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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 09:40

Gerard Filoche 1 blogFrançois Hollande dimanche 29 avril à Bercy :

1°)« que la BCE puisse faire des prêts directement aux états ». 22 ans après voilà enfin Maastricht remis en cause

2°) pour un gouvernement de la gauche, EELV PS FdG !

Laurent Joffrin milite déjà contre :

Le directeur du Nouvel Observateur termine son éditorial de la semaine du 1er tour en recommandant un « gouvernement de Bayrou à Poutou sans exclusive  » (sic). On peut être ému de cette sollicitation qui vise à rassembler la gauche, mais pourquoi y mêler la droite ?

Le Nouvel Observateur publie en même temps un appel de 13 personnalités (F. Bredin, JN Jeanneney, M. Wievorka, B. Stora, H. Leclerc, JP Mignard, Michel Broué, L. Joinet, M. Ozouf…) demandant «  qu’une vaste coalition se forme ».. « Qu’importe s’ils viennent de la gauche radicale, de la social-démocratie, de l’écologie, du courant démocrate ou du gaullisme social. Et tant mieux s’ils viennent d’un arc le plus large, du Front de gauche au MoDem… »

Jean-Paul Huchon, président PS du conseil régional d’Ile-de-France, et Bernard Brun, ancien collaborateur de Raymond Barre, en appellent aussi aux électeurs centristes pour « la mobilisation du plus grand nombre » autour de François Hollande. Ceci « pour aider le pays à affronter une phase nouvelle et difficile de son histoire, à la manière du Conseil national de la résistance, ou dans l’esprit qui avait animé « La France unie » en 1988, c’est-à-dire quand la gauche rassemble ou participe à un rassemblement qui la transcende

Laurent Joffrin ne se fait pas aucune illusion sur le fait que Philippe Poutou participe. Joffrin sait que le FdG ferait immédiatement un point de clivage de la participation de la droite Modem. En proposant un gouvernement de « large alliance » , il propose donc, mais de façon perverse, un gouvernement PS-Modem plutôt qu’un gouvernement de toute la gauche.

Pourquoi Joffrin d’habitude plus direct a t il besoin de ce détour, de proposer Poutou, pour faire accepter Bayrou ?

Parce que, ce faisant, il s’oppose à François Hollande lui-même : celui-ci avait assuré la veille sur RMC et BFMTV qu’il « gouvernerait à gauche », « qu’il n’y aura pas d’ouverture » et que son Premier ministre « sera socialiste » s’il est élu le 6 mai.

« Pour que je devienne le prochain président, il convient que des électeurs qui ont pu se tromper en votant Nicolas Sarkozy la dernière fois fasse un autre choix cette fois-ci, et moi je ne repousse personne », a déclaré M. Hollande. « En revanche, je suis socialiste, je suis de gauche et je gouvernerai avec la gauche, il n’y aura pas d’ouverture. Mon Premier ministre sera socialiste c’est clair, je dis tout, je ne cache rien », a-il ajouté. « Le lendemain de l’élection présidentielle, si je suis élu, il y aura 48, 49% des Français qui n’auront pas voté pour moi, je ne vais pas leur jeter un sort ni les montrer du doigt, leur dire que je les stigmatise. Non, je les associerai aussi non pas par un gouvernement, mais je les associerai aussi à la reconstruction, au redressement du pays », a expliqué le candidat socialiste. Interrogé sur la possibilité que François Bayrou accepte de devenir le Premier ministre de Nicolas Sarkozy si ce dernier était réélu, M. Hollande a répondu : « - Je n’en sais rien ça le regarde et s’il le fait je ne le jugerai pas mal. Ça veut dire qu’il se sera retrouvé dans la démarche, les idées, les propositions de Nicolas Sarkozy, c’est son problème ».

Joffrin et les milieux où il baigne n’aiment décidément pas cela, alors ils commencent à leur façon ouatée une campagne contre un gouvernement de gauche. Ils ont tous noté que le soir du 1er tour, François Hollande n’avait salué que deux personnes, Eva Joly et Jean Luc Mélenchon, sur le même plan. Il a noté que François Hollande soulignait avoir « un point commun » avec le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon : « Le refus du traité Européen sur les disciplines budgétaires tel qu’il a été signé en mars ».

Le 29 avril François Hollande va plus loin : observant que la simple annonce de sa victoire fait bouger les liens dans toute l’Europe, il appelle au meeting de Bercy à ce « que la BCE puisse faire des prêts directement aux états ».

« On peut regarder ce qui nous sépare, on peut regarder ce qui nous rapproche. J’ai été dans le même parti que Jean-Luc Mélenchon donc il y avait beaucoup de choses qui nous unissaient » ajoutait M. Hollande sur RMC et BFMTV. Ils noteront sûrement qu’à Bercy, dimanche 29 avril, François Hollande a dit « merci » à « Eva Joly et à Jean-Luc Mélenchon ». François Hollande, même entre les deux tours, ne cesse de répéter : «  – Je suis socialiste, je suis de gauche, je ne veux tromper personne ». Et à la télévision jeudi 26 avril devant 6 millions de téléspectateurs François Hollande a répété que le gouvernement était naturellement ouvert à Jean-Luc Mélenchon mais qu’il ne voulait forcer personne, que ce serait « sa liberté ». Le gouvernement qui sera nommé le 15 mai devrait donc être socialiste même si ça déplait aux partisans de l’ouverture au « centre ».

Mais qu’en sera t il après le 17 juin ? Selon le résultat des législatives, la majorité peut avoir différentes configurations.

Les Verts sont prêts à participer et il y a un accord entre PS et EELV pour les circonscriptions et le vote.

C’est plus complexe du côté du Front de gauche et de Jean-Luc Mélenchon. Le Fdg a proposé une négociation pour étudier les cas des circonscriptions où le risque de triangulaires pouvait écarter la gauche du 2e tour et lui imposer un choix entre deux candidats UMP ou FN. Ce risque peut être plus ou moins important et nécessite en effet, une négociation sérieuse et si possible un accord.

En fait les trois principales forces de gauche EELV, PS et FdG ont intérêt à s’entendre aux législatives.

Pareille entente exige respect et reconnaissance mutuelle entre partis de gauche. Avec les Verts, ça va. Mais une partie de la base du Parti de gauche qui  nie que le PS soit « de gauche » ou vote le 6 mai « en se pinçant le nez » devra y réfléchir à deux fois et s’engager dans une voie unitaire. Quand Mélenchon a appelé dès le 22 avril à voter  Hollande pour battre Sarkozy « comme si vous votiez pour moi », cela semblait signifier la priorité du combat gauche droite incluant le PS.

Mais JL Mélenchon a solennellement répété qu’il « ne participerait qu’à un gouvernement qu’il dirigerait » (sic). Puis, en dépit d’un résultat à 11,1 % des voix,  il a affirmé qu’il « serait au pouvoir avant 10 ans » (sic). Et il refuse d’ici là d’être ministre, de participer au gouvernement de François Hollande. C’est un positionnement qu’on appellera « en embuscade », le PG attend donc son heure. Il laisse entendre que le PS et Hollande échoueront et qu’alors viendra son heure.

Ce qui ne semble pas forcément le point de vue du PCF : pour le 18 juin, ce dernier pourrait examiner avec plus d’ouverture la composition du gouvernement en lien avec une discussion et un accord politique propres à la nouvelle majorité parlementaire. Il y a place pour une certaine latitude entre la majorité présidentielle et la majorité parlementaire : entre les 60 propositions de François Hollande du 6 mai et un accord de gouvernement selon les résultats des votes des 10 et 17 juin.

Par exemple, si le PCF proposait 35 60 1700 20 et que les syndicats ramaient aussi dans ce sens, Hollande qui a annoncé des négociations ouvertes sur les salaires et les 60 ans, pourrait entendre.

Mais cela se complique en ce que JL Mélenchon a déclaré que c’est à l’Assemblée que le FdG se battrait et surtout  que, pour cela, il souhaitait que le PS n’ait pas la majorité à l’Assemblée à lui tout seul !  Difficile de souhaiter cela… et ne pas vouloir ensuite prendre ses responsabilités pour qu’une majorité et un gouvernement de gauche existent quand même.

Admettons que son souhait soit exaucé : si le PS n’a pas la majorité absolue, il lui faudra nouer un accord. Si les députés Verts suffisent en nombre, il y aura un accord avec eux seuls. Si ce n’est pas le cas, il faudra un accord plus large. Dans ce cas, le choix sera clair : soit alliance avec les députés du Front de gauche, soit, et Laurent Joffrin milite donc déjà pour cela, un « arc plus large d’alliance » avec le « courant démocrate ou du gaullisme social » (sic).

Il vaut mieux, dans l’intérêt de la gauche et de la politique qui sera concrètement suivie un gouvernement de toute la gauche. Sans le Modem ou un autre élément de droite qui tirerait dans le mauvais sens.

Voilà pourquoi il est cohérent de militer pour un gouvernement PS-EELV-FdG  c’est-à-dire, pour résumer auprès des dizaines de millions d’électeurs, un gouvernement Hollande, Mélenchon, Joly.

Ne pas y participer pour garder les mains propres, c’est ne pas se servir de ses mains  et laisser d’autres amener leurs mains sales.

Impossible de souhaiter « je ne veux pas que le PS soit majoritaire à l’Assemblée » et affirmer « s’il est minoritaire je ne l’aiderais pas à avoir une majorité ».

Impossible aussi de dire : « de toute façon ils vont échouer et j’attends mon heure ». Si le PS perd, toute la gauche perdra avec lui. Ce ne sera pas l’heure du reste de la gauche mais du retour de la droite. Qui attend ainsi son heure sans agir, creuse sa tombe. À ne pas peser pour gagner ensemble, on perd sans avoir pesé : aucun électeur n’en sera reconnaissant ensuite.

Ça s’est toujours passé ainsi. Rien de grand ne se fait sans l’unité de toute la gauche. Il faut réussir cette unité EELV-PS-FdG ou renoncer à gagner.

Le 6 mai, cela peut être la 2e fois qu’un président de gauche sera élu en 54 ans. La gauche sera dans des circonstances exceptionnelles, elle n’a pas le contrôle de l’économie, mais elle détiendra toutes les institutions, la Présidence, le Sénat, l’Assemblée, les régions, les départements, les villes. La victoire de François Hollande est un point d’inflexion pour toute l’Europe : les peuples y voient déjà un signe pour se soulever contre la dictature de la finance et de leurs valets néolibéraux. Ça pousse fort en ce sens, peut être plus fort et plus vite que prévu.

Mais il ne faut pas rater le coche : c’est François Hollande qui vient d’offrir l’unité de la gauche avec obstination, les sociaux libéraux essaient donc déjà de l’en dissuader. Ils y opposent un forme d’unité nationale… Refuser cette main tendue, ne pas saisir le frémissement qu’il y a en Europe  pour faire basculer contre le traité budgétaire, n’est pas de bonne politique. Merkel sera sur la sellette après la défaite de Sarkozy, il faut aider à faire son siége, ne pas déserter ni attendre.

Gouvernement sans exclusive de toute la gauche, EELV, PS, FdG et Philippe Poutou s’il veut … mais pas Laurent Joffrin !

Gérard Filoche

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Published by Gérard Filoche - dans à Gauche...
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