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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 15:40

drapeaux-europe-280x140Pour la énième fois, Bruxelles constate que la France n’atteindra pas la réduction de son déficit public à 3% du PIB. Et pour cause, les politiques d’austérité provoquent partout la même réaction en chaine : elles freinent la croissance, amenuisent les recettes, affaiblissent le pays, augmentent le chômage et in fine ne réduisent quasiment pas les déficits publics en dépit d’une réduction drastique des services publics et des politiques de solidarité. La casse sociale et humaine est redoutable.

Ce constat n’est hélas pas nouveau et avait d’ailleurs justifié en son temps la volonté affichée du candidat François Hollande d’exiger la renégociation du Traité (TSCG) - qui au passage durcissait encore le pacte de stabilité - en «le modifiant et le complétant». L’objectif était de réorienter l’UE en faveur de la croissance.

marie-noelle lienemann 1Nous ne reviendrons pas sur la grave erreur qui a été commise à l’été 2012, avec l’abandon de ces exigences et l’acceptation de se couler dans le moule dangereux des contraintes européennes (réduction à marche forcée des dépenses publiques, flexibilité renforcée du travail, allongement âge départ en retraite, baisse du «  coût » du travail, etc.). Tout cela au motif d’obtenir une dérogation et un allongement des délais pour atteindre les fameux 3%. Couperet qui par ailleurs n’a pas grand sens économique. Les Etats-Unis ont un déficit de 6,8% du PIB !

Mais il est temps que la France change de stratégie et arrête de se présenter toute penaude devant la commission européenne, parce qu’elle n’arrive pas à atteindre des objectifs absurdes et pour le moins contestables. Contestables ils le sont déjà en soi, mais encore plus aujourd’hui dans un contexte mondial de faible croissance et de déflation européenne.

Car cette fameuse déflation qui pointe son nez ne tombe pas du ciel. Elle est née des choix ultralibéraux et malthusiens de ce pacte dit de stabilité auxquels se sont ajoutées les logiques d’austérité.

N’ayons aucun complexe d’être les mauvais élèves de politiques absurdes et dangereuses, non seulement pour notre pays mais pour l’Union européenne également.

Même l’Allemagne qui peut s’enorgueillir d’une balance commerciale très excédentaire est touchée par une faible croissance. Sans compter les effets sociaux désastreux pour bon nombre d’allemands. Sans compter la déstabilisation et l’affaiblissement des autres pays de l’UE au profit de la république fédérale.

Le temps est venu de dire stop, de ne pas quémander des délais, mais d’exiger un nouveau cadre et la négociation d’une stratégie commune de relance et de sortie de crise.

La commission européenne se réjouit d’une reprise en annonçant des prévisions de croissance en hausse de 0,1% par rapport à celle de l’automne 2013 (l’épaisseur des incertitudes de calcul) pour atteindre en moyenne dans l’UE 1,5% mais seulement 1,2% en zone Euro en 2014 et bien sûr une accélération (toujours des prévisions… d’autant plus positives qu’elles sont lointaines et justifieraient le maintien des politiques actuelles) en 2015 avec 2% dans UE et 1,8% en zone Euro (il y a bien un effet anti-croissance liée à la politique monétaire de l’Euro).

Non seulement ces chiffres sont sujets à caution, non seulement ces moyennes cachent de profondes inégalités entre pays, mais en tout cas ils ne manifestent pas une sortie de crise et sous-estiment les signes de déflation que la plupart des économistes observent et redoutent.

L’exigence de changement de cap et d’une stratégie alternative de relance est plus que jamais d’actualité en France et en Europe. Il est temps que notre pays engage l’indispensable rapport de force avec la commission et les pays les plus libéraux, en particulier l’Allemagne. Nous devons exiger un nouveau cadre macro-économique commun, des convergences sociales et fiscales (qui doivent restituer du pouvoir d’achat aux catégories populaire et relancer la consommation intérieure à l’UE) et des grands projets d’avenir assurant  un rebond industriel et économique commun (transition énergétique, sécurité des informations et numérique, etc.).  

De surcroit, la question monétaire ne peut être davantage différée. La France doit se saisir de l’opportunité des traités qui confie aux états membre, la politique de change pour déposer au plus vite sur la table du conseil un mémorandum sur la nécessité de retrouver au plus vite une parité Euro Dollars, quitte à fixer des étapes intermédiaires. Faire davantage l’autruche et se contenter de déclarations sur la surévaluation de l’Euro n’est pas tenable et discrédite l’action politique tout comme l’idée qu’on peut encore peser sur le cours des affaires européennes.

En tout cas, rien ne serait pire que d’aller à Canossa, à Bruxelles portant en étendard le pacte de responsabilité pour obtenir les bonnes grâces des instances européennes et quelques délais supplémentaires. Encore un peu de temps, monsieur le bourreau!

Il faut affirmer haut et fort que nous développons une voie alternative fondée d’abord sur la croissance et le redressement industriel et la proposer à nos partenaires pour un nouveau compromis et une réorientation de l’UE.

Pour convaincre ceux qui partagent nos doutes et nos désaccords, il faut faire la preuve que nous tiendrons bon. Ces pays sont trop habitués à ce qu’après avoir haussé le ton, la France  finisse par céder au nom de pseudo-accords au sein du couple franco-allemand, dont on peut mesurer aujourd’hui qu’ils ont été surtout favorables à l’Allemagne. Pour eux notre détermination n’est pas assurée et leur soutien est du coup risqué.  Il est temps de renouer avec eux un pacte de confiance, car nos intérêts sont convergents.

La France est contributeur net de l’union, elle est l’un des pays majeurs, elle doit se faire entendre et porter un autre chemin. C’est affaire de volonté, de stratégie et surtout de tourner le dos à cette redoutable tendance à sous-estimer notre pays en réduisant son impact politique à ses seuls résultats économiques (du coup c’est l’affaire du serpent qui se mord la queue, on n’aurait d’autre  choix que de s’aligner, on deviendra alors plus faible et plus encore il faudrait rentrer dans le rang…)

Ce qu’on fait hier De Gaulle ou Margareth Tatcher pour faire prendre en compte leurs intérêts et leur vision, le président de la république Française doit le faire aujourd’hui. Mais il doit le faire en portant une certaine idée de l’intérêt général et de l’avenir de l’Europe. D’où l’importance de tenir, sans défaillir 3 positions :

  • Faire ce qu’on prétend et restaurer le crédit en la parole de la France.  l’inertie et même le blocage du gouvernement français sur la mise en œuvre concernant les transactions financières, comme ceux pour une séparation plus forte entre activités bancaires traditionnelles et celles de marché sont inadmissibles et discréditent  l’idée d’une rupture avec l’hyper financiarisation de nos économies. Mais aussi assumer la réalité : nous n’atteindrons pas les objectifs du pacte de stabilité et l’assumons comme un choix, celui d’une voie alternative
  • Développer en France une stratégie singulière et ne pas faire chez nous ce qu’on prétend combattre en Europe. Car il ne suffit pas de refuser le cadre macro-économique de Mme Merkel et de la commission (tout miser sur l’offre) mais bel et bien de rendre perceptible une politique de relance (salaires, redistribution des richesses, grands travaux, soutien à l’industrie et aux investissements productifs etc..).
    Quel sens peut alors avoir la position du PS qui appelle à un changement de politique dans l’UE grâce aux européennes et se précipite à valider un «pacte de responsabilité», déclinaison française des politiques austéritaires et libérales, avant ces élections… en réalité pour calmer les fureurs bruxelloises.
  • Consolider l’idée d’un nouveau projet européen, en développant une stratégie diversifiée d’alliance ; par exemple, il serait utile d’organiser en France une grande conférence entre tous les syndicalistes européens et des ministres, experts sur l’instauration de convergences sociales et d’un Smic européen à terme, comme de proposer un mémorandum sur la monnaie aux pays qui souffrent de l’Euro fort ou encore de mettre sur la table un plan de relance de la croissance et un étalement dans la durée du retour aux équilibres.

Tout cela est indispensable aussi pour que les français et notre jeunesse reprennent confiance en eux- même, retrouvent foi dans leur pays. Sans cela, il est vain de croire que le redressement de la France sera crédible, il est vain d’espérer une nouvelle dynamique entrepreneuriale (que des allègements de «charges» et des bonnes paroles réanimeront pas) ou même d’imaginer que les marchés et les étrangers seront convaincus par notre attractivité si notre peuple lui-même demeure déprimé.

Marie-Noëlle Lienemann

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Published by Marie-Noëlle Lienemann
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