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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 13:54
thierry-marchal-beck-239x300.pngLes Jeunes socialistes mènent actuellement partout en France une campagne active d’inscription sur les listes électorales (campagne-la-balle-est-dans-ton-camp). Quand 2,2 millions de voix séparaient les deux candidats le 6 mai 2007, ils sont aujourd’hui 3 millions de jeunes à ne jamais avoir voté à l’élection présidentielle. Dans le Val d’Oise, département le plus jeune de France, le MJS est présent devant les lycées, les sites universitaires et tout particulièrement dans les quartiers populaires pour mener cette campagne.

Thierry Marchal-Beck, élu président des Jeunes socialistes le mois dernier lors du congrès de Strasbourg, sera présent aux côtés des jeunes socialistes du Val d’Oise ce mercredi 14 décembre de 15h à 17h à Sarcelles, devant le centre commercial My Place (200 avenue de la division Leclerc, entrée côté du quartier Chantepie).

CharlotteBrunLes militants et volontaires du changement diffuseront le tract de la campagne et iront à la rencontre des jeunes et des habitants de toutes les générations afin de les inciter à s’inscrire sur les listes électorales pour pouvoir s’exprimer lors des échéances électorales majeures de l’année 2012.

Charlotte Brun, ancienne présidente du MJS de 2001 à 2003 et candidate socialiste aux élections législatives pour la 7ème circonscription du Val d’Oise, comprenant une partie de la ville de Sarcelles, sera également présente pour cette action militante et citoyenne.

Les Jeunes socialistes poursuivront jusqu’au 31 décembre leurs actions afin qu’un maximum de jeunes Valdoisiens puissent, en s’inscrivant sur les listes électorales, choisir l’année prochaine le changement en votant pour François Hollande à l’élection présidentielle et les candidats du PS aux élections législatives.

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 08:00

| Par Martine Orange - Mediapart.fr

Au lendemain de l'accord trouvé lors de la énième réunion de la dernière chance, les dirigeants européens n'en finissent plus de se féliciter. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, qui ont dicté les termes repris au mot près du nouveau pacte européen, sont les plus enthousiastes. Après deux années de tâtonnements, de valse-hésitation, l'Europe a enfin trouvé la bonne réponse à la crise, à les écouter.  Tous les vices, toutes les erreurs de la construction européenne auraient été corrigés grâce au nouveau pacte accepté par tous sauf le Royaume-Uni. « Nous avons achevé une renégociation à chaud du traité de Maastricht », se félicite l'Elysée. « Nous regagnons de la crédibilité pas à pas », complète Angela Merkel. Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, le dernier membre du trio qui désormais a pris le pouvoir dans la zone euro, est tout aussi louangeur, saluant un « résultat très bon pour la zone euro ».

Mais y a-t-il autant de raisons de se féliciter ? Car la séquence qui vient de se fermer pourrait se révéler une faute aussi bien politique qu'économique. Politiquement, les dernières semaines ont été dramatiques pour l'Europe, pour l'esprit européen, pour les valeurs qui sont censées en être le socle. Au nom du sauvetage de l'euro, le directoire franco-allemand s'est assis sur les principes de démocratie et  d'égalité entre les pays, sans aucun état d'âme (voir notre article sur l'effacement démocratique). En quelques semaines, on a vu un gouvernement (grec) privé du droit d'en référer à son peuple, un autre (italien) chassé par l'action conjuguée des marchés, de la BCE et de l'Europe et remplacé par un gouvernement technocratique qui n'a plus de compte à rendre, excepté à Bruxelles et au couple franco-allemand ; enfin, tous les pays de la zone euro et plus largement de l'Europe ont été sommés d'abandonner une part de leur souveraineté et de se conformer à des règles qu'ils n'ont même pas eu le droit de discuter et encore moins d'amender.

Dans un moment de vérité, Mario Monti, le nouveau premier ministre italien et ancien commissaire européen, a résumé l'état d'esprit qui désormais prédomine dans les instances européennes. «Je suis parvenu à la conclusion que l'absence de responsables politiques dans le gouvernement faciliterait la vie à l'exécutif, enlevant des motifs d'embarras», a-t-il expliqué, au moment de prendre le pouvoir. Les manœuvres et les gesticulations juridiques imaginées à Bruxelles pour éviter d'avoir à demander leur avis aux citoyens et même aux Parlements nationaux démontrent à quel niveau de basse intensité démocratique est en train de tomber la construction européenne. Pour la première fois, il a été envisagé de modifier un traité, qui s'impose à tous et a une valeur au-dessus des constitutions nationales, par voie d'accord bilatéral. De même, Bruxelles exige des modifications constitutionnelles pour inscrire la règle d'or dans les textes fondateurs, comme une procédure automatique. Les technocrates n'ont pas osé aller jusqu'au décret ou au règlement, mais ce n'est pas l'envie qui leur a manqué.

© Reuters

Déjà, le gouvernement irlandais a fait savoir que toutes les injonctions européennes n'y pourraient rien : il serait obligé, par sa constitution, de soumettre le changement de traité à un référendum. Le mouvement risque de faire tache d'huile. En dépit du volontarisme affiché par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, qui exigent que tout soit réglé d'ici mars, la question politique ne pourra pas être longtemps éludée. Il va être difficile d'exclure les citoyens et les députés de ce débat, où il est leur demandé de renoncer à leur souveraineté budgétaire pour s'inscrire dans le cadre d'une politique financière et économique imposée, avec des sanctions automatiques à la clé.

D'autant qu'une question immédiatement se pose : quelles sont les contreparties pour tant d'abandon ? L'Europe affirme que ce nouvel accord va enfin corriger toutes les erreurs du traité de Maastricht : la zone euro va enfin avoir la politique budgétaire qui lui a tant fait défaut et qui l'a conduite à la crise. Dans les faits, il n'en est rien. Le nouveau pacte vise à consolider une union monétaire par des règles rigides, mais sans politique budgétaire, sans politique monétaire.

Malgré tous les démentis apportés au fur et à mesure que la crise s'aggrave, les dirigeants européens persistent dans leur analyse erronée. Pour eux, elle n'est pas le fruit d'un profond dérèglement du système financier international, de déséquilibres de production et commerciaux structurels, d'un endettement massif de tous les acteurs. Ils préfèrent s'en tenir au credo libéral : les Etats seuls sont le problème. Angela Merkel a imposé sa vision messianique, où le monde se partage entre les vertueux et les pécheurs. Il convient donc de ramener les fauteurs de trouble dans le droit chemin et de les corriger.

Dans ce cadre proposé, des pans entiers de la science économique sont mis au placard. Keynes est prié de se faire oublier, Marx est depuis longtemps enterré, mais même les cycles de Kondratieff sont niés. Il n'y a plus de cycle, de crise, de mesures contracycliques, de soutien. En un mot, il n'y a plus de politique économique possible. Les budgets doivent être mis sur pilote automatique. La discipline est le seul critère admis. Pas plus de 3% de déficit budgétaire pour l'instant, avant de tendre vers l'équilibre le plus vite possible. Pas d'endettement supérieur à plus de 60% du PIB. Comme lors des années 1930, où l'Europe s'était accrochée au-delà du raisonnable à une parité fixe avec l'étalon-or, elle répond par la rigidité absolue, là où il faudrait au contraire de la souplesse.

«Qu'aurait dit l'Europe si l'Irlande avait été la première à faire faillite? »

« Il s'en est fallu de quelques mois pour que l'Irlande ne devance la Grèce et soit le premier pays de la zone euro à demander un plan de sauvetage. Quelle aurait été alors la réponse de l'Europe ?» se demande l'économiste Jean Pisani-Ferry, dans son livre, Le Réveil des démons. Poser la question, c'est déjà y répondre. Selon cette fameuse règle d'or, qui doit devenir le mètre étalon de l'économie européenne, l'Irlande avait tout bon. C'était même l'exemple cité dans toute la zone euro : avant la crise, son déficit budgétaire était inférieur à 3%, son endettement d'à peine 40% du PIB. Pourtant, cela n'a pas empêché le pays de plonger avec ses banques. La même démonstration peut être faite avec l'Espagne, autre élève modèle de l'Europe. Le budget espagnol était excédentaire et sa dette était à peine de 54% du PIB. Mais l'Espagne elle aussi est tombée.

La règle d'or ne permet donc en aucun cas de s'attaquer aux causes profondes du dérèglement de la zone euro. Vouloir la respecter coûte que coûte en un temps record risque même d'aggraver le mal. Au-delà du cas dramatique de la Grèce, tous les autres pays qui ont adopté les politiques d'austérité et de déflation sociale préconisées par Bruxelles sont en train de sombrer. L'Irlande, toujours citée en modèle dans sa conduite de l'austérité, a annoncé un nouveau plan de rigueur de 3 milliards d'euros pour 2012, afin de respecter des objectifs qu'elle ne parvient pas à atteindre. Le Portugal, en dépit de toutes les coupes claires dans les budgets sociaux et publics, dérape totalement. L'économie est en pleine récession et devrait enregistrer une chute supplémentaire de 3% l'an prochain. Le taux de chômage est à plus de 13%. Les rentrées fiscales s'effondrent et son déficit budgétaire, qui devait être de 5,9% du PB cette année, est supérieur à 7%. A ce rythme, il ne passera pas quelques mois avant que le Portugal ne demande un nouveau plan d'aide, voire un réaménagement de sa dette.

Les limites de la réforme du pacte européen apparaissent au grand jour. Car contrairement à ce qui est annoncé, la règle d'or n'est accompagnée d'aucune politique budgétaire, ni à court terme pour contrebalancer les effets des remises en ordre financières, ni à long terme pour corriger les problèmes structurels rencontrés par des pays, laminés par un euro surévalué par rapport à leur économie, et qui ont perdu en dix ans une grande partie de leur base de production.

A court terme, aucune taxe communautaire n'a été prévue pour donner quelque moyen de soutien. Aucun plan d'investissement n'a été évoqué lors de ce énième sommet de la dernière chance pour tenter de soutenir la croissance. Les seules mesures financières envisagées posent juste une accélération pour l'entrée en vigueur du mécanisme de sauvetage européen. Prévu initialement en 2013, il devrait être instauré en juillet 2012. Mais l'Allemagne a refusé un renforcement de ses moyens, tout comme son changement de statut pour pouvoir emprunter directement auprès de la Banque centrale européenne. Ce nouveau dispositif sera placé, cependant, sous le contrôle de la BCE. Ce qui dit tout : il s'agit d'abord et avant tout de sauver l'euro, pas l'Europe.

A défaut, il est prévu de faire appel à nouveau au FMI. Les pays européens ont évoqué la possibilité d'apporter à l'institution 200 milliards d'euros supplémentaires afin que celui-ci les reprête par la suite aux pays en difficulté, et soit le garant des mesures de rigueur. Ce qui donne mesure de la solidarité européenne.

Sur le long terme, aucun transfert budgétaire n'est prévu pour remédier aux déficits structurels de certains pays de la zone euro, illustrés par des déficits commerciaux de plus en plus importants. Angela Merkel a redit l'opposition de l'Allemagne à « subventionner » les pays en difficulté. Ils doivent retrouver leur compétitivité par eux-mêmes, en procédant à des ajustements sociaux autant que nécessaires. Quant à la possibilité de créer une zone économique plus intégrée, en imposant par exemple des droits douaniers à l'entrée, elle n'a même pas été évoquée, tant elle contrevient à la pensée dominante du « laisser faire, laisser passer ».  

Le nouveau couple Merkel-Draghi

 

© Reuters

Dans ces conditions, on peine à voir où intervient la solidarité budgétaire de la zone euro. Mais la politique monétaire est tout aussi absente.

Depuis quelques jours, les proches de l'Elysée, pour contrer les critiques d'un alignement complet de la France sur les positions allemandes, font circuler la rumeur qu'il y aurait un pacte implicite entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Ils ne parleraient plus de la BCE et de son changement de statut et ils souligneraient son indépendance. Passer sous silence la politique de la BCE permettrait ainsi de redonner les coudées plus franches à son président Mario Draghi pour adopter une ligne plus audacieuse, sans affronter les foudres allemandes.

Si cet accord existe réellement, il risque d'être un accord de dupe. Historiquement, toutes les ententes secrètes, les accords implicites, ont toujours tourné mal : personne ne se sent tenu par des accords qui n'ont pas été signés et rendus publiques. D'ailleurs, Mario Draghi a douché tous les espoirs français, jeudi, dès sa deuxième réunion. « Il est hors de question que par quelque moyen que ce soit, la BCE contourne l'esprit et la lettre des traités », a-t-il rappelé. En d'autres termes, la Banque centrale ne va pas intervenir massivement pour contrer la spéculation et ne sera jamais prêteur en dernier ressort, comme de plus en plus de pays le demandent.

Attendre un changement de ligne du président de la BCE relevait de toute façon du rêve éveillé. Alors qu'il vient juste d'être nommé, Mario Draghi n'a pas les marges de manœuvre pour changer de cap. De plus, le nouveau président sait que sa nomination a suscité des doutes et des réticences en Allemagne. Un Italien peut-il être sérieux en matière financière ? Pour donner des gages à Berlin, Mario Draghi risque donc de se montrer encore plus orthodoxe que ne l'aurait été un Allemand à la tête de la BCE. Alors que la presse française n'a d'yeux que pour le couple Sarkozy-Merkel, un autre couple est en train de se former plus discrètement entre Angela Merkel et Mario Draghi. Et celui-ci risque d'être beaucoup déterminant que le premier dans les mois à venir.

Mais les manques de la politique monétaire ne s'arrêtent pas là. Alors que les Etats européens sont priés de se soumettre à un contrôle budgétaire permanent, aucun dispositif n'a été prévu pour les banques. La surveillance, la régulation restent du domaine national, éparpillées. La BCE n'a pas d'instrument pour contrôler le système bancaire européen. Pourtant, c'est bien une des causes de la crise financière, comme le reconnaît l'économiste Claudio Borio, dans une analyse publiée par la Banque des règlements internationaux sur les leçons de la crise à tirer par les banques centrales. Pour lui, les banques centrales ont échoué dans leur mission. S'accrochant à la théorie la plus orthodoxe du monétarisme, elles n'ont les yeux rivés que sur l'inflation salariale mais n'ont pas vu les bulles immobilières, et autres bulles d'actifs, manifestations d'un dérèglement profond du système financier. « La régulation et la surveillance n'avaient pas besoin d'être du ressort des banques centrales. Après tout, les orientations micro-prudentielles étaient regardées comme suffisantes pour assurer la stabilité de l'ensemble », écrit-il, avant d'en dénoncer l'erreur.

Malgré cela, l'Europe a décidé de s'en tenir aux règles habituelles : le monétarisme et le libéralisme ont beau avoir failli sous nos yeux, provoquant la plus grave crise financière depuis 70 ans, de si belles théories ne s'abandonnent pas comme cela. Au moment où l'Angleterre est accusée de ne pas avoir voulu signer le nouveau pacte européen au nom des intérêts de la City, mais où ses autorités de régulation avancent à grand pas pour imposer la séparation entre banque de détail et banque d'investissement et pour mettre sous contrôle les politiques de rémunération bancaire, où le parlement envisage de contrôler la politique monétaire de la banque d'Angleterre en temps de crise, l'Europe, elle, ne fait rien. Pas un mot n'a été soufflé sur le système bancaire européen. Ou plutôt si. L'Europe s'est engagée à ce que les créanciers privés ne soient plus mis à contribution au cas où un pays de la zone euro ferait défaut, hypothèse de toute façon exclue désormais. Comme on le dit à Bruxelles, « la plus grande erreur de cette crise a été corrigée » !

Ce pacte bancal ne résout donc rien. Qu'ils viennent d'une banque, d'un pays, du marché obligataire, les signaux d'aggravation ne manqueront pas de se manifester. L'Europe a juste gagné un répit de quelques semaines ou de quelques mois. La démonstration de la crise va se poursuivre jusqu'à l'absurde, jusqu'au drame.

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Published by Rlg 95 - dans Europe
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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 14:22

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Published by Christine Néracoulis / Fabrice Rizzoli / Sébastien Fontagneu - dans Législatives 2012
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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 13:55

L’Europe dans le piège allemand de l’austérité

Liêm Hoang-Ngoc - Tribune | Samedi 10 Décembre 2011

Pour Liêm Hoang-Ngoc, député PS au Parlement européen, membre de la commission des affaires économiques et monétaires, les politiques d’austérité décrétés par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sont en passe de faire replonger l’Europe dans la récession. « Pour réduire les déficits conjoncturels, dus à la crise », développe l'économiste, « il faut avant tout relancer la croissance », en permettant aux Etats de financer les investissements publics (par le biais de la dette productive), nécessaires pour préparer l’avenir.

(Liêm Hoang-Ngoc - Wikimedia - Gérald Garitan - cc)
Inscrire la « discipline budgétaire » aux frontons de nos constitutions est une absurdité. La réduction des déficits est souhaitable lorsque l’économie tend vers le plein-emploi. Le désendettement permet alors de constituer les marges de manœuvres nécessaires pour l’emprunt, nécessaire pour soutenir l’activité lorsque celle-ci se retourne. A contrario, la rigueur budgétaire n’est pas crédible lorsque la croissance ralentit.
L’austérité tue la croissance et les recettes fiscales induites par cette dernière
Les politiques d’austérité sont en passe de faire replonger l’Europe dans la récession. Seuls, ceux qui entendent réduire le périmètre des services publics et de la protection sociale obligatoire s’en satisferaient. Le Royaume Uni, qui refuse la monnaie unique, subit également le choix de l’austérité, comme quoi une sortie de l’euro n’épargnerait personne de commettre l’erreur de la rigueur en cette période de pré-récession. La France est d’ores et déjà entrée dans un cercle vicieux. L’austérité tue la croissance et les recettes fiscales induites par cette dernière. Les déficits se creusent, malgré la rigueur, appelant de nouvelles mesures d’austérité. Celles-ci exerceront un effet récessif. Les rentrées fiscales escomptées diminueront à nouveau. De nouveaux plans de rigueur seront mis sur pieds.

Ainsi, après cet été économique meurtrier, le gouvernement a du engager un premier plan de rigueur de 1 milliards pour 2011, et de 8 milliards pour 2012. Depuis, les prévisions de croissance ne cessent d’être revues à la baisse. Le gouvernement prévoit désormais 1% en 2012. Ceci l’a conduit à annoncer un deuxième plan de rigueur de 8 milliards pour respecter le rythme de réduction des déficits demandé par la Commission. La Commission, quant à elle, anticipe maintenant une croissance de 0,6% en 2012 et l’OCDE 0,2%. Or un défaut d’1 point de croissance (20 milliards) engendre une perte de 9 milliards de recettes fiscales et sociales. Il faudra sans doute un troisième plan de rigueur pour rester sur la trajectoire devant conduire à un déficit public de 3% du PIB en 2013.

On n’ose imaginer la situation, pour le gouvernement qui sera issu des urnes en mai 2012, si l’économie entrait en récession en 2013. Dans le programme national de stabilité établi dans le cadre du Semestre européen que la France a remis à la Commission, le gouvernement faisait (et fait toujours) l’hypothèse d’une croissance à 2,5% en 2013. Si la croissance était nulle, c’est 22,5 milliards de recettes fiscales qui feraient défaut et des déficits qui se creuseraient d’autant. C’est pourquoi, compte tenu du retournement conjoncturel, l’objectif d’un déficit budgétaire de 3% en 2013 n’est en aucun cas crédible, sauf à mettre en œuvre un plan de rigueur drastique, aussi impopulaire qu’inefficace tant il risque d’anéantir tout espoir de reprise.

La véritable crédibilité est d’annoncer que les politiques de rigueur sont aujourd’hui impraticables. Brandir des objectifs de réduction des déficits intenable ne fait qu’attiser le feu de la sanction des agences de notation. Il est possible de réduire la composante structurelle des déficits (en combattant la dette improductive), par une bonne réforme fiscale. Mais, pour réduire les déficits conjoncturels, dus à la crise, il faut avant tout relancer la croissance. Pour stimuler la croissance, à l’heure où l’investissement est en panne, il faut permettre aux Etats de financer les investissements publics (par le biais de la dette productive), nécessaires pour préparer l’avenir. L’investissement public représente plus de 3% du PIB en France. Il est réalisé au deux tiers par les Régions, Départements et Communautés de communes et pour un tiers par l’Etat. La mise en œuvre d’une nouvelle politique industrielle rendra nécessaire son déploiement.

A cet égard, la proposition de distinguer le budget de capital de l’Etat de son budget de fonctionnement, faite à son époque par Keynes dans le Livre jaune remis à Lloyd George, alors chef du Parti libéral-démocrate britannique, mérite qu’on y prête attention. Cette règle s’applique de fait dans les collectivités territoriales, qui ont l’obligation d’équilibre de leur budget de fonctionnement et qui ne s’endettent que pour financer les investissements. Dans le débat sur le paquet gouvernance, les socialistes au Parlement européen ont adapté cette proposition, plus actuelle que jamais, en proposant d’exclure du calcul des déficits les dépenses d’investissement, afin de transformer le pacte de stabilité en véritable pacte d’investissement. Ceci permettrait notamment d’engager de véritables « grands emprunts » productifs, mobilisant l’abondante épargne qui circule sur les marchés financiers. Conservateurs et libéraux nous firent la sourde oreille.

Adapter les statuts de la BCE afin de l’autoriser à monétiser les déficits publics

Lors du timide plan de relance de 2008, le « petit emprunt » d’alors aurait pu accoucher d’une nouvelle stratégie française de ré-industrialisation, si le président de la République avait renoncé au tournant de la rigueur et tenté de convaincre la chancelière allemande de réformer le pacte de stabilité dans cette direction. Il s’est malheureusement aligné sur les exigences de la chancelière allemande.

La « règle d’or », imposant l’équilibre budgétaire, qu’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy proposent d’inscrire, ne fait aucune part à cette impérieuse nécessité de relancer la croissance. Quitte à modifier le Traité de Lisbonne, comme le propose la chancelière, le moment était venu de créer un véritable Trésor européen, émettant des euro-obligations.

Outre le financement à bas taux des Etats, celles-ci auraient permis de drainer l’épargne vers un véritable budget fédéral, nécessaire pour lancer de grands projets dès lors que les budgets des Etats membres sont encadrés.  La modification du Traité aurait également dû être l’occasion d’adapter les statuts de la BCE afin de l’autoriser à monétiser les déficits publics, comme le font la FED américaine et la Banque d’Angleterre. La BCE est certes intervenue sur le marché secondaire pour soutenir le cours des titres publics dont les banques ont commencé à se délester. Mais le rachat des titres publics sur le marché primaire par une BCE autorisée à se comporter en prêteuse en dernier ressort serait la seule manière d'étendre franchement les taux des bons du trésor sur un marché primaire où les nouvelles émissions de titres publics trouvent de moins en moins de preneurs.

L’Italie, malgré l’arrivée de Mario Monti au pouvoir, et même l’Allemagne, ont rencontré quelques difficulté à y lever des fonds. Malheureusement, la chancelière Merkel continue d’écarter la voie des euro-obligations et refuse toujours obstinément d’envisager l’extension du rôle de la BCE.

Le nouveau Traité que la droite ordo-libérale allemande entend imposer privera donc l’Union européenne et ses Etats membres de politique budgétaire, tout en continuant à amputer la banque centrale de prérogatives essentielles. Pour la première fois, des choix de politique économique seraient inscrits dans le marbre des constitutions et assujettis à l’autorité d’une Cour de justice. Des sanctions automatiques seraient appliquées. Ce coup de force est inacceptable pour la démocratie.
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Published by Liem Hoang Ngoc - dans Europe
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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 10:45

visuel Géopolitique

Géopolitique de Bernard Guetta - chronique internationale et européenne quotidienne sur France Inter - 8h15

L’une de gauche, l’autre de droite, les Français sont maintenant saisis de deux propositions pour l’Europe. Celle que le président de la République et la chancelière allemande ont détaillée hier avant de la soumettre, jeudi, aux autres dirigeants européens se résume au seul mot de rigueur.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy veulent modifier les traités européens afin d’y introduire une automaticité des sanctions contre les pays qui ne respecteraient pas le plafond de 3% du produit intérieur brut auquel les Etats de la zone euro avaient accepté de limiter leur déficit budgétaire en adoptant la monnaie unique. Concession allemande aux objections françaises, ce n’est pas la Cour de Justice européenne, le pouvoir judiciaire, qui imposerait ces sanctions mais il faudrait, pour s’y opposer, une majorité qualifiée des 17 pays de l’euro. Cela suffit à assurer qu’elles seront prises et, parallèlement, les 17 s’engageraient, par cette même modification des traités, à introduire la « règle d’or » dans leur Constitution et à s’obliger ainsi à un retour progressif à l’équilibre budgétaire sous la surveillance de leurs Cours constitutionnelles.

Pour le reste, la chancelière et le président proposent d’avancer d’un an, à 2012, la mise en place du Mécanisme européen de stabilité, le fonds de solidarité financière, dont les interventions ne requerraient plus l’unanimité ; de laisser la Banque centrale européenne libre juge de la nécessité d’intervenir ou non sur les marchés et, enfin, de réunir tous les mois les dirigeants de la zone euro afin d’instaurer un pilotage commun de l’économie européenne.

Si ce dispositif calme les marchés, c’est tant mieux mais, outre que cela ne paraît pas certain, son double inconvénient est de toujours plus assimiler l’Europe à la rigueur budgétaire et sociale et de la rendre toujours moins démocratique car ses politiques communes ne seront pas le fruit d’un choix exprimé par les électeurs européens mais le produit de tractations menées dans le huis-clos de leurs dirigeants. Ce n’est pas cela qui réconciliera les Européens et l’Europe mais qu’en est-il de la proposition de gauche ?

Présentée, hier aussi, par François Hollande devant le congrès des sociaux-démocrates allemands, elle est naturellement plus à gauche puisqu’elle prône des investissements communs dans la croissance, une politique industrielle commune, la taxation des transactions financières et l’augmentation des impôts indûment baissés ces dernières décennies. Ce n’est plus seulement la réduction des dépenses mais c’est pourtant aussi la rigueur puisque François Hollande souhaite refaire passer le déficit sous la barre des 3% dès 2013 et revenir à l’équilibre en 2017. Avec des remèdes sensiblement différents, l’objectif essentiel est bien sûr le même – l’assainissement des finances publiques – et ces propositions ont un second point commun.

L’une et l’autre passent à côté de la nécessité d’instaurer une démocratie européenne, de fédéraliser l’Union, dès lors que ses politiques économiques deviendront communes. Elles le font délibérément car la gauche et la droite restent tétanisées par le « non » de 2005 qu’elles attribuent, à tort, à une montée du souverainisme et non pas au refus, légitime, d’une Union ignorant la démocratie.

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Published by Bernard Guetta - dans Europe
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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 08:28

Hier soir, les militants socialistes ont désigné leurs candidats pour les élections législatives de juin 2012 dans les 9 circonscriptions ouvertes pour l'investiture du PS.

Dans trois d'entre elles, ce sont des titulaires ayant signé en octobre 2008 la motion "Un Monde d'Avance" qui ont été désignés et qui défendront une Gauche forte pour l'Europe, la France et leurs peuples.

GerardSebaoun.jpgSur la 4ème circonscription - Franconville, Ermont, Eaubonne, Montlignon, Saint-Prix, Saint-Leu-la-Forêt -, il s'agit de Gérard Sébaoun, conseiller municipal de Franconville, avec Mathias Trogrlic, conseiller municipal d'Ermont. Gérard a déjà été candidat lors des élections législatives de juin 2007, il avait rassemblé 45% des suffrages, un score encourageant. Il a été vice président en charge de l'éducation au Conseil Général du Val-d'Oise entre 2008 et 2011, on lui doit notamment la mesure très appréciée par les familles valdoisiens Rest'O Collège.

Neracoulis.JPGSur la 6ème circonscription - Saint-Gratien, Andilly, Margency, Soisy-sous-Montmorency, Deuil-la-Barre, Enghien-les-Bains, Sannois, Montmagny -, c'est Christine Néracoulis, conseillère municipale de Saint-Gratien, qui a été désignée avec Fabrice Rizzoli, secrétaire de section de Deuil-la-Barre/Enghien-les-Bains et spécialiste reconnu du crime organisé. Christine est une spécialiste de la musicothérapie, qui travaille depuis plusieurs années auprès d'enfants, d'adolescents et d'adultes handicapés mentaux et/ou mteurs, ainsi que des enfants malentendants et autistes. L'accès à la santé et à la culture sont pour elle des éléments déterminants pour qualifier une société développée et solidaire.

BrunAubry2.jpgSur la 7ème circonscription - Ecouen, Sarcelles, Saint-Brice-sous-Forêt, Montmorency, Domont, Ezanville, Bouffémont -, Charlotte Brun, Première adjointe au Maire d'Ecouen, sera la candidate socialiste, avec le soutien de Patrick Haddad, conseiller municipal de Sarcelles. Charlotte Brun était suppléante aux élections législatives de juin 2007 ; depuis la circonscription a été redecoupée, "amputée" du canton de Viarmes et de son électorat plus conservateur, les chances de la gauche y sont désormais réelle.

Charlotte Brun a été présidente nationale du Mouvement des Jeunes Socialistes de 2001 à 2003, elle est adjointe au Maire d'Ecouen depuis depuis 2001, elle est conseillère régionale d'Île-de-France depuis 2004. C'est une élue de terrain expérimentée et appréciée, que Martine Aubry a choisi d'intégrer à son équipe en décembre 2008 comme secrétaire nationale du Parti Socialiste en charge des handicaps, de la dépendance et des personnes âgées.

Nous travaillerons autour d'eux à faire entendre la voix de la gauche en France et à renforcer les portes-paroles du socialisme démocratique au sein de l'Assemblée nationale.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 11:26

| Par Martine Orange et La Parisienne Liberee et Antoine Perraud - Mediapart.fr

Nous inaugurons, avec Emmanuel Todd, une série de grands entretiens en vue de la présidentielle. En plus de solliciter l'analyse de personnalités compétentes et légitimes, nous leur demanderons de se muer en force de propositions, exercice auquel se livre donc l'historien, anthropologue et démographe, dans la vidéo ci-dessous.

 

Né en 1951, en marge de l'université française après avoir notamment étudié à Cambridge en Angleterre, Emmanuel Todd apparaît souvent terriblement journaliste à ses pairs et furieusement académique aux yeux de bien des gazetiers...

Il annonça, à 25 ans, la fin de l'Urss au nez et à la barbe des kremlinologues, en se fondant sur l'étude des structures familiales et autres fantaisies – selon les canons alors encore dominants d'un marxisme sourcilleux: La Chute finale (Robert Laffont, 1976). Emmanuel Todd écrivit son fait au sujet des États-Unis d'Amérique, colosse dont il examina scrupuleusement les pieds d'argile, qui en font désormais un facteur de désordre mondial: Après l'Empire (Gallimard, 2002).

Il examina les troubles alors encore à venir dans des sociétés arabo-musulmanes confrontées à leur transition démographique: Le Rendez-Vous des civilisations (avec Youssef Courbage, Le Seuil, 2007).

Le chercheur inventoria par ailleurs les processus ayant favorisé l'émergence de Ségolène Royal et surtout l'arrivée au pouvoir d'un Nicolas Sarkozy en 2007: Après la démocratie (Gallimard, 2008).

Il s'amuse des interviewers qui viennent parfois le voir comme la Pythie sur son trépied. Ses intuitions, servies par un verbe haut, font mouche. Il nous confia ainsi comment François Hollande pourrait connaître un destin politique aux antipodes d'un François Mitterrand, arrivé à l'Élysée «à gauche toute», pour baisser pavillon dès 1983 avec «le tournant de la rigueur». L'actuel candidat socialiste, quasiment centriste en début de course, finira-t-il, crise systémique oblige, en héraut d'une gauche revivifiée?

Pour comprendre le paysage européen et ses enjeux monétaires ou sociaux, voici donc l'homme dont les recherches avaient été détournées au profit de la campagne de Jacques Chirac, en 1995, sur «la fracture sociale»...


Emmanuel Todd: mes quatre mesures... par Mediapart

Craignez-vous que la droite n'acclimate vos idées sur le protectionnisme, du fait de ce «besoin de protection» sur lequel entend jouer Nicolas Sarkozy?

Je ne me suis pas posé la question en ces termes. Je vois plutôt venir une campagne très dure, qui pourrait permettre à la gauche de redevenir la gauche. On voit en effet disparaître une certaine fantaisie (la gauche de la gauche, le trotskisme...), au profit d'une reconfiguration favorisée par une discipline inhabituelle.

En face, la droite existe – par-delà l'insignifiance de Nicolas Sarkozy – à travers deux composantes de son corps électoral, qui se sont énormément rapprochées: l'UMP et le FN. La porosité est désormais patente.

Je m'attends donc à un choc frontal sur le plan idéologique, avec une gauche obligée de s'assumer du fait de la crise, de l'effondrement de la légitimité libre-échangiste «européiste», ou de la faillite des classes dirigeantes. Cette gauche, contrainte d'être plus offensive, devra désigner le véritable ennemi: la nouvelle oligarchie, le nouveau système de pouvoir, les nouveaux rapports de classe.

Cette gauche française, par la force des choses, sera tenue de sortir du béni-oui-oui social-libéral, face à une droite n'ayant rien à proposer et qui ressortira donc les thèmes de l'identité nationale, de l'islam, des Arabes. Cette droite, très liée à ce qu'on appelait jadis «le grand capital financier», cette droite Fouquet's pour dire vite, fera du populisme, jouera sur les peurs et le vieillissement d'un corps électoral, qui n'a jamais été aussi âgé en France.

Alors certes, dans la confusion générale, il est possible que Nicolas Sarkozy demande à son baratineur en chef, Henri Guaino, d'écrire son pipotage habituel de dernière minute, sur le protectionnisme. Il l'avait instrumenté en 2007, comme naguère au profit de Jacques Chirac. Il suffira de rappeler ces précédents pour contrer une telle tromperie sur la marchandise. Mais peut-être avez-vous raison: quelqu'un se trouve sans doute déjà dans les starting-blocks, prêt à raconter n'importe quoi!

Vous ne craignez pas que Sarkozy parvienne à se poser en digue?

Mais il est là depuis cinq ans, il a déjà tout dit sans jamais rien faire! Or le corps électoral comprend, malgré les grands médias tenus par l'argent. Nous sommes encore dans la phase où l'establishment journalistico-communicant s'enivre de son propre isolement: nous n'entendons, sous couvert de politique, que des spécialistes parler entre eux.

Nous verrons bientôt apparaître, dans les sondages, le vote populaire, qui représente encore 50% de la population électorale. Ces gens comprennent ce qui ne va pas, à droite comme à gauche. Ils savent déjà que le propos du président sur leur «protection» relèvera du tour de passe-passe. Pour eux, Sarkozy, c'est le type qui s'est baladé dans les usines en déclarant qu'il allait les sauver mais qui n'en a rien fait!

Cet électorat – j'espère ne pas me comporter ici comme l'establishment en parlant à la place du peuple! – a profondément intériorisé l'impuissance de Sarkozy. Celui-ci n'a pas pu démettre Fillon, ce que n'importe quel président de la Ve République n'aurait jamais supporté. Il a été obligé de reprendre Juppé, ce qui le prive de l'intégralité de la politique étrangère, ce prétendu «domaine réservé».

Voilà quelqu'un toujours présenté comme un personnage fort. Mais il est vacillant, telle est sa réalité psychologique! Il se situe dans un modèle hiérarchique: il se montre fort avec les faibles et faible avec les forts. Il se soumet aux puissants (les États-Unis, la Chine, l'Allemagne) et tape sur les gamins de banlieue ou sur les Roms! Je suis persuadé que les gens le savent.

De plus, une rupture idéologique vient d'intervenir. J'ai été tricard plus d'une décennie sur la question du protectionnisme européen, qui ne pouvait, clamait-on, que faire le jeu du FN. Enfin la primaire socialiste vint! Arnaud Montebourg, qui avait compris avant moi – puisqu'il appelait à une taxation européenne de certains produits dès 1997 alors que je n'ai pigé qu'en 1999 –, a obtenu un succès parmi les classes moyennes (le corps électoral de cette primaire). Nous ne savons pas encore quel sera l'écho de son discours dans les milieux populaires.

Il est donc trop tard pour Nicolas Sarkozy: cette thématique de la protection économique ne peut plus être maniée par la droite. La voilà ancrée à gauche. Pas suffisamment, certes, mais elle ne peut qu'y trouver un écho de plus en plus large du fait de la crise. Le timide concept de «juste échange» débattu dans le PS est dépassé. Sur la question des banques et de la dette publique – sans oublier l'euro –, il faudra une prise de contrôle par l'État pour éviter la panique. Or c'est précisément là que gît le subconscient de la gauche...

«Nous sommes dans une hésitation historique»

Et le FN en embuscade ?

Le FN est certes haut dans les sondages et il peut encore passer à une hauteur supérieure. Mais il existe enfin une possibilité de le voir avalé par une gauche ragaillardie. Tout dépend de la campagne que mènera le PS: nous sommes dans une hésitation historique.

Il y a donc de l'espérance, même si nous nous avançons vers quelque chose de très dur et de très angoissant. Auparavant, nous ne pouvions qu'espérer un élu de droite à peu près civilisé ou un(e) socialiste continuant de faire la même chose. Nous ne sommes plus dans une telle continuité: nous aurons vraiment pire, ou franchement mieux!

Croyez-vous à une rupture ?

Il y aura forcément rupture. Si Nicolas Sarkozy était réélu, après ce qu'il a déjà fait, la France ne serait plus la France. Elle ne se relèverait pas d'un deuxième mandat d'un tel président, qui pourchasse les boucs émissaires en pleine déroute économique. Étant donné son image dans le monde, les Français paieraient une note salée: s'ils votaient mal, ils seraient punis par l'Histoire.

En revanche, la France peut à nouveau émerger comme le pays de l'égalité, capable d'utiliser l'État de façon originale pour mettre à bas les puissances financières. Souvenons-nous des suites de la crise de 1929, quand l'Allemagne produisait Hitler, la Grande-Bretagne des conservateurs asthéniques et l'Amérique Roosevelt: la France a élu le Front populaire...

Voyez-vous une tension entre le capitalisme qui tend à son autodestruction et l'Europe qui s'achemine, malgré tout, vers son autoconstruction?

Je vois tout à fait autre chose! Le champ de force est difficile à analyser, nous percevons uniquement ce qu'il y a de commun au monde développé: la montée de l'inégalité, ainsi que des phénomènes de domination. Chez les Anglo-Saxons, les libertés individuelles sont chevillées au corps. Mais en Europe continentale, existent des manifestations d'autorité politique et de bureaucratisation. Dans la zone euro, ou plutôt dans ses parties faibles (c'est-à-dire toute la zone sauf l'Allemagne!), nous sommes confrontés à une forme d'hybridation: des responsables sont nommés sur pression de Berlin pour relever les finances publiques, après avoir travaillé pour Goldman Sachs. Ils se retrouvent à l'intersection des deux domaines de domination.

Or la France navigue à vue, précisément à cette intersection, avec des élites de droite, dans la tradition catholico-vichyste, très séduites par l'Allemagne et les systèmes autoritaires de l'Europe continentale, tandis que le tempérament de sa population rend la France plus proche des valeurs de liberté anglo-saxonnes. D'où des tensions intéressantes sur le plan historique et anthropologique...

En ce qui concerne la construction européenne, les forces de l'inégalité et de la domination sont dans une forme d'ivresse terminale: exigence d'un service frénétique de la dette publique, appétit de privatisations, soif d'austérité! Bref, encore plus de tout ce qui a été fait! Comme si les élites, qui tiennent un tel discours, étaient aveuglées par les dieux attachés à leur perte: nous pataugeons dans le tragique de l'Histoire...

Cependant, un tel retour au tragique se fait chez nous sur un mode sénile, en raison de notre pyramide des âges: voilà pourquoi vous ne voyez pas une jeunesse européenne envahissant massivement l'espace public, comme dans les pays arabes.

Qu'en est-il de la démocratie en Europe?

Nous découvrons la supercherie suivante: les valeurs européennes étaient censées s'incarner dans un espace de démocratie libérale ayant renoncé aux rapports de force entre les nations, traitées sur un pied d'égalité, quelle que fût leur puissance. C'était une fiction. On savait que le Luxembourg n'avait pas forcément son mot à dire, certes. Mais la Belgique, par exemple, avait réellement voix au chapitre.

Or l'Europe est aujourd'hui devenue le contraire d'un tel mythe fondateur. L'égalité? Nous nous retrouvons avec un système hiérarchique dément: des faibles et des forts (avec un fort absolu: l'Allemagne). Les faibles sont mis au pas et privés de leur système démocratique, tandis que surgit un nouveau personnel venu de Bruxelles, Francfort et Berlin – les trois pôles du système de domination –, sous les applaudissements de Paris, convertie en succursale chargée de faire la claque!

«Il n'y a plus de rapports égalitaires en Europe»

L'Allemagne, revoilà l'ennemi ?

Je sais tout ce que l'Allemagne apporta à l'Europe avant le nazisme – à commencer par la réforme protestante et l'alphabétisation de masse. Ce pays repose sur une culture particulière, centrée sur la famille souche; système à héritier unique un peu autoritaire. D'où son efficacité industrielle, sa position dominante en Europe, mais aussi sa rigidité mentale. L'Allemagne s'est toujours affolée quand elle s'est retrouvée en position dominante. Notamment sous Guillaume II, avant le premier conflit mondial, quand, échappant à la raison bismarkienne, elle se retrouva hégémonique. La situation actuelle se rapproche davantage de cette période wilhelmienne que de la séquence nazie.

Or une telle ivresse de puissance serait facile à contrôler, si les décideurs français étaient normaux: l'Allemagne est vieille, avec 80 millions d'habitants qui peinent à se renouveler; elle n'est plus dans une culture totale; son industrie, somme toute moyenne, hyper exportatrice, certes, est loin du niveau japonais, par exemple, techniquement parlant. Bref, il serait facile de la ramener à la raison. Mais la névrose des classes dirigeantes françaises les pousse à s'agenouiller.

Une telle inaptitude à remettre Berlin à sa place, de la part d'un président de la République atteint de nanisme politique et qui se montre donc incapable d'affronter Angela Merkel, entretient l'Allemagne dans son délire. Délire auquel répond une hostilité incroyable à l'encontre de Berlin, sur tout le continent.

Nous venons d'assister, en Grèce et en Italie, à une interdiction de référendum, à des dépositions de chefs de gouvernement...

Les pays qui viennent d'être mis au pas, la Grèce, l'Italie, bientôt l'Espagne et le Portugal, ce sont des nations dont les traditions démocratiques s'avèrent récentes et fragiles. L'Europe, qui était censée être le continent de la démocratie libérale, est devenue une machine qui l'a cassée dans des régions où elle venait de naître!

Apparemment, l'Allemagne, qui donne le la, possède une démocratie plus saine que la France: les syndicats ouvriers s'y avèrent encore représentatifs, l'extrémisme politique y est moins apparent qu'ailleurs: ça tourne mieux. Angela Merkel ne s'offre pas aux yeux du monde et de son peuple comme un problème inquiétant pour la démocratie, contrairement à l'actuel président de la République française.

Pourtant, si vous examinez la surpuissance économique allemande dans l'espace européen, vous découvrez qu'elle se fit par le biais d'une politique économique égoïste, avec des délocalisations des produits intermédiaires en Europe de l'Est, hors zone euro. Il y a eu outre-Rhin, des années durant, un blocage et une baisse des salaires en s'appuyant sur les mécanismes autoritaires de la culture allemande, au profit d'une politique d'exportation dans la zone euro, où Berlin réalise ses plus gros excédents commerciaux.

Une telle politique effectuée contre ses partenaires fut menée de bout en bout par des coalitions, comprenant souvent le SPD; ce qui remet finalement en cause le principe d'une véritable alternance.

Alors se pose une question en forme de retour cruel de l'Histoire: le facteur central de la dégénérescence de la démocratie dans le système européen, ne serait-ce pas l'Allemagne?...

Des foules, d'Athènes à Madrid, crient déjà au IVe Reich!

Le ras-le-bol s'exprime par des expressions exagérées. Mais si personne ne dit véritablement ce qui se passe, les opprimés ont l'impression d'être niés. Les choses ne sont pas dites au bon niveau, puisque Nicolas Sarkozy lâche sur tout. Il n'y a donc plus de rapports égalitaires en Europe.

Les Allemands ne sont pas foncièrement arrogants. Ils ont lâché beaucoup sur la gestion par la Banque centrale. Certes, pour ce pays à la vision fort peu égalitaire, la communautarisation de la dette semble un obstacle infranchissable. Mais il aurait été possible de le faire plier pendant qu'il était encore temps.

Le jour où l'euro tombera, il sera acté qu'une classe dirigeante entière a été déligitimée. Pour un prix inférieur à celui de 1940! Sans frais militaires! Finalement, je pourrais vous proposer une histoire riante de la France, non pas immédiatement mais un an après la chute de l'euro, alors que les Allemands ne pourront pas y faire face si facilement...

«L'euro (dans le sens monétaire) totalitarisme !»

Croyez-vous à une Europe sans euro ?

Je suis passionné, culturellement, par l'Europe. Or la monnaie unique, dont on voit qu'elle produit actuellement une exaspération sur le continent, était, dès le départ, la négation de l'Europe. J'étais donc contre au départ. J'avais fini par l'accepter, persuadé qu'elle ne pouvait être sauvée que si l'Europe passait au protectionnisme.

Le libre-échange, présenté comme un doux commerce entre les peuples, est en réalité une déclaration de guerre économique de tous à tous. Il crée cet état de jungle, de rapport de force en train de détruire l'Europe. Il aboutit à une hiérarchisation des nations en fonction de leur situation économique.

Du coup, au stade actuel, ma préférence irait vers un sauvetage de l'euro par le protectionnisme européen. Il faudrait donc que la France ait le courage de négocier cette solution avec l'Allemagne. Il faut créer les conditions d'une remontée de la demande sur l'ensemble d'un continent, où l'on cesserait de se jeter les uns sur les autres. L'Europe redeviendrait alors ce qu'elle a cessé d'être: un atout. Ce qui apparaît aujourd'hui comme une faiblesse déstructurante, la diversité anthropologique, referait alors sa force dans un contexte global protégé.

Toutefois, au rythme où va cette crise financière, monétaire, économique, avec une récession programmée par les plans d'austérité, je vois se dessiner une sortie préventive de l'euro. Je donne raison sur ce point à l'économiste Jacques Sapir. Les Allemands se verraient alors contraints d'accepter une restructuration globale, ainsi que le protectionnisme européen.

Mais nous assistons à une absence de débats économiques. On claironne qu'il n'y a pas d'alternative. Cette attitude de déni quant aux solutions possibles trahit la fossilisation mentale du Vieux Continent. Les experts s'époumonent, tel un chœur de vieillards: «Ce n'est pas possible!»

C'est effrayant comme un discours totalitaire imposant la négation de la vie, de la réalité, de l'Histoire, de la capacité à peser sur les choses. Nous avons eu la soumission à la race avec le nazisme, la soumission à une doxa dite socialiste avec les démocraties populaires; il y a désormais une soumission à des plans d'austérité, qui conduisent mécaniquement à la régression.

Voilà bien une pathologie mentale digne de celles qui menèrent au totalitarisme. Le totalitarisme était fondé sur des sociétés dont la jeunesse était encore le ressort. Nous le reproduisons donc dans sa version décrépite: l'euro (dans le sens monétaire) totalitarisme!

Ferons-nous l'économie d'une guerre sur le sol européen, alors que l'équilibre de la terreur semble être passé du domaine nucléaire au domaine financier?

Les menaces de guerre font partie de la panoplie agitée par le système. S'il y a bien quelque chose qui ne menace pas sur ce continent fourbu: c'est la guerre. Personne ne va nous envahir. Le danger vient de la baisse du niveau de vie, de l'implosion des systèmes éducatifs, ou de la destruction des services publics.

Cela dit, des régimes autoritaires sont possibles. En France notamment, où la combinaison de valeurs libérales et égalitaires en tension peut déboucher sur le bonapartisme. Si la baisse du niveau de vie s'accélère et si la gauche n'est pas capable de proposer une alternative avec reprise de contrôle du système financier et restructuration de l'Europe, si la droite reste donc au pouvoir, nous irons à l'évidence vers un régime autoritaire.

Toutes les décisions du président de la République actuel s'inscrivent dans l'établissement d'un tel régime. Cela va de la mainmise sur l'information, à la volonté de fusionner la police et la gendarmerie, alors que ces deux corps séparés de maintien de l'ordre – grande tradition républicaine – s'avèrent l'une des garanties de la démocratie.

Alors, nous connaîtrions la dictature sans la guerre. C'est déjà ça, non?...

Les indignés, c'est ce qui reste quand on a tout perdu?

Les indignés sont peu nombreux dans nos sociétés européennes, où l'âge médian dépasse la quarantaine (40 ans en France, 44 ans en Allemagne), où l'état d'atomisation de la structure sociale freine l'action collective. Je ne crois pas à la puissance des forces de contestation. Nous avons besoin de prises de conscience fortes et non d'un basculement général et révolutionnaire. Je milite pour un retour des élites à la raison, pas pour leur renversement.

Je n'ai rien contre les élites, mais je ne supporte pas qu'elles trahissent leur tâche. La lutte des classes existe et m'apparaît en partie soluble par la négociation. Il y aura toujours des classes supérieures. Celles-ci me sont intolérables lorsqu'elles deviennent folles et irresponsables. Les grandes démocraties reposent sur un système où une partie des élites accepta un tel contrat, au point de passer du côté du peuple. Or nous avons dorénavant des oligarques furieux, qui répondent à la définition d'un marxisme caricatural.

J'ai une conscience égalitaire de petit-bourgeois de gauche et je suis attaché à une forme de moralité sociale: cela ne fait pas de moi un révolutionnaire.

Votre rhétorique enflammée donne pourtant le change...

Oui, j'exprime très violemment des idées très modérées.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 10:51

Vous pouvez télécharger ici la candidature de Christine Néracoulis, conseillère municipale de Saint-Gratien, et de Fabrice Rizzoli, secrétaire de la section de Deuil-la-Barre/Enghien-les-Bains, pour obtenir l'investiture du Parti Socialiste aux élections législatives de juin 2012, sur la 6ème circonscription du Val-d'Oise.

Les adhérents du PS inscrits sur les listes électorales de la 6ème circonscription voteront le 1er décembre.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 09:27

 

Cher(e) camarade, 

En 2012, la gauche a rendez-vous avec les Français. 

Notre pays traverse une crise d’une ampleur inédite, qui déstabilise profondément les économies des États membres de l’Union Européenne. Nos concitoyens sont inquiets pour leur avenir et celui de leurs enfants. Chômage, précarité, baisse du pouvoir d’achat : c’est la réalité de l’immense majorité des Français. 

La droite au pouvoir depuis près de 10 ans est largement responsable de cette situation. Elle a creusé les déficits. Elle a démantelé notre modèle social. Et ses choix en matière fiscale, favorables aux riches, ont largement contribué à accroître la dette et les inégalités. 

Injuste socialement, inefficace économiquement, la politique de la droite a pris une autre dimension avec le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Le président sortant a abîmé la France. Sa diplomatie hasardeuse et tapageuse a déçu les amis de la France. Sa gestion calamiteuse de la crise a affaibli notre pays sur la scène internationale. Sa pratique du pouvoir, faite d’atteintes à la laïcité, de dérapages xénophobes, de mauvais coups au principe d’impartialité de l’État et d’indépendance de la justice, est à mille lieues de cette « République irréprochable » qu’il entendait instaurer. 

En 2012, la gauche a un devoir de victoire 

Choqués, lassés, inquiets, nos compatriotes ont soif de changement. C’est pourquoi, en 2012, la gauche a un devoir de victoire. 

Pour autant, rien n’est joué et tout reste à faire. Mais nous avons de vrais atouts. Notre projet a été adopté à l’unanimité. Nous avons conclu avec nos partenaires de gauche un accord de gouvernement. Et, surtout, notre parti est rassemblé derrière son candidat à la présidentielle, François HOLLANDE, choisi par plusieurs millions de Français lors de primaires réussies, pour nous conduire à la victoire. 

Oui, le changement est désormais possible. À nous de le rendre concret. Pour cela, il faudra gagner l’élection présidentielle. Et, un mois plus tard, remporter les élections législatives. Tous les militant(e)s du Parti sont mobilisés vers cet objectif. 

La 7ème circonscription : un combat emblématique ! 

Dans notre département, toutes les circonscriptions, à l’exception de la 8ème, sont détenues par un député de droite ! Pour les militants du Val d’Oise, le défi est immense… et enthousiasmant. 

Dans la 7ème circonscription, nous mènerons un combat particulièrement emblématique : face à nous, le député sortant, Jérôme Chartier, est le représentant souvent caricatural du sarkozysme. Secrétaire national de l’UMP, le maire de Domont s’est illustré dans la défense de la politique fiscale de la droite au pouvoir : inlassable promoteur du « bouclier fiscal », il n’a cessé de plaider pour la poursuite des « réformes » aux conséquences économiques et sociales désastreuses. La victoire de la gauche sur la 7ème circonscription aura donc valeur de symbole. 

Comme toi, j’ai envie de me consacrer à construire cette victoire. 

C’est la raison pour laquelle je te propose aujourd’hui de me désigner pour être la candidate du Parti socialiste sur la 7ème circonscription en juin 2012. Mon expérience, locale et nationale, sera je le crois un atout pour reconquérir cette circonscription. 

Je suis prête à relever ce défi. 

Habitante du Val d’Oise depuis ma naissance et de notre circonscription depuis près de quinze ans, j’ai la passion de notre territoire et l’envie de porter la voix de ses habitants au Parlement. 

Secrétaire nationale de notre parti depuis 3 ans, j’ai participé à l’élaboration de notre projet aux côtés de notre première secrétaire Martine AUBRY, plus spécifiquement sur les thèmes des seniors, du handicap, de la perte d’autonomie. J’ai animé un des groupes de travail avec nos partenaires d’« Europe Écologie Les Verts » qui a abouti récemment au texte commun. 

Élue municipale à Ecouen, conseillère régionale d’Île-de-France, suppléante de Didier Arnal en 2007, je connais bien les enjeux de notre circonscription et les projets des villes et villages qui en font partie. De Sarcelles à Montmorency, en passant par le canton d’Écouen et le canton de Domont, notre territoire est riche de sa diversité. Les élus et les militants savent qu’ils ont toujours pu compter sur moi pour porter les aspirations des habitants, et faire aboutir de nombreux projets. 

Les habitants, qui me connaissent, peuvent en témoigner. Mais si vous avez toujours pu compter sur moi, c’est tout simplement parce que je suis une militante. À vos côtés, sur le terrain. 

Mon attachement à notre territoire est également très personnel puisque j’y enseigne dans un collège. Engagée pour le renouvellement des pratiques politiques, j’ai tenu à conserver mon activité professionnelle. 

Ma connaissance du terrain, de ses habitants et mon expérience nationale sont des atouts pour faire gagner la gauche dans notre circonscription face à un candidat UMP très implanté. 

Patrick HADDAD, élu de Sarcelles et conseiller communautaire délégué à l’emploi à la Communauté d’Agglomération Val-de-France a accepté d’être mon suppléant. Notre ticket allie l’expérience, le renouvellement, la représentation de la diversité territoriale de notre circonscription. Ensemble, nous avons l’ambition de mener une campagne dynamique, sérieuse et conviviale. 

Conformément à notre convention « rénovation », et fidèle à mes convictions, je me suis engagée à ne pas cumuler le mandat de députée avec celui de Conseillère régionale ou tout exécutif local. 

Parce que rien ne remplace le débat et l’échange, je vous donne rendez-vous avant le vote du 1er décembre, à l’assemblée de circonscription du 29 novembre. 

Dans l’attente de te rencontrer, je te prie de croire, cher(e) camarade, en mon amitié socialiste. 

Charlotte Brun

« Je connais Charlotte de longue date, puisqu’elle m’avait déjà proposé de faire partie de son équipe quand elle animait le mouvement des jeunes socialistes du Val d’Oise il y a 15 ans. Je connais ses convictions et son engagement sans faille au sein de notre parti et c’est avec plaisir que j’ai accepté d’être son suppléant.

J’ai toujours vécu à Sarcelles dans le canton sud-ouest où ma famille s’est installée en 1962. J’y ai suivi toute ma scolarité, puis ai poursuivi des études universitaires jusqu’à l’obtention d’un doctorat en économie. Professionnellement, je suis consultant dans le domaine des politiques sociales et Maître de conférences associé à l’Université. Politiquement, je suis conseiller municipal de Sarcelles et conseiller délégué à la communauté d’agglomération Val de France où j’ai en charge le dossier particulièrement sensible de l’emploi. J’ai également été secrétaire de la section de Sarcelles pendant près de 8 ans où le Parti Socialiste est arrivé en tête à toutes les élections.

Je serai fier de participer à la reconquête de notre circonscription par la gauche. Pour cela, il nous faudra rassembler la diversité de notre territoire, car contrairement à Nicolas Sarkozy et Jérôme Chartier dont la politique consiste à dresser les Français les uns contre les autres, notre ambition est au contraire de les réunir autour d’un projet commun. Les habitants de notre circonscription, qu’ils soient issus des zones urbaines sensibles ou des quartiers péri-urbains résidentiels, ont les mêmes aspirations et les mêmes préoccupations : l’emploi, le pouvoir d’achat, le logement et la sécurité. Gagner pour répondre à ces aspirations, tel est le sens de mon engagement aux côtés de Charlotte et à vos côtés dans cette campagne. »

Patrick HADDAD, élu de Sarcelles
et conseiller communautaire délégué à l’emploi
 
à la Communauté d’Agglomération Val de France

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 13:57

 logo.jpgLa crise dite des dettes souveraines que connaissent plusieurs États depuis plus d'un an ne cesse de déployer ses conséquences économiques et sociales dramatiques dans l'ensemble des pays de l'Union européenne.

EUSE.jpgElle a aussi des conséquences politiques lourdes de menaces pour la démocratie. En effet, les march és financiers mettent une pression énorme pour imposer le néolibéralisme comme horizon indépassable, à travers des plans d'austérité drastiques, et cela avec la complicité active de la la Commission européenne, de la Banque centrale européenne, des gouvernements de droite (voire sociaux-démocrates) et de leurs relais médiatiques. 

Dernière évolution très inquiétante, l'Italie après la Grèce a été obligée de voir se former un gouvernement dit de techniciens (libéraux) sous la conduite de l'ancien commissaire européen et ancien conseiller de la banque Goldman Sachs, Mario Monti.


Quelque que soit le rejet que suscite fort légitimement Berlusconi, tout gouvernement doit découler d'un mandat du peuple. Or, le gouvernement Monti n'est pas issu d'une majorité politique. Les marchés financiers attendent de lui l'application stricte d'un plan d'austérité, et cela jusqu'à des élections législatives dont la date n'est pas fixée.     

Alors que l'Union Européenne était déjà perçue comme bien peu démocratique, comme l'a montré le passage en force suite au non à la Constitution européenne en France et aux Pays Bas, cette crise fait franchir un pallier supplémentaire à l'étouffement de la souveraineté populaire, à tel point que nous pouvons parler d'oligarchie au sens de confiscation du pouvoir par les élites !

Si durant la prochaine présidentielle la gauche et les socialistes échouent à offrir une réelle alternative, en redonnant le pouvoir au peuple face au marché, le danger de l'extrême droite n'en sera que plus grand.

EmmanuelMaurel2011Pour échanger autour de ce thème, vous êtes ainsi conviés :


Vendredi 25 novembre 2011, 19h15

 Amphi du gymnase Huyghens, 10 rue Huyghens, Paris 14ème, métro Vavin ou Raspail.

 

Quelle souveraineté populaire face au danger de dictature des marchés ?


Intervenant : Emmanuel Maurel, vice-président du Conseil Régional d'Ile de France, chargé de la formation professionnelle, de l'apprentissage et de l'alternance, Secrétaire national du PS à l'Université permanente et aux universités d'été, dirigeant d'Un Monde d'Avance.  

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