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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 14:03

Point presse hebdomadaire de Benoît Hamon

Les propositions des socialistes sur le port de la burqa, la solidarité avec la Grèce, les retraites... Au cours de son point presse hebdomadaire, Benoît Hamon est revenu sur trois dossiers qui font l'actualité.

Le débat sur le voile

Le Parti socialiste va déposer une proposition de loi qui s’inspirera des recommandations du Conseil d’État. Sur un tel sujet, il serait particulièrement dangereux et risqué que la loi votée par le Parlement se révèle anticonstitutionnelle. Rappelons que les risques qui pèsent sur le gouvernement, sont de 2 ordres :  
Que cette loi soit rejetée par le Conseil constitutionnel, car il n’y a pas eu de loi d’interdiction générale depuis cinquante ans, ce que le Conseil d’État a mentionné de manière assez précise. Même si le Parti socialiste ne déposait aucun recours devant le Conseil constitutionnel, il faut savoir que désormais avec la réforme de la constitution, lorsqu’un contentieux naît de l’application d’une loi, un citoyen peut saisir le Conseil constitutionnel. On peut penser qu’avec une loi de type, avec les enjeux politiques qui existent notamment dans la frange radicale des islamistes, il est fort probable qu’au premier contentieux ce soit les islamistes eux-mêmes qui déposent un recours avec les conséquences que vous pouvez imaginer. Quel effet si cette loi construite par le gouvernement, pour préserver les intérêts de la République, se révélait en contradiction avec la constitution. C’est pourquoi, nous préférons nous fonder sur les recommandations du Conseil d’État. 
Ajoutons que toute analyse de la jurisprudence avec la Cour européenne des droits de l’Homme, montre qu’elle a toujours privilégié l’autonomie des individus.  On est en droit de penser que cette loi d’interdiction générale serait en contradiction avec la Cour européenne et risquerait la censure.
Cette loi est avant tout politique et cherche moins à s’attaquer au problème. Nous préconisons une loi conforme à l’intérêt général, avec l’objectif que celles qui portent le voile, l’abandonnent, selon des fondements juridiques acceptables.  
Dans le 2ème article du projet du gouvernement, qui illustre en quoi c’est une loi d’opportunité, le gouvernement prévoit un article qui punirait les hommes qui obligeraient les femmes à porter la burqa, par la violence, la menace ou l’abus de pouvoir d’autorité, de 15 000 euros d’amende et d’un an d’emprisonnement. On crée donc un délit spécifique, avec une peine spécifique, avec un dispositif qui est pourtant en deça de la loi actuellement en vigueur. L’article 222-13 du code pénal prévoit 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour les violences commises pour son conjoint, les violences verbales suffisant à cette condamnation, et l’article 222-18 prévoit les mêmes peines en cas de menaces ou des violences quand la menace est assortie d’une condition, comme l’injonction de porter le niqab sous peine de violence. Cela ne signifie pas que nous devons être dans une sorte de surenchère, mais illustre tout simplement que le gouvernement a fait son projet de loi avec des objectifs politiques qui se préoccupent assez peu des conditions d’application, mais plutôt du bénéfice électoral que pourrait en tirer le président de la République. Nous pensons qu’il s’agit d’un sujet sérieux. Dès lors que le gouvernement a fait appel à l’expertise du Conseil d’État, qui déclare que les fondements juridiques son incertains, il faut rechercher l’efficacité.  
Le plan d’aide à la Grèce

Le Parti socialiste votera ce plan d’aide, mais ne vote pas pour le plan d’austérité. Nous regrettons que ce plan soit si tardif et surtout qu’il soit conditionné à une cure d’austérité. La réduction des dépenses publiques, va amener la Grèce à s’enfoncer dans un sillon  de récession extrêmement long qui va entraîner un recul des recettes publiques et va perpétuer une situation tendue du budget grec. Nous préconisons plutôt une véritable politique de relance. Les milliards d’Euros débloqués par l’Europe et par le FMI auraient été mieux utilisés à la relance de l’économie. Cela ne nous empêchera pas de voter la solidarité en précisant que c’est une curieuse conception de la solidarité que celle qui consiste à emprunter à 3 % pour prêter à 5 % à la Grèce, en se faisant des marges de bénéfices au passage. La solidarité européenne aurait mérité une meilleure illustration.  
Nous sommes inquiets sur les conséquences de cette récession économique en Grèce comme sur ces difficultés qui risquent d’être longues.  
Le débat sur les retraites

Le gouvernement s’emballe en raison de la mobilisation du 1er mai, faible à ses yeux.  C’est d’ailleurs une drôle de manière de célébrer la fête du travail qui est censée être un moment où même le gouvernement devrait pouvoir se réjouir que des hommes et des femmes se mobilisent, qu’ils soient de gauche comme de droite, parce que cette fête n’a pas d’autre signification en soi que celle qui consiste à dire que certains ont perdu leur vie pour gagner leur dignité dans le travail et d’être rémunérés correctement en fonction de la richesse produite.  
Le gouvernement tire argument que cette faible mobilisation encourage sa réforme des retraites qui consisterait à repousser l’âge légal à 61 ans en 2015, à 62 ans en 2020 et à 63 ans en 2030. Un sondage de TNS Sofres du 12 avril 2010, nous indique que 56 % des Français sont hostiles à un report de l’âge légal à 60 ans. Le 20 avril, 58 % des Français interrogés par BVA considèrent que la position du maintien du départ à l’âge légal, est légitime, car il s’agit d’un acquis social sur lequel on ne doit pas revenir. Ces différents sondages montrent que les Français sont attachés à ces acquis, mais pas de manière fétichiste, sous prétexte que rien ne devrait bouger. Rien ne serait pire que le statu quo, nous encourageons au contraire le gouvernement au mouvement. Mais ce mouvement ce n’est pas aujourd’hui comme il le fait, de céder aux oukases du Medef. Le mouvement c’est : 
> la mise à contribution des revenus financiers non assujettis aux contributions sociales,
> l’élargissement de l’assiette des cotisations patronales  à la valeur ajoutée,
> la mise en oeuvre d’une taxe exceptionnelle dans le secteur bancaire, de 10 % supplémentaires à l’impôt sur les sociétés,
> de s’attaquer au taux de chômage indécent des jeunes et des seniors. 
C’est cela le mouvement et non ce que préconise le gouvernement, d’un côté repousser l’âge légal et de l’autre à court terme, piller le fonds de réserve des retraites, conçu par Lionel Jospin comme un moyen pour préserver la retraite des jeunes. Ce sont essentiellement les salariés et les retraités qui paieront le fardeau de cette réforme. Les objectifs sont de court terme, rétablir l’équilibre pour que Nicolas Sarkozy puisse s’en prévaloir, alors qu’une véritable réforme doit s’attaquer à l’ensemble de la problématique, notamment la stratégie de croissance et d’emploi. Le gouvernement décide de passer en force et cela illustre le simulacre de concertation, alors que dans les faits tout était préparé depuis longtemps.

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Published by Rlg 95 - dans Parti socialiste
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