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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 09:32

Francetvinfo - publié le 05/03/2013 | 07:01

Lienemann_Maurel_Guedj.jpgLa sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, le conseiller régional Emmanuel Maurel et le député Jérôme Guedj, tous trois membres de l'aile gauche du PS, le 9 octobre 2012 à Paris. (MAXPPP)

Accord sur l'emploi, réforme des retraites, budget européen… Sujet après sujet, l'aile gauche du Parti socialiste constate avec effarement les directions prises par François Hollande depuis le 6 mai. Alors que la CGT et Force ouvrière appellent les salariés à descendre dans la rue, mardi 5 mars, le secrétaire national du PS, Emmanuel Maurel, appelle solennellement le chef de l'Etat à "rester fidèle à ses engagements" de campagne et à "changer de cap".

Francetv info : Dans un sondage paru dimanche, 44% des électeurs de François Hollande se disent déçus de ses dix premiers mois à l'Elysée. En faites-vous partie ?

Emmanuel Maurel : Le chômage explose, la précarité aussi… Je ne crois pas qu'il y ait de colère vis-à-vis de François Hollande, mais il y a des doutes, de l'inquiétude, de la circonspection à l'égard de la politique qui est menée. En ce qui me concerne, j'ai milité comme un fou pour François Hollande durant la campagne. Le discours du Bourget m'avait incroyablement enthousiasmé. Alors je me bats pour que l'on reste fidèle aux engagements qui ont été pris. Il est temps de changer de cap, d'ouvrir une nouvelle ère, et vite.

Ce mardi, la CGT et Force ouvrière appellent les salariés à manifester contre l'accord sur l'emploi négocié en janvier et signé par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC. Vous joindrez-vous à cette manifestation ?

Oui, j'irai avec mes camarades saluer les responsables syndicaux qui ont préparé cette manifestation. C'est logique, puisqu'elle est organisée contre un accord qui précarise largement les salariés. Dans le cortège, 90% des manifestants seront des personnes qui ont voté François Hollande au deuxième tour. Il s'agit de nos électeurs, ils s'inquiètent par rapport à cet accord, et ils ont raison d'être inquiets.

Que reprochez-vous à ce texte ?

Qu'on le veuille ou non, on reprend les fameux accords compétitivité-emploi de Sarkozy, que François Hollande avait condamnés il y a un an avec beaucoup de force. Si ce texte est adopté, le contrat de travail primera sur la loi, et un accord d'entreprise permettra de baisser le salaire ou d'augmenter le temps de travail. Soyons francs : si on se replace un an en arrière, était-il imaginable que la gauche puisse accepter un tel recul ? Par ailleurs, je ne vois pas bien en quoi le fait de licencier plus facilement des salariés va contribuer à lutter contre le chômage.

François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont déjà prévenu qu'il n'était pas question de toucher à cet accord. Comment espérez-vous améliorer le texte ?

Faire vivre le dialogue social, c'est très bien. Mais pendant la campagne, on a promis de revaloriser le Parlement, de redonner un rôle majeur aux députés et aux sénateurs… Et aujourd'hui, voilà qu'on demande aux parlementaires d'être les greffiers d'un accord de syndicats, qui ne représentent même pas la majorité des salariés ! Il y a là un vrai problème. Les parlementaires doivent jouer tout leur rôle. Au sein du groupe socialiste à l'Assemblée et au Sénat, il y aura donc des amendements pour améliorer ce texte.

Sur un autre sujet majeur, celui de la réforme des retraites, on parle déjà d'allonger la durée de cotisation, de repousser l'âge légal de départ… Ces premières pistes vous inquiètent-elles ?

Bien sûr. On sait très bien que l'aggravation du déficit du système s'explique par le fait que le chômage explose et qu'il y a donc moins de cotisants. Quand on est un socialiste conséquent, la première réponse que l'on doit apporter à un tel problème, c'est de relancer l'emploi. Comment peut-on envisager de reculer l'âge de départ à la retraite, alors que l'une des plaies du système français, c'est qu'il y a des gens qui, lorsqu'ils perdent leur emploi à 55 ans, ne retrouvent plus de boulot ? Quant à une baisse des pensions, elle menacerait dangereusement le pouvoir d'achat, et donc la relance. Encore une fois, faisons attention à ce que l'on préconise en tant que socialistes une fois au pouvoir, par rapport à ce que l'on proposait il y a encore quelques mois.

Comment expliquez-vous qu'en un an, il y ait une telle différence entre les promesses du candidat François Hollande et les décisions du président ?

Je me pose la question… Il y a manifestement un refus de la part de l'exécutif d'affronter un rapport de force, au prétexte qu'il nous serait défavorable. Il y a une forme de défaitisme social. En la matière, l'exemple des "pigeons", il y a quelques mois, était frappant : face à quelques entrepreneurs qui avaient quelques amis sur Facebook, on a aussitôt reculé, plutôt que de dire qu'on avait 16 millions d'électeurs derrière nous.

Avez-vous le sentiment que vos appels et vos avertissements sont écoutés par François Hollande ?

Notre parole est en tout cas écoutée et partagée par une bonne partie des militants socialistes, et plus largement parmi les partis de gauche. Par contre, je constate en effet que l'exécutif reste totalement sourd à ce que l'on raconte. Pourquoi ? Parce qu'à trop craindre madame Merkel et les marchés financiers, on en oublie aussi celles et ceux qui nous ont élus. C'est pour cela qu'on appelle François Hollande à réorienter sa politique. Il n'est pas encore trop tard : nous ne sommes qu'au début du quinquennat…

Propos recueillis par Bastien Hugues

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