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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 14:58

Traité européen: le PS ne fait pas le plein

Mediapart.fr - 9 octobre 2012 | Par Mathieu Magnaudeix

« Le scrutin est ouvert… » Les députés pianotent sur leur pupitre, et quelques secondes plus tard, c'est la fin du vote. Ce mardi à 16 h 37, les députés français ont ratifié à une écrasante majorité le traité de stabilité, de coordination et de gouvernance (TSCG), le fameux pacte budgétaire négocié avant la présidentielle par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.

Sur 568 votants : 477 pour, 70 contre, 21 abstentions. « La gauche s'est réunie pour voter ce traité, elle n'aurait pas eu besoin des voix de la droite », se félicite illico le président de la République François Hollande. Voire.

Depuis cet été, l'exécutif avait fait du vote de ce traité un test politique, n'hésitant pas à dramatiser les enjeux. Il souhaitait un vote limpide, sans les voix de l'opposition. Alors certes, le traité a été largement approuvé, et par une « majorité absolue de gauche » : 282 députés de gauche ont voté pour. C'est donc 8 voix de plus que le seuil de la majorité absolue – 274 pour ce vote.

Sauf qu'à y regarder de plus près, le PS n'a pas fait le plein. Ainsi, 20 des 297 députés socialistes et apparentés, pour l'essentiel des proches de Benoît Hamon, ont voté contre. Un chiffre plus élevé que certaines estimations ayant circulé ces derniers jours, qui faisaient état d'une toute petite poignée d'irréductibles. Par ailleurs, 9 se sont abstenus, et 5, dont le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, n'ont pas pris part au vote. Mais « ils ont fait savoir qu'ils avaient voulu “voter pour” », a précisé l'Assemblée nationale.

Techniquement, le PS n'atteint donc pas la majorité absolue des 577 députés de l'Assemblée nationale, qu'il détient pourtant en temps normal. « On calcule quand même les majorités sur des suffrages exprimés jusqu'à nouvel ordre ! » martèle après le vote Alain Vidalies, le ministre des relations avec le Parlement.

Dans le camp des “contre” de la majorité : 12 écologistes sur 17, 10 élus Front de gauche et 3 ultra-marins associés aux élus communistes.

Deux députés écologistes se sont abstenus (dont la présidente de la commission des affaires européennes, Danielle Auroi), de même que 2 radicaux (dont Olivier Falorni, victorieux de Ségolène Royal à La Rochelle en juin).

En revanche, l'exécutif a pu compter sur le renfort de 14 députés radicaux sur 16, de 3 écologistes sur 17, et d'un élu des Dom-Tom. Mais aussi, à droite de l'hémicycle, de 195 voix centristes et de l'UMP.

Sitôt après le vote, le premier ministre s'est fendu d'une courte déclaration de six minutes dans un bureau de l'Assemblée. Flanqué des ministres Vidalies et Cazeneuve (affaires européennes), Jean-Marc Ayrault a exprimé la « satisfaction du gouvernement », après qu'une « très large majorité de députés a approuvé » le traité. « Il a fallu beaucoup travailler, convaincre au regard des divisions passées », a-t-il rappelé. Une allusion aux traumatismes de 2005. Il n'en reste pas moins que si ce vote-là ne laissera sans doute pas autant de traces que les déchirures du traité constitutionnel, il fait apparaître des divisions au sein de la majorité.

Du vote, Mathieu Hanotin, député de Seine-Saint-Denis et partisan du non, retient surtout qu'« il y a une soixantaine de voix de gauche contre ou d'abstentions ». De fait, deux mois de discussions, de tête-à-tête et et de dramatisation de l'enjeu par l'exécutif n'auront fondamentalement pas changé le rapport de force au sein de la majorité, et pas davantage au sein du groupe socialiste. « On aura douze petits “non” et cinq ou six abstentions, ça ne fera pas vingt au total », pronostiquait avant le scrutin le porte-parole du groupe PS à l'Assemblée, Thierry Mandon, pariant sur une « décantation ». Des propos un peu trop optimistes.

Hanté par les débats houleux et les déchirures de 2005, l'exécutif souhaitait avant tout éviter un remake des épisodes douloureux du traité constitutionnel. Depuis plusieurs semaines, les chefs de la majorité ont donc multiplié les pare-feu.

Dès cet été, le ministre des affaires européennes, Bernard Cazeneuve, fabiusien et partisan du “non” en 2005, a reçu les députés par petits groupes afin de les sonder mais aussi de convaincre. Les “nonistes” de 2005, comme le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, ont été envoyés en mission, dans les médias notamment, pour prêcher la bonne parole. Clin d’œil à cette grande partie de la gauche qui associe le traité et l’austérité, Bartolone a même été le premier à remettre en cause les sacro-saints 3 % de réduction du déficit public en 2013, un objectif « intenable » selon lui. Visiblement fébrile, le pouvoir a géré le débat d’une curieuse façon, prônant la discussion mais multipliant aussi rappels à l’ordre secs, vraies tentatives de verrouillage et dramatisation, parfois jusqu'à l'excès.

L’offensive a commencé fin août. À La Rochelle, le rendez-vous annuel des socialistes, l’encore première secrétaire du PS Martine Aubry estime que les opposants au traité devront « en tirer les conséquences ». Autrement dit : faire leurs valises. Un avertissement très net envers celui qui fut longtemps porte-parole du PS à ses côtés, le ministre et animateur de l’aile gauche Benoît Hamon. Le dimanche suivant, le premier ministre Jean-Marc Ayrault tape du poing sur la table : « Lorsqu'une décision sur une question aussi importante est prise, elle doit être respectée. Il faut des limites. » À plusieurs reprises, le chef de file des députés PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux, redira qu'il n'y aura « pas de liberté de vote » pour les députés PS.

Proches de Hamon… mais pas seulement

Au début du mois de septembre, ces coups de menton commencent à exaspérer une partie du groupe. L’aile gauche rêve de faire tache d’huile, et de déclencher une cinquantaine d’abstentions. L’exécutif, qui tient une comptabilité minutieuse des non et des contre, comprend qu’il est allé trop loin dans la caporalisation.

Il adopte alors une stratégie plus douce : plus de grandes déclarations publiques, mais des coups de fil, des tête-à-tête, des apartés, ciblant en priorité les hésitants. La semaine dernière encore, le président du groupe PS, Bruno Le Roux, organise dans le groupe un vote à main levée qui n’était pas prévu. Sur les 200 députés présents, seuls 13 votent contre, deux s’abstiennent. Le lendemain, le même envoie aux députés une lettre au ton comminatoire : « Les questions qui engagent le groupe, sont librement débattues, mais une fois la position du groupe arrêtée, la discipline de vote et d'expression est une règle impérative. » Selon Les Échos, Jean-Marc Ayrault, ancien président du groupe PS, a même pris son téléphone ce week-end pour appeler les derniers hésitants.

Craignant que les députés ne se lâchent sur le traité, Matignon décide même de ne pas soumettre au vote la déclaration de politique européenne de Jean-Marc Ayrault du 2 octobre. Jusqu’au bout, l’exécutif aura donc tout fait pour éviter la dispersion.

Résultat ? Rien, en tout cas pas grand-chose au regard des efforts déployés.

Outre les trois proches de Jean-Pierre Chevènement, qui défendent une ligne souverainiste, la vingtaine de députés du groupe socialiste qui ont voté “non” compte surtout une grande partie des amis de Benoît Hamon (qui est en revanche resté assez silencieux tout au long de cette séquence).

Les figures connues de l'aile gauche, comme Pouria Amirshahi (Français de l'étranger), Pascal Cherki (Paris), Jérôme Guedj (Essonne), Razzy Hammadi et Mathieu Hanotin (Seine-Saint-Denis) ou Barbara Romagnan (Doubs). Et bien sûr Henri Emmanuelli (Landes), le vétéran.

Mais aussi des figures de la génération montante du PS, plutôt jeunes, primo-élu(e)s et pour la plupart proches d'Un monde d'avance, le club des “hamonistes” du PS : Fanélie Carrey-Conte, suppléante de la ministre George Pau-Langevin, une des benjamines de l'Assemblée ; Linda Gourjade (Tarn) ; Nathalie Chabanne, la “tombeuse” de François Bayrou dans les Pyrénées-Atlantiques ; Denys Robiliard (Loir-et-Cher), Gérard Sébaoun (Val-d'Oise), Marie-Line Reynaud (Charente), Christophe Léonard (Ardennes). Parmi “les non”, et en dehors des réseaux Hamon, on trouve aussi le très capé Jean-Pierre Blazy (Val-d'Oise) ou la primo-élue de Meurthe-et-Moselle, Chaynesse Khirouni.

Pour ces élus, le TSCG installe l'austérité en Europe. « Les parlementaires nationaux sont alors dessaisis de leurs pouvoirs : un parlement national ne pourra plus voter de budget de relance volontariste sans se voir sanctionné par les instances de l’Union européenne. Ainsi, ce traité rend impossible une autre politique que celle de l’austérité budgétaire », explique dans Sud-Ouest Nathalie Chabanne. « Le TSCG demeure à mon sens un texte dangereux, contraire aux orientations que nous souhaitons tous, à gauche, pour l’Europe », justifie Fanélie Carrey-Conte.

« Pourquoi voter non ? Parce qu'il y a 25 % de chômage en Espagne », résume Mathieu Hanotin. Il prend toutefois soin de se distinguer du « vote Mélenchon » tandis qu'au même moment, le leader du Parti de gauche voue aux gémonies sur les réseaux sociaux « l'Assemblée nationale (qui) vient de commettre un crime contre le peuple et la démocratie ».

Parmi les neuf abstentions socialistes, on retrouve également plusieurs proches de la sensibilité de Hamon. À commencer par son suppléant Jean-Philippe Mallé (Yvelines), mais aussi Stéphane Travert (Manche) ou Michel Vergnier, député et maire de Guéret. Ou des députés proches de la gauche du parti, comme Olivier Dussopt (Ardèche) – il a expliqué son vote sur son blog –, Régis Juanico, Daniel Goldberg (Seine-Saint-Denis, et par ici les raisons de son choix).

Mais on trouve aussi des élus pour l'instant méconnus sur la scène nationale, comme Isabelle Bruneau, maire-ajointe d'Issoudun (Indre), Suzanne Tallard (Charente-Maritime), qui en est elle aussi à son premier mandat. Ou encore Dolores Roqué (Hérault) : prise à partie ces dernières semaines par les militants du Front de gauche dans sa circonscription, elle pourrait très vite devoir solliciter leurs voix alors que son élection est contestée en justice (cliquer ici pour afficher sa lettre d'explication de vote envoyée à Midi Libre). « Les gens ont voté en leur âme et conscience, et pas forcément à la suite d'engagements de courants », explique Christian Paul, député de la Nièvre.

« Pas un groupe n'a été touché par les divisions », résume Christophe Cavard (Gard), un des trois écologistes à s'être prononcé pour le “oui”, et qui scellait mardi sa réconciliation avec le coprésident de groupe François de Rugy, en posant avec lui pour les photos. « Le vote n'aura pas de conséquence traumatique comparable à celui de 2005 », veut croire Olivier Faure, député de Seine-et-Marne et proche de Jean-Marc Ayrault.

Il a sans doute raison. La séquence européenne n'est toutefois pas encore terminée : la loi organique, qui inscrit le traité dans la loi française, sera votée mercredi à l'Assemblée. Ces deux textes devront être encore votés au Sénat. Cette fois, ils seront forcément adoptés avec les voix de l'opposition car la majorité à la haute Assemblée est très serrée.

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