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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 14:12

Le Huffington Post - Marie-Noëlle Lienemann - 25/11/2013 13h01

Le président de la République ne peut plus temporiser, il doit prendre une initiative majeure en assumant un changement de cap et présenter un nouveau pacte majoritaire rassemblant la gauche et les écologistes autour d'une feuille de route législative et gouvernementale.

Car le décrochage avec les Français, et désormais les électeurs qui ont fait sa victoire, est maintenant alarmant. Si les commentateurs et des mobilisations catégorielles mettent l'accent sur la question fiscale, la réalité est que ce sont d'abord les questions sociales, les questions d'emploi, de pouvoir d'achat, de perspectives d'avenir pour leurs enfants et le pays, qui préoccupent nos concitoyens.

2013-04-21lienemann-hollandeLes élections partielles avaient été une première alerte avec une abstention massive et une montée du front national. Les sondages, comme les rencontres sur le terrain montrent clairement que pour les ouvriers, les employés et le peuple de gauche, la défiance, la colère ou pour le moins la consternation ont remplacé ce qui n'était, il y a encore quelques mois, qu'une impatience ou une incompréhension. Stopper ce basculement plus silencieux que la radicalisation tumultueuse des électeurs de droite conditionne une confiance retrouvée des français.

Un discrédit réel s'est, peu à peu, ancré dans l'esprit de nos concitoyens à mesure que se multipliaient les décisions contraires aux engagements de la présidentielle et similaires aux propositions de la droite.

Cela commence avec la ratification du TSCG sans la moindre modification et l'annonce un pseudo plan de relance européenne. Une fois de plus, la fracture entre le peuple et les élites de gauche va se creuser et l'incapacité à réorienter l'Union Européenne grève très sérieusement la confiance donnée au président, la foi en l'avenir du pays et l'adhésion à l'Europe. Cette question est centrale car elle renvoie à l'impuissance des politiques à répondre aux aspirations populaires et à préparer l'avenir de la France par un mode de développement alternatif.

Le pays ne reprendra pas confiance en lui-même tant que ne sera pas engagée, ou pour le moins défendue, une réorientation majeure de la politique européenne.

Entré dans la spirale des "réformes structurelles", le gouvernement engage des mesures tournant le dos à ses promesses. Privilégier la croissance permettrait de résorber les déficits et non l'inverse. Tel n'a pas été le cap choisi. Le redressement industriel par des stratégies de filières, l'intervention de la BPI, une montée en gamme de nos productions. Le "coût du travail" n'était pas l'enjeu. Nous refusions la TVA dite sociale et les aides publiques sans conditions. Le CICE vient totalement à l'encontre de cette vision, financé par un impôt injuste, concerne, pour moitié, des entreprises non engagées dans la compétition internationale et sans contreparties. Suivront l'ANI avec sa "flexi-sécurité", qui met à mal le code du travail, enterre l'encadrement des licenciements bousiers, puis l'allongement des durées de cotisations de retraite.

Ainsi, s'est creusé un redoutable fossé entre le gouvernement avec deux des trois plus grands syndicats représentatifs de salariés, dont les adhérents ont massivement voté pour François Hollande et au-delà avec un nombre grandissant d'ouvriers et d'employés. S'ajouteront divers cafouillages qui entretiendront l'idée d'une absence de vision d'avenir, d'un manque de maîtrise de la situation.

La plupart des Français demandent un changement de politique parce qu'ils savent que la logique de l'austérité, l'alignement aux politiques européennes libérales et la pseudo-politique de l'offre sont des impasses.

La marche forcée vers la réduction des dépenses publiques ne résoudra aucun de nos problèmes et le pseudo-remède s'avérera pire que le mal. Voilà ce qui mine le moral des français qui n'ont pas l'intention d'abandonner leur modèle social et républicain pour un illusoire succès qui ne se concrétise nulle part ailleurs. Reprendre une offensive européenne pour réorienter l'union, sortir des logiques d'austérité et de l'Euro fort, soutenir la croissance et instaurer des convergences sociales vers le haut, harmoniser la fiscalité est incontournable pour la survie de l'Europe et l'adhésion des peuples.

Le président de la République doit, au prochain sommet des Chefs d'Etats, créer l'événement et engager un rapport de force pour cette réorientation de l'UE. C'est un des piliers de l'indispensable sursaut.

Il doit en même temps proposer aux français de sortir de cette crise, de retrouver confiance en eux-mêmes en partant de la singularité de notre modèle, ce qui ne signifie en rien s'enfermer sur l'Hexagone ou se dispenser de réformes. Mais réforme ne doit pas signifier recul et érosion de nos points de force. Il faut renouer avec le volontarisme, et d'une certaine façon revenir aux propositions du candidat Hollande.

1. Sortir de la politique d'austérité avec un plan de relance de la croissance, fondé sur un soutien ciblé à la consommation populaire et aux investissements en particulier par des grands travaux, la transition énergétique et des projets industriels préparant l'avenir. Dès le printemps, avec le courant de gauche du PS, nous faisions des propositions concrètes pour un montant de 44 milliards d'euros, dont seulement 28 financés sur fonds publics. Le tout s'équilibrant dans la durée. Il n'y aura pas d'amélioration de l'emploi, donc de confiance retrouvée en l'avenir sans ce tournant de la relance !

2. Mettre en œuvre une réforme fiscale globale cohérente et durable en commençant par la progressivité de la CSG, en accroissant le nombre de tranche de l'IR. Les hausses de la TVA doivent être annulées et une fiscalité écologique doit orienter réellement les pratiques et financer de grands travaux de transitions énergétiques. L'égalité de prélèvements entre PME et grandes entreprises, la lutte contre les niches et l'évasion fiscale, la conditionnalité systématique des aides fiscales aux entreprises, un meilleur ciblage du CICE et du crédit impôt recherche donnent des marges de manœuvre. La remise à plat annoncée par le Premier ministre doit rapidement s'accompagner d'un calendrier, d'un cadre clair quant aux objectifs à atteindre.

3. Accélérer le redressement productif, au-delà des 34 projets industriels annoncés, en alliant la défense des secteurs industriels menacés, des programmes de filières et l'intervention renforcée par le capital public, voir la nationalisation temporaire (chantiers navals, agroalimentaire, raffinerie), le renforcement de la BPI et de sa réactivité.

Sur tous ces points, des convergences peuvent être trouvées entre l'ensemble des forces de gauche et écologistes. Elles pourraient servir de feuille de route pour la nouvelle étape du quinquennat de François Hollande. Ce rassemblement est déterminant car aucun président, même avec la Vème République, ne peut gouverner sans une majorité politique et sociale.

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Published by Marie-Noëlle Lienemann - dans Parti socialiste
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