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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 08:43

Barbara_Romagnan.jpgL’actualité estivale a été, comme chacun sait, marquée par le démantèlement de plusieurs campements roms, en particulier dans les agglomérations de Lille, de Lyon et plus récemment d’Evry. Ces événements ont relancé, au sein de la gauche, un débat sur l’accompagnement et la prise en charge de ces populations. Cette problématique est complexe. A travers les Roms, ce sont en effet nos politiques d’intégration, de logement, d’insertion sociale et professionnelle qui sont interrogées.

A cet égard, il me semble particulièrement important que nous, représentants de la Nation, soyons en mesure de tenir un discours apaisé sur ce sujet, loin du discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy en 2010. Il me semble par ailleurs fondamental de ne pas réduire ce débat à l’application ou non des lois en vigueur. Cela ne doit en effet ne doit pas interdire de s’interroger plus avant sur leur évolution et surtout sur le devenir de ces populations.

Le terme « Roms » : savoir de qui l’on parle

A titre liminaire, il convient de rappeler ce que désigne sémantiquement le terme de Roms, tant les confusions et les amalgames semblent nombreux. Selon la définition qu’en donne l’Union européenne (UE), les Roms sont un large ensemble d’individus (Manouches, Gitans, etc.) ayant en commun une origine indo-européenne et une langue initialement commune. Un peu plus d’un million de personnes vivant en Europe répondent à cette définition.

Toutefois, sur notre sol, ce terme générique n’est généralement pas employé. On parle de « Tsiganes » pour désigner un certain nombre de populations nomades initialement originaires du nord de l’Inde et de l’Europe de l’Est, présents en France depuis le quinzième siècle. Ils sont actuellement entre 350 000 et 400 000 sur notre sol, tous ou presque de nationalité française et généralement encore de culture nomade. Ces personnes se distinguent toutefois fortement par leur religion –certains sont de confession catholiques, d’autres évangélistes- leur rapport au voyage, et bien entendu leur niveau de vie.

Quant au terme « Roms », il fait référence à une population dont les membres sont des ressortissants de l’Union européenne, essentiellement de nationalité roumaine et bulgare, et arrivés en France après la chute du mur de Berlin et à la suite de l’intégration de leur pays dans l’espace européen. Selon les associations concernées par ces populations, il y aurait actuellement en France entre 15 000 et 20 000 personnes répondant à cette définition, qui s’installent essentiellement aux abords des grandes agglomérations. Au contraire des Tsiganes encore souvent attachés à la culture du voyage, tous les Roms ou presque aspirent à un mode de vie sédentaire.

Enfin, rappelons qu’en France et dans huit autres pays de l’UE, des mesures transitoires sont appliquées aux travailleurs bulgares et roumains depuis l’entrée de leur pays dans la communauté européenne en 2007. Contrairement aux autres Européens, ces personnes doivent posséder une carte de séjour au-delà de trois mois passés en France. Elles doivent par ailleurs disposer d’une autorisation de travail, dont l’obtention est facilitée pour une liste précise de professions. Les Roms originaires de Roumanie et de Bulgarie sont concernés par ces mesures transitoires, dont l’UE prévoie la levée au plus tard le 31 décembre 2013.

Des populations différentes, aux besoins divergents

Ce bref état des lieux permet de mesurer les fortes différences existant entre ces populations, regroupées sous une dénomination unique par l’UE. Leurs besoins sont loin d’être identiques.

Nous parlons d’une part de 350 000 à 400 000 Français de culture nomade. Les problématiques qui s’attachent à leur mode de vie sont connues de longue date : accès à des terrains adaptés et de qualité, à l’éducation, à la formation professionnelle, à la santé, aux droits civiques, etc. Il est également impératif de permettre une bonne cohabitation entre ces personnes et le reste de la population.

Nous parlons d’autre part de 15 000 à 20 000 migrants économiques, souvent travailleurs pauvres et victimes de discriminations dans leur pays d’origine, et qui sont par ailleurs des citoyens européens « en devenir » aux droits restreints. La principale problématique soulevée ici est indéniablement celle de l’intégration sociale et économique. Il s’agit là non seulement d’un devoir républicain, mais aussi d’une obligation légale : à partir de 2014, ces personnes feront en effet pleinement partie de l’UE, disposant des mêmes droits que tout citoyens de l’Union, dont de la liberté de circuler et de travailler.

Des politiques efficaces peuvent être mises en œuvre

Pour chacune de ces populations, des solutions existent. Des politiques efficaces peuvent être menées au service des ces populations.

En ce qui concerne les Tsiganes, leur situation a évolué dans le bon sens avec l’obligation faite aux communes de plus de 5000 habitants de prévoir l’aménagement d’aires d’accueil. Reste à faire en sorte que les schémas de construction soient respectés et que ces aires soient d’une qualité égale sur l’ensemble du territoire. Il est par ailleurs indispensable de s’interroger sur la diversification de l’habitat, afin d’être en mesure de répondre aux particularités de chaque situation. Ainsi, il est possible de mettre en place, en plus des aires « classiques », des aires de plus petit passage, des terrains familiaux, des terrains négociés et des habitats en « dur » pour les Tsiganes choisissant la sédentarisation.

Il faut par ailleurs prendre davantage en compte ces populations dans nos systèmes d’éducation et de formation. Là encore, la situation a progressé. Grâce au travail de l’Education nationale, d’associations locales et de collectivités, plusieurs camions-écoles circulent désormais dans les départements francs-comtois afin de permettre la scolarisation des enfants tsiganes. Un projet de formation professionnelle destinée aux adultes est par ailleurs à l’étude. Autant de mesures qui peuvent être étendues, en s’appuyant sur les collectivités volontaristes et les associations locales qui travaillent avec les Tsiganes.

Pour ce qui est des Roms, il faut bien entendu travailler à un accès plus large au marché du travail. A cet égard, je salue les décisions prises il y a peu par le gouvernement concernant la levée de la taxe pesant sur les employeurs embauchant des personnes roumaines ou bulgares et l’élargissement de la liste des professions qu’elles peuvent exercer. Comme l’a également souligné la Commission européenne, ces mesures vont dans le bon sens : donner à une personne la possibilité d’exercer un emploi, c’est lui permettre d’avoir un revenu, un logement, et de s’insérer durablement dans notre société.

Reste à travailler sur la question des expulsions : outre qu’elles sont bien souvent indignes, elles sont la plupart du temps inefficaces, puisqu’elles concernent des personnes susceptibles de revenir à tout moment et en toute légalité sur notre sol. Il serait plus judicieux de consacrer nos efforts à la mise en place de véritables solutions d’accueil et d’hébergement, assorties d’un accompagnement social chaque fois que nécessaire. Rappelons-le : les Roms ne vivent pas dans des campements insalubres par choix. Leur permettre l’accès à un habitat digne favoriserait aussi la scolarisation des enfants et le suivi médical de ces publics. Des expériences ont déjà été menées en ce sens (villages d’insertion, logements en diffus, etc.) et peuvent servir de bases à une réflexion plus large, permettant d’éviter les démantèlements de campement sans solution.

Enfin, ce travail ne pourra se faire sans médiation. Là encore, ceci n’a rien d’impossible. Nous avons la chance de pouvoir compter sur des collectivités, des associations et des acteurs locaux engagés sur ces questions et ces problématiques. L’Etat doit les mobiliser autour d’un objectif d’intégration à long terme. Au-delà, il doit rappeler, contrairement à ce qu’a fait le précédent gouvernement, que la France est engagée dans un destin commun avec l’ensemble des autres Etats membres de l’UE et de leurs habitants. Roumains et Bulgares seront, dans un an et demi, des citoyens européens à part entière. Il faut s’y préparer, en prenant dès maintenant les mesures qui s’imposent.

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Published by Barbara Romagnan - dans Société
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commentaires

Wilder pascal 28/08/2012 18:17

J'apprécie ton article, mais je vais te relaté des faits que j'ai vécu. A la fin des année 90 je travaillais avec le centre Pieere Valdo à Lyon que tu as peut être connu, ce centre de loisirs
recevait tous les mercredis les premiers enfants roms, je dis bien roms qui étaient logés avec leurs parents à Vénnissieux. Donc en tant que taxi j'allais chercher ces enfants et systématiquement
les parents refusaient de nous les confier pour les envoyer mendier. le 2ème fait est la première évacuation des ROMs de l'air Hollande celle de la gare de Perrache dont je suis peut être un peu à
l'origine la situation n'était plus vivable, ces personnes vivaient au milieu de leurs excréments, ils avaient des bouteilles de gaz, les enfants de très bas âge étaient sans surveillance au milieu
de nos taxis avec un vrai risque de se faire écraser, de plus j'avais eu des infos que certaines personnes voulaient mettre le feu à ce squatt. Tout ça pour dire que la situation n'ai pas facile et
que tout n'est ni noir ni blanc. Il va de soit que je souhaite que ces personnes vivent dans des conditions décente, car je suis avant tout comme toi UMAniste.