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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 20:55

tet.pngIl semblerait que l’imprimeur des professions de foi de Charlotte Brun ait fait une erreur en imprimant au verso le contenu d’un autre candidat.

Plutôt que de déplorer un incident qui réduit le message de notre candidate, l’UMP a, dès ce matin, distribué un tract laissant entendre que derrière Charlotte Brun il y aurait un autre candidat caché.

Tous les coups sont permis, même les plus ridicules. Ce sont des comportements de personnes aux abois.

Ne nous laissons pas dévier du vrai enjeu : c’est sur les bilans et programmes que les habitants de la 7e circonscription doivent se prononcer.

Vous trouverez ici la profession complète de notre candidate.

Nous appelons les électeurs à rester mobilisés derrière Charlotte Brun.

Pas d’abstention, ne laissez personne décider à votre place.

Le 17 juin, pas une voix ne doit manquer au changement !

Votez Charlotte Brun !

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 07:04

Depuis plusieurs semaines, la presse se fait l'écho des prises de positions d'un collectif d'intellectuels et de chercheurs qui s'est baptisé "La Gauche Populaire". Le site nonfiction.fr et France Culture lui ont ces derniers jours consacré un entretient et une émission pour décrypter les débats que le collectif met sur la place publique. Vous trouverez l'un et l'autre ci-dessous.

nonfiction.fr - mercredi 13 juin 2012 - 15:00

Le débat entre la "Gauche populaire" et les tenants d'une gauche multiculturelle s'est intensifié ces derniers jours. Après des échanges très vifs sur Twitter, Sylvain Bourmeau, directeur adjoint de la rédaction de Libération, et Laurent Bouvet, politologue 1 ont débattu lundi sur France Culture de leurs divergences idéologiques profondes sur l'orientation de la gauche française. Dans le souci de comprendre un clivage apparu au moment où la gauche conquérait à nouveau le pouvoir, nonfiction.fr suivra l'actualité et l'évolution de ce débat. Dans cet entretien, Denis Maillard, un des fondateurs et animateurs de la Gauche populaire, explique le point de vue du collectif sur les rapports entre la gauche et le peuple.

Nonfiction.fr- Qu’est-ce que la gauche populaire ?

Denis Maillard- La Gauche populaire est un groupe informel de citoyens intéressés par les questions politiques ; il s’agit aussi d’intellectuels et de chercheurs, de membres du Parti socialiste ou en rupture avec celui-ci, de chevènementistes, de rescapés du Modem, d’électeurs de Jean-Luc Mélenchon et même de quelques Verts... Ils ont en commun de penser que la gauche ne peut arriver au pouvoir et s’y maintenir qu’en renouant avec les catégories populaires, et à travers elles avec la question sociale. Ils estiment que les défaites de 2002 et 2007 n’étaient pas des accidents de l’histoire mais les épisodes supplémentaires dans une dérive de la gauche institutionnelle. Le collectif est né au cours de l’année 2011 dans un séminaire, organisé par Laurent Bouvet à l’Observatoire de la social-démocratie au sein de la Fondation Jean-Jaurès. Le thème en était la montée des populismes. Nous essayions de comprendre pourquoi l’extrême-droite gagnait du terrain en Europe et l’on sentait qu’en France, l’élection présidentielle approchant, les choses allaient être semblables et que Marine Le Pen risquait de faire un score important. Cette tentative de penser collectivement s’inscrivait, pour Laurent et moi-même, dans la continuité de la collection RéGénération que nous avions fondé en 2003 aux éditions Michalon et où l’on essayait de faire surgir dans le débat politique des réflexions et des auteurs neufs.

La collection s’intéressait déjà à la question sociale et au rapport au peuple ?

C’était plus vaste, mais nous tournions déjà autour de cette problématique. Notre ambition était de comprendre ce qu’il s’était passé à gauche dans les années 1980 : alors que Mitterrand avait été porté au pouvoir sur des questions principalement sociales, à partir de 1982-1983, la gauche avait tourné le dos à cette question pour lui substituer une attention toute sociétale qui allait bien plus loin que ce que la 2ème gauche, le PSU ou la CFDT avaient pu proposer jusqu’ici. Pour le dire en quelques formules, la gauche officielle a choisi dans les années 80 l’agrégation des minorités contre le traditionnel "peuple de gauche" à qui elle n’avait plus grand chose à proposer en matière d’émancipation collective et qui commençait à lui faire politiquement défaut. Ce faisant, elle a substitué à la question du commun celle des identités ; elle a préféré le développement de la société à l’affirmation de la République. Elle a troqué le socialisme contre le multiculturalisme et la question sociale contre la diversité ! Mais ce faisant elle a aussi creusé son tombeau électoral. Jusqu’en 2012. Cette interrogation, née avec la collection RéGénération entre 2003 et 2007, est restée celle de la Gauche populaire. Entre les deux il s’est passé cinq ans durant lesquelles nos intuitions sont devenues des questions essentielles à la veille de la présidentielle de 2012 et nos réponses des clivages au sein même de la gauche ainsi qu’une manière nouvelle d’affronter la droite identitaire. Cinq ans pour que ces réponses soient entendues, face à la montée du Front national de Marine Le Pen.

Comment comptez-vous peser sur le débat politique ?

Pour répondre à cette question, il faut d’abord comprendre comment nous fonctionnons avant de parler de nos objectifs. La Gauche populaire, c’est à la fois un séminaire qui se tient physiquement à la Fondation Jean-Jaurès et, en même temps, l’agrégation d’individus qui, petit à petit, se sont mis à réfléchir ensemble au moyen des réseaux sociaux, notamment Facebook. Aujourd’hui, c’est un peu plus de soixante-dix personnes qui conversent sur les réseaux sociaux, publient leurs travaux à travers notre blog et se retrouvent pour des réunions in real life. Il s’agit donc d’un "intellectuel collectif" issu des réseaux sociaux et qui fonctionne avec les réseaux sociaux : il n'y a pas d’adhésion, pas de chefs, l’organisation est minimale et il n’y a pas non plus de porte-parole, sauf momentané et issu du groupe comme en ce moment avec cet entretien. En revanche, certains travaux nous ont aidé à structurer nos réflexions. Je pense notamment au livre de Laurent Bouvet Le sens du peuple, aux enquêtes d’Alain Mergier et Philippe Guibert 2 auprès des catégories populaires, aux essais de Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin sur le peuple et la droite ou encore aux analyses de Sylvain Crépon 3 comme de Nicolas Lebourg 4 concernant le nouveau Front national, tous membres ou proches de la Gauche populaire. C’est un collectif informel et pluraliste de gens qui ont décidé de penser ensemble – chercheurs, professeurs, sociologues, citoyens, militants politiques… On est "Gauche populaire" par envie, par cooptation ou même par hasard tant nos réflexions rejoignent celles de nombreuses personnes à gauche.

On ne va pas donc "rentrer dans le jeu politique" mais nous rencontrons tous ceux qui ont envie de parler avec nous pour leur faire comprendre qu’il n’y aura pas de réussite gouvernementale si, une fois arrivée au pouvoir, la gauche "oublie" à nouveau les classes populaires. Notre objectif est d’influencer le débat public. Et l’enjeu est de faire en sorte qu’en 2017, on ne retrouve pas Marine Le Pen à 30% au premier tour. Cela demande un patient travail de fond qui allie analyse politique, connaissance sociologique (qui sont les fameux "périurbains" ? Qu’est-ce que le nouveau Front national ? Qu’est-ce que la crise du travail ? etc.) et production intellectuelle. A la rentrée prochaine, nous allons donc poursuivre un nouveau cycle de séminaires vraisemblablement sur la question de "l’insécurité culturelle" et de l’unicité du territoire de la République, des questions d’autant plus prégnantes que le bon score de Marine Le Pen risque de créer une tension entre "la gauche diversitaire" (comme le dit pertinemment la blogueuse Coralie Delaume) et la droite identitaire. Pour échapper à cette opposition stérile, nous les renvoyons.

Pourquoi le nom "Gauche populaire" ? On vous a beaucoup reproché, notamment, la symétrie avec la Droite populaire…

La gauche populaire, c’est une gauche qui n’oublie pas les classes populaires – c’est tout ! Lors d’une réunion, plusieurs noms ont été envisagés et nous avons finalement voté pour retenir celui-là. Nous pensons que les catégories populaires sont le cœur de la promesse de la gauche. Et puis le nom avait commencé à s’imposer à travers le livre Plaidoyer pour une gauche populaire dans lequel plusieurs auteurs de notre groupe ont écrit. Ce qui nous inquiète c’est bien plus que la droite ait pu s’approprier ce terme de "populaire" sans que personne, à gauche, n’en soit gêné. Nous ne faisons que reprendre un drapeau qui nous appartient !

Est-ce que François Hollande a réussi à trouver "le sens du peuple" ? La gauche a-t-elle durablement renoué avec la victoire ou est-ce juste conjoncturel – une victoire par rejet de Nicolas Sarkozy ?

C’est toute la question que nous nous posons. Si l’on regarde les résultats du premier tour, François Hollande arrive légèrement en tête dans le vote ouvrier mais Marine Le Pen réunit quand même un tiers de leurs suffrages. C’est la première fois depuis longtemps qu’un candidat de gauche arrive en tête chez les employés et les ouvriers. On peut donc penser qu’il a retrouvé un certain sens du peuple. En même temps, ce sont chez ces mêmes catégories que l’on trouve la plus forte abstention au second tour. Si François Hollande arrive en tête dans ces catégories le 6 mai, c’est plus par rejet de Nicolas Sarkozy que par véritable adhésion à la gauche. On a cinq ans – il a cinq ans – pour confirmer cette adhésion a minima et c’est là qu’un collectif comme la Gauche populaire peut être intéressant – dans ses analyses, dans sa réflexion. Il n’y a de possibilité de victoire à long terme qu’en restant lié aux classes populaires.

Est-ce que François Hollande vous a personnellement reçu et écouté pendant la campagne ?

Oui, il a écouté – mais il a écouté beaucoup de monde. Il a reçu plusieurs membres de la Gauche populaire. D’ailleurs, nous avons retrouvé, dans le discours du Bourget, le grand discours fondateur de sa campagne, certains éléments que nous avions apportés. Nous avons été une source d’inspiration parmi d’autres…

C’est quoi le peuple ? C’est qui le peuple ?

Dans son livre (Le sens du peuple, Gallimard), Laurent Bouvet a bien montré l’existence et l’articulation de trois peuples matérialisés dans trois documents que nous portons tous sur nous : le peuple national – celui de la carte d’identité ; le peuple politique – celui de la carte d’électeur ; et le peuple social – celui de la carte Vitale avec notre numéro de sécurité sociale. Ce qui nous intéresse, c’est l’articulation entre ces trois peuples. Mais celui qui nous intéresse prioritairement, c’est ce peuple social dont la gauche dit en permanence qu’il est "le peuple de gauche" alors que, depuis la fin des années 1980, il n’adhère plus majoritairement à la gauche. La gauche a encore l’illusion que ce peuple social est son socle électoral alors que, de fait, elle lui a substitué un autre peuple – ce que Terra Nova a essayé de théoriser au printemps dernier : l’alliance de toutes les minorités qui arriveraient, petit à petit, à former une majorité. Sauf que cette coalition ne nous semble pas gagnante et met en danger la République.

Aujourd’hui, la question sociale se repose massivement (chômage, crise européenne, problèmes de mondialisation et de désindustrialisation en France) mais en des termes particuliers : économiques (est-ce que je vais être au chômage, quel est mon pouvoir d’achat ?), sociaux (quel est mon travail, comment s’est-il transformé, comment puis-je en vivre ?) mais aussi culturels, avec cette question d’insécurité culturelle.

C’est quoi, justement, l’insécurité culturelle ?

A côté de l’insécurité économique (les problèmes de chômage, de pouvoir d’achat) et physique (les vols, les agressions), une autre insécurité se fait jour : le monde dans lequel j’étais, dans lequel je pensais pouvoir m’inscrire, le territoire sur lequel je pensais vivre, l’école sur laquelle je croyais pouvoir compter pour éduquer mes enfants, tout ça fait défaut. Le citoyen a un contrat moral avec la République : l’insécurité culturelle, c’est quand celle-ci n’honore plus sa part du contrat, quand les services de proximité – la maternité, le tribunal, l’hôpital – ferment, quand le train ne s’arrête plus à la gare voisine. Ce n’est pas dans les centres-villes que ces choses se ressentent le plus durement. L’insécurité culturelle, ce n’est pas une notion identitaire ! Ce n’est même pas un concept, c’est avant tout une hypothèse pour comprendre une situation nouvelle. Lorsque Libération explique, dans un fameux éditorial intitulé "Enclos" le 27 avril dernier, que les gens qui votent pour Marine Le Pen sont des beaufs racistes terrés derrière l’enclos de leur pavillon, qu’ils ont voulu habiter loin pour ne pas être avec les autres (sous-entendu pour ne pas s’ouvrir à la diversité), c’est ne rien comprendre à ce qui se joue dans une certaine France, invisible depuis des centres-villes protégés des effets les plus ravageurs de la mondialisation. Il ne s’agit pas d’encenser ce mode de vie : le fait de vivre séparés les uns des autres mais sur le mode urbain d’une disponibilité immédiate des services collectifs posent de nombreux problèmes comme il révèle un imaginaire social et politique particulier qui n’est pas forcément le nôtre. Mais il s’agit avant tout, pour nous, d’affirmer que la République n’a qu’un territoire et n’est pas constitué d’un assemblage de fragments territoriaux ignorés ou jaloux les uns des autres, comme elle ne connaît qu’un peuple et non pas une agrégation d’identités.

Est-ce que ce concept – le plus commenté, le plus polémique – est au cœur de la philosophie politique du collectif ? Est-ce la clé de votre analyse de la société ?

Non, ce n’est pas le centre de l’analyse. Le centre, c’est la question de la République. Face à une France travaillée par un chômage de masse qui doute de sa place dans la mondialisation, qui doute que l’Europe, qu’elle avait imaginée comme étant "une France en plus grand", puisse lui assurer cette promesse-là, qui doute également que le futur de ses enfants soit meilleur que son propre présent, qui doute enfin de ses capacités à continuer à être une terre hospitalière – à la fois pour les générations futures et pour les personnes qui arrivent de l’extérieur – face à ça, traditionnellement, il y avait une réponse qui s’appelait la République. La République, c’est l’égalité entre les citoyens, c’est la possibilité de s’élever – notamment par l’école – et aujourd’hui, cette promesse ne fonctionne plus, mise à mal par des forces extérieures – la mondialisation étant l’une de celles-ci. Le cœur de notre réflexion, c’est "comment la gauche peut tenir la 'superbe promesse faite au Tiers-Etat' ", pour reprendre les mots de Mandelstam. La réponse à cette promesse, c’est la République, rien que la République mais toute la République. L’insécurité culturelle est une hypothèse qui nous permet de comprendre pourquoi une certaine catégorie de la population, souvent en périphérie des villes ou dans des zones rurales, vote pour Marine Le Pen et va être tentée par des solutions extrêmes, par le populisme d’extrême-droite. Nous voulons une gauche qui reprend à son compte la question sociale et qui voudra faire de la France une nation du commun dans laquelle tout le monde puisse vivre et où les identités seront apaisées.

Ce constat, pensez-vous qu’il est identique à celui porté par le Front national de Marine Le Pen ?

Non, nous ne parlons pas du même point de vue. Nous parlons d’un point de vue de gauche, pour qui l’égalité, la question sociale et le sort des catégories populaires sont les choses les plus importantes. Car notre discours s’adresse d’abord à la gauche en lui disant : on n’est pas de gauche si l’on commence par se désintéresser de ceux qu’on estime être des beaufs, avec lesquels on a rien en commun et qui ne seraient que des petits blancs racistes. On n’est pas de gauche si l’on s’exonère de tout rapport au peuple. On n’est pas de gauche si l’on ne vit pas sans décence commune. Le constat de Marine Le Pen se fonde au contraire sur un certain nombre de faux postulats et qui ne correspondent pas aux diagnostics portés par la gauche populaire : l’ensemble des problèmes et notamment l’ampleur de la dette proviendraient d’une immigration incontrôlée, la France serait finie, l’Europe une chose détestable, l’euro une bêtise, etc. C’est à partir de ces présupposés qu’elle essaye alors de ramener les gens vers elle. Au prix d’une profonde rupture d’égalité puisque sa solution reste la préférence nationale, même sous une autre appellation. Au contraire de l’extrême droite, tout notre propos est centré sur l'égalité. Qu’est-ce que la gauche ? C’est le camp de l’égalité, c’est le camp de la promesse d’une émancipation à travers l’égalité. C’est à partir de cette position que se déploie notre réflexion. Nous ne partons donc pas des mêmes principes que Marine Le Pen.

Cependant, sur certains points précis, vous dites, aux côtés de Marine Le Pen, que le peuple dans les zones périurbaines est abandonné par la République au profit d’un libéralisme triomphant qui abandonne ceux qui ne seraient pas rentables – vous appelez la République à se réinstaller là où elle n’est plus…

Je suis d’accord avec toute la phrase sauf pour le "aux côtés de…". Nous ne parlons pas de la même République, nous ne parlons pas de la même France ! Nous cherchons à combattre cette droite identitaire avec laquelle nous ne pouvons pas partager grand-chose. En cela, on ne court pas après le Front national, on ne se "lepénise" pas comme certains ont pu le dire et on n’embarque pas non plus la gauche dans je ne sais quel glissement vers la droite…

Qu’en est-il de Jean-Luc Mélenchon ? N’est-il pas, lui aussi, dans cette optique de réinstallation de la République là où elle a abandonné le peuple ?

Mais n’est-il pas dans une vision nostalgique de ce qu’a été ledit "peuple de gauche" ? Sa campagne à Hénin-Beaumont a été assez exemplaire là-dessus : il a fait des meetings sur fond de terril, il a parlé de la mine et réactivé toute cette nostalgie autour d’un peuple de gauche et d’un certain travail alors que l’un et l’autre ont profondément évolué. Les raisons de l'échec de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, puis à Hénin-Beaumont, mériteront un vrai bilan : l'ouvriérisme nostalgique sans lien avec le contexte économique et les réalités de la mondialisation, notamment en ce qui concerne l'immigration, conduit à un échec dans les milieux populaires : il contribue au score élevé de Marine Le Pen et valide le fait que l'électorat populaire n’adhère pas à cette gauche qui, par ailleurs, se réclame du "peuple". S’il y a une crise d’identité aujourd’hui dans les classes populaires et s’il y a une insécurité, elles touchent aussi le travail ! Des pans entiers de l’industrie ont disparu et se faire photographier sur fond de terril, c’est passer à côté de ce qu’est le travail aujourd’hui, ce n’est que réactiver une mythologie du travail. Une nouvelle économie est née également, avec de nouvelles pénibilités : toute une économie de services avec des travailleurs, souvent pauvres, qui sont considérés comme des employés par la nomenclature de l’INSEE alors qu’ils sont en réalité de vrais ouvriers des services. Je ne crois pas que le Front de Gauche, avec son tropisme du service public, soit en capacité de décrire cette réalité-là, en mal de représentation, aujourd’hui. Qui se préoccupe réellement de ce qu’est la France des classes populaires et de ce qu’est devenu le travail ouvrier et employé ? Ni totalement la gauche ni vraiment Marine Le Pen.

Quelles réponses proposez-vous pour remédier à l’insécurité culturelle ?

On nous fait assez régulièrement le reproche de dresser un constat sans, finalement, apporter de réponses. La Gauche populaire est une réflexion en mouvement. A un moment donné, au cours de l’année 2012, nous avons dit certaines choses qui ont eu de l’écho car ce que nous proposions faisait sens pour les gens. Avant de se précipiter sur les préconisations ou les mesures concrètes, faisons d’abord porter le débat sur les objectifs et les principes. Quand on voit la Une de Libération sur les "cabinets blancs" (le 31 mai dernier), on se dit qu’on a encore du travail à faire pour faire admettre à la gauche que la République, ce n’est pas une société dans laquelle on compte les minorités pour voir si elles sont suffisamment représentées.

Le temps des préconisations viendra. Ce temps est prévu, il arrivera. Notre discours est un discours républicain assez classique : le jour où il sera intériorisé par la gauche, où il sera majoritaire à gauche, nous n’aurons aucun mal à vaincre la droite identitaire ! Car ce que propose la Gauche populaire c’est aussi une nouvelle manière de s’opposer à la droite et à l’extrême droite dont la "barrière d’espèce" semble avoir vécu. En effet, toute une partie de la droite va ou est en train de s’embarquer à la rencontre de Marine Le Pen derrière ces questions d’identité. La mauvaise réponse à gauche serait de leur emboîter le pas en leur répondant symétriquement sur l’impératif de diversité quand la seule réponse, c’est la République ! Mais attention, la Gauche populaire n’est pas un retour des "Républicains des deux rives" qui, pour certains, sont devenus entre-temps des "Républicains des dérives". La Gauche populaire campe résolument à gauche !

Vous me parliez de la Une de Libération sur les "cabinets blancs de la République"… Etes-vous tout de même sensibles à la question de la diversité à la tête de la République ou est-ce que la question ne se pose pas pour la Gauche populaire ?

On peut être sensible aux multiples expressions de racisme ou de discrimination dans la société française et, dans le même temps, dire que l’on n’a pas envie de savoir s’il y a assez de noirs, de femmes, d’homosexuels ou d’arabes au sommet de l’Etat. Ce n’est pas antinomique ! Parce quand on est républicain, on veut ignorer ces choses-là. Le jour où l’on se met à compter s’il y a suffisamment de femmes, de noirs, d’arabes, d’homosexuels, etc. on détricote ce qui fait le commun de la République – il faut tenir bon sur cette question. Sans compter le côté cocasse qui consiste à rendre compte de la situation à partir d’une liste de prénoms ou encore de faire de Fleur Pellerin une représentante de la diversité. Les "cabinets blancs" en disent beaucoup plus sur le verrouillage de l’élite politico-administrative que sur la discrimination de la société française. Si on veut faire honte à la France pour son passé colonial ou son racisme en regardant les cabinets ministériels, on observera bien plus la fermeture de l’élite sur elle-même que ces réalités qui existent par ailleurs. On est donc dans l’idéologie identitaire dont la Gauche populaire souhaite se défier. Il y a trente ans, on aurait dit qu’il n’y avait pas assez de fils d’ouvriers ou d’énarques issus du tour extérieur dans les cabinets – aujourd’hui, on dit qu’il n’y a pas assez de noirs. Mais ce n’est pas le problème ! C’est juste le symptôme de cette substitution du multiculturalisme à la justice sociale dont nous parlions au départ. Le problème est de savoir si la République offre à l’ensemble des Français, grâce à l’école et au travail, de pouvoir vivre une vie décente et d’accéder aux responsabilités auxquelles ils aspirent. La République tient-elle sa promesse vis-à-vis des classes populaires et moyennes qui jouent le jeu de l’école publique ? Rien n’est moins sûr. Leur expérience commune, au contraire, c’est de s’apercevoir qu’en jouant le jeu et qu’en respectant les règles, on n’a pas la récompense de ses efforts, qu’on soit blanc ou noir. Combien d’enfants, à la fin de la troisième, ne pourront pas intégrer un lycée de qualité car ils n’ont pas été dans un collège privé, car leurs parents n’ont pas contourné la carte scolaire et n’avaient pas non plus les moyens de leur offrir des cours particuliers… Donc proclamer ensuite qu’il n’y a pas assez de noirs, de femmes, d’arabes – ça ne veut rien dire ! La République tient-elle encore la promesse de l’égalité et de l’émancipation à travers l’école et le travail ? C’est la seule question qui vaille. La gauche a un quinquennat pour y répondre sous peine de faire de la présidence Hollande une simple parenthèse dans un gigantesque glissement à droite de la société française.

* Propos recueillis par Jules Fournier.

* Le blog de la Gauche populaire.

A lire aussi sur nonfiction.fr :

- L'insécurité culturelle est-elle gauchocompatible ?, par Salomé Frémineur.

- Les critiques du livre de Laurent Bouvet, Le sens du peuple, par Nicolas Leron, et par David Navaro.

- François Kalfon et Laurent Baumel (dir), Plaidoyer pour une gauche populaire, par Fabien Escalona.

Notes :
1 - qui collabore à nonfiction.fr
2 - dont Le descenseur social. Enquête sur les milieux populaires, publié chez Plon en 2006
3 - Enquête au cœur du nouveau Front national, Nouveau Monde, 2012
4 - auteur avec Joseph Beauregard de François Duprat, l'homme qui réinventa l'extrême droite, Denoël, 2012


Le vote FN traduit-il une "insécurité culturelle" des classes populaires ?

pod cast radio france

Comme souvent au lendemain d’une élection, il y a 2 façons d’examiner les résultats. Celle qui consiste à voir le verre à moitié plein, et l’autre, le verre à moitié vide. Ainsi les 13,77 % enregistrés hier par le Front national. Score décevant si l’on se réfère à celui réalisé par Marine Le Pen à la présidentielle. Décevant encore par rapport à son plus haut historique pour ce type d’élection : 14,9 % des voix en 1997 : le parti, alors présidé par Jean-Marie Le Pen, avait réussi à maintenir des candidats au second tour dans 133 circonscriptions : 2 fois plus qu’en 2012.

Bourmeau_Bouvet_France_Culture.jpgSylvain Bourmeau et Laurent Bouvet

M lucchesi©Radio France

Mais avec 13,77 %, le FN creuse l’écart avec ses principaux poursuivants : le Modem, les Verts, le Front de gauche surtout, et semble s’imposer durablement comme la 3e force politique en France.

Avec, peut-être, à la clé une petite poignée de députés. Comment interpréter cet ancrage et cet écart ? Au lendemain du 1er tour de la présidentielle, la Gauche populaire (collectif regroupant des élus et des intellectuels) tentait une explication en inventant un nouveau concept : l’insécurité culturelle, laquelle se manifesterait par « le fait de se sentir menacé de façon diffuse », et d’attribuer cette menace aux autres. Un des symptômes en quelque sorte de la mondialisation et du multiculturalisme. L’insécurité culturelle. Il faut bien dire que cette notion est encore un peu floue. Voire dangereuse pour certains, qui, à gauche également, y voient un signe de « lepénisation des idées », une façon d’accréditer les thèses du Front national. Depuis fin avril, la polémique autour de cette notion est particulièrement vive sur les réseaux sociaux entre ses partisans et ses détracteurs.

Les résultats du dimanche 10 juin 2012 peuvent-ils permettre de les départager ? Le vote FN traduit-il une insécurité culturelle des classes populaires ?

Invité(s) :

Sylvain Bourmeau, directeur adjoint de la rédaction de Libération

Laurent Bouvet, professeur de science politique à l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

Lien(s) :

Comment la gauche gérera-t-elle l’insécurité culturelle révélée par le vote Marine Le Pen ? , par Laurent Bouvet Le Monde du 24 avril 2012

«Insécurité culturelle» et différentialisme de gauche, par Valéry Rasplus et Régis Meyran - Libération du 5 juin 2012.

Article de Sylvain Kahn sur son blog Globe pour France Culture - Sylvain Kahn revient sur l'utilisation des expressions "insécurité culturelle" et "insécurité identitaire" dans les médias. Il s'interroge sur la pertinence de ces expressions ainsi que sur l'absence d'explication de ces termes.

Le blog de Laurent Bouvet : Laurent Bouvet exprime ses idées sur la politique au travers d'articles. On peut y retrouver ses articles publiés dans les journaux comme ceux du Monde ou du Huffington Post

Qui défend les classes populaires ? par Olivier FerrandSur le site de Terra nova.

Collectif Gauche Populaire

Le dossier Législatives 2012 de franceculture.fr - Avec notamment une carte interactive de l'ensemble des résultats.

Document(s) :

electre-la-gauche-face-a-ses-electeuirs.jpgPlaidoyer pour une gauche populaire - la gauche face à ses électeurs
        Laurent Baumel - François Kalfon

    Le Bord de l'eau, Latresne (Gironde), 2011

 

 

 

 

bouvet.jpgLe sens du peuple : la gauche, la démocratie et le populisme
        Laurent Bouvet
    Gallimard, 2012

 

 

 

libeBourmereau-copie-2.jpgPierre Bourdieu
        Sylvain Bourmeau Philippe Corcuff, Philippe Adrien, Daniel Buren et al.
    Bibliothèque publique d'information, 2004

 

 

 

 

le_descenseur_social_enquete_sur_les_milieux_populaires201.jpgLe descenseur social - Enquête sur les milieux populaires
        Philippe Guibert - Alain Mergier
    Plon, 2006

 

 

 

9782849412015-0-1104426.jpgFractures françaises : pour une nouvelle géographie sociale
        Christophe Guilluy
    Bourin éditeur, 2010

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 06:56
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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 16:32


Martine Aubry vient soutenir Charlotte Brun 7ème... by vonews

La première secrétaire du PS est venue donner un coup de pouce à Charlotte Brun, jeune élue de 35 ans en qui elle croit et qui est arrivée en tête dimanche sur la 7e circonscription du Val d’Oise face à Jérôme Chartier, un proche de François Fillon. Sur le marché de Montmorency, Martine Aubry a présenté Charlotte Brun comme sa « fille en politique ».

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 10:50

12 juin 2012 | Par Lénaïg Bredoux et Ludovic Lamant - Mediapart.fr

Après l'annonce d'un plan d'aide aux banques espagnoles, la zone euro continue de trembler, dans l'attente des législatives grecques de dimanche 17 juin. Avec une inconnue de taille, qui donne lieu à d'infinies spéculations : le score réalisé par Syriza, cette formation qui est parvenue à déborder les socialistes du Pasok sur sa gauche lors du précédent scrutin du 6 mai, et promet d'annuler le « mémorandum » négocié entre Athènes et la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne).

Comme les autres dirigeants de l'Union, François Hollande s'est implicitement prononcé, lors du Conseil européen informel du 23 mai, pour la formation d'une coalition intégrant les conservateurs de Nouvelle démocratie (arrivés en tête le 6 mai) et les socialistes du Pasok, les deux seules formations garantes du fameux mémorandum. Mais les lignes sont peut-être en train de bouger.

En témoigne la sortie de Hannes Swoboda, le patron des socialistes au Parlement européen : il s'est prononcé, en fin de semaine dernière, pour une coalition Pasok/Syriza. Pour cet élu autrichien, qui s'est rendu à plusieurs reprises en Grèce, cette alliance déboucherait, non pas sur une annulation, mais sur une « renégociation » d'un texte que les socialistes européens ont régulièrement critiqué depuis des mois. Ce scénario aurait aussi l'avantage d'offrir davantage de stabilité politique à la Grèce, estime-t-il.

liem-hoang-ngoc.jpgPour prolonger ces débats, nous avons interrogé Liêm Hoang Ngoc, député européen et économiste, membre de l'aile gauche du PS, qui justifie la position de François Hollande, mais plaide aussi pour une alliance avec la gauche radicale.

Pensez-vous qu’au vu de l’aggravation de la crise, le président français doive préparer un plan de sortie de la Grèce de la zone euro ?

Non, parce que le préparer serait donner le signal que la Grèce n’a pas d’autre choix que de sortir de l’euro, et prendre le risque d’une contagion à l’Espagne. Or si cette contagion était avérée, elle risquerait de provoquer directement un éclatement de la zone euro. Le meilleur scénario pour les partisans de la construction européenne que sont les socialistes, c’est de tout faire pour que la Grèce reste dans la zone euro et qu’elle puisse rebâtir son économie. D’où le nécessaire débat sur les contreparties aux aides du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et du FMI qui ne peuvent pas être des politiques d’austérité aveugles qui ont pour effet de plonger la Grèce pour plusieurs années dans une récession importante !

Mais, concrètement, pensez-vous comme l’a dit le ministre de l’économie Pierre Moscovici, qu’une victoire de Syriza aux législatives le 17 juin pourrait provoquer une sortie de la Grèce de la zone euro ?

Syriza ne le souhaite pas. Le scénario le plus porteur serait celui d’une alliance avec le Pasok, pour un maintien dans l’euro avec un changement de politique économique. Mon expérience au parlement européen montre que les députés européens grecs du Pasok discutent sans problème avec ceux de la GUE [Gauche unitaire européenne, dont fait partie le Front de gauche] et que, dans les couloirs, ils condamnent les politiques d’austérité. Publiquement, le Pasok a toujours craint de se voir refuser les aides internationales s’il n’entérinait pas la doxa. Mais les progressistes en Europe ont conscience que cette politique économique nous mène à l’impasse. Dans ces conditions, les Grecs n’y arriveront jamais : ou alors ils mettront 50 ans à y parvenir, mais dans des conditions qui vont empirer.

Vous jugez donc préférable d’avoir une coalition entre Syriza et le Pasok, plutôt qu’entre le Pasok et les conservateurs de Nouvelle Démocratie, option pourtant privilégiée par le conseil européen informel du 23 mai… et validée par François Hollande.

Je livre mon sentiment vu du parlement européen. Si on veut une majorité cohérente qui promeuve une politique progressiste dans un cadre européen, le socle doit être entre le Pasok et Syriza. Parce que les députés de Nouvelle Démocratie au parlement européen siègent avec les néoconservateurs qui prônent les politiques d’austérité les plus dures.

Comment expliquez-vous que le nouveau président français défende l’option d’une grande coalition des partis favorables au mémorandum, qui sont largement responsables de la crise ?

La France est aujourd’hui dans une négociation avec ses partenaires où les choses seront véritablement sur la table au sommet européen des 27 et 28 juin. François Hollande ne veut pas griller de cartouches avant, en s’aventurant sur des positions trop tranchées avant de connaître le résultat des élections et sans savoir ce qu’il est possible de négocier avec nos partenaires.

C’est donc comme cela que vous justifiez le fait que François Hollande reçoive à l’Élysée le chef du Pasok, Evangelos Vénizélos, ancien ministre grec qui a négocié le mémorandum, mais refuse la demande d’entretien faite par le chef de Syriza, Alexis Tsipras.

Jusqu’alors, la construction européenne a eu pour socle un compromis entre la démocratie chrétienne et la social-démocratie. Dans le couple franco-allemand, ce compromis a toujours prévalu. Donner un autre signal quand on cherche à faire bouger l’Allemagne, avant même de connaître le résultat des élections grecques, aurait été risqué. Politiquement et diplomatiquement.

Est-ce à dire que, quand on est un président socialiste en France, on ne peut pas se permettre d’avoir une politique de gauche à cause d’Angela Merkel ?

Je ne dis pas cela. Mais une négociation est engagée, dans laquelle la France est susceptible d’obtenir le soutien d’autres États-membres, notamment l’Italie et l’Espagne, qui ne sont pourtant pas dirigées par des socialistes, et sur des positions audacieuses. Pour amener l’Allemagne sur ce terrain, il faut user de diplomatie. Sachant qu’on ne construira pas l’Europe tout seul. L’Allemagne est d’ailleurs en train de bouger sur les initiatives de croissance.

Donc pour résumer, quand François Hollande signe un appel du conseil européen informel poussant de fait à une victoire du Pasok et de Nouvelle Démocratie, c’est une position prudente et diplomatique ?

Oui, et puis on en revient au socle des fédéralistes qui a été à l’origine de la construction européenne. Après que d’autres viennent infléchir la ligne de ce socle, je ne peux que m’en féliciter ! Aujourd’hui, le gros problème, c’est que l’opinion assimile l’Europe fédérale et l’Europe libérale. Pour nous, progressistes, le grand enjeu, c’est de montrer que le fédéralisme peut rimer avec une Europe de gauche.

74591_leader-of-the-left-coalition-party-tsipras-smiles-dur.jpgPour l’instant, Syriza est nouveau dans le débat. Il n’a jamais été un partenaire affiché sur le plan international. On n’a jamais discuté avec eux. C’est normal d’être prudent et d’afficher la bonne entente de ceux qui veulent l’Europe fédérale.

Comment expliquez-vous que François Hollande semble accorder plus d’importance à la renégociation du pacte budgétaire qu’à la gestion à court terme de la crise grecque ?

Parce que la crise grecque ne se réglera pas sur le court terme. La reconstruction de l’économie prendra quelques années, la mise en œuvre d’un véritable système de recouvrement fiscal en sera une des priorités, et quant à la relance économique, elle est suspendue aux règles qu’adopteront les chefs d’État et de gouvernement le 28 juin. Les marges de manœuvre qu’on peut imaginer laisser aux Grecs découleront de celles que les autres États voudront bien eux-mêmes se donner pour sortir de l’austérité budgétaire.

Si, par exemple, le calendrier de réduction des déficits était renégocié comme le souhaite l’Italie, c’est-à-dire parvenir à 3 % en 2014, et non en 2013, si de nouvelles règles de calcul du déficit isolant les dépenses d’investissement étaient adoptées, cela permettrait d’aborder le débat grec d’une autre façon. Autrement dit, si un semblant de changement de stratégie budgétaire est acté pour les autres États-membres.

Parallèlement, une renégociation du mémorandum grec – qui rassemble les plans d’austérité négociés avec la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne) – semble inévitable. Sur quels points faut-il revenir ?

Il faut insister sur le recouvrement fiscal, la taxation de l’Église, les privilèges des armateurs. Tout cela n’a jamais été abordé.

Mais c’est justement le Pasok qui était au pouvoir quand le texte a été négocié !

Oui, mais on mis le couteau sous la gorge du Pasok pour qu’il applique les mesures les plus impopulaires, s’attaquant en premier aux périmètres des services publics et au champ de la protection sociale. Les politiques aujourd’hui recommandées par la Troïka sont des politiques qui, sous couvert de lutter contre la crise, reviennent sur le modèle social européen et entendent rendre irréversible son détricotage.

Les problèmes grecs ne sont pas liés à un système de retraites trop généreux, un salaire minimum trop élevé ou parce qu'il y a pléthore de fonctionnaires ! C’est un des pays où, justement, en matière salariale, ils étaient déjà les moins bien lotis.

hoang-ngoc3.jpgCes derniers jours, a fuité dans la presse allemande un projet de “Maastricht II” prônant un nouveau saut fédéral avec une union bancaire, encore davantage de coordination budgétaire, etc. Qu’en pensez-vous ?

Le problème, c’est que le renforcement de la coordination budgétaire qui se dessine ne se fait que selon un credo austéritaire. La Commission considère que la discipline budgétaire est le préalable à toute politique de relance de la croissance. C’est bien ce que montre son dernier rapport : le message est clairement idéologique. Il condamne le peu d’engagements qu’on a pris en matière budgétaire pendant la campagne. C’est-à-dire la retraite à 60 ans pour ceux qui ont leurs annuités, la fin de la RGPP et le redéploiement des emplois publics, la suppression de la TVA dite sociale et le coup de pouce au Smic. Si on décrypte le jargon de la Commission, son rapport critique à mots couverts ces quatre mesures, et ce, deux semaines seulement après la victoire de François Hollande !

La Commission devrait faire attention : si elle veut les pouvoirs renforcés que les traités européens risquent de lui conférer, elle ne peut pas fermer le débat démocratique. Il y a eu un choix des urnes. C’est pour cela que j’attends avec impatience le sommet des 27 et 28 juin pour savoir ce que les chefs d’État et de gouvernement mettront sur la table face à la Commission.

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 06:54


Législatives 6ème circonscription du Val d'Oise... by vonews

La socialiste Christine Neracoulis peut elle l'emporter dans une circonscription où les huit maires sont UMP ? Les militants PS, qui appellent au "rassemblement" de la gauche, veulent saisir cette chance historique. Ils espèrent secrètement surfer sur les divisions de la droite au 1er tour.

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 14:40

551155 464184273597735 366578286691668 104613388 332460688Les candidats de gauche ont largement dominé le premier tour des élections législatives de ce dimanche 10 juin 2012 dans le Val-d'Oise.

Dans huit des dix circonscription, les candidats présentés par le Parti Socialiste arrive en tête du scrutin ; dans la première et la deuxième circonscription, s'ils arrivent second, les candidats du PS et d'Europe-Ecologie Les Verts recueillent cependant des scores particulièrement honorables avec 35,78% et 36,21%.

Neracoulis PAP Soisy 2Parmi les candidats socialistes, nos camarades Charlotte Brun (39.35%), Christine Néracoulis (33.81%) et Gérard Sébaoun (36,96%), respectivement candidat(e)s sur les 7ème, 6ème et 4ème circonscription font partie des candidats socialistes qui arrivent en tête du scrutin avec la possibilité d'emporter un ou plusieurs sièges pour la majorité parlementaire du changement.

Sebaoun TrogrlicNous leur transmettons nos félicitations pour le chemin déjà parcourus et nos encourgagements enthousiastes pour la semaine de campagne qui s'ouvre.

Nous saluons également la campagne de nos partenaires politiques (EELV, Front de Gauche) pour le premier tour de Bezons à Fosses, en passant par Vauréal, celle-ci s'est portée sur le fond et les propositions politiques et nous reconnaissons leur apport au débat public à gauche.

Nous appelons au large rassemblement de la gauche, en respectant les convictions et l'engagement de nos partenaires et en souhaitant la constitution d'une majorité diverse et solidaire, constituée de député(e)s qui sauront faire preuve de cohérence et de détermination, "des parlementaires qui sachent se faire entendre, alerter la nouvelle majorité quand ce sera nécessaire", selon les mots de Charlotte Brun, pour éviter les dérives de l'isolement que peut parfois provoquer l'exercice du pouvoir.

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 16:05

LE MONDE | 07.06.2012 à 16h35 par Sylvia Zappi

benoit-hamon-et-son-suppleant.jpgBenoît Hamon et son suppléant, Jean-Philippe Mallé en campagne,
mardi 5 juin, dans le quartier Auguste-Renoir à Trappes.

C'est son sésame pour se faire ouvrir les portes. Et sa manière de conjurer tout mauvais sort. "Bonjour c'est Benoît Hamon, ministre de François Hollande". Candidat dans la 11e circonscription des Yvelines, le nouveau ministre de l'économie sociale et solidaire se doit de réussir le 17 juin. Ce jour-là, il saura s'il reste ministre ou pas.

Comme tous ses collègues engagés dans la compétition législative, il doit respecter la consigne du premier ministre : en cas de défaite, il devra quitter le gouvernement. Alors, dans la dernière ligne droite avant le premier tour, l'ex-porte-parole du Parti socialiste (PS) met les bouchées doubles, enchaînant les porte-à-porte, les matins de marché et les sorties d'école. Mardi 5 juin, c'est dans le quartier Auguste Renoir de Trappes qu'il visite les cages d'escalier.

"UNE VRAIE PRESSION"

Sourire accroché et blagues à ses très jeunes camarades du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), le candidat cache bien son stress. Ce proche de Martine Aubry n'est pas un bleu. Il est arrivé à Trappes en 2009 sur la demande du maire de la ville, Guy Malandain. Elu au conseil régional d'Ile-de-France, il y a depuis ses réseaux, sait taper sur un adversaire, tisser ses contacts chez les commerçants qui, pour certains, affichent son portrait.

Mais il a aussi connu une cuisante défaite, en 2009, lors des élections européennes. Il perd alors son unique mandat national et retombe - presque - dans l'anonymat. "Ça lui met une vraie pression", admet Ali Rabeh, son jeune directeur de campagne.

Alors, dans son très classique costume sombre sur chemise bleu ciel, Benoît Hamon grimpe quatre à quatre les paliers, sonne, accroche ses tracts aux portes, tout en s'enquérant auprès d'un proche de ce que fait son adversaire, le député UMP sortant Jean-Michel Fourgous.

"Vérifie ce qu'il diffuse, lance-t-il dans son portable. Ce proche de Dassault n'arrête pas de raconter n'importe quoi sur moi. Sa dernière, c'est que je suis un proche de l'extrême gauche. C'est drôle non ?", justifie-t-il avant de toquer à la porte suivante. Depuis sa nomination au gouvernement, il avoue que la campagne s'est durcie.

operation-porte-a-porte-dans-une-cite.jpgOpération porte-à-porte dans une cité de Trappes, mardi 5 juin, pour le ministre de l'économie sociale et solidaire, candidat aux législatives dans les Yvelines.

"TERMINER LE TRAVAIL"

Dans les grands couloirs beiges d'une résidence sociale du bailleur la Logirep, les odeurs du repas à venir se diffusent en même temps qu'on entend la télévision en fond sonore. L'accueil est chaleureux, enthousiaste parfois. "Merci d'être venu, de vous être déplacé", dit une mère de famille, ses deux jeunes enfants cachés derrière ses jambes. "Dimanche, on y sera !", lance un autre. "Oui il faut terminer le travail", répond Jean-Philippe Mallé, le suppléant du candidat.

Un jeune croisé dans le hall lui lance : "J'espère que vous serez élu mais ça va être difficile : ici la droite tient à lui", faisant référence au candidat UMP, élu député depuis 1993. "De moins en moins ! François Hollande a fait 57 % à la présidentielle", rétorque aussitôt M. Hamon pour rassurer son électeur potentiel.

Le redécoupage de la circonscription a ajouté aux six communes initiales celle du Mesnil-Saint-Denis, classée à droite, "pour permettre au député sortant d'être réélu", assure le socialiste. L'élu UMP compte sur le vote des quartiers aisés et rend coup pour coup. Il fustige ainsi le représentant d'une "gauche goulag", un "fumiste", un "démolisseur de l'économie de marché". "Hamon fait peur", résume M. Fourgous.

LE MOUVEMENT DES JEUNES SOCIALISTES MOBILISÉ

Le ministre, proche de Martine Aubry, a son plan de campagne lancé depuis janvier en s'appuyant sur les quartiers populaires : "Ce sont eux qui ont fait élire Hollande", explique le quadragénaire. Pour quadriller la ville, des renforts sont venus de Paris. Les troupes sont très jeunes et motivées pour celui que tout le monde appelle "Benoît". "Sans le MJS, ma campagne n'aurait pas été la même. Ils assurent 70 % du travail militant, dit-il en enchaînant les étages. Je me suis mis en pilotage automatique", ajoute, en avouant sa fatigue, celui qui a été fondateur du MJS dans les années 1990.

La mobilisation semble payer dans ces cités rénovées. Voir un politique connu sur le marché entouré de caméras et de micros, les habitants ont pris l'habitude. Mais un ministre à sa porte, c'est autre chose. "On est avec vous", dit joyeusement une mère de famille, une truelle pleine de peinture à la main.

Benoît Hamon biche à chaque fois, faussement décontracté : "Je compte sur vous." "Les élections, c'est dimanche ? Celui qui vient ?", s'inquiète une femme, remettant rapidement son hidjab derrière la porte. Un peu plus loin, à la cité Debussy, une nounou le remercie : "Je vous ai vu au marché samedi. Vous passez chez nous, c'est gentil."

"L'ACCUEIL EST BON"

Et quand une porte reste obstinément fermée malgré les voix entendues derrière, le candidat garde son flegme en lançant à la cantonade : "Ça m'a fait plaisir." "Le plus difficile à vaincre, c'est l'immense scepticisme par rapport à la capacité du politique à résoudre leurs problèmes mais l'accueil est bon. Ça fait du bien", souffle-t-il.

Les jeunes croisés dans le hall ou sur le parking affichent la même curiosité. "C'est vous, le candidat ? Mais vous passez à la télé en plus !", s'étonne un jeune Noir, portable collé à l'oreille. "C'est mieux avec le PS, on respire", avance un autre. Un grand gaillard en djellaba reste en retrait avant de se lancer : "On a voté François Hollande. J'espère que ça va changer pour nous", assène-t-il.

Derrière ce "nous", il résume tout : le chômage, la relégation du quartier, le regard sur les musulmans... Les autres acquiescent. "Ils n'en pouvaient plus après 5 ans d'hystérisation sur l'islam", décrypte le ministre. "Après les annonces sur les contrôles d'identité ou les retraites qui concernent beaucoup de pères ici, on sent que les gens attendent de pouvoir mettre un peu de beurre dans les épinards", raconte-t-il.

Le soir, une réunion publique est prévue en centre-ville et l'équipe invite à tout-va avant de se retrouver près du parking. La zone prévue pour ce soir est couverte. On n'attend plus que le candidat. Le "camarade Benoît" a été retenu pour partager un thé à la menthe par la mère marocaine d'Hayette, arrivée récemment dans la campagne. En regardant la photo prise avec son iPhone, elle lâche : "J'y crois pas ! Un ministre dans mon salon !"

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 15:06

"En attendant la réunion de l’équipe de campagne du PS à Solférino, elle squatte le bureau de Benoît Hamon, entré au gouvernement. C’est la première secrétaire qui lui a proposé l’un des postes de porte-parole du Parti socialiste pour les législatives. «Martine m’a dit qu’elle voulait valoriser les gens qui travaillent», raconte Charlotte Brun, 35 ans, qui dit ne s’être «jamais posée comme la jeune ou la fille de service». [...]"

Charlotte_Brun_Liberation_07-06-2012.jpg

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 07:13

La porte-parole du parti socialiste et secrétaire nationale au handicap Charlotte Brun a tenu un point-presse, mercredi 6 juin.

premier_point_presse_Charlotte_Brun_06-06-2012.png

C’est autour de deux axes que la présentation à la presse a eu lieu.

  • La stratégie de l’UMP et le programme caché de la droite.
  • La mobilisation pour donner une majorité au changement les 10 et 17 juin prochains.


Point presse de Charlotte Brun by PartiSocialiste

Alors que François Hollande et le gouvernement emmené par Jean-Marc Ayrault tient ses engagements, l’UMP s’agite. Charlotte Brun, condamne « l'hypocrisie de Jean François Copé et François Fillon» et leurs critiques sur la politique fiscale du gouvernement. « Ils nous ressortent la stratégie de la peur, la même que celle de la campagne de Nicolas Sarkozy des chars russes à la menace de tsunami financier. Alors que ces dernières années ils ont montré leur soumission totale au monde de la finance ».

«Le programme de L'UMP tient en trois mots : austerité, austerité, austérité.»

Quant au programme de la droite, Charlotte Brun en rappelle l'unique objectif : « Si programme caché il y a, c'est le programme de Sarkozy sans Sarkozy. Ils n'ont qu'un objectif, un seul programme et il tient en trois mots : austerité, austerité, austérité. Leur allergie à toute mesure de progrès social porté par François Hollande qui tient ses engagement le montre. »

L'UMP est plus que jamais le parti de la défense des plus riches et le parti de l'injustice.

Enfin Charlotte Brun a tenu à expliquer la tactique de l’UMP. Une tactique qui tient en deux points :

« Nous voulons alerter les Français sur les 2 tactiques de l'UMP, la méthode de l'UMP : anesthésier le débat et mentir aux Français sur l'action du gouvernement ». «Nous assumons la rupture de méthode avec une droite dont les mots d'ordre étaient programme caché et brutalité alors que le gouvernement de Jean Marc Ayrault est attaché à la transparence et à la concertation »

«Une majorité pour traduire le vote et la victoire du 6 mai dernier.»

« C'est en votant pour les candidats investis par le PS les dimanche 10 et 17 juin que le changement pourra continuer à être en marche. Il faut être nombreux à voter. Nos 577 candidats multiplient les actions militantes, multiplient les porte-à-porte pour ne pas se faire voler la victoire du 6 mai. Territoire par territoire, l'élection se jouera dans chacune des circonscriptions. Il faut apporter une majorité forts pour permettre de construire le changement. Pour traduire le vote et la victoire du 6 mai dernier. »

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