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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 21:20

Retrouvez cette tribune dans Le Monde lundi 28 avril et sur lemonde.fr

Par Emmanuel Maurel, vice-président de la Région Île-de-France, membre du Bureau national du PS

En désignant le « monde de la finance » comme « notre adversaire », le candidat à la présidentielle François Hollande avait fait preuve d’un salutaire bon sens. Ce n’est pas à la masse des citoyens de payer les errements et les fautes des principaux responsables de la crise. D’où son mot d’ordre de campagne, le « redressement dans la justice ».

L’indispensable redressement du pays – celui de l’emploi, de notre appareil productif, et secondairement de nos comptes publics – allait de pair avec la lutte, consubstantielle au projet historique de la gauche, contre les inégalités sociales largement aggravées après dix ans de politique de droite.

Ce mot d’ordre, qui a conduit à la victoire de 2012, battait en brèche la thèse libérale de « la préférence française pour le chômage », qui laisse à penser qu’il faudrait arbitrer entre efficacité économique et justice sociale, entre production et redistribution, entre offre et demande. C’est la fierté des socialistes de ne pas être tombés dans le piège tendu par une partie de la droite française selon laquelle, pour faire baisser le chômage et restaurer les marges de nos entreprises, il faudrait sacrifier une protection sociale de qualité, un droit du travail protecteur, des services publics utiles et enviés par nombre de nos voisins.

Nous avons gagné en tenant bon sur cette idée forte : la compétitivité est fille de la cohésion sociale. Rien ne saurait être plus vain et plus néfaste que de s’engager dans une course au moins-disant social. Et cela vaut aussi pour l’Europe. En faisant de la réorientation de la construction européenne une priorité française, le président de la République rappelait que l’Union ne survivrait pas à la compétition généralisée et à l’austérité à perpétuité.

Emmanuel_Maurel_CN.jpgUNE POLITIQUE ÉCONOMIQUE DÉSÉQUILIBRÉE

Deux ans après, je considère que les analyses et les préconisations du chef de l’État étaient les bonnes. Et je regrette, comme nombre de socialistes, qu’il s’en soit éloigné. Nous menons une politique économique déséquilibrée. Le pacte de responsabilité et le plan d’économies annoncé la semaine dernière par le nouveau premier ministre, Manuel Valls, en témoignent.

La logique de ce pacte repose sur un postulat aussi simple que contestable. Le « coût du travail » pèse sur les entreprises. Pour aider celles-ci à restaurer leurs marges et à embaucher plus tard, il faut donc baisser les cotisations sociales et réduire les impôts sur les sociétés. Pour financer ce manque à gagner pour l’État, le gouvernement avait dans un premier temps augmenté la fiscalité indirecte. Il propose aujourd’hui de faire des économies, ce qui ne manquera pas de réjouir une Commission européenne finissante qui ne jure que par les « réformes de structures » et la baisse des dépenses publiques.

Le premier problème posé par ce pacte, c’est que les aides aux entreprises ne sont ni ciblées ni conditionnées. Ainsi, toutes bénéficieront des largesses de l’État, qu’elles soient ou non soumises à la concurrence internationale, qu’elles soient artisanales ou multinationales, en difficulté ou florissantes. Un exemple : le secteur de la grande distribution touchera près de 3,5 milliards d’euros du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), soit presque autant que l’industrie. Dans ce cas, l’effet d’aubaine joue à plein.

Le deuxième problème, c’est que la seule contrepartie identifiable au pacte de responsabilité, c’est l’extrême rigueur budgétaire. Les sommes engagées en faveur des entreprises sont ainsi compensées, quasiment à due concurrence, par les budgets de l’État, des collectivités et de la Sécurité sociale. A supposer que cette « politique de l’offre » se justifie au regard de la situation objective des entreprises, la baisse des investissements dans le service public national et local peut avoir une conséquence grave : déprimer un peu plus la demande intérieure. Et donc casser la timide reprise de la croissance observée ce semestre.

Mais il y a plus préoccupant encore. Ce sont les salariés et les ménages, y compris les plus défavorisés, qui financent la baisse des cotisations et des impôts pour les entreprises. Cinq millions de fonctionnaires, quinze millions de retraités et huit millions de pauvres – dont les revenus seront à peine revalorisés, contrairement à ce que prévoyait le « plan pauvreté » présenté récemment par l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault – sont ainsi mis à contribution.

LA PROTECTION SOCIALE EST MENACÉE

Emmanuel_Maurel_Le_Monde.jpgLe risque, c’est évidemment la précarisation du monde du travail. Risque d’autant plus élevé que le financement de la protection sociale est menacé, avec un total des baisses de prélèvements – cotisations patronales, salariales, cotisation sociale de solidarité des sociétés – de près de 15 milliards d’euros.

Alors disons-le brutalement. Pour une personne de gauche, la question sociale ne saurait se résumer à la lutte pour l’emploi. Nous ne pouvons accepter de nous laisser enfermer dans un débat autour de la seule question de « l’efficacité ». Quand bien même il y aurait baisse du chômage, si la politique économique menée plonge des millions de travailleurs dans la pauvreté, si elle bride le pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes, si elle ne répond pas à la question cruciale des inégalités, alors l’échec politique et social sera au rendez-vous.

Il n’y aura pas de redressement sans justice. La réduction des déficits n’est pas un objectif politique en soi. En période de croissance atone, elle n’est pas forcément synonyme de relance de l’activité et de baisse du chômage. Comme le notait justement Arnaud Montebourg, ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique, c’est même parfois l’inverse. Mourir guéri n’a aucun intérêt. Alors, restons vivants ! Pour ne pas étouffer la reprise, faisons le choix du pragmatisme.

A l’échelon européen, la France peut opposer au funeste pacte de stabilité une stratégie de relance fondée sur l’investissement et la construction de convergences sociales. En cela, nous serons en phase avec le programme du Parti socialiste européen, qui veut « imposer une nouvelle croissance » sur le continent. Dans l’immédiat, nous devons engager un rapport de force avec la Commission en lui signifiant notre refus de respecter dans les délais les critères de déficit restrictifs qu’elle nous assigne.

Au plan intérieur, la relance de l’investissement et de la consommation permettra d’accompagner le regain encore fragile de la croissance. Réservons les aides aux entreprises soumises à la concurrence internationale et aux secteurs d’avenir, renforçons les moyens de la Banque publique d’investissement (BPI), permettons aux collectivités territoriales d’innover localement et de préparer l’avenir.

NOTRE ÉLECTORAT ATTEND DES ACTES

Enfin, il est urgent d’agir pour le pouvoir d’achat. Il ne s’agit pas de faire des « gestes » ou d’envoyer des « signaux ». Notre électorat attend des actes. La réforme fiscale est un outil pour améliorer le quotidien des Français les plus modestes. Mais l’augmentation substantielle du smic lors de sa revalorisation annuelle et le dégel des salaires des fonctionnaires nous paraissent tout aussi nécessaires.

Le sursaut est possible : il est souhaité par nombre de parlementaires de gauche, par des dizaines de milliers de militants, par des millions d’électeurs. A l’occasion des élections européennes, les socialistes prétendent, avec raison, « imposer une nouvelle croissance ».

En montrant la voie, la France pourra s’enorgueillir d’avoir contribué à la rendre possible.

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