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Qui sommes-nous ?

Le site Maintenant la Gauche Val-d'Oise rassemblait initialement les militants du Parti Socialiste qui se reconnaissaient dans le travail mené de puis l'autonome 2012 par "Maintenant la Gauche", le courant de gauche du PS, qui a présenté au vote des militants la motion 3 lors du congrès de Toulouse autour d'Emmanuel Maurel. Son périmètre s'est peu à peu élargi et a conduit à la présentation de la contribution générale "Le sursaut républicain : un coup de jeune pour le socialisme" pour le congrès de Poitiers. Depuis, notre site permet d'exprimer les positions des camarades valdoisiens rassemblés lors du congrès de Poitiers au sein de la motion B "à gauche pour gagner", dont le premier signataire proposé par Emmanuel Maurel, député européen, et Benoît Hamon, député des Yvelines, est Christian Paul, député de la Nièvre. 
Frédéric Faravel en est le mandataire départemental depuis 2012 ; Adélaïde Piazzi était notre candidate à l'élection du premier secrétaire fédéral du PS95 en 2012 et en 2015.

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 13:03
Discours de Christian Paul à la la Bellevilloise, le 27 mai 2015

Je veux dire ma reconnaissance à tous ces camarades qui ont fait une belle équipe depuis deux mois.

Aux animateurs de notre démarche et à ceux qui sont les artisans infatigables de notre vie quotidienne, ce belle équipe de militants qui a fait le job admirablement, à Paris et dans les fédérations. Je vous demande de les saluer.

Il est bien trop tôt pour savoir si l’Histoire nous jugera et nous remerciera.

Je tiens donc à le faire sans attendre: merci à vous tous.

De cette bataille politique, chacun sortira grandi.

Ceux qui se sont tus, ceux qui se rallient perdent du crédit.

Car c’est une bataille politique. Elle est pacifique bien sûr, mais elle n’est pas facile.

Nous devons combattre la droite et l’extrême-droite.

Nous devons réveiller notre parti, et prévenir les erreurs de notre propre camp.

A droite, il faut combattre les préjugès et la mauvaise foi.

Dimanche, le hold-up de Nicolas Sarkozy sur le patrimoine républicain va s’effectuer.

Heureusement, le signal d’alarme a retenti.

A gauche, c’est l’assoupissement et le renoncement qu’il faut éviter.

Ce soir, nous nous retrouvons pour la première fois depuis le vote du 21 mai.

Il faut l’interpréter, le comprendre, en tirer de la force, et très vite, porter notre regard bien au-delà.

C’est ce que je veux partager avec vous ce soir, pour nous donner envie de continuer ensemble.

Mais d’abord, je vous dois de vous dire quel est mon état d’esprit.

  • J’ai vécu ces semaines comme une brûlante nécessité.

Elles ont renforcé mes convictions.

Ma certitude que nous avions eu raison de nous lever par dizaines il y a un an au Parlement pour alerter et pour chercher le bon chemin.

J’ai vu la France telle qu’elle est. Fracturée entre dix grandes agglomérations qui décollent et des territoires où des millions de Français attendaient beaucoup de la gauche.

J’ai vu le Parti socialiste partagé entre ceux qui survivent aux défaites et ceux qui parlent de départ. Paris est une brillante exception, mais pas la règle.

Mais j’ai vu de belles mobilisations, de la gravité et des yeux qui brillent. Et encore hier soir, à Caen.

J’en tire une totale détermination.

Ce que nous faisons est nécessaire et personne ne le fera à notre place.

  • Ces trois années sont une blessure.

Seul notre succès pourra la guérir.

En attendant, elle ne se soigne que dans l’action collective ou dans l’amertume. J’ai choisi l’action, avec vous.

Une nouvelle fois, l’épreuve du pouvoir est douloureuse pour la gauche.

Le procès en reniement arriva très vite.

Nous en avons l’expérience. A la fin des mandats, on écrit des livres qui s’intitulent: “La gauche sans le peuple”

Je m’étais juré de ne pas le revivre. Ce n’était pas écrit à l’avance.

Je connais ces théories qui parlent de l’éternel remord de la gauche au pouvoir.

Notre problème fondamental serait “notre rapport tourmenté au pouvoir”, parce que nous serions fidèles à nos origines.

Je réponds qu’il n’est pas fatal d’oublier, ni fatal d’échouer.

Le problème fondamental de la gauche au pouvoir , c’est que trop souvent, elle ne tient pas ses engagements.

Le problème c’est qu’elle ne fait pas de ses principes le fil à plomb de ses décisions.

Pour toutes ces raisons, il faut reprendre en main notre destin, et celui de notre parti.

Jeudi, les militants ont voté une première fois

La lecture que nous faisons n’est pas arithmétique.

Elle est politique et dynamique.

Elle dépend aussi de votre détermination à vous.

Dans ce vote, il y a des motifs d’espoir.

Ce vote a été permis par notre rassemblement.

Nos idées sont déployées dans le Parti socialiste. D”autres motions les ont embarquées. Tant mieux, il n’y a pas de copyright.

Mais il y aura des majorités d’idées. Et là, pas de 49-3.

Quand on parlera redéploiement du pacte de responsabilité, justice fiscale, dotations des collectivités locales, le Bureau national ne sera plus dans l’inertie. Parce que nous serons là avec d’autres pour obtenir ces fameuses inflexions.

Si j’ai accepté d’aller au 2ème vote, c’est aussi pour défendre une conception de la démocratie et une éthique de la politique.

L’éthique de la politique, c’est la clarté des idées. Elle s’oppose à l’ambiguité.

C’est le respect des engagements.

C’est la délibération avec les militants, avec des votes sur les questions essentielles.

Qu’allons nous faire de ce congrès ?

Certains voudront le banaliser. En faire une visite touristique.

L’un de ces rassemblements où tous les chats sont gris.

Où des ombres floues dissertent en citant Blum et Jaurès.

A nous de lui donner du relief, à ce congrès.

D’en faire une tribune pour parler à la France et pour parler de la France.

Un moment pour se mettre au clair avec nous-même.

A nous de lui donner de la densité.

S’adresser aux Français, oui. Mais s’adresser aussi au gouvernement issu de nos rangs.

Avec un calendrier de réformes pour que 2017 ne soit pas la catastrophe politique annoncée.

Qu’allons-nous faire de ces deux ans ?

  • Pousser les feux des réformes quand elles sont bonnes.

Nous avons voté la loi Santé.

  • Prévenir les reculs.

On les a vu arriver avec la loi Logements et le blocage des loyers.

Sur le compte pénibilité, contesté par la droite et le Medef, je peux entendre le besoin que ce soit simple pour que ça marche. N’acceptons ni report, ni retard, ni recul. Ce doit être irréversible. Renvoyer à 2017, c’est prendre un risque.

Imagine-t-on un instant que Léon Blum ait fait voter les congès payés en 1936, pour reporter l’application en 1937 ou 1938, sous prétexte que les vacances des ouvriers désorganisaient la production?

  • Gagner des avancées concrètes.

Les souffrances et les injustices se ramassent à la pelle.

Benoit Hamon a eu raison de mettre en avant la reconnaissance de l’épuisement au travail comme maladie professionnelle

Avec Gérard Sébaoun, nous avons poussé la moralisation de l’hopital public.

Avec Laurent Baumel, nous poursuivons la croisade contre la “rente bancaire” et les frais bancaires.

C’est palpable, c’est concret pour les Français, ça entre dans la vie quotidienne.

Nous serons ceux qui ne laisseront pas sous le tapis la question du pouvoir d’achat des salariés pauvres et des retraités les plus modestes.

Qui sommes-nous dans le grand livre de la Gauche ?

  • Un accident ? Non, car notre combat est durable. Il n’est pas né d’hier.

Je retrouve dans ce moment les rêves qui nous animaient à la veille du 10 mai 1981.

Je retrouve le meilleur des années Jospin, quand avec Martine Aubry en quelques mois se gagnaient les 35 heures, la CMU et l’Allocation pour l’autonomie, quand je trouvais auprès d’Aimé Césaire la force de pensée contre les oppressions et de Christiane Taubira déjà, la mémoire des libérations.

Je retrouve l’esprit du NPS après le 21 avril 2002. Nous combattions le père. Il faut empêcher la fille.

Je retrouve comme ce soir la jeunesse du Parti socialiste. Ceux qui poursuivrons ce que nous recommençons.

Ne restons pas orphelins de nos rêves.

  • Somme-nous une contestation ? C’est une vision infantile et méprisante de la politique.

Depuis trois ans, depuis un an, nous avons alerté, sans relâche. Proposé nos propres réformes structurelles. Mis en avant les idées des meilleurs économistes; Daniel Cohen, Pierre-Alain Muet ou Thomas Piketty.

Pas de chicane médiocre. D’ailleurs, ni Manuel Valls ni Jean-Christophe Cambadélis ne répondent jamais sur le fond. Pourtant dans l’état où est la gauche, chacun a besoin de tous. François Hollande ne réussira pas sans nous.

  • Sommes-nous une fronde ? Ce mot, nous ne l’avons pas choisi, nous avions fini par ne plus le démentir. Tout en sachant que nous n’avions pas quitté le chemin commun, celui de 2012. Alors que d’autres s’en écartaient.

Aujourd’hui, nous ne rentrons pas dans le rang. Le lieu principal du débat politique doit être le Parti socialiste. Nous y allons avec force et conviction. Sans naïveté. Mais sans aucun renoncement.

  • Et si nous étions une renaissance ? Une promesse de donner toute notre énergie et beaucoup de notre temps pour relever notre parti, le réinventer.

La gauche a encore beaucoup à apporter à la France.

Que faire, ensemble et après, pour cette renaissance ?

D’abord, rester ensemble.

Nopus avons su nous rassembler, parce qu’il y a le feu. Parce que le national-populisme le temps d’un dimanche d’élections européennes était en haut de l’affiche.

Nous avons su nous rassembler parce que le peuple nous quitte. Et qu’il est souverain. Quiconque gouverne la France ne doit jamais l’oublier.

Quelle sera la prochaine gauche, sans attendre ?

  • Elle aura le visage de l’écosocialisme. C’est le sens que prennent les grandes transformation en cours. Les prises de consciences ont eu lieu. Mais l’action est à la traine. Parce que sortir du modèle industriel n’est pas chose facile. La révolution numérque nous y aidera, si on sait la maitriser.

La prochaine gauche, c’est une puissance publique forte, qui construit et qui régule, qui n’accepte pas que les inégalités progressent, qui ne fait pas l’impasse sur la survie de la planète. Et surtout qui incarne l’intérêt général.

C’est aussi la capacité à mobiliser la société pour réussir ces transformations. Tout est à reconstruire.

  • La prochaine gauche sera une réponse à la défaillance démocratique nationale, celle de l’abstention, celle de la progression sans limites de l’extrême-droite. Si nous ne trouvons pas des formes nouvelles à la démocratie, si les partis de la gauche ne prviennent pas à se retrouver, si vient le temps des marchandages des maroquins, où la Vème dissimule la Ivème, nous perdrons les élections et l’honneur.

Je regarde vers l’Espagne.

Certains dans notre parti craignent Podemos. Trois leçons:

  • Quand la gauche se rassemble sur un programme de gauche, elle bat la droite.

  • Quand à gauche, on entend l’urgence sociale et l’exigence démocratique, le peuple revient.

  • Podemos ringardise les appareils politiques archaïques.

Je ne propose pas d’importer Podemos. Je propose de réinventer de la démocratie, de remettre les citoyens dans le circuit, de cesser de considérer les militants comme des figurants.

  • La prochaine gauche sera une alternative crédible à la tentation social-libérale,cette pensée liquide qui nous infiltre. Elle produit partout en Europe “cette culture souriante et sinistre” qui assure l’endormissement des consciences (Raffaele Simone).

Je le redis, on ne remplace pas le socialisme par le pragmatisme. On peut avoir le goût du concret, du résultat, de l’innovation. C’est le sens de beaucoup de mes engagements. Mais la politique sans principe est aride. Il n’y a pas de renouveau, de modernité sans valeurs agissantes.

Chers camarades, je vous invite, je vous appelle donc à poursuivre notre offensive. Elle bouscule aujourd’hui, elle inventera demain.

La confiance de milliers de socialistes nous porte, beaucoup de Français nous regardent.

Promettons-nous ce soir de ne plus les faire attendre et de ne pas les décevoir.

Discours de Christian Paul à la la Bellevilloise, le 27 mai 2015

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Published by MLG 95
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