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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 11:53

Le projet du SPD pour les élections de septembre 2013 : A Babord Toute !

[merci à notre camarade berlinois, Mathieu Pouydesseau, pour cette note politique très pédagogique]

Mathieu_Pouydesseau.jpgLe programme présenté par la direction du SPD le 11 Mars 2013 marque un tournant historique du plus vieux parti social-démocrate d’Europe vers sa gauche.

La phase social-libérale, initiée il y a exactement 10 ans par le discours de Gerhard Schröder devant le Bundestag du 14 Mars 2003, s’achève. Elle a permis le développement d’excès insupportable, notamment avec le développement de la précarité et du marché de l’emploi à faible salaire, qu’il faut absolument corriger, dans un contexte européen et international profondément différent.

La Justice, sociale, politique, juridique, fiscale, est mise au cœur du projet politique.

 

logo_SPD-copie-1.jpg«Mettre fin à une Démocratie rendue conforme aux Marchés» pour construire une Économie de Marché démocratique.

Le constat de l’explosion de la pauvreté et de la précarité en Allemagne est le point de départ de ce nouveau programme.

Le taux de pauvreté a en effet progressé entre 2002 et 2012 de 14,3% à 15,6%, alors que le chômage a baissé dans le même temps de presque 10% à 7,3%. Avoir un emploi n’est plus en Allemagne une garantie de vie prospére.

7 Millions de salariés touchent un salaire horaire inférieur à 7 € de l’heure. Certaines branches travaillent avec des salaires horaires inférieurs à 4 €, obligeant l’agence de l’emploi à payer la différence entre salaire et minimum social.

Dans le même temps, la répartition des richesses est devenue encore plus inégalitaire.

En 1970, les 10% les plus riches possédaient 44% de la richesse nationale, en 2012 66%.

En 2003, les 10% les plus pauvres possédaient 3% de la richesse nationale, 10 ans plus tard seulement 1%.

Les 10% les plus pauvres ne sont pas devenus 3 fois plus pauvres seulement relativement, mais aussi en terme absolu.

Enfin, tous les rapports officiels démontrent le mise en panne de l’ascenseur social allemand :

  • la reproduction des classes sociales par le système éducatif et le grippage du système d’apprentissage et de formation professionnel des adultes ;
  • une politique de la famille archaïque et sexiste, à l’origine à la fois du développement de la pauvreté chez les femmes à l’entrée dans la retraite et une situation démographique mettant en danger l’ensemble du système de financement ;
  • 80% des ressources fiscales sont prises sur les revenus salariés et la consommation, seulement 12% sur les entreprises et les revenus du capital.

Peer-Steinbruck.jpgPeer Steinbrück, le candidat à la chancellerie, pourtant l’un des artisans de l’Agenda 2010 et ancien Ministre des Finances de Angela Merkel dans le gouvernement de Grande-Coalition, a déclaré cet Été la guerre à la Finance. Ce fut – avant même sa nomination comme candidat à la chancellerie – son premier signal qu’il était prêt à abandonner une position d’accompagnement des marchés.

Si à l’époque il ne parlait pas encore de salaire horaire minimum, il eut l’intelligence à l’automne d’accepter une future reforme des retraites revenant en partie sur celle qu’il avait mise en place sous la Grande-Coalition.

Enfin, voyant sa campagne faire du sur place, et après un discours d’intronisation au congrès de Décembre 2012 à Hanovre plaçant la Justice Sociale au cœur de son projet, il décida aussi de laisser le parti lui fournir sa plate-forme programmatique.

Cette plate-forme est le plus à gauche des projets du SPD depuis … quasiment la réunification. Certes, l’agenda 2010 continue à être défendu comme un mal nécessaire qu’il s’agit de corriger. Mais ne nous y trompons pas : le SPD a décidé de quitter le concept de « Nouveau Centre » pour s’engager résolument « à gauche du Centre ».

Le Spiegel commenta ainsi ce programme : «Lutte des Classes version Light» avant d’ajouter «et alors ? Toute la société allemande se déplace sur la gauche, même les libéraux du FDP et la CDU ont découvert la solidarité, tous reconnaissant que l’aggravation de la pauvreté et des inégalités remettent en cause la communauté dans son ensemble

Cette évolution idéologique a d’ailleurs été salué par l’aile gauche, Forum DL-21, et sa principale responsable Hilde Mattheis s’estimant très heureuse de ce programme.

Gouverner mieux et plus justement l’Allemagne : Pour un nouvel équilibre social dans notre pays !

C’est le titre officiel de cette proposition de programme de 102 pages au total. Les sections et fédérations ont maintenant trois semaines pour amender le texte, qui sera adopté dans un congrès extraordinaire courant avril dans sa forme définitive.

Le cadre général et la tonalité ne devraient cependant pas être fondamentalement modifié. Le projet est construit sur 5 piliers :

  • Dompter le capitalisme financier – soutenir les PME – créer du « BON » travail,
  • L’Éducation, l’égalité et le vivre ensemble dans une société moderne,
  • Pour une politique fiscale juste
  • Sécurité sociale et prévoyance retraite,
  • Une Europe différente, meilleure

Dompter le capitalisme Financier, soutenir les PME, créer du « BON » travail

Le premier point dans ce chapitre est la création d’un salaire horaire minimum de 8,5€.

Le syndicalisme allemand était encore en 2003 opposé à la mise en place d’un salaire minimum légal pour ne pas empiéter sur le dialogue social et les accords de branches. Cependant, le développement des emplois précaires remplaçant les emplois stables et l’explosion du secteur à bas salaires – secteur où la présence syndicale est faible – ont également amené les syndicats à accepter le principe d’une fixation par la loi. Le SPD s’est rallié à l’idée à partir du moment où le syndicalisme la soutenait.

Il est prévu une réforme de la législation pour encadrer le recours aux emplois précaires, aux intérimaires et aux mini-jobs, ainsi que le renforcement des partenaires sociaux.

L’un des aspects les plus surprenants est aussi le développement de l’assurance chômage en assurance-emploi, avec l’idée d’empêcher la perte d’emploi.

Le SPD souhaite une régulation des marchés financiers, et la recherche d’un consensus international pour mettre en place ces règles. Peer Steinbrück a publié un article très remarqué sur sa vision d’un monde financier régule, avec séparation des activités des banques et renforcement des organismes de contrôle.

Les entreprises seront soutenues dans le cadre d’un programme en 5 points : renforcement de l’industrie, une économie de services de haute qualité, une main d’œuvre hautement qualifiée, une infrastructure de haut niveau et le soutien aux entreprises innovantes.

L’Éducation, l’égalité et le vivre ensemble dans une société moderne

Suppression des droits d’inscription aux universités, et garantie de la gratuité de la crèche à l’Université, avec création sur la question (en Allemagne, Régionale) de l’Éducation d’une approche fédérale par la mise en place de standards d’évaluations au niveau national.

Garantie légale pour toutes et tous à une formation professionnelle avec protection de la mise en disponibilité. La prime aux mères au foyer sera supprimé.

Loi pour le mariage pour tous, réforme du mécanisme fiscal connu sous le nom de « Ehegattensplitting » qui constitue une prime dissimulée au maintien au foyer d’un des conjoints.

Loi sur l’égalité salariale Hommes-Femmes, et création d’un quota de 40% de femmes dans les conseils d’administration et de direction des grandes entreprises.

Création d’allocations familiales pour les ménages modestes et classes moyennes (revenu mensuel moyen du ménage en dessous de 3000 € brut), développement de crèches et maternelles fonctionnant toute la journée, modulation du temps de travail en fonction de la situation familiale – par exemple réduction volontaire à 30 heures par semaine – avec garantie de retour à temps complet.

Ce chapite inclut aussi, à côté de l’annonce d’un programme massif de construction de logements sociaux, l’introduction de plafonds légaux aux augmentations de loyers.

Pour une politique fiscale juste

Relèvement du taux maximal d’imposition de l’impôt sur le Revenu de 45 à 49%, création d’un impôt sur le patrimoine au dessus du niveau ménage avec maison ou chef de PME, réforme de l’impôt sur les successions et relèvement de l’impôt sur les produits financiers de 25 à 32%.

Suppression d’abattements fiscaux et niches fiscales, lutte contre la fraude fiscale au niveau international, création de la taxe sur les transactions financières.

Sécurité sociale et Prévoyance retraite

Introduction de la couverture universelle santé et retraite pour tous les nouveaux assurés (avec le but de mettre fin au systéme actuel avec caisses publiques et caisses privées), et contributions égales patronales et salariales au systéme.

Création de départ retraite partielle à partir de 60 ans, départ à la retraite compléte des salariés avec 45 années de cotisation dés 63 ans, financement pour garantir un niveau de retraite au dessus de 850 €, pas de relévement de l’âge de la retraite à 67 ans tant que le taux d’activité des plus de 60 ans est inférieur à 50%.

Systéme de retraite unifié Est-Ouest à partir de 2020.

Une Europe différente, Meilleure

Développent d’une Europe démocratique des citoyens contre le modèle actuel d’une Europe des marchés :

Union sociale, empêchant la concurrence salariale et le dumping social, renforcement des compétences législatives du Parlement Européen, élection de la commission par le Parlement, gouvernement économique et coordination fiscale, définition des compétences de l’europe plus précises, excluant les services publics, tel que par exemple la distribution de l’eau.

A noter que si le programme du SPD parle d’un fonds européen solidaire de remboursement de la dette publique, il n’évoque pas les Eurobonds, Ceux-ci sont réclamés, par exemple par la commission Europe du SPD Berlin.

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Published by Mathieu Pouydesseau - dans Socialisme(s) européen(s)
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