme-fiscale-de-gauche-possible-et-necessaire/)

E- De nouveaux droits pour les travailleurs pour défendre l’emploi, l’activité en France et lutter contre les délocalisations.

Les meilleurs défenseurs de l’entreprise sont souvent ses salariés qui eux ont tout intérêt à la poursuite de l’activité et à son développement. Leur emploi en dépend et ils ne sont pas au contraire de certains actionnaires focalisés sur le cash à court terme. Ils sont souvent, et singulièrement les cadres et les représentants syndicaux, les premiers à voir comment s’organise une fermeture ou une délocalisation. Ils sont souvent les premiers à observer l’absence d’investissements d’avenir ou de recherche de diversification quand le marché se rétracte.

Il faut en revenir aux engagements pris pour :

- encadrer réellement les licenciements économiques, pour obliger à la recherche effective d’un repreneur avec l’intervention du tribunal de commerce garant de la cession lorsqu’une offre pertinente est refusée

- assurer la priorité à la reprise, en particulier sous forme de coopérative, par les salariés en cas d’offre comparables

- assurer dans la plupart des entreprises une vraie représentation des salariés au conseil d’administration ainsi que de développe un droit de véto du CE sur certaines politiques clefs de l’entreprise. Ce qui a été entrepris en la matière est souvent marginal, limité aux très grands groupes et ne répond pas à l’indispensable mutation de l’équilibre capital-travail.

F – La fiche de paye n’est pas l’ennemie de l’emploi.

Elle doit assurer aux travailleurs les moyens de vivre correctement de leur travail et ainsi soutenir l’économie intérieure. Car contrairement à la propagande distillée sur ce point c’est en moyenne 14 % seulement de la consommation des français fait appel à des importations et c’est encore moins vrai pour les plus modestes.

On pourra noter l’importance de l’importation d’énergie fossile dans notre balance commerciale qui légitime un grand plan de réduction de notre dépendance  à ces dernières.

Il faut donc revaloriser le SMIC et engager des négociations sociales sur les grilles salariales car les inégalités au sein même des salariés se sont injustement accrues.

G- Il faut reposer la question de la réduction du temps de travail.

Même si nous plaidons en faveur d’une politique de croissance, nous ne retrouverons pas un niveau très élevé capable de restaurer le plein emploi dans notre pays sur le long terme sans engager une nouvelle étape de la réduction du temps de travail. Il faut regarder lucidement le dynamisme démographique de notre pays. Sans doute convient-il de la concevoir différemment de ce qui a été engagé jusqu’alors. Encore faut-il rappeler que c’est la mise en œuvre des 35h qui a permis de créer, en période de croissance plus d’emploi que tous nos voisins. Pour l’heure, il faudrait pour le moins revenir sur l’allongement de la durée de cotisation afin de restaurer non seulement un meilleur niveau de retraites mais aussi de garantir un droit réel de la retraite à 60 ans.

H-Les emplois d’avenir doivent être poursuivi.

Si les collectivités locales et les associations n’en recrutent pas davantage, ce n’est pas parce que l’activité manque mais parce que la réduction de dotations et des subventions ne leur permettent plus de  financer les compléments.

I- Créer des emplois dans la fonction publique dans les secteurs prioritaires au-delà de l’Education nationale, revaloriser les salaires.

Lancer des Etatschomage généraux de la fonction publique pour permettre aux fonctionnaires de s’exprimer sur leurs missions prioritaires, l’organisation de l’Etat, la revalorisation et la modernisation de leur métier.

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 13:59

La Gazette du Val-d'Oise - 04/02/2014 à 17:34

La décision a été prise au niveau national, pour le plus grand bonheur de Jérôme Haine, premier secrétaire de la section mérysienne et de ses membres.

Jerome-Haine-Ps-Mery-630x0.JPGC’était voulu par la section PS de Méry, c’est désormais officiel : le PS soutiendra la liste de Guillaume Vuilletet (EELV). «C’est un accord validé au niveau national. Nous sommes ravis car nous voulions vraiment travailler avec Guillaume. C’est un choix du cœur.» Déjà ensemble pour les législatives, le premier secrétaire de la section mérysienne voit «une cohérence.» Cinq membres PS seront sur la liste, tous en position éligible.

Et une union de la gauche, avec Norbert-Olivier Tembo (MRC) est-elle encore envisagée ? «Au vu du contexte national et l’incertitude quant à la présence du FN, nous devons être responsables pour garder Méry à gauche. Norbert-Olivier Tembo à sa place sur notre liste.»

Contacté, ce dernier n’est pas de cet avis : «Cela ne change rien à ma candidature. Le PS a fait le choix d’un Vert et d’un Front de gauche – ce qui est paradoxal car Jean-Luc Mélenchon (FdG) est loin d’être en accord avec le PS – plutôt que d’un homme de terrain et alors que la ville a toujours été MRC [uniquement depuis 2002, avant elle était PS - note du blog]. Je continue ma route et je reste confiant avec une équipe motivée. Je n’ai pas peur, j’ai un métier, je ne suis pas un cumulard comme les autres. Ils préfèrent associer les étiquettes plutôt que des hommes.»

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