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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 10:50

12 juin 2012 | Par Lénaïg Bredoux et Ludovic Lamant - Mediapart.fr

Après l'annonce d'un plan d'aide aux banques espagnoles, la zone euro continue de trembler, dans l'attente des législatives grecques de dimanche 17 juin. Avec une inconnue de taille, qui donne lieu à d'infinies spéculations : le score réalisé par Syriza, cette formation qui est parvenue à déborder les socialistes du Pasok sur sa gauche lors du précédent scrutin du 6 mai, et promet d'annuler le « mémorandum » négocié entre Athènes et la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne).

Comme les autres dirigeants de l'Union, François Hollande s'est implicitement prononcé, lors du Conseil européen informel du 23 mai, pour la formation d'une coalition intégrant les conservateurs de Nouvelle démocratie (arrivés en tête le 6 mai) et les socialistes du Pasok, les deux seules formations garantes du fameux mémorandum. Mais les lignes sont peut-être en train de bouger.

En témoigne la sortie de Hannes Swoboda, le patron des socialistes au Parlement européen : il s'est prononcé, en fin de semaine dernière, pour une coalition Pasok/Syriza. Pour cet élu autrichien, qui s'est rendu à plusieurs reprises en Grèce, cette alliance déboucherait, non pas sur une annulation, mais sur une « renégociation » d'un texte que les socialistes européens ont régulièrement critiqué depuis des mois. Ce scénario aurait aussi l'avantage d'offrir davantage de stabilité politique à la Grèce, estime-t-il.

liem-hoang-ngoc.jpgPour prolonger ces débats, nous avons interrogé Liêm Hoang Ngoc, député européen et économiste, membre de l'aile gauche du PS, qui justifie la position de François Hollande, mais plaide aussi pour une alliance avec la gauche radicale.

Pensez-vous qu’au vu de l’aggravation de la crise, le président français doive préparer un plan de sortie de la Grèce de la zone euro ?

Non, parce que le préparer serait donner le signal que la Grèce n’a pas d’autre choix que de sortir de l’euro, et prendre le risque d’une contagion à l’Espagne. Or si cette contagion était avérée, elle risquerait de provoquer directement un éclatement de la zone euro. Le meilleur scénario pour les partisans de la construction européenne que sont les socialistes, c’est de tout faire pour que la Grèce reste dans la zone euro et qu’elle puisse rebâtir son économie. D’où le nécessaire débat sur les contreparties aux aides du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et du FMI qui ne peuvent pas être des politiques d’austérité aveugles qui ont pour effet de plonger la Grèce pour plusieurs années dans une récession importante !

Mais, concrètement, pensez-vous comme l’a dit le ministre de l’économie Pierre Moscovici, qu’une victoire de Syriza aux législatives le 17 juin pourrait provoquer une sortie de la Grèce de la zone euro ?

Syriza ne le souhaite pas. Le scénario le plus porteur serait celui d’une alliance avec le Pasok, pour un maintien dans l’euro avec un changement de politique économique. Mon expérience au parlement européen montre que les députés européens grecs du Pasok discutent sans problème avec ceux de la GUE [Gauche unitaire européenne, dont fait partie le Front de gauche] et que, dans les couloirs, ils condamnent les politiques d’austérité. Publiquement, le Pasok a toujours craint de se voir refuser les aides internationales s’il n’entérinait pas la doxa. Mais les progressistes en Europe ont conscience que cette politique économique nous mène à l’impasse. Dans ces conditions, les Grecs n’y arriveront jamais : ou alors ils mettront 50 ans à y parvenir, mais dans des conditions qui vont empirer.

Vous jugez donc préférable d’avoir une coalition entre Syriza et le Pasok, plutôt qu’entre le Pasok et les conservateurs de Nouvelle Démocratie, option pourtant privilégiée par le conseil européen informel du 23 mai… et validée par François Hollande.

Je livre mon sentiment vu du parlement européen. Si on veut une majorité cohérente qui promeuve une politique progressiste dans un cadre européen, le socle doit être entre le Pasok et Syriza. Parce que les députés de Nouvelle Démocratie au parlement européen siègent avec les néoconservateurs qui prônent les politiques d’austérité les plus dures.

Comment expliquez-vous que le nouveau président français défende l’option d’une grande coalition des partis favorables au mémorandum, qui sont largement responsables de la crise ?

La France est aujourd’hui dans une négociation avec ses partenaires où les choses seront véritablement sur la table au sommet européen des 27 et 28 juin. François Hollande ne veut pas griller de cartouches avant, en s’aventurant sur des positions trop tranchées avant de connaître le résultat des élections et sans savoir ce qu’il est possible de négocier avec nos partenaires.

C’est donc comme cela que vous justifiez le fait que François Hollande reçoive à l’Élysée le chef du Pasok, Evangelos Vénizélos, ancien ministre grec qui a négocié le mémorandum, mais refuse la demande d’entretien faite par le chef de Syriza, Alexis Tsipras.

Jusqu’alors, la construction européenne a eu pour socle un compromis entre la démocratie chrétienne et la social-démocratie. Dans le couple franco-allemand, ce compromis a toujours prévalu. Donner un autre signal quand on cherche à faire bouger l’Allemagne, avant même de connaître le résultat des élections grecques, aurait été risqué. Politiquement et diplomatiquement.

Est-ce à dire que, quand on est un président socialiste en France, on ne peut pas se permettre d’avoir une politique de gauche à cause d’Angela Merkel ?

Je ne dis pas cela. Mais une négociation est engagée, dans laquelle la France est susceptible d’obtenir le soutien d’autres États-membres, notamment l’Italie et l’Espagne, qui ne sont pourtant pas dirigées par des socialistes, et sur des positions audacieuses. Pour amener l’Allemagne sur ce terrain, il faut user de diplomatie. Sachant qu’on ne construira pas l’Europe tout seul. L’Allemagne est d’ailleurs en train de bouger sur les initiatives de croissance.

Donc pour résumer, quand François Hollande signe un appel du conseil européen informel poussant de fait à une victoire du Pasok et de Nouvelle Démocratie, c’est une position prudente et diplomatique ?

Oui, et puis on en revient au socle des fédéralistes qui a été à l’origine de la construction européenne. Après que d’autres viennent infléchir la ligne de ce socle, je ne peux que m’en féliciter ! Aujourd’hui, le gros problème, c’est que l’opinion assimile l’Europe fédérale et l’Europe libérale. Pour nous, progressistes, le grand enjeu, c’est de montrer que le fédéralisme peut rimer avec une Europe de gauche.

74591_leader-of-the-left-coalition-party-tsipras-smiles-dur.jpgPour l’instant, Syriza est nouveau dans le débat. Il n’a jamais été un partenaire affiché sur le plan international. On n’a jamais discuté avec eux. C’est normal d’être prudent et d’afficher la bonne entente de ceux qui veulent l’Europe fédérale.

Comment expliquez-vous que François Hollande semble accorder plus d’importance à la renégociation du pacte budgétaire qu’à la gestion à court terme de la crise grecque ?

Parce que la crise grecque ne se réglera pas sur le court terme. La reconstruction de l’économie prendra quelques années, la mise en œuvre d’un véritable système de recouvrement fiscal en sera une des priorités, et quant à la relance économique, elle est suspendue aux règles qu’adopteront les chefs d’État et de gouvernement le 28 juin. Les marges de manœuvre qu’on peut imaginer laisser aux Grecs découleront de celles que les autres États voudront bien eux-mêmes se donner pour sortir de l’austérité budgétaire.

Si, par exemple, le calendrier de réduction des déficits était renégocié comme le souhaite l’Italie, c’est-à-dire parvenir à 3 % en 2014, et non en 2013, si de nouvelles règles de calcul du déficit isolant les dépenses d’investissement étaient adoptées, cela permettrait d’aborder le débat grec d’une autre façon. Autrement dit, si un semblant de changement de stratégie budgétaire est acté pour les autres États-membres.

Parallèlement, une renégociation du mémorandum grec – qui rassemble les plans d’austérité négociés avec la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne) – semble inévitable. Sur quels points faut-il revenir ?

Il faut insister sur le recouvrement fiscal, la taxation de l’Église, les privilèges des armateurs. Tout cela n’a jamais été abordé.

Mais c’est justement le Pasok qui était au pouvoir quand le texte a été négocié !

Oui, mais on mis le couteau sous la gorge du Pasok pour qu’il applique les mesures les plus impopulaires, s’attaquant en premier aux périmètres des services publics et au champ de la protection sociale. Les politiques aujourd’hui recommandées par la Troïka sont des politiques qui, sous couvert de lutter contre la crise, reviennent sur le modèle social européen et entendent rendre irréversible son détricotage.

Les problèmes grecs ne sont pas liés à un système de retraites trop généreux, un salaire minimum trop élevé ou parce qu'il y a pléthore de fonctionnaires ! C’est un des pays où, justement, en matière salariale, ils étaient déjà les moins bien lotis.

hoang-ngoc3.jpgCes derniers jours, a fuité dans la presse allemande un projet de “Maastricht II” prônant un nouveau saut fédéral avec une union bancaire, encore davantage de coordination budgétaire, etc. Qu’en pensez-vous ?

Le problème, c’est que le renforcement de la coordination budgétaire qui se dessine ne se fait que selon un credo austéritaire. La Commission considère que la discipline budgétaire est le préalable à toute politique de relance de la croissance. C’est bien ce que montre son dernier rapport : le message est clairement idéologique. Il condamne le peu d’engagements qu’on a pris en matière budgétaire pendant la campagne. C’est-à-dire la retraite à 60 ans pour ceux qui ont leurs annuités, la fin de la RGPP et le redéploiement des emplois publics, la suppression de la TVA dite sociale et le coup de pouce au Smic. Si on décrypte le jargon de la Commission, son rapport critique à mots couverts ces quatre mesures, et ce, deux semaines seulement après la victoire de François Hollande !

La Commission devrait faire attention : si elle veut les pouvoirs renforcés que les traités européens risquent de lui conférer, elle ne peut pas fermer le débat démocratique. Il y a eu un choix des urnes. C’est pour cela que j’attends avec impatience le sommet des 27 et 28 juin pour savoir ce que les chefs d’État et de gouvernement mettront sur la table face à la Commission.

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