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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 10:21
La motion B à la tribune du congrès, samedi 6 juin, vue par Libération

La journée du samedi 6 juin a été le cœur des débats du congrès du Parti Socialiste à Poitiers, vous trouverez ci-dessous le compte-rendu que font de la journée Lilian Allemagna et Rachid Laïreche, journalistes à Libération. Nos camarades Marie-Noëlle Lienemann, Christian Paul, Benoît Hamon, Emmanuel Maurel, Jérôme Guedj, Gaëtan Gorce et Gérard Filoche ont fait forte impression ; les débats et les réactions des congressistes se sont en réalité structuré autour des interventions de la motion B, l'ensemble des observateurs s'accordant pour dire qu'Emmanuel Maurel avait enfin réveillé un congrès jusque là atone et voué par la direction du Parti à l'ennui.

11h20. «Le fossé se creuse entre le peuple et notre parti»

C’est la première personnalité de premier plan à monter à la tribune de Poitiers. Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone attaque sa première phrase et… on lui coupe le micro. Manuel Valls vient d’entrer dans le parc des expositions de Poitiers. «Quel plaisir !», s’amuse-t-il. Valls s’installe. Bartolone reprend. Il veut que Poitiers serve à dire ce que les socialistes «veulent faire de ce deuxième temps du quinquennat». Il rappelle qu’il avait porté le débat sur les 3%, sa «conception» de l’Europe et la«confrontation» avec l’Allemagne. Et à ses camarades socialistes qui parlent de «compétitivité» ou de «charges», il lance : «Faisons attention aux mots que nous employons». «Sans notre action, c’est la main invisible du marché, insiste le patron de l’Assemblée. Nous avons une autre orientation à leur proposer».

MNL_congres_Poitiers_06-06-2015Avant lui, Marie-Noëlle Lienemann s’était pointée sur l’estrade avec un petit pull jaune et des mots forts. Les responsables socialistes précédents racontaient un monde de rêve. La sénatrice a pris un autre chemin : «Nous ne pouvons pas faire comme-ci la crise était derrière nous, comme-ci la chute des adhérents n’existait pas. Le fossé se creuse entre le peuple et notre parti.» Puis, elle ajoute : «Regardons la hausse du chômage la baisse du pouvoir d’achat, les défaites électorales et la montée du Front national. Le malaise est profond, on ne peut pas mener une politique libérale et dire que c’est une politique sociale-libérale. Où va notre parti s’il n’est plus à gauche ?» A la fin de son discours, elle récolte les premiers applaudissements nourris de cette matinée de congrès. L.A. et R.La.

11h40. «Quand la gauche se rassemble sur un programme de gauche, elle bat la droite»

781874-christian-paul-poitiersLa tête de liste de la motion B («A gauche pour gagner»), Christian Paul, a vu beaucoup de choses. Le député de la Nièvre a remonté le temps pour décrire sa campagne au poste de premier secrétaire. Il tape d’abord à droite et son extrême. Paul a vu «comment les années Sarkozy avaient partout distillé l’individualisme, la division et la haine» et «la progression du national-populisme dans les regards, les têtes et les urnes». Le «frondeur» a aussi vu «des socialistes qui sont sur le départ».

Après le passé, le futur. «En venant à Poitiers, je me suis posé une question simple : si j’avais 18 ans aujourd’hui, que choisir, entre deux jours au congrès et deux jours à Madrid ou Barcelone, pour comprendre ce qui s’y passe ?»La réponse est dans la question. Christian Paul parle de «prochaine gauche», observe l’évolution de Podemos en Espagne avec des rêves plein la tête parce que «lorsque la gauche se rassemble sur un programme de gauche, elle bat la droite».

En conclusion, il range les armes : l’unité du PS n’est pas en danger. Mais il demande à ses camarades de la majorité de faire attention : «Il y a deux orientations au sein de la gauche de gouvernement […] elles vivent dans notre parti, elles débattent à Poitiers». «La politique sociale-libérale, elle oublie le social», rappelle le député, qui prévient que «ces débats économiques […] ne sont pas terminés». La loi Macron fait son retour à l’Assemblée, il lance à un Manuel Valls – sorti, hasard de congrès, pile à ce moment-là – «agiter une nouvelle fois l’article 49.3 sur la loi Macron, c’est la négation de toutes les déclarations de ce congrès». Dimanche en fin de matinée, Jean-Christophe Cambadélis doit lire une «adresse au peuple de France». Une adresse que Paul et sa motion ne signeront sûrement pas. L’unité est fragile. R.La.

16 heures. Hamon critique «le tournant idéologique» de Valls

781917-congps187Après Christian Paul le matin, Benoît Hamon était le deuxième représentant de l’aile gauche attendu à la tribune de Poitiers. Et l’ex-ministre a changé un peu le refrain des représentants de ce bord : «Les militants socialistes qui ont voté [pour la motion de Cambadélis, ndlr], ils savaient le tournant, la poursuite de cette politique. J’espère que vous ne vous trompez pas, j’espère que cette orientation nous mènera en 2017». Le furtif ministre de l’Éducation – sorti fin août du gouvernement au moment où Arnaud Montebourg s’est fait virer – critique «le tournant idéologique» de Valls.«Sans le socialisme, la République est vide», lance-t-il comme un écho à la conception de la République défendue par le Premier ministre. «D’abord la République ou d’abord le socialisme ?», interroge-t-il. «La laïcité ce n’est pas interdire le foulard à l’université», prévient-il, et se demande si, avec la loi Macron, une «aventure» comme celle des Fralib de Gémenos – qui ont reçu la visite la semaine dernière de François Hollande – «sera possible […] Je crois que non». L.A. et R.La.

17h37. Emmanuel Maurel répond à Manuel VallsEmmanuel_Maurel_Poitiers_samedi_06-06-2015

A Toulouse, en 2012, il était l’opposant numéro un à la majorité du PS. Cette année, s’il a laissé Christian Paul mener la motion, Emmanuel Maurel est toujours à la tribune pour mettre le gouvernement, Manuel Valls en tête, devant ses contradictions. Le Premier ministre s’est dit «attentif à ce que disent les socialistes ? Eh bien ça se voit pas», claque Maurel. Il revient sur les discours précédents, y compris de ministres, expliquant qu’il y voit des éléments communs : «Chiche !, lance le néodéputé européen. Actons collectivement que nous avons un certain nombre d’inflexions maintenant !» Les aides aux entreprises ? «Il ne faut pas attendre une hypothétique évaluation», dit-il. La baisse des dotations aux collectivités ? «Puisque vous êtes tous d’accord», il demande qu’elle soit stoppée. «Faisons en sorte que le congrès de Poitiers serve à quelque chose !», poursuit-il. Pour stopper l’hémorragie militante, «la meilleure façon, c’est de donner concrètement la preuve que nous avons une influence sur ce que fait le gouvernement». Il pourrait faire la «liste des déclarations qui contredisent ce que fait la majorité». «Cette distorsion spectaculaire entre le dire et le faire contribue à la crise de la politique, insiste Maurel. Cela nuit à notre crédibilité.»

Entendre les discours à la tribune de ce congrès puis voir la majorité voter des lois qui «privatisent les aéroports» ou «remettent en cause des lignes»de train, «c’est là que ça va pas !, s’énerve Maurel. C’est là que nous avons un problème entre nous !». Il envoie une pique aux camarades les plus libéraux de son parti. «J’aurais préféré qu’ils se comptent devant les militants […] La prochaine fois, pensez-y !» Maurel assure que son courant restera au PS pour se battre de l’intérieur : «Nous ne laisserons pas au parti de Jaurès et de Blum une mue sociale-libérale que nos militants et nos électeurs ne veulent pas ! Cela conduirait à la défaite, et, j’ose le mot, au déshonneur». Il en termine avec ces mots de «réforme» et de«progressisme» brandis par Valls quelques heures plus tôt : «Quand je vois certaines réformes, elles ne sont pas progressistes et quand je vois la loi Macron, c’est pas progressiste».

Quelques interventions plus tard, le maire de Lyon, Gérard Collomb, leader du «Pôle des réformateurs» – sensibilité qui compte tout ce que le PS a d’aspirants à une politique économique avec «moins de freins» – lui répond à la tribune. Il rappelle le discours de la Méthode entre Jean Jaurès et Jules Guesde et défend l’action du gouvernement dans la perspective du premier :«Soyons le socialisme de la réforme ! Celui qui répond aux aspirations des Français !» Étrange anachronisme.

18h15. Le congrès socialiste démarre enfin

Retard d’après-déjeuner oblige, les débats de ce samedi après-midi tirent en longueur. Les aubrystes en profitent pour défendre la réforme fiscale ou l’arrêt de la baisse des dotations aux collectivités locales. On entre dans le congrès. Avec des représentants de courants qui confrontent leurs visions du socialisme français. Maurel, puis Collomb, puis le secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, lui aussi chez les «réformateurs» : «Jaurès, il n’était pas frondeur ! Il était rassembleur !», lance-t-il, provoquant les militants de l’aile gauche en leur parlant de«clarification» et en les mettant en garde devant «un socialisme d’enfermement». Lesquels se mettent à le huer [en réalité, de nombreux observateurs ont noté que le secrétaire d’État s'est fait huer par des délégués de la motion A] lorsqu’il explique que le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a des difficultés parce qu’il y a, au sein de Syriza, une aile gauche… trop à gauche.

Autre porte-voix de l’aile gauche – française –, Jérôme Guedj est ravi de monter à la tribune alors que la salle s’est échauffée. Il est content de succéder à Le Guen : «Cla-ri-fi-ca-tion». Il prend, lui aussi, Valls au mot, et se veut un «socialiste exigeant». «Les engagements du Pacte de responsabilité et du CICE ne sont pas respectés», dit-il, rappelant que le texte d’orientation qui a été choisi à 60% par les militants socialistes reprend la proposition d’une «baisse de la CSG sur les premières tranches» : «Vous l’avez écrit, vous l’avez voté, alors oui, faites-le !» Idem sur l’opposition à«l’extension du travail le dimanche» : «Vous l’avez écrit, vous l’avez voté, faites-le !» 

Quelques interventions plus tard, l’inénarrable Gérard Filoche est là aussi. Il demande un «contrôle» de l’État sur les licenciements et réclame une«unité» de la gauche avec les Verts et le Front de gauche au gouvernement. «Le programme qui en sortira, il sera au cœur de la gauche», conclut-il.

Il aura fallu attendre presque deux jours pour avoir, à Poitiers, un congrès socialiste. C’est tard : dimanche midi, une fois le discours du premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis plié, ce sera déjà terminé.

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