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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 10:47

Vieux-Boucau, de notre envoyé spécial

Après le coup de la barre à gauche, comment maintenir le cap et éviter le retour de gouvernail? C'est la problématique que tente de résoudre l'aile gauche du PS, qui s'est réunie en université de rentrée dans les Landes ce week-end. A l'ombre des pins maritimes du Vieux-Boucau, près d'un millier de militants du courant de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli ont passé trois jours à se rassurer sur eux-mêmes et leur poids dans le parti.

Dimanche, la petite surprise s'appelait Olivier Besancenot, qui acceptait pour la première fois de répondre à une invitation socialiste, avec les dirigeants communiste Pierre Laurent et écologiste Jean-Vincent Placé. Cela a été l'occasion pour Hamon et les siens de réaffirmer leur singularité et leurs exigences de gauche, alors que le PS se veut désormais parti de l'alternance, crédible et responsable. L'occasion aussi de voir le porte-voix de l'anticapitalisme nouer le dialogue avec des socialistes qu'il vouait aux gémonies jusqu'ici.

 

Photo de famille élargie, à l'entrée de l'université d'été du courant Hamon du PS, au Vieux-Boucau, dimanche 19 septembre
Photo de famille élargie, à l'entrée de l'université d'été du courant Hamon du PS, au Vieux-Boucau, dimanche 19 septembre© S.A

 

A son arrivée dimanche matin, le porte-parole du NPA a concédé devant les caméras son changement d'attitude devant un PS toujours critiqué, mais devenu pour une part fréquentable. S'il admet vouloir surtout «que toute la gauche tape sur le même clou en défense de l'héritage du mouvement ouvrier», expliquant sa présence par la volonté de voir réussir la «lutte» contre la réforme des retraites, Besancenot reconnaît qu'«une certaine forme de pragmatisme socialiste a évolué, plutôt dans le bon sens», assurant se sentir «à (s)a place, comme quand le socialiste Gérard Filoche vient à nos universités d'été».

Mais à la tribune, Olivier n'a pas épargné le parti de Benoît. Contrairement à nombre de ses camarades trotskystes, Besancenot n'a jamais fréquenté les «bébés Hamon» dans les directions de l'Unef. Alors, pas de pincettes. Et le leader du NPA de citer Rosa Luxembourg le sourire en coin. «Comment ne pas citer ici “Rosa la rouge”», glisse-t-il, dans une allusion à son assassinat par la social-démocratie allemande. Un avertissement, aussi: «Arrêtons de regarder 2012 et mobilisons-nous maintenant. On peut encore gagner, camarades, mais à la condition de ne pas trembler. Il faut balourder à la poubelle tous les discours qui puent la défaite!»

Chaleureusement applaudi à plusieurs reprises par une assistance jeune et enthousiaste («Unité!» «Unité!»), Besancenot a toutefois jeté un froid, en plaidant pour que le PS rompe avec le capitalisme comme avec la social-démocratie européenne: «La droite gouverne bien, en tout cas pour les riches. La droite gouverne de façon décomplexée, et les capitalistes reprennent goût à la politique. Mais quand on regarde la Grèce, l'Espagne ou le Portugal, on voit que les capitalistes savent qu'ils n'ont pas grand-chose à perdre d'une alternance socialiste.»

Toutefois, Besancenot a applaudi lui aussi à quelques moments des discours d'Henri Emmanuelli et Benoît Hamon. Quand le député des Landes admettait que «les socio-libéraux, on dit qu'il n'y en a pas au PS, mais je crains qu'on les ait rencontrés quand même». Puis quand il lança d'un clin-d'œil à l'anticapitaliste: «J'aimerais bien la voir avant de partir, cette révolution… démocratique!» Besancenot a aussi acquiescé quand Hamon a développé son argumentaire en faveur de mobilisations du mouvement social dans la foulée d'une éventuelle victoire de la gauche en 2012.

Se référant à Blum et aux grèves du Front populaire en 1936, le porte-parole du PS verrait bien une série de manifestations de la rue pour venir en aide au gouvernement, «qui ne pourra pas tout changer tout seul, sans un espace public saturé de revendications en lien avec la question sociale». Et de citer en guise d'exemple «une mobilisation des étudiants pour revendiquer tout de suite l'allocation d'autonomie! Pareil pour les salariés pour obtenir l'augmentation des salaires et du Smic!». La veille, il expliquait dans les allées du village de vacances du Vieux-Boucau son raisonnement: le but, c'est «d'inventer une gouvernance où il n'y aurait pas de tournant de la rigueur au bout de deux ans, et pas de tournant de la rigueur du tout».

 

A la tribune de l'université d'été du courant Hamon du PS, au Vieux-Boucau, dimanche 19 septembre
A la tribune de l'université d'été du courant Hamon du PS, au Vieux-Boucau, dimanche 19 septembre© S.A

De leur côté, le n°2 des Verts Jean-Vincent Placé et le n°1 du PCF Pierre Laurent ont davantage parlé en chef d'appareils négociant déjà avec Solférino. Ils ont insisté sur la nécessité préalable à 2012 de «discuter collectivement», pour aboutir à la rédaction de propositions communes. Placé a évoqué «une troisième voie à inventer, entre la social-démocratie molle et les vieux logiciels marxistes. Nous devons trouver un accord politique d'alternative avant l'été prochain». Laurent, lui, a refusé de jouer «au concours des “Monsieurs Plus” qui seraient le plus à gauche», préférant «tout faire pour que la même énergie, aujourd'hui à l'œuvre sur les retraites, puisse rendre populaire un débat sur l'alternative, et tenter de déboucher sur un contrat citoyen collectif».

Mais Hamon, le porte-parole du PS, a préféré coiffer sa casquette de responsable du dernier courant encore structuré comme tel (tous les autres ont explosé après le congrès de Reims). Car malgré son influence sur la ligne du parti, le tiraillement interne plane au-dessus des débats sur la réforme des retraites, et l'incertitude règne autour de la primaire socialiste.

«Nous, on est vraiment dangereux pour les banques»

Bien que conscient de voir son expression et sa radicalité bordurées par ses fonctions de porte-parole, ainsi que par la participation d'une quinzaine des cadres de son courant à la direction du parti, Hamon dresse toutefois un bilan positif des deux premières années des siens à Solférino. Au micro, il a martelé être à l'aise dans sa fonction de porte-voix d'un parti, déclinant les inflexions les plus emblématiques qui ont parsemé différents textes depuis décembre 2008.

Pour autant, si le soutien à une candidature Martine Aubry est franc et d'ores et déjà assumé, le malaise grandit à l'évocation de toute autre hypothèse. Et la base du courant semble avoir déjà convaincu Hamon malgré lui de se porter candidat, en cas de défection de la première secrétaire. Difficile d'admettre que Strauss-Kahn puisse être «d'accord sur l'essentiel» et «sur la même ligne politique», comme l'affirme Martine Aubry. Quant au retour au premier plan de Ségolène Royal, si tout le monde reconnaît son «habileté» et son «pif politique», l'ancienne candidate ne parvient pas à séduire l'aile gauche du PS.

Alors pas question de rester en dehors du choix du candidat à la présidentielle, sous peine de ne pas peser sur la ligne du parti, comme ce fut le cas en 2007. A l'époque, Hamon et Emmanuelli avaient appelé François Hollande à prendre ses responsabilités, avant de soutenir tardivement Laurent Fabius. Le courant s'est donc réorganisé en interne, et Razzy Hammadi et Pouria Amirshahi, secrétaires nationaux aux services publics et aux droits de l'homme et tous deux anciens présidents (l'un du MJS, l'autre de l'Unef), ont été chargés de «réactiver la coordination interne», en vue d'une éventuelle participation aux primaires.

«Pendant un an et demi, on a été concentrés sur les batailles à mener sur les orientations du parti, confesse Amirshahi. Il faut réorganiser le travail de terrain en vue des primaires. Pour soutenir Aubry, mais aussi pour parvenir à planter les bonnes banderilles sur le programme.» Pour le nouveau coordinateur, «il y a chez nous beaucoup de syndiqués, d'adhérents à Attac ou Copernic, de gens mobilisés dans l'agenda social, des jeunes. Ce serait con de ne pas se montrer…». Une façon de se faire entendre et d'élever la voix, alors que la prudence du parti sur la réforme des retraites inquiète les ailiers gauche du parti.

 

Marie-Noëlle Lienemann, Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, au Vieux-Boucau, samedi 18 septembre
Marie-Noëlle Lienemann, Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, au Vieux-Boucau, samedi 18 septembre© S.A

Les paroles d'Aubry en faveur d'un allongement de la durée de cotisation (et donc d'une remise en cause implicite de la retraite à 60 ans) font grimacer les cadres de l'aile gauche du PS. Infatigable bateleur, Gérard Filoche veut croire que ses 52 meetings unitaires à travers la France («Et encore huit à venir!») ne seront pas vains. «A un moment, Aubry va recorriger le tir à gauche, face à la pression du mouvement social», prie-t-il presque. «Les directions socialistes ont toujours été poreuses à la rue. D'ailleurs, Hollande avait lâché “la retraite à taux plein”, contrairement à ce que dit Aubry. Au congrès de Dijon en 2003, lorsque la salle a ovationné la CGT après la trahison de la CFDT sur la réforme Fillon…»

Benoît Hamon rappelle «que la retraite à 60 ans aurait pu ne même pas être du tout dans la position du parti! Ce qui se joue aussi maintenant, c'est l'ambition de ce qu'on veut faire si on gagne en 2012». Selon lui, «le rôle de notre courant est de représenter une garantie pour le reste de la gauche. Nous, on est vraiment dangereux pour les banques. Et on va se battre pour que le programme présidentiel ne soit pas une version “A prime” quand la droite présenterait une “version A”».

Pour l'ancienne ministre du logement Marie-Noëlle Lienemann, la situation n'est pas nouvelle, au fond: «La gauche du parti a toujours fait comme ça, jouer la mobilisation sociale et la dynamique unitaire pour peser sur la ligne. Si ces deux éléments sont absents le jour où nous sommes de retour au pouvoir, c'est l'apathie et l'absence de contre-pouvoirs. Et un petit noyau accapare la réalité de la gauche…»

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