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Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 08:19

Tribune de Paul Quilès* et Bernard Norlain** publiée par Le Figaro dans son édition du 11 décembre 2012

logo_global_zero.pngDans une terrible indifférence, la conférence sur la création d’une « zone exempte d’armes nucléaires » au Moyen Orient, qui devait se tenir à Helsinki à la fin de l’année, vient d’être annulée et reportée sine die par les États-Unis. C’était pourtant là une occasion forte d’aider à la recherche de la paix et de la stabilité de la région.

En 2010, la Conférence des États parties du TNP (Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires) avait prévu d’organiser en 2012 un sommet où devaient se rencontrer l’ensemble des pays du Moyen Orient. L’enjeu, visionnaire et pragmatique, était d’établir une zone libre de toute arme nucléaire dans la région, comme il en existe déjà en Afrique, en Asie centrale, en Amérique latine ou encore en Asie du sud-est.

Soutenue par les Nations unies et l’Agence internationale à l’énergie atomique, un tel processus visait à mettre autour d’une même table les pays arabes, Israël et l’Iran et à faire usage de la diplomatie pour trouver des réponses à la question particulièrement sensible du nucléaire militaire dans la région.

L’argumentation développée par les Américains pour annuler cette conférence, qui n’a fait l’objet d’aucun commentaire significatif, paraît tout à fait aberrante : les conditions de stabilité régionale ne seraient pas suffisantes. Or, la conférence prévue à Helsinki devait précisément être un moyen pour contribuer à la stabilité régionale ; elle devait en être le vecteur et non la conséquence. Dans une région chroniquement instable, il est absurde de poser la stabilité comme précondition, sauf, bien entendu, si l’on ne souhaite pas favoriser la diplomatie dans ce domaine.

Helsinki, où est né l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) pendant la Guerre froide, devait être un nouveau symbole de dialogue entre pays ennemis, afin de favoriser la coopération plutôt que la confrontation et decontrer la fuite en avant d’un autre âge que constitue la course aux armements nucléaires.

Au Moyen Orient, en proie aux appétits de domination régionale, la question est des plus urgentes. Le développement nucléaire iranien continue de tendre les relations entre les acteurs régionaux. Le principal dirigeant israélien, dont la majorité pourrait être reconduite en janvier 2013, continue à parler de frappe aérienne contre l’Iran et certains pays arabes, Arabie saoudite en tête, n’excluent pas de développer leurs propres programmes nucléaires militaires pour contrer Téhéran.

Bien sûr, il n’est pas évident d’imaginer les représentants d’Israël et de l’Iran autour d’une même table : un État qui ne reconnait pas disposer d’un arsenal nucléaire et un autre qui réfute sa tentative d’en constituer un. C’est pourtant le moment de se souvenir de la fameuse phrase de Sénèque : “Ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas que c’est difficile ” !

La voie d’une nucléarisation militaire régionale serait désastreuse et celle d’une attaque israélienne tout à fait hasardeuse. La diplomatie entre les différentes parties devrait impérativement prévaloir sur ces deux dangereuses perspectives.L’annulation de la conférence d’Helsinki est une terrible occasion manquée, qui pourrait être lourde de conséquences pour l’avenir de la région.

Inquiet de ces développements, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a appelé à la tenue du sommet début 2013. Mais il est à craindre que les agendas des uns et des autres ne coïncident pas avec sa proposition et qu’elle ne devienne qu’un vœu pieu. Pourtant, plus qu’une nécessité, cette conférence est indispensable pour éviter de nouvelles confrontations militaires ou l’établissement de puissances nucléaires dans la région la plus instable de la planète. La France et l’Europe s’honoreraient en exigeant sa tenue dans les plus brefs délais.

———

* Paul Quilès a été ministre de la défense et président de la Commission de la défense de l’Assemblée nationale.

** Bernard Norlain est général (en retraite) de l’Armée de l’air. Il a été commandant de la Force aérienne de combat.

Tous deux sont signataires de l’appel de « Global Zero » pour un désarmement nucléaire multilatéral. (vous pouvez signer la déclaration en ligne>>>)

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Published by MLG 95 - dans International
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