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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 09:02

KrugmanLibération - Mardi 25 septembre 2012 - Par DOMINIQUE ALBERTINI

L'objectif d'un déficit budgétaire de 3% l’an prochain sera difficilement tenable pour la France. Analyse Les appels se multiplient pour un report des objectifs de réduction des déficits publics.

En apparence, rien n’a changé : dans une Europe secouée par la crise, priorité est donnée par les Etats et les institutions communautaires à la réduction des déficits publics. Grèce, Italie, Espagne et Portugal, mais aussi France, Pays-Bas, Autriche … Tous ces pays, et d’autres, ont adopté de sévères mesures d’austérité pour se conformer aux normes européennes en matière de finances publiques, entérinées par le «traité budgétaire». Mais, face au climat récessif qui menace le continent, de plus en plus de voix réclament une potion moins amère.

Essentiellement portés, au départ, par le camp keynésien, ces appels émanent désormais d’acteurs et d’institutions peu suspects d’hétérodoxie économique. Ainsi, ce mardi, c’est la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, qui a appelé à modérer les politiques de rigueur.

«Réduire le rythme»

«Quand c’est nécessaire et possible, [il faut] réduire le rythme de l’ajustement budgétaire», a déclaré l’ancienne ministre de l’Economie de Nicolas Sarkozy, appelant les autorités à se concentrer davantage sur les «mesures» politiques que sur les «objectifs» chiffrés, notamment en terme de réduction des déficits : «Il y a des circonstances économiques qui sont telles que les objectifs ne seront pas atteints», a-t-elle prédit.

Lundi également, un dirigeant de la Banque fédérale américaine, John Williams, a souligné les conséquences négatives des politiques d’austérité en Europe : «A court terme, l’austérité a freiné encore davantage la croissance, a prolongé les reculs de l’activité économique et a compliqué encore davantage la réduction des déficits», a-t-il jugé, estimant toutefois cette politique nécessaire «sur le long terme» pour remettre en ordre les finances des Etats.

Délai de grâce

Les critiques de l’austérité dénoncent le «cercle vicieux» provoqué par ces mesures. Selon ce schéma, hausses d’impôts et baisses des dépenses publiques nuisent à la consommation et à l’activité économique. D’où une augmentation des dépenses sociales de l’Etat et une diminution des recettes fiscales, qui appellent... de nouvelles mesures d’austérité pour tenir les objectifs. Un processus facilement observable en Grèce : malgré les réformes radicales qu’il a entreprises, ou précisément à cause d’elles, le pays pourrait rester en récession jusqu’en 2014, selon une étude du Centre de planification économique national.

Si Athènes assure ne pas avoir besoin d’un nouveau plan d’aide, le Premier ministre, Antonis Samaras, réclame un délai supplémentaire pour tenir les engagements du pays en matière de finances publiques. Demande que l’Europe semble prête à examiner d’un bon œil, bien qu’elle attende pour y répondre le rapport des créanciers de la Grèce sur les réformes accomplies, qui doit être rendu dans les prochaines semaines.

Lui aussi sous assistance financière internationale, le Portugal a d’ores et déjà obtenu un tel délai. Les objectifs du pays en matière de déficit public ont été rééchelonnés dans le temps, a pu annoncer le ministre des Finances, Vitor Gaspar, le 11 septembre.

Bartolone monte au créneau

Se pose désormais la question du report de ces objectifs pour l’ensemble des pays de la zone euro. En France, un projet de budget 2013 particulièrement serré doit permettre d’atteindre les 3% de déficit public dès l’année prochaine. Ni François Hollande, ni Jean-Marc Ayrault n’ont pour l’instant remis publiquement en cause cet objectif. Mais les critiques se font de plus en plus audibles, y compris dans les rangs de la majorité. Pour le président de l’Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone, la cible de 3% l’an prochain est «intenable» : «On ne peut pas demander le même effort aux pays européens lorsqu’il y a de la croissance et lorsqu’il n’y en a pas», a-t-il expliqué dimanche sur Radio J.

Selon des ministres et conseillers cités par Mediapart, le pouvoir lui-même douterait de la faisabilité de la tâche : «Ils [François Hollande et Jean-Marc Ayrault, ndlr] sont conscients qu’ils n’y arriveront pas, estime l’un d’eux. Ils pensent que ce sera 3,5 %

Mais ces velléités de modération ont été douchées par la Commission européenne, dont un porte-parole a déclaré lundi ne pas voir «de raison de changer l’approche actuelle en matière de politique budgétaire en ce qui concerne la France» : «Nous avons eu des assurances publiques et en bilatéral - encore la semaine dernière - de l’engagement des autorités françaises à respecter le déficit de 3% l’année prochaine

Nouvelle donne

C'est que la France, ou un autre pays, ne peut espérer annoncer unilatéralement l'abandon de ses objectifs sans être pris pour cible par les marchés. Si rééchelonnement il y a, il devrait donc être collectif et soigneusement préparé en amont pour ne pas prendre les observateurs de court. Reste encore à convaincre Berlin du bien-fondé de ce report. Mais l'Allemagne elle-même est désormais confrontée à un ralentissement économique, et pourrait donc se laisser convaincre par cette nouvelle donne : une respiration pour des économies européennes en manque d'oxygène.

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