Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

Recherche

28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 09:48

Mediapart - 28 septembre 2012 par Lénaïg Bredoux

Le tabou se fissure. Et si la France ne revenait pas à un déficit de 3% dès l’an prochain ? Après les économistes, ce sont désormais des responsables socialistes et même des conseillers de l’exécutif qui remettent en cause, publiquement ou à demi-mots, l’objectif imposé par les traités européens. Le gouvernement le proclame pourtant avec force alors qu'il présente ce vendredi son budget pour 2013 dont la vocation première est de revenir dans les clous de Maastricht.

«Concernant les perspectives des finances publiques de la France, nous tiendrons cet objectif de 3 % de déficit, parce que nous voulons maîtriser notre destin et préserver notre souveraineté», déclarait la semaine dernière à Mediapart le premier ministre Jean-Marc Ayrault. «Ce choix va demander des efforts, justes, mais qui ne cassent ni notre économie ni notre modèle social. Ce n’est ni l’Europe ni le traité qui nous l’impose, c'est notre volonté de ne pas nous laisser dicter notre politique par les marchés financiers», insistait-il. Un message répété jeudi soir sur France 2.

Mais, dans le même temps, le premier ministre, qui se rendra mardi devant les députés pour défendre la ratification du traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), trouve au texte concocté par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel une vertu essentielle : celle, justement, de remettre en cause le mode de calcul du déficit en parlant de "déficit structurel". C'est une notion beaucoup plus souple qui vise à exclure les dépenses conjoncturelles en temps de crise, voire les investissements d’avenir (routes, réseaux de télécommunication, transition énergétique par exemple).

«Quant au traité en tant que tel, lisez-le bien, il parle d’“équilibre structurel” des finances publiques, ce qui signifie que l’on peut aussi tenir compte des situations de crise. Il n’est pas le carcan que l’on décrit !» nous expliquait Jean-Marc Ayrault. Mais pas question d’aller plus loin.

C’est finalement le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui a franchi dimanche la ligne jaune dessinée par l’exécutif. Sur Radio J, le socialiste a ainsi déclaré, à propos des 3% : «Je pense que c'est intenable mais ce n'est pas à la France de le dire.» Avant de lancer un appel à Bruxelles : «C’est à la Commission de dire qu'on ne peut pas demander le même effort aux pays européens lorsqu'il y a de la croissance et lorsqu'il n'y en a pas. (…) Mais je ne souhaite pas que ce soit la France qui donne l'impression (en posant la question) de ne pas tenir ses engagements et sa parole parce que nous aurions à le payer cher au niveau de la gestion de notre dette et de l'effort financier.»

Cette déclaration a agacé Matignon et l’Élysée. «Il ne faut pas dire ça», tacle le ministre chargé des affaires européennes, Bernard Cazeneuve. Car l’exécutif est convaincu que la France ne peut se permettre de remettre publiquement en cause ses engagements : il craint une sanction immédiate des marchés et une remontée des taux d’intérêt auxquels la France emprunte actuellement (à leur plus bas niveau historique). Aux yeux du gouvernement, une telle décision ne pourrait être prise qu’au niveau européen, en concertation avec la Commission de Bruxelles.

« Parlons-en demain. Progressons ensemble »

Deux pistes sont en réalité à l’étude : un assouplissement du calendrier (que plusieurs pays en récession comme l’Espagne ou le Portugal ont déjà obtenu), qui permettrait de différer d'une année l'échéance, et un changement du calcul du déficit, en prenant en compte le déficit structurel. «On y réfléchit. On travaille là-dessus, notamment sur le déficit structurel», confirme un ministre sous couvert d’anonymat.

Bernard Cazeneuve, le ministre chargé des affaires européennes, le dit d’ailleurs clairement, en débat avec Eva Joly (à retrouver ici) : «Tout, sur le déficit structurel et les investissements d’avenir, doit se faire dans le concert des nations européennes. Ce sujet-là se traite autour de la table. Il faut sortir avec une décision commune. Il n’y a pas d’échappée belle possible sur un tel sujet. Il faut convaincre. Ce positionnement doit être celui de l’Europe dans son ensemble.» Avant d’ajouter : «Les Italiens, par exemple, ont proposé que les grandes dépenses d’investissements soient sorties du déficit. Parlons-en demain. Progressons ensemble

«La France ne peut pas dire toute seule en Europe qu’elle ne va pas suivre l’objectif, c’est impossible ! Mais on commence à préparer le terrain à plusieurs», abonde une autre ministre, sous couvert du “off”. Même tonalité du côté de Catherine Trautmann, chef de file des socialistes français au parlement européen et ex-membre de l’équipe de campagne de Hollande :

«Qu’on ait des règles de résorption du déficit et de résolution de la dette, c’est la condition indispensable d’assainissement de nos économies. Mais Barroso doit considérer la question du calendrier, pour l’Espagne, pour l’Italie, mais aussi pour toute la zone euro. Une fois le TSCG et la loi organique votés, François Hollande ayant apporté comme réponse aux inquiétudes le fait que la règle d’or ne soit pas dans la constitution, le débat qui s’ouvre est de voir comment on évite la récession», a-t-elle expliqué dans un débat organisé par Mediapart avec la députée PS Barbara Romagnan et que nous publierons très prochainement.

En réalité, prédisent plusieurs conseillers élyséens, tout dépendra de l’évolution de la conjoncture : si la croissance continue de fléchir – la prévision pour l’an prochain a déjà été réduite à 0,8% et les économistes prédisent plutôt 0,3% –, le chef de l’État pourrait se tourner vers Bruxelles pour assouplir le calendrier de retour à l’équilibre de ses finances publiques.

Signe des tractations en cours dans les cabinets de la République, les conseillers du pouvoir ont déterré ces derniers jours les déclarations du candidat François Hollande. Oui, il promettait bien un retour à 3% mais il ajoutait souvent : «Si la croissance est là.» C’était par exemple le cas pour son premier discours de campagne, le 4 janvier à Mérignac : «S’il n’y a pas la croissance, il n’y aura pas le redressement des comptes publics.» Une phrase que le président de la République pourrait bien exhumer dans les prochains mois.

Partager cet article

Repost 0

commentaires