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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 14:43

Téléscopage et sens de l'initiative de nos camarades, nous avons appris que Gaëtan Gorce, sénateur socialiste de la Nièvre, et Gérard Filoche, membre du Bureau National du PS, seraient tous les deux présents dans notre département dans des cadres différents, mercredi 18 novembre.

Gaëtan interviendra à Taverny à l'invitation des sections socialistes de la troisième circonscription pour présenter la réflexion qu'il a conduite sur l'écosocialisme, un sujet majeur qui porte une des voies d'avenir du socialisme pour le XXIème siècle. Il  est désormais parmi les socialistes l'un des principaux spécialistes de cet enjeu vital.

Gérard sera lui à Bezons, à l'invitation du Lab' - association locale de débat - pour parler du droit du travail - soumis à de nombreuses attaques et trop souvent caricaturé - et de la nécessité de combattre et rejeter les idées portées notamment dans le Rapport Combrexelle remis voici un peu plus d'un mois au Premier Ministre ; alors qu'une mission visant à réformer le code du travail a été confiée à Robert Badinter par Manuel Valls, il est urgent de se mobiliser pour éviter de nouvelles dérives.

Nous vous encourageons évidemment à aller écouter l'un ou l'autre de ses deux représentants nationaux de la motion B "à gauche pour gagner !".

Mercredi 18 novembre : Gaëtan Gorce et Gérard Filoche dans le Val-d'OiseMercredi 18 novembre : Gaëtan Gorce et Gérard Filoche dans le Val-d'Oise
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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 15:45

2013-04-22lienemannTout plaide pour une engagement fort des collectivités locales en faveur des économies d’énergie, de pratiques nouvelles moins polluantes et soutenant les échanges de proximité, ainsi que pour le développement des énergies renouvelables.

Les dépenses d’énergie pèsent de plus en plus lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages, sur les coûts des entreprises et des services publics. La transition énergétique permet la création d’emplois et soutient les entreprises locales. La lutte contre l’effet de serre et le changement climatique sont un impératif qui suppose une mobilisation de tous et partout.

Mais une fois énoncée la volonté d’agir, il faut trouver les moyens de passer à l’acte et là, c’est une autre affaire.

Les obstacles sont nombreux: difficultés de préfinancer des travaux dont la rentabilité ne sera assurée que dans un temps long, manque de connaissance et de maîtrise des problèmes et des choix possibles, motivation hétérogène, nécessité d’un seuil d’investissement pour soutenir des filières, des créations d’emplois et des formations adaptées, fragilité énergétique particulière pour les plus pauvres, etc…

C’est là que la puissance publique est indispensable: elle doit tout à la fois planifier à long terme, coordonner et favoriser toutes les initiatives, investir directement mais aussi permettre l’investissement privé, contribuer à une culture locale et à une conscience partagée, assurer une juste solidarité, promouvoir des comportements et actions exemplaires. C’est vrai à tous les niveaux.
Bon nombre de collectivités se sont déjà engagées, en particulier avec les plans « climat énergie », ou comme certains villages qui ont fait le pari de l’autonomie énergétique. Mais, il est souvent indispensable de créer des outils publics dédiés.

STRASBOURG
Je veux saluer l’initiative de la ville de Strasbourg qui a annoncé, courant juillet, la création d’un nouveau pôle public de l’énergie qui interviendra pour le développement des réseaux de chaleur, la rénovation thermique des bâtiments et le soutien aux énergies renouvelables.
La ville a créé une filiale commune entre deux structures publiques, d’une part la société d’économie mixte (SEM) Gaz distribution services, qui achemine du gaz naturel dans une centaine de communes et la Société d’aménagement et d’équipement de la région de Strasbourg (SERS). Dotée d’un capital de 2 millions d’euros, cette nouvelle structure a pour objectif l’efficacité énergétique et proposera aux communes et bailleurs des contrats de performance et d’optimisation énergétique.
Ce pôle est aussi constitué d’une seconde filiale « Biogénère » qui sera créée à l’automne pour soutenir la production du biométhane. Elle fera fructifier l’expérience acquise dans le cadre du projet pilote Biovalsan, qui purifie le biogaz issu des boues de la station d’épuration pour relever sa teneur en méthane, afin de l’injecter dans le réseau de gaz naturel.

Une nouvelle dimension du service public avec la transition énergétique:
Les profits réalisés seront réinvestis soit au profit d’une politique tarifaire juste, soit pour préparer l’avenir et développer les services.

MONTDIDIER (80)
J’ai aussi en souvenir une initiative plus ancienne. A l’initiative de la nouvelle équipe autour de la Maire Catherine Quignon-le tyran la ville de Montdidier ( 2500 Habitants) dans la Somme a transformé , en 2003, sa régie communale en un outil public exemplaire. Non seulement, cette régie offre aux usagers des conseils opérationnels ( techniques, tarifaires et thermiques, sur les économies d’énergie, sur les énergies renouvelables) mais aussi des subventions sur les projets de chauffe-eau solaire, de chauffages électriques performants, de pompes à chaleur, ou de géothermie.
Mais la commune a été plus loin en diversifiant la production énergétique locale.
Elle a d’abord mis en place une chaufferie bois pour son école, puis un réseau de chaleur au bois en 2008 desservant le centre hospitalier, la maison de retraite, le lycée, des écoles et des bâtiments communaux. En 2010, elle a mis en place le premier parc éolien public de l’Hexagone au travers de sa régie. Mise en service en 2011, les éoliennes (2 mégawatts chacune) produisent 53 % de l’électricité consommée annuellement par les 6 500 habitants de la commune. Pour la mairie, ce n’est qu’un premier pas vers l’objectif de l’indépendance énergétique de Montdidier en 2015 et la perspective d’un bilan énergétique positif en 2020.
Le solaire n’est pas en reste. Des panneaux photovoltaïques ont été réalisées au sol et en toiture, partout où c’était possible ( sur des écoles, la station d’épuration, la chaufferie bois). en ajoutant les gros efforts de réhabilitation thermique des bâtiments publics, 985 mégawatts ont été économisés et environ 3 000 tonnes de CO2 évitées chaque année.

Le prochain projet est une éolienne de 200 m de haut et d’une puissance de 7,5 mégawatts. Et c’est là qu’on voit aussi la nécessité d’articuler les efforts locaux à la constitution de filières industrielles d’avenir. Actuellement ces éoliennes géantes ne sont construites qu’en Belgique. Le plan qui doit soutenir la transition énergétique devrait permettre le lancement d’une filière hexagonale de méga-éolienne. Pour ce faire, il faudrait que de nombreux projets comparables a ceux de Montdidier soient engagés et soutenus.

L’objectif est aussi tarifaire, par cette intervention publique le prix de l’énergie et les factures des usagers sont contenues, sans compter les emplois induits.

DES SERVICES ET OUTILS PUBLICS LOCAUX POUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
A travers ces deux exemples, d’une part celui d’une grande agglomération et d’autre part d’une plus petite commune, on mesure la dynamique et l’efficacité que peut avoir un engagement local pour réussir la transition énergétique.
Au moment où le gouvernement va devoir faire des choix sur cette question majeure et à près de six mois des élections municipales, il est urgent de défendre la nécessité de créer des outils publics et singulièrement des outils publics locaux qui seront garant d’une part de l’efficacité de l’action, de l’affectation des profits et bénéfices dégagés au service de l’accès de tous les citoyens à l’énergie à un coût abordable et juste, de l’investissement a long terme pour la sobriété, la performance énergétiques et le développement de filières et technologies innovantes. Évidemment, ces outils doivent être adaptes aux territoires et peuvent être tout a la fois un levier pour le développement local et une véritable occasion d’une implication citoyenne.
En tout cas, le lancement de grands dispositifs fiscaux, ou autres, au niveau national n’aura que peu d’efficacité sans un soutien à la réalisation de ces outils publics et sans une volonté politique majeure en faveur de services publics de la transition énergétique.
En revanche, une réelle coordination, des contractualisations non seulement sur des objectifs mais aussi sur des choix technologiques privilégiés doit a travers une planification rénovée contribuer a la réindustrialisation de la France et la consolidation de filières d’avenir.

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Published by Marie-Noëlle Lienemann - dans Ecologie
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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 19:00

Créé le 23-08-2013 à 14h34 - Mis à jour à 16h25 - Le Nouvel Observateur

Le ministre de l'Ecologie a annoncé hier la création d'une "contribution climat-énergie", à laquelle réagit Marie-Noëlle Lienemann (PS), qui se dit favorable mais vigilante. Interview.

6266008-contribution-climat-energie-trop-tot-pour-parler-de.jpgPhilippe Martin, ministre de l'Ecologie, a répondu à une revendication des écologistes en annonçant jeudi 22 août la création d'une "contribution climat-énergie" aux contours encore flous, plus connue sous le nom de "taxe carbone". Mise en sourdine lors du Grenelle de l'environnement fin 2007, Nicolas Sarkozy l'avait remise sur la table à partir de 2009, avant qu'elle soit annulée par le Conseil Constitutionnel.

Ancien membre de la commission environnement et de la commission spéciale "changement climatique" du Parlement européen, Marie-Nöelle Lienemann est sénatrice PS de Paris. Très critique sur la taxe carbone proposée par Nicolas Sarkozy, elle se dit "favorable par principe à cette nouvelle contribution, mais avec certaines exigences". Interview.

Vous étiez très critique envers la "taxe carbone" portée par Nicolas Sarkozy. La "contribution climat-énergie" annoncée par Philippe Martin trouve-t-elle grâce à vos yeux ?

- Je ne sais pas encore en quoi va consister exactement ce dispositif. J'ai un avis de principe favorable, mais avec des exigences de travail, avec le Parlement et les acteurs économiques, notamment industriels et immobiliers.

Cette mesure vise à encourager les particuliers et les entreprises à adopter des comportements plus "verts". Cela ne risque-t-il pas d'affecter les ménages ?

- Le ministre a dit qu'il y aurait des compensations dans certains cas. Et il faut définir qui seront les particuliers, secteur par secteur.

Prenons le logement. Si un appartement a une forte perte thermique, qui sera le "particulier" : le locataire ou le propriétaire ? Il ne faut pas que la taxe pénalise ceux qui n'ont pas de marge de manœuvre pour économiser l'énergie. On pourrait imaginer un système où le propriétaire est incité à améliorer la performance énergétique du logement, en échange d'une réduction de sa taxe foncière.

Pour les entreprises, il faut envisager des accords de filières. Donner les objectifs de réduction de consommation énergétique, donner les outils, expliquer comment la taxe va permettre de les financer, et qui doit payer.

Pour l'instant, cette contribution climat-énergie ne semble pas toucher les importations. Un aspect que vous dénonciez dans la taxe carbone proposée par Nicolas Sarkozy...

- C'est un aspect que je trouve très important. Je pense qu'il faut baser cette taxe carbone sur le bilan en carbone des produits, établi sur les kilomètres parcourus entre la production et la consommation. Et l'imposer aux importations, pas qu'à la production nationale.

Nous pourrions aider nos entreprises à faire des bilans carbone de tous leurs produits. Cela les inciterait à réfléchir : n'y a-t-il pas plus près de chez eux un accès à des services ou à des biens qui, finalement, ne coûteraient pas beaucoup plus cher que de les importer ?

C'est pour cela qu'à l'heure actuelle, je pense qu'il est trop tôt pour appeler cette contribution une "taxe carbone". Et je n'accepterai pas cette contribution si les importations n'étaient pas touchées.

Il ne faut pas taxer la consommation d'énergie, il ne faut pas que cette mesure soit anti-redistributive, ou qu'elle pénalise les entreprises qui ont besoin d'une grosse consommation énergétique, car il n'est pas dans notre intérêt de les voir se délocaliser dans des endroits moins exigeants vis-à-vis de la qualité environnementale.

Concrètement, à quoi devront être affectées les recettes de la taxe ?

- A tous les mécanismes qui favoriseront la transition énergétique. Par exemple, par des déductions pour les secteurs innovants de l'industrie. La taxe carbone pourrait être déduite en fonction des investissements faits par les entreprises pour réduire la consommation énergétique et promouvoir l'innovation.

Ne craignez-vous pas que cette taxe s'ajoute au "ras-le-bol" fiscal d'une partie du PS ?

- De toute façon, ceux qui dénoncent une augmentation des impôts sont ceux-là mêmes qui les décident. J'ai les oreilles un peu échaudées par le ministre des Finances, Pierre Moscovici, qui se dit "sensible" à ce ras-le-bol et soutient la hausse de la TVA.

Derrière ce débat, ils ne veulent pas poser la question importante qui est la réforme fiscale : qui paye l'impôt  ?

Il ne peut pas y avoir de réforme de la fiscalité écologique sans réforme fiscale obligatoire ?

- Absolument. La vraie question n'est pas le niveau d'impôt, c'est qui doit le payer ! Quand va-t-on engager la réforme fiscale que le président a promis ?

Quand j'entends ce ras-le-bol du "trop d'impôt", je m'interroge : les 500 plus riches contribuables français ont augmenté leur patrimoine de 25% en un an. Y a-t-il trop d'impôts pour ceux-là ? Il y a plus de millionnaires en 2013 qu'en 2012. Même question...

Sur votre compte Twitter vous avez déclaré : "Que serait le budget de l'Ademe [Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, NDLR] si Delphine Batho était restée silencieuse ? Il aurait diminué. Pensée amicale". Ce geste de soutien à l'ex-ministre de l'Ecologie était important pour vous ?

- Oui, il était humainement important. Les gens ne sont pas des kleenex. Bien souvent, je n'ai pas été d'accord avec Delphine Batho mais elle a eu le courage de dire les choses, puisque tout le monde disait qu'il fallait remettre de l'argent. Et puis elle est passée aux oubliettes. Humainement, les gens méritent qu'on reconnaisse ce qu'ils ont fait.

Propos recueillis par Laura Fernandez Rodriguez, vendredi 23 août 2013 - Le Nouvel Observateur

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 08:10

Tribune publié le vendredi 4 janvier 2012 dans Libération par LAURE PASCAREL membre du conseil national du PS et du mouvement socialiste Utopia, NICOLAS PAGNIER membre du conseil national du PS et du mouvement socialiste Utopia, FABIENNE BIDOU membre du mouvement socialiste Utopia, DENIS VICHERAT membre du mouvement socialiste Utopia (membres de la motion 3 "Maintenant la Gauche")

NDDL.jpgNotre-Dame-des-Landes (NDDL) est désormais le symbole de la résistance à un modèle de développement que beaucoup jugent inadapté aux enjeux actuels et l’emblème de ces «grands projets inutiles», alors que l’argent public se fait plus rare. Au regard des événements récents et des manifestations qui se déroulent depuis de longs mois, la résistance se fédère et sa détermination grandit. Le propos de ce texte n’est pas d’argumenter sur les avantages et inconvénients de ce projet - même si notre mouvement a pris clairement position contre ce nouvel aéroport - mais de contribuer à sortir de cette situation d’incompréhension, de blocage et d’affrontement.

La réponse d’un gouvernement de gauche ne peut en aucun cas consister en une répression brutale et disproportionnée, fût-elle légale. Car elle accélère la rupture entre notre gouvernement et une partie non négligeable des citoyens en prenant le risque toujours possible d’un drame. Et n’utilisons pas l’argument fallacieux selon lequel, ayant voté localement pour des élus favorables au nouvel aéroport, les habitants ne seraient plus en mesure de contester ce projet. Ce serait faire injure aux électeurs et adopter une vision restrictive de la démocratie. D’ailleurs, l’UMP est également favorable à ce nouvel aéroport, contrairement à la majorité des forces de gauche et des milieux associatifs. Affirmer que la population locale serait pour ce projet sous prétexte qu’une majorité des élus régionaux le sont n’est que pure spéculation.

Notre parti ne peut pas continuer à regarder en spectateur ce qui se passe à NDDL, au risque de laisser le gouvernement s’embourber dans ce qui pourrait être un nouveau Larzac. Les difficultés économiques et sociales auxquelles les Français sont confrontés n’autorisent pas la gauche à ouvrir un nouveau front avec cette population qui devrait être notre alliée dans ce combat contre la droite et ses partenaires économiques. Peut-on reprocher à ces opposants, souvent jeunes, de s’intéresser à la chose publique, d’expérimenter et de proposer d’autres formes de vie commune, faites de coopération et de solidarité, à l’opposé du néolibéralisme que nous combattons ?

tribune-NDL-4-janvierNotre parti doit avoir la mission de rassembler l’ensemble des forces de gauche ainsi que les milieux associatifs. Or, à l’intérieur même du PS et encore plus particulièrement en Loire-Atlantique, règne une omertà sur NDDL. Evoquer le sujet, vouloir en débattre, suscite immédiatement la suspicion. Ce sujet est tabou. «Le débat a été tranché il y a dix ans… dans tous les cas de figure ce projet se fera», déclarait récemment la porte-parole de notre parti. Belle ouverture d’esprit ! Nos militants, nos sections, nos fédérations doivent être les outils d’un dialogue ouvert à tous et non, comme cela vient d’être le cas, réservé aux seuls responsables de notre parti, ce qui constitue un déni de démocratie interne.

Les porteurs du projet en sont réduits à recruter des lobbyistes et à acheter des pages de publicité dans la presse où les opposants sont caricaturés comme menant «une lutte idéologique contre le progrès, le développement et la croissance de nos territoires» (sic).

Rien ne serait pire qu’un passage en force entraînant une victoire à la Pyrrhus aux séquelles durables. Contrairement à certaines déclarations, tous les recours juridiques, au niveau français ou européen, n’ont pas encore été rejetés et pourraient ne pas l’être. Six au moins, dont quatre sont susceptibles de bloquer le projet : recours devant le Conseil d’Etat ; au Parlement européen pour non-respect des directives européennes et recours possible au regard de la loi sur l’eau et sur le fondement de la destruction d’espèces protégées. Une condamnation de la Cour de justice de l’Union européenne rajouterait l’humiliation au désaveu.

En exerçant son devoir d’alerte devant une situation de plus en plus explosive et pour renouer les fils d’un dialogue aujourd’hui inexistant, les membres de notre mouvement adhérents au PS font la proposition suivante : Le soutien à Jean-Marc Ayrault sur la commission de dialogue est conditionné à l’élargissement de son champ d’action à l’étude des propositions alternatives au nouvel aéroport, en intégrant l’analyse économique du cabinet d’études européen CE Delft, les coûts pour la collectivité des infrastructures de transport que ce nouvel aéroport entraînerait et les besoins d’Airbus quant à la piste actuelle.

Par ailleurs, ce projet devra être cohérent avec le plan climat de Nantes métropole et les travaux de la conférence environnementale nationale sur la transition écologique.

Si ces éléments essentiels ne sont pas ajoutés et que cette commission se contente de débattre des mesures d’accompagnement environnemental du nouvel aéroport, elle est vouée à l’échec et ne fera qu’exacerber la tension entre les parties.

Nous suggérons également à notre Premier ministre, qui personnalise beaucoup trop ce projet, de prendre, dans l’intérêt du gouvernement, une nécessaire distance et d’exprimer sa neutralité.

Il n’y a pas d’urgence, tout le monde en convient. Prenons le temps d’un vrai dialogue, même s’il dure un ou deux ans, mettons tous les éléments sur la table, en toute transparence. Abordons sereinement l’option du référendum, étudions la possibilité d’abroger la déclaration d’utilité publique ainsi que le contrat de concession signé avec Vinci par le gouvernement précédent. Prenons enfin, à partir de ces études, consultations et discussions, la meilleure décision.

Le gouvernement et notre parti ont besoin de tous pour engager démocratiquement la nécessaire transition écologique et la rendre compatible avec le souci légitime des élus de développer l’activité économique de leur région.

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 12:03
 Une révolution verte, oui. Un capitalisme vert, non !La conférence de Copenhague met le monde devant un immense défi pour l’humanité. Et comme tel pose une question éminemment politique. Certes, il est essentiel d’obtenir un large accord. Il faut définir des objectifs communs, largement partagés et ambitieux. Mais il serait erroné d’imaginer que l’enjeu rendrait caduc le clivage gauche droite en particulier s’agissant des moyens à mettre en œuvre, du projet de société et du mode de développement que nous devons et voulons promouvoir. Notre engagement doit être net : le capitalisme vert sera incapable de résoudre la crise énergétique, comme il est incapable de répondre aux besoins humains, aux besoins de toute l’humanité et de lutter contre les inégalités. L’écologie peut permettre au système de développer son emprise marchande et de tenter de légitimer sa logique, en annonçant sa mutation. Mais sa logique, structurellement est destructrice, inégalitaire, car le capitalisme tend à externaliser tous les coûts sociaux et environnementaux pour accumuler le maximum de profit. Le libre échange généralisé a terriblement accru les pollutions et l’effet de serre, tandis que le marché est aveugle, privilégie le court terme, les besoins solvables et néglige une vision d’avenir, inscrite dans la durée. C’est pourtant essentiel pour protéger l’éco-système planétaire et pour un développement durable. La lutte contre le changement climatique, comme toute pratique écologique exige de planifier, de voir loin, de combattre tous les gaspillages et exige une juste répartition des richesses et des ressources. Alors dans les débats en cours lors de cette conférence, nous devons défendre des positions qui s’appuient sur nos valeurs de gauche.

 

Il faut en premier lieu un accord contraignant. D’abord parce que c’est nécessaire pour que chacun soit obligé d’agir, ensuite parce que les signataires du protocole de Kyoto sont loin d’avoir tenu tous leurs engagements, enfin parce que si nous voulons imposer des normes environnementales (et sociales), il faut une base juridique de type traité international. Sans cette remise en cause du libre échange généralisé qui génère tant de mouvements de biens, inutiles et polluants, nous ne réduirons pas sérieusement les objectifs. De surcroît, certains pays pourront se targuer d’avoir réduit leur pollution par simples délocalisation de l’industrie !!

On doit aussi mettre en place un niveau élevé de réduction pour les pays les plus développés, une stabilisation puis une réduction à terme pour les pays émergents, des marges de manœuvres pour les moins riches. Il faut impérativement parvenir à stopper la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015 avant de les faire décroître. C’est la seule voie pour limiter le réchauffement des températures bien en-dessous de 2°C, seuil au-delà duquel la capacité à s’adapter de nos sociétés et des écosystèmes est menacée. Pour ce faire, les pays industrialisés, dont la France, doivent s’engager collectivement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990. L’Union européenne doit être offensive et s’engager dans cette voie en annonçant qu’unilatéralement, elle réduira ses émissions dés à présent d’au moins 30% par rapport à 1990 et s’alignera sur les 40% en cas d’accord. C’est aller au-delà de l’actuel plan climat énergie qui les fixe à -20% pour 2020. Enfin il faudra, pour ces pays développés, réduire ces émissions d’au moins 40 à 50% pour 2030 et de 90% pour 2050. C’est la seule façon de « dé-carboner » nos économies et d’engager l’indispensable révolution verte tant dans les technologies, que dans les modes de consommations, d’aménagement et de développement.

Dégager les moyens d’accompagner les pays en voie de développement et financer l’adaptation au changement climatique coûte 100 Milliards par an. Pour mobiliser ces sommes il convient de créer de nouvelles ressources mondiales : soit une taxe sur les mouvements financiers, soit une taxe carbone universelle. Pour ma part, je privilégie cette dernière qui pourrait commencer par une taxation sur le transport international des marchandises, car cette mesure favoriserait une relocalisation des productions et jouerait en faveur de la souveraineté alimentaire. La taxe Tobin sur les mouvements de capitaux serait utile pour d’autres objectifs.

Une nouvelle régulation mondiale doit permettre de réduire notre production de gaz à effets de serre. Le système des marchés de permis d’émission est inefficace du point de vue environnemental et comme tout marché favorise les plus forts. Ainsi les marchés de développement propre ont bénéficié essentiellement à la Chine et absolument pas à l’Afrique. En Europe, le prix de la tonne carbone est faible et ne joue pas son rôle d’incitation aux économies d’énergie. La visibilité du rendement des investissements nécessaires est faible, du coup chaque entreprise est loin de faire les efforts maximaux possibles ! Mieux vaut la taxe sur le bilan global carbone universel (ce qui n’a rien à voir avec la contribution de Sarkozy !!! justement) ainsi que des normes qui doivent s’imposer sur les règles de l’OMC. Enfin, il est impératif de tendre à une nouvelle organisation de la « gouvernance » mondiale, en créant une Organisation mondiale de l’environnement dépendant de l’ONU et en réintégrant l’OMC dans l’ONU avec une claire hiérarchie des normes : l’environnement et le social, l’humain doivent conditionner toute concurrence et le commerce.

Une révolution verte, oui. Un capitalisme vert, non !

Marie-Noëlle Lienemann

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 14:48

Maire-Noëlle Lienemann - Tribune | Lundi 07 Septembre 2009

La «contribution climat énergie» n'est pas une taxe carbone, explique Marie-Noëlle Lienemann. Ancien membre de la commission environnement et de la commission spéciale «changement climatique» du Parlement Européen, elle demande la mise en place d'une vraie taxe carbone, dans le cadre d'une fiscalité écologique de gauche. Avec une certitude: il existe une alternative intelligente aux propositions Rocard/Sarkozy.



Le débat sur la « contribution climat énergie » s’engage dans une extrême confusion et les propositions de la commission Rocard vont discréditer l’idée, pourtant essentielle, d’une fiscalité écologique.

La contribution « climat énergie »  est purement et simplement une taxe sur la consommation intérieure d’énergie qui aura pour effet de pénaliser le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes et la compétitivité des entreprises. Cette taxe n’a rien à voir avec la taxe carbone qui doit être fondée sur le bilan global carbone des produits et s’imposer aux importations aussi bien qu’à la production nationale, ce qui favoriserait l’éco-innovation et pénaliserait les transports de longue distance comme  les délocalisations infondées. Il est indispensable d’aller vers cette taxation du carbone. Au-delà, créer un impôt injuste pour reverser des compensations aux personnes modestes est une usine à gaz socialement polluante et absurde !

Il faut reprendre immédiatement le principe d’une taxe carbone sur tous les produits et services.  Elle doit pouvoir ainsi contribuer à relocaliser de nombreuses activités. Elle doit être mise en place progressivement sur les produits les plus carbonés et par filière. Il faut taxer sur la base du bilan carbone qui doit être généralisé et systématique. On nous objecte sa complexité, en particulier pour établir les kilomètres parcourus entre la production et la consommation. Pour simplifier la donne et éviter les critiques de l’OMC, on pourrait définir des zones de distances moyennes. La complexité est un argument à géométrie variable, hier utilisé contre la taxe Tobin qui semble aujourd’hui réhabilitée. La complexité des produits dérivés, elle, n’a rebuté personne, bien au contraire !

De toute façon, si on veut lutter contre l’effet de serre et « dé-carboniser » nos économies, il faut généraliser la traçabilité des  produits et les bilans « carbone ». Puisque nous avons beaucoup de jeunes au chômage, il y aurait urgence à créer des emplois jeunes pour aider les PME, les collectivités locales, les associations à établir leur bilan carbone et les conseiller pour économiser la consommation d’énergie. Ces emplois, financés d’abord par la puissance publique, pourraient à terme devenir marchands et être source de la création de nombreuses entreprises. Exigeons-le immédiatement !

La taxation systématique de  la consommation d’énergie est injuste car elle touche des personnes qui n’ont, le plus souvent, pas d’alternative pour la réduire.

 50% des habitants sont des locataires, ce ne sont pas eux qui vont pouvoir transformer la qualité thermique de leur appartement. Certes ils pourront réduire fortement leur chauffage mais l’enjeu est d’abord la nature du logement… Alors il existe des alternatives comme faire payer aux propriétaires une taxe sur le logement en fonction de la classe thermique ( A,B,C,D…). Si le propriétaire fait des travaux, ceux-ci sont déduits de l’impôt cela s’ajoutera à l’éco-prêt à taux zéro. Pour les plus impécunieux, il faudra doper la Prime d’Amélioration de l’Habitat qui est une subvention complémentaire.

Dans le domaine des transports, il serait absurde de faire payer à la SNCF, à la Ratp, les transports en communs (ceux par bus pourraient être taxés en fonction de la qualité énergétique de la flotte). En revanche, il faut pousser à la densité urbaine, combattre l’étalement urbain et la spéculation foncière qui envoie, loin des centres et des transports en commun, les plus modestes. On doit taxer de façon progressive et dans certains cas confiscatoire les plus-values foncières et immobilières excessives. On pourrait créer une taxe de « sous densité » sur le foncier en fonction de l’occupation de la parcelle dans les centres urbains.

Ces deux exemples montrent qu’il existe des fiscalités écologiques justes, incitatives et non aveugles.

Il est clair qu’il nous faut progressivement accroître le coût de l’énergie et tenir compte de sa pollution. Mais on ne commence pas par taxer tout le monde et empêcher les investissements structurants permettant de réduire la  révolution thermique ! Il faudra planifier la hausse des prix, en fonction des progrès déjà réalisés et à promouvoir. Ce qui exige une planification écologique sérieuse  et nécessite de créer une tarification de l’énergie et de l’essence qui soit stable (les yoyos du prix du pétrole tuent la « rentabilité » de certains travaux d’économie d’énergie et du coup dissuadent de s’y engager !). Elle doit aussi, pour le gaz et l’électricité, être progressive en fonction de la consommation pour combattre le gaspillage sans pénaliser les familles modestes. Hélas cette stratégie devient très difficile avec la libéralisation. Néanmoins c’est possible, par exemple en relançant l’idée d’une TIPP flottante qui permette de stabiliser les prix en dépit des cours du pétrole et qui augmenterait très progressivement.
 
Ces propositions ne sont pas exhaustives. Ces quelques exemples montrent qu’on peut concevoir une fiscalité écologique de gauche ! Les propositions Rocard, de Sarkozy, ne le sont pas. Des alternatives existent !

Par ailleurs, rappelons que l’Union Européenne, donc la France, ont adopté un plan énergie-climat qui impose à chaque Etat membre, pour 2020, une réduction de 20% de notre énergie primaire consommée, de 20% des émissions de CO2 et la production de 20% de notre énergie en énergie renouvelable. Cette ambition est en-deçà des demandes des experts du GIEC, mais quoi qu’il arrive à Copenhague, c’est la base minimale qui s’impose à nous. Nulle étude ne prouve, et encore moins ne chiffre les économies acquises par une contribution climat énergie. Il y a de très nombreuse décisions à prendre immédiatement pour atteindre ces objectifs et là, du coté du gouvernement, des politiques industrielles, des collectivités locales, la mobilisation est insuffisante.  Et là il y a urgence !
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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 15:49
Note de La Forge


Les politiques énergétiques sont toutes basées sur les mêmes exigences, de développement des filières limitant la dépendance par rapport aux importations, de diversification des fournisseurs, de capacité à se constituer des stocks et de rationalisation de la consommation. Et pour répondre à ces contraintes, les sociétés modernes développent une extraordinaire inventivité en matière de moyens de production d’énergie. Mais sommes-nous si sûrs que les solutions les plus durables et les plus respectueuses de l’environnement pour produire de l’énergie soient politiquement neutres ? La véritable question est-elle vraiment celle de la production d’énergie? L’a-t’elle jamais été d’ailleurs ? par François Bugeon, ingénieur-chercheur


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On peut dresser la liste des différentes énergies à notre portée selon qu’elles produisent ou non des gaz à effet de serre. D’un coté la liste est courte: les énergies fossiles (tourbe, houille, lignite, pétrole et gaz naturel). De l’autre, elle est nettement plus longue:  biomasse (ancestrale avec le bois puis de 1ere, 2e et 3e générations (1)); énergie éolienne; énergie hydrodynamique (moulins, barrages hydroélectriques, microcentrales au fil de l’eau, et hydroliennes utilisant les courants marins comme les éoliennes utilisent les courants atmosphériques); fission nucléaire (à neutrons thermiques ou à neutrons rapides); énergie solaire (photovoltaïque ou thermique) ; énergie géothermique; énergie des vagues et de la houle; énergie thermique des mers; énergie extraite des gradients de températures atmosphérique (tours solaires de hauteur kilométrique); fusion nucléaire (par confinement magnétique ou bien inertielle par laser ou par striction axiale).

Et cette liste est forcément incomplète (2)…

Fabriquer de l’énergie sera toujours possible et coutera toujours plus cher que le pétrole à bas coût qui a permit l’essor des sociétés industrielles. Mais rien ne remplacera sa facilité de transport et de stockage. Car l’énergie n’est pas une chose en soi.

L’énergie dont nous parlons communément, correspond souvent à ses vecteurs, c’est-à-dire la façon dont elle a été stockée (solide, liquide, gazeuse ou électrique) puis transportée de son lieu de production à son lieu de consommation. Dans la liste des énergies sans dégagement de gaz à effet de serre qui précède, seule la biomasse peut se présenter sous diverses apparences, solide avec le bois que l’on brûle, gazeuse avec le méthane, ou liquide avec les di-esters, l’éthanol ou le méthanol. Et le fait que toutes les autres sources d’énergies de cette liste produisent uniquement de l’électricité n’est pas sans conséquences.

Peu importe dira-t-on, l’électricité est un vecteur qui permet le transport d’énergie en grande quantité à un coût relativement faible, et elle peut facilement être transformée en mouvement, chaleur, lumière, ou informations.
Certes, mais on ne connaît encore aucun moyen efficace pour assurer son stockage en grande quantité (3). Et la qualité du stockage est une question essentielle lorsqu’on parle d’énergie. C’est même la capacité du pétrole à être aisément transporté et stocké qui a permit son essor dans l’automobile et dans l’industrie.

Pire, lorsqu’on parle d’électricité, son transport pose lui aussi problème. Les grandes distances ne sont envisageables qu’avec des lignes en très haute tension. En France ces lignes THT transportent les électrons sous une tension de 400 000 volts, ce qui ne permet guère de dépasser une distance de 250 km sans que les pertes ne deviennent trop importantes.

La société nationale de transport d’électricité RTE estime que ses pertes sur ces lignes hautes tension sont de l’ordre de 2,6%. Selon d’autres acteurs de l’énergie française, la perte globale sur le réseau est de l’ordre de 8%.

C’est pour cette raison que les unités de production massive d’électricité ne peuvent être bien loin des centres de consommation. C’est pour cette raison aussi que l’électricité n’est pas un vecteur adapté aux régions dépourvues d’infrastructures ou incapables d’en créer pour des raisons économiques ou géographique. C’est parce que nous vivons dans la forte densité démographique Européenne, et que nous sommes occidentaux, que l’électricité nous semble le vecteur énergétique unique évident, mais cela est moins vrai pour l’Amérique du Nord ou du Sud.

Par ailleurs, le fait de ne pouvoir stocker l’électricité est un véritable problème pour des productions intermittentes ou des consommations discontinues. C’est pour cette raison que le nombre de centrales nucléaires françaises à été dimensionnée selon la consommation maximale de notre pays telle qu’on l’imaginait dans les années soixante-dix. En effet, un réacteur nucléaire ne se module pas aisément, en réalité on l’amène un régime de croisière et on l’y tient plus ou moins jusqu’à ce qu’on change son combustible.

Les centrales au gaz qui restent en France trouvent leur véritable justification en cas de pic de consommation. Et les éoliennes comme les panneaux photovoltaïques sont avant tout des casse-têtes pour les responsables du transport électrique. Ils doivent trouver en temps réel un débouché nouveau si ces productions intermittentes injectent leur courant sur le réseau, tandis qu’à l’inverse il ne peut compter sur elles lorsqu’un pic de consommation apparaît durant une journée brumeuse et calme d’hiver.

Pour cette raison, une montée en puissance des énergies renouvelables intermittentes signifie un maillage du territoire européen encore plus dense et contrôlé qu’auparavant. Elle signifie une homogénéisation complète des réseaux et une politique d’interdépendance accrue entre les pays Européens entre eux ou leurs voisins. Cela n’est pas négatif, on peut concevoir qu’il s’agit là d’une assurance supplémentaire contre l’effondrement des réseaux électriques, à la suite d’incidents locaux ou d’aléas climatiques (la tempête de 1999, les grands froids), qui entraînent déjà des milliards d’Euros de pertes pour nos économies.

C’est sans doute pour cela que l’Europe s’est engagée dans une étude sur le développement de ses infrastructures électriques en 2003, année du blackout qui toucha le nord-ouest des USA en août pendant une journée. Mais cela n’empêcha pas l’incident du 4 novembre 2006 qui a affecté quasiment l’ensemble du réseau européen continental, de la Pologne jusqu’à l’Espagne et même au Maghreb.

Le transport électrique est efficace, mais il réclame une forte capacité de contrôle et planification sur le long terme. Et si demain nous produisons de l’énergie en grande majorité sous forme électrique, cette capacité de contrôle et cette planification devront être considérablement renforcées.

En dehors de l’électricité, l’hydrogène est sans doute le vecteur énergétique le plus popularisé, et celui pour lequel les recherches et développements sont les plus avancés. Dans ce cas, il ne s’agit pas de le brûler mais de produire de l’électricité grâce à lui, puisque la mise en présence d’hydrogène et d’oxygène permet, dans certaines conditions, de produire un courant électrique. Les appareils qui réalisent cette opération sont les piles à combustible. Selon leur technologie, elles peuvent correspondre aux besoins d’une production d’électricité pour les groupes d’habitation ou bien être utilisées par des véhicules électriques (4).

Le problème du gaz hydrogène est qu’il contient peu d’énergie par unité de volume, plus 3 fois moins que le gaz naturel. De fait, il sera toujours plus facile de transporter l’hydrogène dans des gazoducs si l’on veut généraliser ce vecteur énergétique. À l’heure actuelle, 1500 km de gazoduc d’hydrogène sont déjà installés en Europe du Nord pour les besoins de l’industrie.

La réalisation d’un gazoduc destiné à l’hydrogène coûte deux fois plus cher que ceux mis en place pour le gaz naturel. Mais, à la différence de l’électricité, on peut ainsi transporter l’hydrogène sans problème sur des milliers de kilomètres. Et mieux encore, on peut profiter de la faible densité de ce gaz pour le compresser et utiliser ainsi les gazoducs comme moyen de stockage.

Dans les scénarios de production d’énergie à partir de sources non fossiles, seule la biomasse pourrait être une source d’hydrogène (en dehors de la photochimie et de la thermochimie solaire encore à l’état d’étude). Toutes les autres sources que nous avons vu tout à l’heure, y compris la fission et la fusion nucléaire, produisent de l’électricité avec les défauts que l’ont sait. Néanmoins, il est toujours possible de produire de l’hydrogène par électrolyse en décomposant l’eau. Mais dans ce cas, le rendement est nettement inférieur à une production d’hydrogène à partir de biomasse, de gaz, de pétrole, ou de charbon.

Pourtant l’électrolyse de l’eau peut se faire n’importe où, la technologie mise en œuvre est simple et tout à fait indépendante de la source d’électricité. Il suffit d’un tuyau pour amener l’eau et d’un autre pour transporter l’hydrogène. Pourquoi alors s’en priver ? Tout simplement, parce qu’en tenant compte des toutes les pertes introduites par les différentes conversions (électricité produisant de hydrogène, transport, stockage, puis hydrogène produisant de l’électricité), on ne récupère que 30 à 40% de l’énergie de départ.

Faudrait-il accepter de “gâcher” 60 à 70 % de l’énergie que nous aurons produite ? Il y a là certainement beaucoup à réfléchir. C’est parce que nous considérons que ce problème de coût est indépassable que les sociétés occidentales n’arrivent pas à dégager des politiques énergétiques qui ne soit majoritairement basées sur des productions centralisées d’électricité en grande quantité (avec du charbon, la fission nucléaire, et demain la fusion).

Mais il faut bien admettre qu’il s’agit d’un point de vue comptable qui ne prend pas en compte l’utilité du vecteur. En effet, le transport sur de très longue distance permet d’accepter que la production énergétique soit située à de milliers de kilomètres des lieux de consommation. L’adaptation au stockage permet de dimensionner les moyens de productions indépendamment des pics de production.

Par exemple, il suffirait en théorie de couvrir 5% de la surface des déserts terrestres de panneaux photovoltaïques de technologie actuelle pour subvenir aux besoins énergétiques de la consommation mondiale. Mais cette affirmation n’a aucune valeur si cette énergie est gardée sous la forme de courant électrique, non stockable la nuit et intransportable loin de ces déserts (à moins de décider d’y déplacer toute la population humaine).

En supposant que nous ayons recours à une électrolyse de l’eau, il faudrait faire un peu mieux que doubler ou tripler cette surface de désert couvert pour subvenir aux besoins de l’humanité. Une telle surface est énorme certes, et toute théorique, mais l’énergie produite serait par contre disponible pour tous sur la planète de jour comme de nuit.

Une vectorisation massive de l’énergie par l’hydrogène permettrait l’émergence d’un véritable marché international de l’énergie auquel tous les états pourraient participer indépendamment des ressources de leur sous-sol, de la nature de leur environnement, ou bien de leur niveau technologique. Même s’il ne s’agit pas de décréter ici que l’hydrogène est le grand vecteur énergétique de l’avenir, il est le seul qui puisse s’étendre sur des distances de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres. Ce qui équivaut à la mise en place d’un commerce mondial de l’énergie renouvelable.

En vérité, la facilité des points de vues technocratiques ou comptables s’est trop longtemps imposée lorsque nous avons eu à réfléchir aux problèmes énergétiques. Le véritable problème, en ce sens qu’il résulte de choix politiques et en imposent d’autres, ne concerne pas tant les moyens de production de l’énergie que sa vectorisation.

En continuant à penser la production énergétique selon des règles comptables adaptées à la comparaison avec les énergies fossiles, on ne peut que privilégier abusivement le vecteur électricité, et de ce fait, privilégier des productions d’énergie centralisée. Ce type de raisonnement, conduit à renforcer la centralisation de la gestion du transport énergétique, puisque l’interdépendance des états à la fourniture électrique ne peut être garantie que par un contrôle accru des réseaux. Il est troublant dans ce contexte, que les sociétés chargées de ce transport ne fassent l’objet d’aucun questionnement politique (ou si peu), alors leur statut est loin d’être anodin (5).

Et surtout, nous devons avoir à l’esprit qu’il nous faudra bien un jour ou l’autre choisir un vecteur énergétique commun autre que le pétrole qui soit adapté à un commerce mondial. Et parce qu’il nous faudra choisir, nous devons dès aujourd’hui promouvoir un débat de société comparable à ceux qui sont tenus au sujet de la production d’énergie nucléaire, fossile ou renouvelable. Ce débat engagera des visions de nos sociétés sur le moyen et long terme et il supposera d’envisager des investissements à l’échelon continental ou planétaire. C’est-à-dire, les niveaux de décision pour lesquels la pensée libérale s’est toujours révélée totalement inefficace.

Le temps est sans aucun doute venu de considérer que la vectorisation de l’énergie est une composante, aussi nouvelle qu’incontournable, des choix de société.


Quelques références:

- World Energy Outlook 2006 - IEA PUBLICATIONS – 2006 ( http://www.iea.org )
- Approvisionnement électrique : l’Europe sous tension - Rapport d’information du sénat de MM. Michel BILLOUT, Marcel DENEUX et Jean-Marc PASTOR – juin 2007.
en ligne : http://www.senat.fr/noticerap/2006/r06-357-1-notice.html
- Rapport sur l’apport de nouvelles technologies dans l’enfouissement des lignes électriques à haute et très haute tension par Christian Kert, Député - Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques - décembre 2001.
en ligne : http://www.assemblee-nationale.fr/11/rap-off/i3477.asp
- Prévision des pertes électriques sur le réseau THT et HT français - Olivier Quiquempoix, Stéphane Fliscounakis, Eric Bourgade, RTE,
En ligne http://www.rte-france.com/htm/fr/vie/telecharge/CIGRE2004_article_pertes_fr.pdf
- Perspectives concernant le véhicule grand public d’ici 2030. - travaux dirigés par Jean Syrota - Centre d’analyse stratégique - 28 septembre 2008.
en ligne, consultable sur le site du journal “Le point” :
http://www.lepoint2.com/sons/pdf/rapport-syrota-voiture-electrique.pdf
- Hydrogène Energie de demain ? par J-M. Agator, J. Chéron, C. Ngô, G. Trap - Ommiscience éditeur 2008
- L’hydrogène, les nouvelles technologies de l’énergie - Clefs CEA n°50/51- hiver 2004-2005
en ligne : http://www.cea.fr/technologies/l_hydrogene_les_nouvelles_technologies_de_l_ene
- la revue La jaune et la rouge / energie et environnement - septembre 2004

en ligne : http://www.x-environnement.org/jr/JR04/index.htm
- Le site de l’Association Française de l’Hydrogène : http://www.afh2.org
- le site du centre d’analyse stratégique http://www.strategie.gouv.fr/
- le site de la revue Energie plus : http://www.energie-plus.com/
- le site http://resosol.org/
 

Notes

1/La 1ere génération utilise les cultures alimentaires pour produire des bioéthanol ou des biodiesels, la 2e utilise des végétaux non alimentaires et la 3e génération des végétaux ou des algues spécialement développés à cet effet.
2/On peut aussi changer de point de vue et considérer qu’il n’y a que deux sources d’énergies primaires: La fission et la fusion nucléaire. La fission nucléaire, que l’homme utilise un peu dans ses centrales, est surtout la source d’énergie qui réchauffe suffisamment le magma sous nos pieds pour le faire fondre et permettre aux volcans de cracher les gaz dont notre atmosphère est issue. Accessoirement, sans cette chaleur d’origine fissile, pas de géothermie, mais pas non plus de tectonique des plaques, pas de charbon, de gaz et de pétrole, créés par les grandes pressions et les hautes températures régnant dans les profondeurs de l’écorce terrestre.
La fusion nucléaire fait briller notre soleil, elle est par conséquent responsable de toutes les autres formes d’énergie. Sans Soleil, pas de piles photovoltaïque et pas de chauffage solaire, mais surtout pas de vie, pas de biomasse et donc, pas de pétrole, ni de charbon; sans lui pas de vent et pas d’éolienne, pas de courants marins le long de nos côtes, pas d’évaporation et pas de pluie, pas de lacs ni de fleuves pour alimenter les centrales hydroélectrique.
3/ Hormis quelques solutions anecdotiques de remplissage de réservoirs de barrages hydrauliques, et celle du stockage de courant dans des boucles de supraconducteur qui reste encore du domaine théorique.
4/ Bien qu’on en parle beaucoup, rien ne prouve que les piles à combustible alimentées en hydrogène remplacent un jour le carburant dans les automobiles. Même compressé à 700 atmosphères, un litre d’hydrogène transporte 20 fois moins d’énergie qu’un litre d’essence et cette compression aura couté 10% de son énergie. On peut améliorer ce point en le liquéfiant, il ne transporte alors plus que 5 fois moins d’énergie par litre que l’essence, mais il aura fallu consommer plus de 30% de son énergie pour y arriver. A cet aspect négatif, s’ajoutent sa faible acceptabilité par le public qui le perçoit avant tout comme explosif, et le fait qu’un trop grand nombre de fuites pourrait modifier la chimie des hautes couches de l’atmosphère. C’est pourquoi certains experts comme Jean Syrota considèrent que l’hydrogène n’a pas grand avenir dans l’automobile et vont jusqu’à recommander la fin de l’intervention publique dans ce domaine.
5/ En France, RTE, gestionnaire du réseau de transport d’électricité a créé le 1er juillet 2000, sous la forme d’un service indépendant sur le plan financier, managérial et comptable au sein d’EDF. En application de la loi du 9 août 2004 qui transpose en droit français la directive européenne du 26 juin 2003 relative au service public de l’électricité et du gaz et des industries électriques et gazières, depuis le 1er septembre 2005 RTE est devenue une société anonyme à capitaux publics, filiale du groupe EDF.
Son équivalent pour le gaz est GRTgaz société anonyme créée le 1er janvier 2005 en application de la loi du 9 août 2004. GRTgaz est une filiale du groupe GDF SUEZ.

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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 08:51

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LE SARKOZYSME
N’EST PAS UNE ECOLOGIE

Emmanuel Giannesini

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