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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 11:04

Public-Senat-31-oct-2013-le-22h-300x178.pngLa ritournelle sur les faiblesses de la France et du modèle français est insupportable, injuste  et paralysant.

Une fois de plus, notre pays démarre l’année sous une pression anxiogène permanente. La France serait au bord du gouffre, un pays hyper endetté, un pays de fainéants qui n’aimeraient pas le travail, et qui plus est avec un coût du travail exorbitant qui plomberait notre compétitivité en chute libre.

Les dépenses publiques seraient insupportables et manifesteraient un gaspillage exorbitant. L’Etat vivrait au-dessus de nos moyens. Nous serions envahis par des immigrés qui viendraient nous appauvrir et profiter de notre système social. Le niveau scolaire et culturel baisserait inexorablement. La France  serait en voie de quart-mondisation.

Notre pays asphyxierait les riches sous le poids des impôts  qui fuiraient en masse vers d’autres terres plus accueillantes, nous privant ainsi de leurs généreuses mannes.

Notre pays ne serait pas attractif pour les autres, incapable de leur permettre de valoriser leurs investissements, engoncé dans une bureaucratie étouffante, paralysé régulièrement pas des grèves.

Et pour finir, il y aurait l’insolent succès allemand  fondé sur les efforts de ce peuple courageux, travailleur, flexible avec de bons ouvriers qui eux  comprennent leurs patrons et sont capables de se mettre d’accord dans l’intérêt de leur entreprise !

Les français n’aimeraient pas l’entreprise et ne comprendraient rien à la mondialisation. Ils seraient pris d’un prurit franchouillard et d’une inconscience crasse sur les défis du monde et  les exigences européennes.

Cette stratégie de la peur n’est pas neutre. La droite et les libéraux de tous poils l’utilisent pour montrer que nous n’avons pas le choix que la situation est si grave qu’il faut «avoir le courage» de trancher dans le vif. Et le vif en général s’est de réduire la voilure publique, les droits sociaux, de mettre en cause les immigrés, de favoriser les plus aisés, de se mouler dans le système qu’ils veulent imposer partout.

On aurait pu attendre que nos dirigeants et la gauche mènent sans défaillir la bataille culturelle, offre un  regard plus objectif de la situation et  un diagnostic cohérent sur les enjeux.

Oui il y a des problèmes mais pas nécessairement ceux que la droite pointe en permanence pour justifier sa politique. Et ce sont plutôt à ceux-là qu’il faudrait s’attacher à résoudre.

Nous savons désormais, avec les lois de la relativité que l’observateur perturbe l’observation.

Déjà, lorsque nous étions dans l’opposition certains socialistes étaient pour le moins perméables aux thèses libérales ou à l’air du temps, incapable d’engager la contre-offensive laissant  s’insinuer de fausses vérités qui à force d’être répétées paraissent incontestables.

La campagne électorale avait laissé ces lieux communs et les poncifs libéraux de côté. Car notre peuple n’est pas guère malléable et n’est pas convaincu de la globalisation heureuse et du bien-fondé de la concurrence libre et non faussé, du primat du marché et autres sornettes.

Mais je dois dire que je trouve particulièrement alarmante, cette abdication devant certains discours, analyses et thèses de la droite qui s’est très vite manifestée de la part du président de la République et parait encore plus accentuée lors de ses vœux aux Français.

De fait, non seulement il désarme la gauche mais aussi au-delà, un grand nombre de français qui ne partagent pas cette vision cauchemardesque du modèle français et souhaitent le faire évoluer mais pas y renoncer.

NON le problème majeur de la France n’est pas l’Etat, son poids, son coût. Il devrait au contraire être un acteur majeur des solutions. Les dépenses de l’Etat ne sont pas exorbitantes.

L’ennemi serait la dépense publique et l’Etat. Elle serait hors de raison. Nous aurions le record toute catégorie des dépenses publiques en pourcentage du PIB. D’abord ce n’est pas exact, il y a au moins le Danemark qui nous dépasse de plus d’un point et demi. Mais il est vrai que l’on se trouve à 6,5 points au-dessus de la moyenne européenne. Mais l’essentiel de cet écart est lié aux dépense de protection sociale (dans de nombreux pays, ce sont des assurances privées... mais qui si elles ne sont pas publiques et payées par l’impôt coûtent cependant cher aux citoyens !), un peu l’enseignement – mais on dépense moins qu’en Suède, au Danemark et au Royaume-Uni et notre pays compte beaucoup de jeunes à la différence de bien des autres –, la défense – moins qu’au Royaume-Uni – et pour le logement et équipements collectifs.

En revanche contrairement à ce qu’on dit le train de vie de l’Etat n’est pas trop coûteux puisque dans les comparaisons européennes, les dépenses dites services généraux se situent pour la France en dessous de la moyenne européenne (6,4% PIB en France pour 6,8% pour moyenne zone Euro). Et si dans les dépenses publiques nous enlevons la protection sociale, l’ensemble des dépenses de l’Etat et des collectivités locales représentent 22,4% du PIB soit moins que la moyenne de la zone euro (22,6%).

Donc tous les raisonnements sur la baisse de la dépense publique, des crédits budgétaires et la réduction du nombre de fonctionnaires sont hors de propos. Qu’on cherche à mieux gérer tous ces crédits pour améliorer l’efficacité, mieux atteindre nos objectifs en particulier de croissance et d’emploi et combattre les gaspillages est un exercice salutaire et normal en démocratie.

Mais théoriser la baisse conséquente de ces dépenses est une erreur. Car la priorité n’est pas à réduire la voilure de l’Etat, mais bel et bien de créer davantage de croissance.

Ce n’est pas le chemin qu’avait pris la droite, ce n’est pas non plus celui que prend le gouvernement. Rappelons que la dépense publique n’a jamais aussi peu que ces dernières années, qu’elle ne connait donc nulle dérive et qu’au contraire, elle est déjà soumise à de nombreuses restriction. Elle n’a augmenté en volume que de 1,4% par an en moyenne depuis 2007, contre plus de 2% par an au cours de la période antérieure. Cette hausse ne sera même plus que de 0,9% en 2013 et de 0,5% en 2014 ! Si, depuis le début de la crise, la part des dépenses publiques par rapport au PIB s’est accrue, malgré tous ces efforts de maîtrise, c’est seulement parce que la croissance (au dénominateur) fait défaut.

Voilà un des enjeux majeurs du changement indispensable de cap.

Réduire les dépenses publiques aujourd’hui est une grave erreur car contribue à plomber la croissance sans laquelle on ne saura réduire nos déficits. François Hollande dans les engagements présidentiels soulignait la nécessité d’une croissance supérieure à 2% pour atteindre ses objectifs. Faut-il s’en donner les moyens et c’est pourquoi rien n’est plus urgent qu’un plan de relance. Hélas, tel n’est pas la voie choisie par le Président ! Mais en tout cas, nous ne devons pas laisser sans riposte et sans arguments se dérouler cette litanie d’inexactitudes dangereuses.

Le psychodrame chronique entretenu sur le coût démesuré de l’Etat et le nombre de fonctionnaire n’est en rien  fondé et n’est que la conséquence de dogmes libéraux. Et d’ailleurs, pour l’heure, si les zélateurs de la baisse de la dépense publique sont prolixes pour défiler des banalités, sur le mille feuilles administratif, la disparition d’un échelon territorial, où nous ressortent les préconisations du rapport Attali, publié sous Sarkozy mais bible éternelle de nos hauts fonctionnaires qui conseillent tous les gouvernements. Ils sont très peu loquaces auprès de nos concitoyens sur les coupes sombres à engager.

Or, s’il est vrai qu’il faut réorganiser l’Etat, améliorer la qualité et l’efficience des services publics – en associant d’ailleurs étroitement les fonctionnaires qui sont souvent les premiers à observer des disfonctionnements et à proposer de nouvelles pratiques – cela ne peut en aucune façon se faire en réduisant les crédits et les effectifs. Au contraire. Chacun s’alarme chaque fois que des fraudes sont observées dans l’agro-alimentaire, que le respect des normes sociales n’est pas assuré avec les travailleurs détachés venant d’autres pays européens mais ne veut pas voir que nous manquons de personnels pour les contrôles sanitaires, à la direction de la consommation et des fraudes ou d’inspecteurs du travail. Qui ne voit que nous manquons de postes dans les services fiscaux pour accroitre la chasse à l’évasion et à la Fraude fiscale…je donne ces exemples – limités – liés à l’actualité mais on pourrait parler du manque de juge et de greffiers, de policiers sans parler des hôpitaux etc.

Il vaudrait mieux regarder avec précision comment concevoir l’Etat pour le XXIeme siècle et  réinventer un état acteur du redressement économique et républicain de la France plutôt que de l’appauvrir pour des comptes d’apothicaires qui de surcroit risquent de s’avérer vains.

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Published by Marie-Noëlle Lienemann - dans Questions économiques
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