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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 12:57
Les principales vidéos de la motion B au congrès de Poitiers

Vendredi 5 juin 2015 – Bertrand Vasnier présente l'avis de la motion B sur le récolement des résultats nationaux du congrès ; le scrutin marque un parti en mauvais état militant


Intervention de Bertrand Vasnier - 5 juin 2015... par agauchepourgagner

Vendredi 5 juin 2015 – 17h30 – Élodie Schwander présente la position de la motion B sur la résolution Europe, texte sans proposition sérieuse


Intervention de Élodie Schwander - 5 juin 2015... par agauchepourgagner

Samedi 6 juin 2015 – 11h00 – Marie-Noëlle Lienemann fait pour la première fois réagir les congressistes en appelant les socialistes à retrouver le sens du projet républicain, de la République sociale


Intervention de Marie-Noëlle Lienemann - 6 juin... par agauchepourgagner

Samedi 6 juin 2015 – 11h45 – Christian Paul développe l'analyse de la motion B pour ce congrès. Il est temps de préparer la "prochaine gauche"


Intervention de Christian Paul - 6 juin 2015... par agauchepourgagner

Samedi 6 juin 2015 – 17h30 – Emmanuel Maurel réveille le congrès de Poitiers « nous ne vous laisserons pas imposer aux socialistes et à nos électeurs, au parti de Jaurès et de Blum, une mue sociale-libérale dont ils ne veulent pas »


Intervention d'Emmanuel Maurel - 6 juin 2015... par agauchepourgagner

Samedi 6 juin 2015 – 18h00 – Jérôme Guedj : « Vous l'avez voté !? Faites le ! »


Intervention de Jérôme Guedj - 6 juin 2015... par agauchepourgagner

Samedi 6 juin 2015 – 18h30 – Gaëtan Gorce : « sommes-nous en train de nous résigner à n'être que les petits héritiers d'une grande histoire ? »


Intervention de Gaëtan Gorce - 5 juin 2015... par agauchepourgagner

Dimanche 7 juin 2015 - 10h45 - Laurent Baumel explique pourquoi la motion B ne votera pas une "adresse aux Français" sans contenu et qui ne reprend même pas les propositions communes aux différentes motions dans le sens d'infléchir la politique économique du gouvernement : l'ambigüité de la motion A a vécu


Intervention de Laurent Baumel - 7 juin 2015... par agauchepourgagner

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 21:15
3 questions à Adélaïde Piazzi, candidate au Premier secrétariat fédéral

Il se dit que tu n’as pas les forces pour l’emporter contre Rachid TEMAL :

Militante au sein de la section de Montmorency depuis 1986, j’ai acquis l’expérience du travail politique en milieu difficile, qui peut

aller jusqu’à la conquête victorieuse. Elue sur un mandat de 1ère adjointe de 2008 à 2014, j’ai effectué un travail d’élue reconnu avec une équipe soudée autour de ses valeurs, de la première à la dernière heure.

Dans cette période électoralement compliquée comme chacun de nous a pu le vérifier à l’occasion de beaucoup de ces dernières campagnes électorales, cette pugnacité tournée vers l’efficacité est un avantage pour le travail qui est devant nous.

Bon d’accord, mais alors, 1ère secrétaire fédérale, pour quoi faire ?

Responsable fédérale, membre des instances nationales, je connais les rouages de notre parti, et dès lors aussi ses travers : réunionite nombrilisme, sans enjeu de territoire, sans enjeu de stratégie politique ni de projet alternatif solide face à la droite ! Nous sommes donc forts dépourvus quand arrive le temps de l’élection...

J’en veux pour preuve le dernier scrutin des départementales : aucune réelle plateforme commune pour nos candidats alors que beaucoup partaient sur des terres plus que jamais « de mission ». Cette aide de la fédération nous aurait été d’un grand soutien. Vous avez été nombreux à regretter son absence.

Je souhaite une fédération agissante qui n’attend pas après le national ne serait-ce, par exemple, que pour organiser une campagne d’inscription sur les listes électorales à chaque rentrée ou de soutien au droit de vote des étrangers aux élections locales.

Avec qui ?

A l’occasion de ce congrès, la motion B que je défendais a fait preuve d’un esprit de rassemblement pour faire avancer le Parti Socialiste.

Des militants, des personnalités au parcours différents, notamment des camarades issus de la motion 1, se sont joints. Leur engagement est fort car il traduit un diagnostic partagé d’urgence à agir pour qu’en 2017, les valeurs de la gauche restent victorieuses. Antoine RAISSEGUIER élu de Franconville, responsable fédéral, fait partie de ceux-ci.

Ensemble, nous avons réfléchi aux moyens de tourner notre fédération vers les débats qui engagent l’avenir de notre département. Ensemble nous nous tournerons à nouveau vers nos partenaires de gauche en leur proposant de travailler sur les questions qui intéressent nos territoires et pas juste la veille des échéances quand ce ne sont plus que les investitures qui font briller les esprits !

Voilà, je serai une 1ère fédérale rassembleuse et entourée ! Forte du soutien d’élus qui comptent sur notre département, Jean-Pierre Blazy, Gérard Sebaoun et d’autres qui l’ont été et avec lesquels, j’avais déjà travaillé comme Anita Bernier ou Nelly Léon. Je veux qu’ils prennent avec l’ensemble de leurs collègues toute leur place dans le travail de la fédération, pour s’engager sur la voie de la reconquête qui passera par une stratégie de territoires couplée à un programme de développement de notre département au service des Valdoisiens.

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 10:21
La motion B à la tribune du congrès, samedi 6 juin, vue par Libération

La journée du samedi 6 juin a été le cœur des débats du congrès du Parti Socialiste à Poitiers, vous trouverez ci-dessous le compte-rendu que font de la journée Lilian Allemagna et Rachid Laïreche, journalistes à Libération. Nos camarades Marie-Noëlle Lienemann, Christian Paul, Benoît Hamon, Emmanuel Maurel, Jérôme Guedj, Gaëtan Gorce et Gérard Filoche ont fait forte impression ; les débats et les réactions des congressistes se sont en réalité structuré autour des interventions de la motion B, l'ensemble des observateurs s'accordant pour dire qu'Emmanuel Maurel avait enfin réveillé un congrès jusque là atone et voué par la direction du Parti à l'ennui.

11h20. «Le fossé se creuse entre le peuple et notre parti»

C’est la première personnalité de premier plan à monter à la tribune de Poitiers. Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone attaque sa première phrase et… on lui coupe le micro. Manuel Valls vient d’entrer dans le parc des expositions de Poitiers. «Quel plaisir !», s’amuse-t-il. Valls s’installe. Bartolone reprend. Il veut que Poitiers serve à dire ce que les socialistes «veulent faire de ce deuxième temps du quinquennat». Il rappelle qu’il avait porté le débat sur les 3%, sa «conception» de l’Europe et la«confrontation» avec l’Allemagne. Et à ses camarades socialistes qui parlent de «compétitivité» ou de «charges», il lance : «Faisons attention aux mots que nous employons». «Sans notre action, c’est la main invisible du marché, insiste le patron de l’Assemblée. Nous avons une autre orientation à leur proposer».

MNL_congres_Poitiers_06-06-2015Avant lui, Marie-Noëlle Lienemann s’était pointée sur l’estrade avec un petit pull jaune et des mots forts. Les responsables socialistes précédents racontaient un monde de rêve. La sénatrice a pris un autre chemin : «Nous ne pouvons pas faire comme-ci la crise était derrière nous, comme-ci la chute des adhérents n’existait pas. Le fossé se creuse entre le peuple et notre parti.» Puis, elle ajoute : «Regardons la hausse du chômage la baisse du pouvoir d’achat, les défaites électorales et la montée du Front national. Le malaise est profond, on ne peut pas mener une politique libérale et dire que c’est une politique sociale-libérale. Où va notre parti s’il n’est plus à gauche ?» A la fin de son discours, elle récolte les premiers applaudissements nourris de cette matinée de congrès. L.A. et R.La.

11h40. «Quand la gauche se rassemble sur un programme de gauche, elle bat la droite»

781874-christian-paul-poitiersLa tête de liste de la motion B («A gauche pour gagner»), Christian Paul, a vu beaucoup de choses. Le député de la Nièvre a remonté le temps pour décrire sa campagne au poste de premier secrétaire. Il tape d’abord à droite et son extrême. Paul a vu «comment les années Sarkozy avaient partout distillé l’individualisme, la division et la haine» et «la progression du national-populisme dans les regards, les têtes et les urnes». Le «frondeur» a aussi vu «des socialistes qui sont sur le départ».

Après le passé, le futur. «En venant à Poitiers, je me suis posé une question simple : si j’avais 18 ans aujourd’hui, que choisir, entre deux jours au congrès et deux jours à Madrid ou Barcelone, pour comprendre ce qui s’y passe ?»La réponse est dans la question. Christian Paul parle de «prochaine gauche», observe l’évolution de Podemos en Espagne avec des rêves plein la tête parce que «lorsque la gauche se rassemble sur un programme de gauche, elle bat la droite».

En conclusion, il range les armes : l’unité du PS n’est pas en danger. Mais il demande à ses camarades de la majorité de faire attention : «Il y a deux orientations au sein de la gauche de gouvernement […] elles vivent dans notre parti, elles débattent à Poitiers». «La politique sociale-libérale, elle oublie le social», rappelle le député, qui prévient que «ces débats économiques […] ne sont pas terminés». La loi Macron fait son retour à l’Assemblée, il lance à un Manuel Valls – sorti, hasard de congrès, pile à ce moment-là – «agiter une nouvelle fois l’article 49.3 sur la loi Macron, c’est la négation de toutes les déclarations de ce congrès». Dimanche en fin de matinée, Jean-Christophe Cambadélis doit lire une «adresse au peuple de France». Une adresse que Paul et sa motion ne signeront sûrement pas. L’unité est fragile. R.La.

16 heures. Hamon critique «le tournant idéologique» de Valls

781917-congps187Après Christian Paul le matin, Benoît Hamon était le deuxième représentant de l’aile gauche attendu à la tribune de Poitiers. Et l’ex-ministre a changé un peu le refrain des représentants de ce bord : «Les militants socialistes qui ont voté [pour la motion de Cambadélis, ndlr], ils savaient le tournant, la poursuite de cette politique. J’espère que vous ne vous trompez pas, j’espère que cette orientation nous mènera en 2017». Le furtif ministre de l’Éducation – sorti fin août du gouvernement au moment où Arnaud Montebourg s’est fait virer – critique «le tournant idéologique» de Valls.«Sans le socialisme, la République est vide», lance-t-il comme un écho à la conception de la République défendue par le Premier ministre. «D’abord la République ou d’abord le socialisme ?», interroge-t-il. «La laïcité ce n’est pas interdire le foulard à l’université», prévient-il, et se demande si, avec la loi Macron, une «aventure» comme celle des Fralib de Gémenos – qui ont reçu la visite la semaine dernière de François Hollande – «sera possible […] Je crois que non». L.A. et R.La.

17h37. Emmanuel Maurel répond à Manuel VallsEmmanuel_Maurel_Poitiers_samedi_06-06-2015

A Toulouse, en 2012, il était l’opposant numéro un à la majorité du PS. Cette année, s’il a laissé Christian Paul mener la motion, Emmanuel Maurel est toujours à la tribune pour mettre le gouvernement, Manuel Valls en tête, devant ses contradictions. Le Premier ministre s’est dit «attentif à ce que disent les socialistes ? Eh bien ça se voit pas», claque Maurel. Il revient sur les discours précédents, y compris de ministres, expliquant qu’il y voit des éléments communs : «Chiche !, lance le néodéputé européen. Actons collectivement que nous avons un certain nombre d’inflexions maintenant !» Les aides aux entreprises ? «Il ne faut pas attendre une hypothétique évaluation», dit-il. La baisse des dotations aux collectivités ? «Puisque vous êtes tous d’accord», il demande qu’elle soit stoppée. «Faisons en sorte que le congrès de Poitiers serve à quelque chose !», poursuit-il. Pour stopper l’hémorragie militante, «la meilleure façon, c’est de donner concrètement la preuve que nous avons une influence sur ce que fait le gouvernement». Il pourrait faire la «liste des déclarations qui contredisent ce que fait la majorité». «Cette distorsion spectaculaire entre le dire et le faire contribue à la crise de la politique, insiste Maurel. Cela nuit à notre crédibilité.»

Entendre les discours à la tribune de ce congrès puis voir la majorité voter des lois qui «privatisent les aéroports» ou «remettent en cause des lignes»de train, «c’est là que ça va pas !, s’énerve Maurel. C’est là que nous avons un problème entre nous !». Il envoie une pique aux camarades les plus libéraux de son parti. «J’aurais préféré qu’ils se comptent devant les militants […] La prochaine fois, pensez-y !» Maurel assure que son courant restera au PS pour se battre de l’intérieur : «Nous ne laisserons pas au parti de Jaurès et de Blum une mue sociale-libérale que nos militants et nos électeurs ne veulent pas ! Cela conduirait à la défaite, et, j’ose le mot, au déshonneur». Il en termine avec ces mots de «réforme» et de«progressisme» brandis par Valls quelques heures plus tôt : «Quand je vois certaines réformes, elles ne sont pas progressistes et quand je vois la loi Macron, c’est pas progressiste».

Quelques interventions plus tard, le maire de Lyon, Gérard Collomb, leader du «Pôle des réformateurs» – sensibilité qui compte tout ce que le PS a d’aspirants à une politique économique avec «moins de freins» – lui répond à la tribune. Il rappelle le discours de la Méthode entre Jean Jaurès et Jules Guesde et défend l’action du gouvernement dans la perspective du premier :«Soyons le socialisme de la réforme ! Celui qui répond aux aspirations des Français !» Étrange anachronisme.

18h15. Le congrès socialiste démarre enfin

Retard d’après-déjeuner oblige, les débats de ce samedi après-midi tirent en longueur. Les aubrystes en profitent pour défendre la réforme fiscale ou l’arrêt de la baisse des dotations aux collectivités locales. On entre dans le congrès. Avec des représentants de courants qui confrontent leurs visions du socialisme français. Maurel, puis Collomb, puis le secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, lui aussi chez les «réformateurs» : «Jaurès, il n’était pas frondeur ! Il était rassembleur !», lance-t-il, provoquant les militants de l’aile gauche en leur parlant de«clarification» et en les mettant en garde devant «un socialisme d’enfermement». Lesquels se mettent à le huer [en réalité, de nombreux observateurs ont noté que le secrétaire d’État s'est fait huer par des délégués de la motion A] lorsqu’il explique que le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a des difficultés parce qu’il y a, au sein de Syriza, une aile gauche… trop à gauche.

Autre porte-voix de l’aile gauche – française –, Jérôme Guedj est ravi de monter à la tribune alors que la salle s’est échauffée. Il est content de succéder à Le Guen : «Cla-ri-fi-ca-tion». Il prend, lui aussi, Valls au mot, et se veut un «socialiste exigeant». «Les engagements du Pacte de responsabilité et du CICE ne sont pas respectés», dit-il, rappelant que le texte d’orientation qui a été choisi à 60% par les militants socialistes reprend la proposition d’une «baisse de la CSG sur les premières tranches» : «Vous l’avez écrit, vous l’avez voté, alors oui, faites-le !» Idem sur l’opposition à«l’extension du travail le dimanche» : «Vous l’avez écrit, vous l’avez voté, faites-le !» 

Quelques interventions plus tard, l’inénarrable Gérard Filoche est là aussi. Il demande un «contrôle» de l’État sur les licenciements et réclame une«unité» de la gauche avec les Verts et le Front de gauche au gouvernement. «Le programme qui en sortira, il sera au cœur de la gauche», conclut-il.

Il aura fallu attendre presque deux jours pour avoir, à Poitiers, un congrès socialiste. C’est tard : dimanche midi, une fois le discours du premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis plié, ce sera déjà terminé.

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 09:26

Le député européen a réveillé la salle en deuxième journée du congrès du PS avec une intervention très critique conclue sur un appel à soutenir : «le peuple grec qui lutte pour sa liberté».

Il aura été le seul à le dire aussi nettement. Samedi après-midi, il est déjà bien tard quand Emmanuel Maurel dit son refus de voir le congrès de Poitiers se terminer« sans un mot, une déclaration de solidarité par rapport au peuple grec durement éprouvé par des politiques d’austérité et qui souffre dans sa chair, rançonné par le FMI et la Troïka ».

La veille, les congressistes avaient discuté d’une résolution sur l’Europe si insipide qu’elle ne comportait qu’une vague allusion à la Grèce. Et Georges Papandreou, l’ancien Premier ministre grec et à ce titre l’un des principaux responsables de la« situation terrible et inacceptable » faite aux Grecs, figuraient parmi les invités d’honneur d’un dîner de gala organisé à la mairie de Poitiers. Le (toujours) président l’Internationale socialiste s’en était même vanté sur son compte Twitter...

C’est donc sous un tonnerre d’applaudissements, qui claquent comme autant de défis à Solférino et au gouvernement, qu’Emmanuel Maurel lance à la fin de son intervention : « Soyons socialiste, soutenons Syriza, soutenons les Grecs qui luttent pour leur liberté. »

Le 77ème congrès du PS ronronnait avant que l’ancien candidat de l’aile gauche au congrès de Toulouse (novembre 2012) monte à la tribune. A midi, Manuel Valls avait lu pendant 54 minutes un discours évitant soigneusement les sujets qui fâchent. Ignorant aussi la désaffection des électeurs. Son oraison s’était achevée par une Marseillaise au garde-à-vous. Après la pause déjeuner, les orateurs des différentes motions avaient repris leur ballet avec 1h15 de retard sur l’horaire prévu, mais parvenir à arracher plus quelques mouvements d’une salle qui se vidait progressivement. Et c’est à 17h30 passé qu’Emmanuel Maurel croisait sur scène François Rebsamen.

D’un ton posé mais ferme, Emmanuel Maurel note que le congrès manque complètement « les urgences » économique et sociale, politique et démocratique. Il ironise sur ceux qui depuis le début du congrès relativisent les quatre défaites électorales successives « en disant à chaque fois que c’est mieux que si c’était pire ». Il dit son désaccord avec « ceux qui disent que le cap est bon, le problème c’est que les Français ne voient pas les résultats ».

Surtout, seul de tous les orateurs, il s’étonne de n’entendre discuter que réforme fiscale et non du niveau des salaires, un vrai « problème » : « Oui il faut agir sur les salaires, agir sur le Smic, lever le gel du point d’indice sur les salaires des fonctionnaires, qui ne sont pas des nantis. » Il ironise encore sur un passage du discours du Premier ministre, allant jusqu’à pointer le double discours de la direction du PS :

« Manuel Valls a dit être très attentif à ce que disent les socialistes. Ben franchement, ça ne se voit pas ! Il y a les déclarations et les actes. Je peux faire la liste point par point des déclarations ministérielles qui contredisent les textes du parti à commencer par ceux de la majorité. Et je peux aussi faire la liste de ce que nous disons chaleureusement et avec fougue à la tribune et de ce que nous faisons après soit à l’Assemblée soit au cœur de l’exécutif qui contredit radicalement ce que nous disons. Cette distorsion spectaculaire entre le dire et le faire contribue largement à la crise de la politique et ce double langage nuit terriblement à notre crédibilité. »

Le diagnostic n’est pas contestable.

 

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 21:48

Vous pouvez retrouver l'intervention de Marie-Noëlle Lienemann au congrès de Poitiers le samedi 6 juin, à partir de 53'40.

Congrès du PS : samedi 6 juin [1ère partie] par PartiSocialiste

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 10:55

Réunis en congrès à Poitiers, les militants restent perplexes face à l'objectif de leur premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, d'atteindre 500 000 adhérents d'ici à 2017.

A Poitiers, Rosalie Lucas | 06 Juin 2015, 06h32 | MAJ : 06 Juin 2015, 09h16

Poitiers (Vienne), hier. Un grand nombre de militants socialistes, qui voient les troupes fondre dans leurs sections, ne croient pas que le parti pourra passer de 131 000 adhérents actuellement à 500 000 d’ici à deux ans. (LP/Matthieu de Martignac.)

Poitiers (Vienne), hier. Un grand nombre de militants socialistes, qui voient les troupes fondre dans leurs sections, ne croient pas que le parti pourra passer de 131 000 adhérents actuellement à 500 000 d’ici à deux ans. (LP/Matthieu de Martignac.)

«500 000 militants en 2017 au PS ? Vous travaillez pour Pif gadget ou quoi ?» Attablés au soleil, pour le premier jour du congrès de Poitiers, ces socialistes ne peuvent s'empêcher de prendre avec un certain humour la question qu'on leur pose sur l'objectif fixé par Jean-Christophe Cambadélis.

Le premier secrétaire, qui vient d'être reconduit à la tête du parti, veut atteindre un demi-million d'adhérents d'ici deux ans. Utopique pour beaucoup. «On a déjà du mal à retenir ceux qui veulent partir, alors 500 000, c'est juste un choix de communication irréaliste», soupire Frédéric.
Actuellement, le PS compte 131 000 adhérents, contre 170 000 fin 2013. Casquette vissée sur la tête, ce militant du Val-d'Oise rappelle que 70 000 socialistes seulement se sont déplacés pour le vote sur les textes des motions. «Il n'y a plus de forces militantes dans ce parti», insiste encore Frédéric, soutien des frondeurs et de leur motion opposée à la politique du gouvernement. «Pour faire revenir du monde chez nous, il faudrait déjà qu'on applique la politique sur laquelle on a été élus», rouspète-t-il. A ses côtés, Yannis, de la fédération du Nord, n'est pas sûr, après huit ans au PS, d'y «rester éternellement». «Les militants s'en vont car on renie nos engagements», regrette-t-il en misant sur une alternative à gauche, «avec Mélenchon, les communistes et les écologistes». «En 2012, on était 150 dans ma section, nous ne sommes plus que 93», renchérit Jean-Michel, des Hauts-de-Seine. «Les déçus, ajoute-t-il, on n'arrive pas à les faire revenir, et ceux qui restent sont défaitistes.»

VIDEO. Parti Socialiste : 500 000 adhérents d'ici 2017, est-ce vraiment possible ?


Parti Socialiste : 500 000 adhérents d'ici 2017... par leparisien

Dans les allées du parc des expositions, ce n'est pas l'affluence des grands jours. Mais heureusement pour Cambadélis, ses troupes ne partagent pas tous le même pessimisme. «500 000, ce sera dur, mais c'est atteignable», estime Philippe. A la tête de la section de Lisieux (Calvados), il a prévu d'aller «chercher du sang neuf dès la rentrée». «Il faut qu'on se fasse connaître sur le terrain, qu'on diffuse nos propositions», explique-t-il. Aller à la rencontre des lycéens, des associations, être plus présents sur les marchés... «Les gens partent parce qu'ils ont l'impression de ne pas être écoutés au sein du parti», témoigne Abderrazak, qui a adhéré au PS juste après le 21 avril 2002 et l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle. «Il faut changer cela, et surtout reparler un langage que les gens comprennent», poursuit-il, regrettant le poids des « technos ».

«Il y a une vraie désaffection du politique, mais quand les gens nous voient combattre sur le terrain, ils viennent vers nous», se rassure Jennifer, secrétaire de section à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), qui se félicite d'avoir eu de nouvelles adhésions compensant ainsi les départs. Responsable lorrain lui aussi, Julien juge que les socialistes doivent changer pour redevenir attractifs. «On est devenus une caricature de nous-mêmes, car nous ne sommes plus qu'un parti d'élus, assure-t-il. On est trop dans l'entre-soi, il faut qu'on parle des combats qui intéressent les gens et il faut remettre de la convivialité dans les sections
Cambadélis réfléchit notamment à simplifier le parcours d'adhésion. «Le premier secrétaire a promis un big bang, il faut lui faire confiance», sourit une militante. «Il faut se fixer un objectif pour faire revenir des militants, mais évidemment, 500 000, c'est trop ambitieux», reconnaît un cadre du parti. A Poitiers, dans la chaleur caniculaire, les socialistes restent lucides.

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