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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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Bien avant Delanoë, les riches tribulations et élucubrations du libéralisme à gauche

Par Antoine Perraud

Mediapart.fr

 

Au congrès d'Épinay, en 1971, François Mitterrand appliquait à la lettre une grammaire propre au parti socialiste sur lequel il faisait main basse : parler dru, tenir un discours hirsute. Hors de la rupture, point de salut.

 

 

Il en était de même, sans les effets d'estrade, en 1965, quand la télévision si corsetée de l'époque s'ouvrait au candidat unique de la gauche (et de l'extrême droite, raillait Malraux, puisque Jean-Louis Tixier-Vignancour devait appeler à voter François Mitterrand au second tour). Interrogé par Roger Louis sur la notion de gauche, il n'était question, dans la bouche du candidat, que du parti du mouvement, seul capable de nous libérer du carcan dans lequel cantonne son monde le conservatisme :

 

 

En accueillant sous la Coupole, en 1998, Jean-François Revel (ancien ministre de la Culture du «gouvernement fantôme» constitué par François Mitterrand, puis candidat FGDS à... Neuilly-sur-Seine !), Marc Fumaroli affirme dans son discours de réception, à propos du futur président socialiste au début des années 1960 : «Il fait figure alors de champion du libéralisme politique face à l'État UNR.»

 

Mais François Mitterrand est obligé de parler, non sans peine, «le marxisme» entre 1965 et 1978. On peut le constater en cliquant ici, face à Robert Aron, dans une émission de 1972, dans laquelle il oppose Marx, dont il entend tirer le meilleur, à «votre Proudhon très libéral [qui] a parfaitement supporté le Second Empire».

 

 

La raison de telles contorsions est donnée sans fard, lors du congrès d'Épinay de 1971, par Pierre Mauroy, qui invente la notion de «révolution dans la sécurité» trois ans avant que Valéry Giscard d'Estaing ne forge son «changement dans la continuité». Les socialistes doivent coller aux communistes pour les dépasser, puisqu'il est impossible de gagner sans eux mais chimérique de l'emporter s'ils continuent de dominer la gauche :

 

 

À la fin des années 1970, dans un programme de FR3 (peut-être L'Homme en question ?) que ne propose pas le portail de l'Ina, François Mitterrand, après une intervention surréelle du philosophe monarchiste Pierre Boutang se définissant tel un «socialiste féodal», dialoguait avec Raymond Aron et revendiquait le libéralisme politique en l'opposant au libéralisme économique. Son credo d'alors était : «On ne peut pas être socialiste sans être contre toutes les formes d'exploitation de l'homme par l'homme et bien entendu en commençant par combattre les formes d'exploitation de caractère économique.»

 

 

Il ne faut surtout pas manquer, le 23 avril 1981, le passage d'un Mitterrand déjà hiératique et comme sur son pinacle, lors des émissions de propagande électorale diffusées par la télévision. Nous sommes à trois jours du premier tour de la présidentielle, et le candidat déclare : «J'ai demandé à deux de mes amis dirigeants socialistes, Pierre Mauroy et Michel Rocard, de venir avec moi aujourd'hui devant vous.» Le second est donc là, en bon perdant (Rocard avait tenté de prendre Mitterrand de vitesse, en octobre 1980, avec un appel de Conflans resté lettre morte). Son rôle est de lever le plus possible le nihil obstat centriste (la mission de Mauroy, qui le précède, consiste à obtenir le plus de voix possibles dans les Antilles). Michel Rocard use de périphrases («réconciliation de la gauche avec l'esprit d'initiative, de responsabilité et de négociation»), sans jamais employer le mot libéralisme. Pour voir ces minutes ébouriffantes, cliquer ici.

 

 

 

Aron-Galbraith

 

Pour se remettre dans l'esprit de l'époque, Brejnev régnant, voici un court extrait d'Apostrophes de janvier 1982. Bernard Pivot, qui reçoit Raymond Aron (1905-1983) et John Kenneth Galbraith (1908-2006), les titille sur le terme «libéral», qui prête à confusion de part et d'autre de l'Atlantique : cliquer ici pour voir le document de l'Ina.

 

 

Aujourd'hui, sur la Toile, la même question continue de susciter des interrogations (comme sur ce site en anglais). Pullulent les définitions, les historiques (sans oublier tel glossaire anti-libéral). Le libéralisme est de gauche, affirment au contraire d'autres, avec une belle constance. La gauche devrait même revendiquer une fierté libérale selon l'historien Zeev Sternell. Le clivage libéral/conservateur primerait, désormais, seul en lice. Henri Weber résume l'affaire à sa façon : «La question n'est pas de savoir si nous sommes pour ou contre l'économie de marché, mais pour quel type d'économie de marché nous sommes.»

 

 

En cette période de basses eaux idéologiques, Nicolas Sarkozy proclame que «l'homme n'est pas une marchandise comme les autres» :


 

 

Mais voici que soudain de joyeux drilles québécois se mobilisent pour nous «libérer des libéraux» :


 

 

Et voici que la désobéissance gronde d'un grondement finalement archaïque, sous couvert de rap :


 

 

Les effigies guignolesques de Johnny et de Doc Gyneco en viennent à donner le la :


 

 



URL source:http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/260508/bien-avant-delanoe-les-riches-tribulations-et-elucubrations-du-liberali
Liens:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/antoine-perraud
[2] http://www.academie-francaise.fr/Immortels/discours_reponses/fumaroli_1998.html
[3] http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=I04184897
[4] http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=CAC01036869
[5] http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=I00018588
[6] http://www.veiled-chameleon.com/weblog/archives/000255.html
[7] http://www.toupie.org/Dictionnaire/Liberalisme.htm
[8] http://74.125.39.104/search?q=cache:5hTiXzQLjSkJ:jmgilbert.blogspirit.com/list/documents/histoire_du_neoliberalisme.pdf définition libéralisme&hl=fr&ct=clnk&cd=361&gl=fr&client=firefox-a
[9] http://www.amis.monde-diplomatique.fr/article111.html
[10] http://www.copeau.org/2/2007/11/13/le-liberalisme-est-de-gauche/
[11] http://copeau.org/index.php?2004/08/25/68-liberal-de-gauche
[12] http://multitudes.samizdat.net/spip.php?article2611
[13] http://www.taurillon.org/Le-clivage-gauche-droite-est-mort-vive-le-clivage-liberal-conservateur
[14] http://www.2007lagauche.net/?q=node/1516
[15] http://www.psinfo.net/entretiens/mitterrand/epinay.html
[16] http://www.lours.org/default.asp?pid=301

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