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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 09:22

32293.HR.jpgEntretien réalisé par 
Lionel Venturini – L'Humanité - Lundi, 18 Août, 2014

Vit-on en cet été 2014 un 
moment politique nouveau du quinquennat ?
Marie-Noëlle Lienemann: On sent que le gouvernement cherche à éluder le débat à gauche sur la politique économique. Le front de ceux qui souhaitent une autre politique, avec toute une série de niveaux d’exigence qui vont de l’inflexion jusqu’à la réorientation, s’élargit. La question ne peut plus être esquivée. Chacun voit bien que les institutions de la VRépublique peuvent donner l’illusion que l’on peut se passer de soutien politique – ça ne va pas tenir longtemps. À partir de là, les Français, assez conscients que cette politique menée n’est pas la bonne, ont aussi besoin que soient crédibilisées les contre-propositions. Le bilan des auditions réalisées par le club Gauche Avenir en juillet (voir L’Humanité du 11 juillet) me paraît une base intéressante pour que le débat sur ce que l’on pourrait faire ensemble devienne maintenant la grande question, pour convaincre et rassembler. Il faut encore faire un peu d’efforts pour convaincre davantage les écologistes, un effort en direction des communistes ; mais on voit bien que le cadre d’un accord équilibré, et vers le haut, est possible. C’est à la fois rassurant, et en même temps il va falloir passer à l’étape où l’on est à la fois critique, et porteur de contre-propositions communes.

N’est-ce pas la difficulté à laquelle se sont trouvés confrontés 
les «frondeurs», qui sont une 
centaine lorsqu’il s’agit de signer un appel à une réorientation économique mais trente seulement à s’abstenir lors du vote du projet de loi de finances rectificative 
qui entérine le pacte de responsabilité ?
C’est différent, ce qui sépare les députés, c’est moins les propositions communes que l’on pouvait faire que l’idée que l’on ne peut pas fragiliser le gouvernement à l’excès quand la situation est mauvaise. Une partie de ceux qui n’ont pas suivi les «frondeurs» redoute de susciter une crise politique dans 
la majorité. Sauf que le retournement de conjoncture ne s’opère pas, la déflation se concrétise de jour en jour ; ni François Hollande ni Manuel Valls ne peuvent être durablement aveugles devant la situation.

Vous venez de lui écrire 
une lettre ouverte après la censure partielle du pacte de responsabilité, avec d’autres responsables du courant Maintenant la gauche. 
Qu’est-ce qui vous fait dire que ce pacte est caduc désormais ?
Ce n’est pas tant le Conseil constitutionnel qui est déterminant là, plutôt ce que le gouvernement a dit avant de partir en vacances et répété encore ce week-end : que la rentrée serait alarmante, la croissance très faible, et que l’emploi continuerait à chuter. Manuel Valls considérait qu’il y avait dans le pacte des garanties d’équité sociale et de relance du pouvoir d’achat. Il n’y a plus cet argument aujourd’hui, avec la censure opérée par le Conseil, le pacte, en conséquence, doit être suspendu.

Le rendez-vous des socialistes 
à La Rochelle va-t-il du coup ronronner ou gronder ?
Il peut s’y passer des choses. J’attends beaucoup de la plénière finale sur le rassemblement des forces de gauche que je présiderai, où participeront Jean-Christophe Cambadélis, Pierre Laurent et Emmanuelle Cosse. 
Il faudra alors dire les choses franchement sur les conditions et le contenu du rassemblement. Qui ne soit ni un oukase, ni le sauve-qui-peut électoral.

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 20:01

Vous pouvez retrouver cette tribune sur Mediapart ainsi que sur le blog de Paul Quilès.

Il a fallu que ce soit le Pape qui demande au Conseil de sécurité de l’ONU de se saisir de la situation en Irak pour apporter des réponses urgentes aux exactions intolérables de l’Etat Islamique (EI), notamment contre les communautés chrétienne et yazidi !

Mais qu’attendent donc, pour engager cette démarche, ceux qui ont commencé à intervenir sans mandat international et sans approbation claire des autorités légitimes irakiennes ?

En effet, ce n’est pas à des chefs d’Etat, quelle que soit la puissance de leur pays, de dire quel doit être le droit et de se substituer aux Nations-Unies ou aux autorités d’un pays qu’ils ont eux-mêmes reconnu comme souverain. Depuis 2005 et l’officialisation par la totalité des Etats du rôle de l’ONU dans la «responsabilité de protéger» les populations en cas de risque de génocide, de crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre, c’est au Conseil de sécurité de se saisir d’un tel dossier et de définir les moyens susceptibles de répondre à cette menace : moyens diplomatiques et économiques pour prévenir la crise, moyens humanitaires pour répondre à l’urgence, moyens militaires d’une éventuelle intervention.

On comprend que les Etats-Unis aient mauvaise conscience, constatant les conséquences de la calamiteuse invasion de l’Irak en 2003 voulue par George W. Bush et conduite sans mandat avec l’aide des Britanniques et de quelques autres pays. Il n’en demeure pas moins que la justification donnée par Barack Obama des bombardements engagés depuis quelques jours sur les positions jihadistes est plus qu’ambigüe, puisqu’il s’agit à la fois, selon ses propres propos, de protéger des intérêts américains (le consulat d’Erbil) et d’enrayer un début de génocide.

De même, la France n’a pas à se substituer à la communauté internationale, dont la difficulté à se mobiliser ne peut constituer un alibi pour une intervention de caractère unilatéral. Sinon, comment pourrions-nous justifier notre action ou notre inaction dans toutes les tragédies qui agitent la planète aujourd’hui : Syrie, Soudan, Ukraine, Gaza, Nigéria (les lycéennes enlevées par Boko Aram)….pour ne prendre que quelques exemples des drames les plus médiatisés ?

Bien sûr, me dira-t-on, il faut agir, il y a urgence à venir en aide à ces populations menacées d’extermination et à se donner les moyens pour éradiquer ce mouvement terroriste. Certes. Mais alors, pourquoi ne s’y est-on pas intéressé plus tôt ?

Pourquoi les Américains, censés connaître cette région, ont-ils sous-estimé le danger de l’EI et ne se sont-ils pas inquiétés de l’origine de leur armement ?

Quel rôle ont joué les pétromonarchies du Golfe, toutes sunnites (comme les Jihadistes de l’EI) et farouchement opposées au gouvernement chiite irakien ?

Pourquoi n’a-t-on pas su dialoguer avec le parlement irakien démocratiquement élu, pour éviter qu’il tombe sous la coupe de Nouri al-Maliki et de son mode de gouvernement autoritaire, inefficace (avec une armée en lambeaux) et sectaire (en rejetant les sunnites dans une opposition totale à Bagdad) ? Ce sont pourtant bien les Américains qui ont largement inspiré l’actuel système politique irakien, construit sur une base ethnique et communautaire, comme l’a noté le chercheur spécialiste de l’Irak, Pierre Jean Luizard.

Peshmerga_on_a_T-55-Tank_outside_Kirkuk_in_Iraq.Indépendamment de ces erreurs et de l’absence de légitimité des opérations de nature militaire qui se préparent, l’idée de renforcer l’armement des Kurdes irakiens peut se révéler à terme porteuse d’autres difficultés. Les Kurdes représentent 30 millions de personnes, réparties sur 4 pays (Turquie, Syrie, Iran, Irak) depuis les traités de Sèvres (1920) puis de Lausanne (1923) conclus après la Première Guerre mondiale avec la Turquie vaincue. Le renforcement du Kurdistan irakien, déjà en délicatesse avec le pouvoir de Bagdad, peut faire surgir des revendications toujours présentes de modification des frontières et relancer de nouveaux conflits. Il n’est pas certain d’ailleurs que la Turquie verrait cette évolution d’un bon œil (les Kurdes y représentent 20% de la population et le PKK, toujours considéré comme une organisation terroriste par les autorités turques, comme par les Etats-Unis et l’Union européenne, y était encore violemment combattu voici peu).

Dernière remarque, qui concerne la France. La décision de livrer des armes, prise par le seul Président de la République, sans aucune «formalité» démocratique, est une démonstration éclatante et supplémentaire du caractère monarchique de nos institutions…

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Published by Paul Quilès - dans International
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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 09:26

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris, était ce vendredi 15 août l’invitée de la Matinale de France inter pour réagir aux chiffres de la croissance française et proposer une autre stratégie de politique économique :

Vous pouvez par ailleurs retrouver la réaction de Marie-Noëlle Lienemann à cette annonce d’une croissance nulle dans le JT de France 2 du jeudi 14 août à partir de 4mn30.

Retrouvez également son intervention sur Europe 1 "Marie-Noëlle Lienemann demande un Congrès extraordinaire du PS et accuse Hollande d'avoir peur des militants", où elle explique également que le Président de la République ne peut tenir avec le seul soutien du MEDEF et qu'il y a urgence à engager le rapport de force sur les politiques européennes, voie qui n'a pas jamais été empruntée depuis le début du quinquennat.

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Published by MLG 95 - dans Parti socialiste
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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 09:10

LE MONDE | 15.08.2014 à 12h15 | Par Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann, Jérôme Guedj et Daniel Vasseur

A la faveur de la récente décision du Conseil constitutionnel censurant les allégements de cotisations salariales jusqu’à 1,3 fois le smic, certains voudraient enterrer le projet de contribution sociale généralisée (CSG) progressive, c’est-à-dire modulée en fonction des revenus de manière à être plus équitable et à peser moins sur les plus modestes. Ils en profitent pour proposer, à la place, un renforcement du revenu de solidarité active (RSA), "activité" qui permettrait de réduire les «trappes à inactivité», à savoir le versement d’une prime publique aux travailleurs pauvres. Ce serait la seule solution pour mieux les rémunérer et inciter au travail les peu qualifiés, puisque leur employeur ne peut les payer qu’à hauteur de leur – faible – productivité, sous la contrainte de la loi du marché. On reconnaît là une vision du monde économique et social que l’on peut qualifier de «sociale-libérale».

Les bonnes intentions demeurent mais le marché est «objectif». Sans qu’il soit question ici de rentrer dans ce débat de principes sur le fonctionnement de la société, il importe de souligner, pour la bonne information de nos concitoyens, qu’il est factuellement inexact de prétendre que la jurisprudence du Conseil constitutionnel et, en particulier, sa récente décision, condamnent le projet de CSG progressive.

En réalité, celle-ci portait sur les seules cotisations salariales et le Conseil constitutionnel les considère d’une nature différente des cotisations patronales mais aussi de la CSG, qui est un impôt. Les cotisations salariales créent des droits à des prestations a priori proportionnelles aux cotisations versées, comme les retraites. A cet égard, on parle de droits «contributifs», car normalement soumis à la condition initiale du paiement de cotisations. Les Sages ont jugé cette différence de traitement anticonstitutionnelle. A contrario, les impôts, comme la CSG, ne créent pas de droits et ne relèvent pas de la même approche. Au contraire, la répartition équitable de l’impôt entre tous les citoyens, «en raison de leurs facultés», comme le dit la Déclaration des droits de l’homme, justifie plutôt que l’impôt soit progressif, c’est-à-dire que son taux augmente avec les revenus, tant il est vrai qu’on peut plus facilement se priver du superflu quand on est riche que du nécessaire quand on est pauvre.

Si, en 2000, les Sages ont censuré un projet de réforme de la CSG destiné à favoriser les salariés les plus modestes, ils ne l’ont pas fait au motif qu’elle ne saurait être progressive. Ils ont argué que le législateur, s’il souhaitait aller dans ce sens, aurait dû prévoir, dans le calcul de cet impôt, la prise en compte de l’ensemble des revenus du foyer et des charges de famille, qui définissent sa «capacité contributive».

Il y aurait beaucoup à dire sur la jurisprudence du Conseil constitutionnel et sur les pouvoirs qu’il s’est octroyés. Ainsi distingue-t-il de manière stricte les cotisations patronales, devenues progressives avec son assentiment, les cotisations salariales qui ne peuvent pas l’être et, enfin, la CSG qui peut l’être, mais seulement sous certaines conditions. Ces distinctions n’ont souvent guère de fondement économique. De même, on peine à trouver, dans la Constitution, les articles pouvant légitimer de telles règles. Les justifications apportées par les Sages dans ces décisions tiennent d’ailleurs en quelques formules lapidaires.

Il n’en reste pas moins qu’un barème de CSG fondé sur la déclaration de revenus fiscaux, ce qui n’était pas le cas du projet de ristourne dégressive en 2000, s’avère compatible avec cette jurisprudence et évite tout risque de censure. Elle permettrait aussi d’amorcer la réforme globale de nos prélèvements obligatoires, visant à les rendre plus justes et rationnels, ce dont notre pays a grand besoin, à l’heure où l’on constate un affaiblissement du consentement à l’impôt.

Comment comprendre que la CSG, devenue le principal impôt sur le revenu, soit pour l’essentiel encore proportionnelle aux ressources ? Cette réforme de la CSG représenterait le premier pas vers sa réunification avec l’impôt sur le revenu au sein d’un grand impôt citoyen qu’il s’agit de refonder un siècle après sa création en juillet 1914. Ainsi, il serait bon de lui affecter, au surplus, les 2,5 milliards d’euros prévus en 2015 par le gouvernement pour une baisse de l’impôt sur le revenu des couches modestes. Ces derniers ne payent souvent pas cet impôt, alors que la plupart sont redevables de la CSG. La mobilisation de 5 milliards d’euros au total au service de la mise en œuvre d’un barème progressif permettrait de diminuer les prélèvements sur les moins favorisés sans augmenter ceux qui pèsent sur les classes moyennes.

Cette solution est bien préférable aux mesures palliatives couramment évoquées. Relancer la prime pour l’emploi, que les gouvernements successifs entendaient supprimer graduellement en la «gelant», renforcer le RSA "activité", qui ne marche pas puisque les deux-tiers des personnes éligibles ne le réclament même pas, voire fusionner les deux, en inventant une nouvelle «usine à gaz» sociale-libérale, ne constituent pas des réponses à la hauteur de ce défi. Il ne s’agit pas de faire la charité aux travailleurs pauvres et «méritants», mais de répartir de manière plus équitable les impôts, en réduisant leur poids sur les plus modestes qui en payent beaucoup trop.

Nos gouvernants se contenteront-ils de mesurettes ou seront-ils dignes des grands réformateurs de notre pays ? Loin de «refroidir les ardeurs» des partisans de la CSG progressive, la décision des Sages, en fermant la voie d’une baisse des cotisations salariales, nous conforte dans la conviction qu’elle constitue la meilleure solution pour compenser la censure de la seule disposition du «pacte de responsabilité» profitant aux salariés, alors que ce soutien à la consommation serait plus utile et urgent pour une économie au bord de la récession, voire de la déflation, que les 41 milliards d’euros accordés aux entreprises sans contrepartie réelle.

Ce texte est signé de membres du courant socialiste Maintenant la gauche :

Jérôme Guedj, président du conseil général de l’Essonne

Emmanuel Maurel, député européen

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice

Daniel Vasseur, économiste.

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 20:41

Communiqué de presse de  Maintenant la Gauche - samedi 9 août 2014

comMLG-300x1791.jpgMarie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris et ancien ministre, Emmanuel Maurel, député européen, Jérôme Guedj, président du Conseil général de l’Essonne et les membres du Bureau National du PS de Maintenant là Gauche ont fait parvenir ce jour une lettre ouverte au Premier Ministre Manuel Valls.

Ils lui demandent dans cette lettre la suspension immédiate du pacte de responsabilité, d’une part au regard des prévisions concernant le chômage et la situation économique de notre pays et d’autre part suite à la décision du conseil constitutionnel.

Ils mettent en garde le gouvernement contre les tentatives de régler le problème de la censure des baisses de cotisations salariales par une énième mesure technique alors même qu’une réforme fiscale globale et cohérente s’impose.

Ils demandent une remise à plat de la stratégie économique et sociale du gouvernement et préconisent un plan de relance de l’activité et de la croissance fondé sur un soutien au pouvoir d’achat, des investissements publics d’avenir, des aides ciblées et conditionnées aux entreprises ainsi que des plans de filières pour le redressement industriel du pays.

lettreouvertenb.jpgvous trouverez ci-dessous les reprises dans la presse puis le texte de la lettre ouverte au Premier Ministre :

Monsieur le Premier Ministre
Hôtel de Matignon
57 rue de Varenne
75700 Paris

Monsieur le Premier Ministre,

Vous avez indiqué récemment que la rentrée serait, hélas, difficile pour notre pays et nos compatriotes. Mauvais chiffres du chômage, croissance en berne, risque de déflation en Europe. Comme vous, nous redoutons les mois qui viennent. Comme vous, nous savons que les résultats d’aujourd’hui sont les conséquences des décisions d’hier. Politiques d’austérité, réduction des investissements publics, course au moins disant social : dans une période de croissance quasi-nulle, ces choix font mal à l’Europe, à la France et aux français.

Dès lors, nous comprenons difficilement que face à une telle situation, la réponse de votre gouvernement soit le maintien du cap actuel.

Le pacte de responsabilité à été présenté par l’exécutif comme une réponse aux problèmes économiques du pays. Fondé sur l’idée contestable selon laquelle la France ne gagnerait en compétitivité qu’en baissant massivement le « coût du travail », il prévoit un plan de diminution massive des cotisations sociales pour les entreprises, qu’elles soient ou non soumises à la concurrence internationale. Il s’accompagne en outre d’une réduction inédite de la dépense publique (50 milliards d euros) dont chacun mesure le risque récessif pour notre économie. Comme nombre d’élus de la majorité, comme deux des principaux syndicats français, nous contestons absolument le bien fondé de ce pacte qui ne répond pas, selon nous, à l’objectif de « redressement dans la justice » que s’était assigné le président de la République.

Il y a quelques heures, le conseil constitutionnel a invalidé la mesure d’allègements des cotisations sociales pour certains salariés. Vous aviez présenté ce volet du « pacte », certes modeste au regard des 41 milliards d’allégements d’impôts et de cotisations patronales comme une indispensable contrepartie sociale susceptible de soutenir le pouvoir d’achat des ménages les moins aisés.

La décision du conseil constitutionnel rend selon nous indispensable la suspension immédiate du pacte de responsabilité et sa remise à plat complète.

Il nous paraît déraisonnable d’engager à la hâte une nouvelle mesure fiscale partielle aux effets incertains.

Plutôt que de complexifier un peu plus un système confus et injuste, nous préconisons d’en revenir à une promesse de campagne attendue par nos électeurs et par votre majorité : une vraie réforme de l’impôt, qui passe notamment par la progressivité de la CSG et le rapprochement de celle-ci avec l’impôt sur le revenu.

Mais au-delà de cette réforme, c’est bien toute la stratégie économique et sociale du gouvernement qu’il faut aujourd’hui redéfinir.

Elle doit s’appuyer sur 3 piliers : une stratégie de relance de la croissance au service de l’emploi, la refonte de l’architecture de notre fiscalité et des prélèvements sociaux ainsi qu’une politique industrielle volontariste fondée sur des plans de filières.

En associant les forces politiques de gauche et écologistes qui ont permis la victoire de François Hollande à l’élaboration d’une politique nouvelle, nous pouvons réussir la deuxième partie du quinquennat et redresser durablement notre pays.

La France a les moyens d’engager un plan de relance de l’activité fondé sur des efforts conjoints en direction du pouvoir d’achat des couches populaires, de grands projets d’investissements publics modernisateurs et de soutien aux investissements des entreprises comme aux secteurs soumis à la concurrence mondiale.

A l’échelon européen, la France doit opposer au regrettable « pacte de stabilité » une stratégie de relance fondée sur l’investissement et la construction de convergences sociales.

Dans l’immédiat, nous devons engager un rapport de force avec la Commission en lui signifiant notre refus de respecter les critères de déficits restrictifs qu’elle nous assigne. Plutôt que de tenter d’obtenir des « délais » pour atteindre des objectifs totalement inadaptés à la situation économique du continent, notre pays doit au plus vite proposer un mémorandum présentant une réorientation majeure des politiques européennes.

Si les politiques européennes ne conduisent qu’à une déflation dévastatrice et à des reculs sociaux d’envergure, les peuples se détourneront de l’idéal européen auquel nous croyons ardemment. Il revient à la France, avec d’autres, de porter une voie nouvelle. Nous devons ce discours de vérité à nos partenaires. Nous ne pouvons laisser croire que la France serait le mauvais élève de l’UE, alors même qu’elle conteste une austérité rejetée par nombre de citoyens européens.

Une politique nouvelle, fondée sur des choix réalistes : voilà ce qui peut redonner à notre pays son dynamisme économique et son rayonnement. Voilà ce qui permettra à nouveau de fédérer une majorité politique et sociale qui souhaite le changement.

Monsieur le premier ministre, nous sommes évidemment à votre disposition pour vous présenter plus en détail nos propositions.

Nous vous prions de croire à notre plus haute considération.

Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel, Jérôme Guedj pour Maintenant la Gauche

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 15:10

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Vous pouvez régler votre inscription :

- directement par carte bancaire en cliquant sur le bouton PayPal ci-dessous (pensez à conserver le justificatif !)

- ou en envoyant un chèque à l’ordre de Maintenant laGauche Etudes et Formations à l’adresse suivante : Bertrand Vasnier – Bureau de Marie-Noëlle Lienemann , 26 rue de Vaugirard, 75 006 Paris

Le paiement est obligatoire pour valider définitivement votre inscription.

 

Tarifs

A partir du vendredi en chambre Double  : 140 euros
A partir du vendredi en chambre Simple : 190 euros
(2 nuits + 2 PDJ + 3 repas + salle de réunions + accueil café le samedi)

A partir du samedi en chambre Double : 80 euros
A partir du samedi en chambre Simple : 110 euros
(1 nuit + 1 PDJ + 2 repas + salle de réunions + accueil café le samedi)

Tarif étudiants/chômeurs avec hébergement : 50 euros
Tarifs étudiants/chômeurs sans hébergement : 20 euros

Participation sans hébergement : 50 euros
(2 repas + salle de réunions + accueil café le samedi)

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 15:08

23 juillet 2014

Je suis triste, inquiète et j’enrage de voir la situation de notre pays. Les heurts et les violences qui accompagnent les protestations contre la guerre à Gaza viennent en écho à une crise profonde et multiforme. On a l’impression d’avoir déjà tout entendu à ce sujet : des bouleversements économiques, sociaux, écologiques, géostratégiques et culturels qui s’entrechoquent. La complexité du monde contemporain sert le plus souvent de prétexte à l’inaction et au fatalisme, quand on ne nous serine pas avec les pseudos « réformes » pour accélérer la plongée dans le conformisme de l’ordre dominant. La fermeté des mots, répétés de plus en plus machinalement, cache mal l’impuissance comme l’absence de vision d’avenir et de volonté pour l’engager.

Au fond le constat est simple, sévère, implacable : quand la Gauche ne défend plus les opprimés, elle s’affaiblit en plus de les affaiblir : ils cherchent des issues ailleurs. Si les inégalités s’accroissent, la Gauche perd son crédit et le fossé-voire les antagonismes- se creuse entre les catégories sociales qu’elle doit rassembler pour transformer l’ordre établi.drapeau françiq

Quand la France ne fédère plus autour des valeurs républicaines et ne leur donne pas corps dans le réel tout en se projetant dans l’avenir, le pays se raidit, doute de lui et se disloque. Les replis identitaires de tous poils s’exacerbent et les extrêmes hâtent les confrontations en tout genre.

Voilà fondamentalement où est le problème et où sont nos principaux enjeux.
Plus le temps passe, plus ce scénario se déroule et s’amplifie.

Ne faisons plus semblant de pouvoir sortir de cette spirale infernale sans des choix lourds, sans des ruptures !

Tous les mots ont été usés, bien usés et parfois galvaudés. Puisque nous fêtons l’anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès, nous pourrions parler du réformisme révolutionnaire qu’il prônait face à un monde chaotique et un capitalisme triomphant.

Aujourd’hui, tout est différent mais si ressemblant au fond.

Il faut agir vite mais il faudra beaucoup de persévérance avant d’inverser la logique à l’œuvre. Il faut des priorités à la hauteur de la gravité de la situation. Il faut des ruptures qui entraînent le plus grand nombre et non des coups de menton qui ne font que durcir les positions et accroître les tensions.

On le sait depuis longtemps, les tentations autoritaires refont surface pour masquer l’impuissance économique et sociale et surtout le mécontentement grandissant du peuple. Cela n’a jamais été une solution dans notre histoire, c’est même l’inverse.

De la même façon, qui peut croire que la perspective de réduire le déficit public à 3%, l’amélioration de quelques décimales des données économiques et du taux de chômage constituent des objectifs politiques et peuvent faire office de projet pour une grande nation comme la France ?

Notre pays a besoin de grandeur, d’ambition, de force et de cohésion. Elle a besoin de retrouver l’épopée républicaine que le libéralisme a voulu stopper net. Tout ce qui fait les fondamentaux de notre pays et de notre modèle républicain est contesté, condamné et percuté par les principes libéraux et les tenants de globalisation actuelle, à savoir la souveraineté populaire, le refus des droits divins- hier du roi, aujourd’hui des marchés-, le rôle de l’État incarnant l’intérêt général, les services publics, la mutualisation des risques et bien sûr la devise républicaine avec cette égalité honnie des libéraux et la fraternité au mieux réduite à la charité Sans parler de la laïcité qui est mise à mal et risque de reculer à chaque instant dans notre pays comme ailleurs tant elle est confrontée aux théoriciens du choc des civilisations, de la guerre entre le bien et le mal et aux communautaristes.

Alors si nous n’assumons pas réellement une voie singulière et, d’une certaine façon, de résistance à l’air du temps, à la domination de ce modèle qui cherche à s’imposer partout sur la planète mais qui, de fait, n’y arrive pas, nous allons connaître beaucoup de déconvenues.

Soyons nous-même et défendons l’universalisme issu des lumières qui est, au fond, aux antipodes de cet occidentalisme présenté comme une évidence, comme la parade aux invasions barbares.
Chaque fois qu’on propose une voie singulière, on nous rétorque qu’elle est impossible car les autres européens n’en veulent pas, qu’il faut se fondre dans un ensemble plus vaste pour compter dans la mondialisation. Mais pour quoi comptons nous dans ce vaste libre marché ? Quelle force économique en avons-nous tiré ? Quelles avancées tangibles pour notre peuple avons-nous gagnées ? Poser la question, c’est déjà y répondre. Rien de fort ou de significatif ne nous vient spontanément à l’esprit

Lorsque la France  marque les esprits sur la scène mondiale, c’est par son siège à l’ONU, par ses positions singulières, sa diplomatie autonome et l’intervention de son armée.

Assumer une voie singulière, ce n’est pas sortir du concert des nations, c’est même tout l’inverse : c’est y rentrer de plain-pied. Surtout quand sous nos yeux, le continent latino-américain ou les Brics s’organisent pour se faire entendre et reforment, d’une autre façon, ce que jadis on appelait les non-alignés. La France était partenaire, interlocutrice de ces non-alignés car elle ne se résigne jamais à la domination d’une ou plusieurs puissances.

Assumer une voie singulière, c’est parler haut et fort pour dénoncer la mort de civils, de femmes et d’enfants que ce soit à Gaza ou sous les roquettes du Hamas. Assumer une voie singulière, c’est ne jamais admettre que tous les moyens sont justifiés pour défendre son territoire. C’est s’en tenir sans transiger au droit pour Israël d’avoir des frontières sûres et reconnues comme pour les Palestiniens d’avoir un État. Mais le respect du droit international par les deux parties ne souffre pas d’exception. Ce message fort de la France n’est plus réellement audible ni au Moyen Orient ni en France. Il est essentiel de retrouver ces positions claires qui rassemblent depuis très longtemps une grande majorité de Français.

Assumer une voie singulière, ce n’est pas sortir de l’Europe mais ne pas craindre de taper du poing sur la table pour créer les indispensables rapports de force pour la transformer. Au passage à 29 pays, qui peut imaginer que le projet européen puisse être comparable à ce qu’il était entre ses membres fondateurs ? L’élargissement sans fin aboutit inéluctablement à une dilution politique de l’Europe qui ne retrouvera une nouvelle jeunesse que si l’un de ses membres éminents, l’un des membres fondateurs, en l’occurrence la France, pose des actes imposant une réorientation.

Et là, la période s’y prête. Les Anglais sont tentés par la sortie, les europhobes progressent partout, la sortie de crise n’est toujours pas là et sa perspective semble plutôt s’éloigner. On peut quand même être étonné, voir même ulcéré de voir que l’arrivée de Matteo Renzi apparaît, aux yeux des médias européens, plus prometteuse de réorientation que l’élection de François Hollande. Certes, l’illusion sera de courte durée. Mais manifestement la posture mainte fois répétée par le Président conditionnant au respect des absurdes et dangereuses règles du pacte de stabilité et des 3%, la capacité de notre pays à se faire entendre et à peser sur les instances européennes constitue une faiblesse stratégique majeure. La France a d’abord un poids politique qui ne se mesure pas au trébuchet des statistiques financières du moment et surtout de critères qui ne peuvent aboutir qu’à sa fragilisation. Au passage, notre pays est contributeur net de l’Union et donc finance plus qu’il ne reçoit … Cessons de présenter les autres comme des payeurs et nous des assistés. Oui, assumons une voie singulière comme hier de Gaulle ou Thatcher qui n’ont pas craint de l’affirmer pour finalement, chacun a sa manière, se faire respecter et obtenir satisfaction.

Si j’insiste sur la manière dont la France doit se situer dans son environnement dans le monde, c’est parce qu’elle est directement liée à sa capacité d’engager en son sein la reconquête de son modèle républicain, de ses capacités productives, de la reconnaissance de tous ses citoyens et des travailleurs et le retour vers un plein emploi et le progrès social. Ce doit être notre cap et constituer l’absolue priorité, le reste est secondaire. Faire l’inverse serait continuer à plonger notre peuple dans une dépression collective qui tient tout autant de ses conditions objectives de vie que de l’incapacité à se projeter vers l’extérieur et à peser sur le cours du monde.

C’est dans ce sens que s’inscrivent les propositions pour un nouveau pacte majoritaire à Gauche présentées par Gauche Avenir

Mais une chose est certaine, les banlieues, les quartiers populaires, les jeunes, les ouvriers et les employés attendent qu’on cesse de les culpabiliser. Ils seraient chômeurs parce que mal formés, assistés par choix ou insuffisamment compétitifs, coûtant cher aux entreprises, suspects de manquer de patriotisme. C’est une ritournelle bien connue que la Droite a longtemps rabâché, imprimant un signal négatif sur les esprits inquiets devant les crises et un avenir qu’ils ne maîtrisent pas.

Mais là, qu’une partie de la Gauche s’y mette et soit incapable d’incarner à leur yeux le changement promis auquel ils ont aspiré, eux qui ont fait la victoire des gouvernants d’aujourd’hui est difficilement supportable.
Tous ont besoin de considération, de dignité, de soutien et d’une politique qui les place au cœur du redressement du pays, dans la justice. Le pays a besoin d’eux car ils font et sont l’avenir de la France. Alors, ils seront davantage les ambassadeurs convaincus de l’idéal émancipateur de notre République car les faits témoigneront de sa validité. Et c’est la meilleure, voire le seul antidote au basculement d’une partie, certes minoritaire mais dangereuse, prosélyte, vers des idéologies contraires à nos valeurs.
Je parle ici autant des idéologies d’extrême droite que de celles des intégristes religieux

En tout cas, ce peuple de banlieue, ce monde du travail, cette jeunesse en pleine incertitude ne se plaint pas tous les quarts d’heure comme Monsieur Gattaz le fait – et auquel le pouvoir accorde manifestement beaucoup de crédit – de l’insuffisance permanente des aides publiques à leur endroit. Ils pourraient pourtant légitimement le faire.

Retrouvons leur confiance en leur accordant la nôtre. Retrouvons-nous.

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Published by Marie-Noëlle Lienemann - dans International
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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 13:37

Emmanuel Maurel interroge le Commissaire européen Karel De Gucht sur le secret et l’absence de transparence  du TiSA “Trade in Services Agreement” ou ACS “Accord sur le Commerce des Services”.

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 14:31

1390661 10201999010448869 1924398699 nLa 8ème législature a commencé au Parlement européen avec l’entrée en fonction ce mois-ci  des députés élus le 25 mai dernier dans toute l’Union, parmi lesquels huit nouveaux entrants au sein de la Délégation socialiste française (DSF) du groupe Socialistes & Démocrates. La session inaugurale dans l’hémicycle de Strasbourg la semaine du 2 juillet fut essentiellement consacrée à l’élection des membres du bureau du Parlement, vice-présidents et questeurs, et à l’organisation interne de chaque groupe politique.

 

 

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Martin Schulz a ainsi été réélu mardi 1er juillet dès le premier tour de scrutin à la présidence de notre assemblée pour deux ans et demi. Ce sont ensuite les postes de vice-présidents et questeurs du Parlement qui ont fait l’objet d’une série de vote. Il faut noter la présence de notre camarade de la DSF Sylvie Guillaume parmi les nouveaux vice-présidents du Parlement.

Les résultats électoraux ayant fait des membres du Parti démocrate italien la première délégation parmi les socialistes et sociaux-démocrates, c’est le député Gianni Pittella qui a pris la tête du groupe S&D à l’issue d’un vote unanime. J’ai eu également l’occasion de féliciter Isabelle Thomas qui conduisait la liste socialiste dans l’Ouest et a pour sa part été élue au poste important de vice-présidente du groupe, en charge notamment de la politique budgétaire.

Cette première session a surtout été le moment des prises de contact et des discussions informelles préalables à la constitution des commissions parlementaires. Néanmoins, on y a perçu un nouveau climat dans une enceinte habituée au consensus avec les germes d’une véritable repolitisation du Parlement européen.

10464142_session_inaugurale_823834_nConfrontés à la poussée électorale des adversaires de la construction européenne et à la responsabilité de valider le choix du président de la Commission désigné par le Conseil, les députés européens de cette nouvelle législature ont en effet une lourde responsabilité.

Un Parlement qui entérinerait la poursuite d’une politique d’austérité à peine atténuée contribuerait à emmener l’UE dans une impasse démocratique. Au contraire, si forts de notre légitimité démocratique nous parvenons à imposer une réorientation et une forme de relance par l’investissement à l’échelle européenne, je considère que nous jouerons notre rôle.

La semaine suivante a été largement occupée par la mise en place à Bruxelles des commissions parlementaires et l’élection de leurs responsables. J’ai choisi pour ma part de siéger au sein de la commission commerce international (INTA), cette dernière étant particulièrement stratégique puisque c’est elle qui aura notamment à suivre la négociation du traité de libre-échange transatlantique. Fidèle à la position définie majoritairement par les militants socialistes lors de la convention Europe en juin 2013, je demeure pour ma part extrêmement réservé sur l’opportunité de cet accord et l’opacité qui a entouré jusqu’à maintenant les négociations.

Je suis également membre de la commission en charge des affaires économiques et monétaires (ECON), dans laquelle j’ai notamment fait partie des députés qui ont auditionné lundi 14 juillet à Strasbourg le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi sur ses orientations de politique monétaire.

Les groupes politiques du Parlement ont successivement écouté Jean-Claude Juncker en vue du vote sur sa candidature présentée par le Conseil européen à la présidence de la Commission. Le candidat du PPE durant les élections européennes a su certes faire preuve d’habileté en envoyant lors de son passage devant le groupe S&D mardi 8 juillet des messages (restés très généraux) dans le sens d’un meilleur équilibre entre rigueur budgétaire et investissement. Pour autant, chaque groupe a entendu de son côté plus ou moins ce qu’il souhaitait entendre lors de cet exercice…

IMG_2407J’ai été pour ma part convaincu qu’il ne m’était pas possible d’apporter ma voix à M. Juncker. Après avoir fait campagne pendant des mois en le présentant comme l’homme des paradis fiscaux, symbole de la vieille garde de la droite européenne, j’aurais été incapable de justifier un vote en sa faveur auprès des électeurs qui nous ont fait confiance sur la base du projet du PSE.

J’ai entendu l’argument institutionnel et démocratique considérant que la tête de liste du parti arrivé en tête lors des élections européennes devait être désigné président de la Commission. Mais nos désaccords programmatiques avec M. Juncker sont significatifs et aucun compromis comparable à un accord de coalition n’a été trouvé avec lui. De plus, la ratification de sa candidature risque d’accréditer l’idée d’une indifférenciation droite-gauche dans les institutions européennes comme à l’échelle nationale.

C’est en étant cohérent avec le message que nous avons porté lors de la campagne que les socialistes et sociaux-démocrates européens se donneront les moyens de reconquérir leur électorat. Ce message est incompatible avec le programme politique libéral de Jean-Claude Juncker et c’est pourquoi j’ai voté contre sa candidature mardi 15 juillet à Strasbourg.

Outre cette ratification par le Parlement du choix du président de la Commission, cette deuxième session plénière qui précède la pause estivale a été marquée par un débat autour du traité de libre-échange transatlantique (TTIP ou TAFTA).

J’ai pris la parole dans cette discussion en séance parmi les intervenants du groupe S&D pour faire part de mes doutes quant aux bienfaits du libre-échange généralisé pour la croissance et l’emploi. Les bénéfices escomptés du TTIP tels que les présente la Commission demeurent très hypothétiques tandis que les risques sociaux, sanitaires et environnementaux sont, eux, nombreux et certains.

Comme de nombreux collègues, j’ai souligné la nécessité de mettre fin au secret qui entoure les négociations pour rendre accessibles au public l’ensemble des documents concernés. De plus, j’ai affirmé le refus des socialistes de voir introduit par ce traité un mécanisme de règlement des différends qui soumettrait les décisions étatiques à des arbitrages privés (mécanisme investor-state dispute settlement ou ISDS).

Je n’oublie pas non plus les risques de l’Accord sur le commerce des services ou TISA, négocié en secret notamment entre les États-Unis et l’UE et censé rentrer en application en 2015. Ce nouvel accord commercial visant à renforcer la libéralisation des services mettrait en danger nos services publics y compris dans des secteurs vitaux pour nos concitoyens comme l’énergie et l’eau.

En tant que membre de la commission commerce international du Parlement, j’entends bien continuer à faire preuve de la plus grande vigilance dans ce domaine, en cohérence avec le mandat qui m’a été donné par les électeurs en mai dernier.

Emmanuel Maurel

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 14:28


M.N.Lienemann:« La France doit être prudente et... par rfi
Marie Noëlle Lienemann, sénatrice PS de Paris, ancienne ministre, représentante de l’aile gauche du PS, invitée matin de RFI commente les temps forts de l'actualité politique nationale, la situation en Ukraine et au Proche-Orient.

"La France doit être prudente..."

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